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13/10/2019

Renard et les poules

 

Les urbanitasmagories de  Marcel Renard

le  21 Août 2013, revu le 13 octobre 2020..

 «Le Poulailler».

Lorsque Sarkozy était passé au pouvoir,  après avoir lu le pamphet prophétique de François Léotard « ça va mal finir », Renard avait décidé de lancer ce petit blog. Léotard était il visionnaire ? En fait, c’est seulement qu’il connait trop bien les compères, le bougre, pour ne pas savoir que nous rentrions en zone de danger.

Pour faire court, ce petit blog a rassemblé sur lui ½ million de lecteurs différents, jusqu'en 2014. Ainsi, pour un investissement de 10 minutes par jour pendant une mandature, à sa modeste mesure, il a participé à la déconfiture de notre bon suzerain. Ce n'est pas grand chose, mais cela montre la force de l'internet.

Seul bémol, Renard pensait que se serait DSK, le prochain  porteur d’eau, pas Hollande, mais bon, comme dit la sagesse des nations, tant va Nafisatou Dialo qu’à la fin elle se casse.

Mais Renard  s’est dit comme cela : « Si ça a marché en 2012, pourquoi ça marcherait pas en 2014 ? » pour Pontoise

Et aujourd'hui, Renard se dit que ça peut aussi marcher en 2020...Toujours pour Pontoise.... C'est de la persévérance. Du coup, Renard ouvre un petit site dédié à la candidature de Pascal Bourdou : http://www.nouspontoisiens.fr

Renard aime bien son terrier où il y a aussi les enfants de Renard, les parents de Renard et les grands parents de Renard. La manière d’arranger le terrier et les petites complaisances dans le poulailler ne plaisent pas à Renard. C’est dans ce contexte que Compère Sanglier est venu trouver Renard et lui a dit comme cela « Renard, mon bon ami, ça te dirait de te lancer dans le réagencement du poulailler ? ». Compère Sanglier était persuasif ; Renard a réfléchi une semaine et il s’est dit comme cela : « si ça a marché en 2012, pourquoi ça ne marcherait pas en 2014 ? ». ça a failli le faire en 2014, pouquoi ça ne le ferait pas en 2020.  (vous avez noté que Renard se répète toujours un peu, c’est pour cela qu’on l’aime…)

C’est comme cela que l’aventure a commencé…

Demarrage de la campagne Municipale de Pontoise en vue des élections municipales de 2020.

Elections municipales et communautaires de 2020 à Pontoise. Soutien à la liste Nous Pontoisiens, menée par Pascal Bourdou.

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01/02/2019

Comment rater une photo, mais réussir un souvenir

Marcel Renard

Le 01/02/2019

«La non prise de vue»

Le meilleur ami de Marcel Renard habite à côté de la gare, en bord de Viosne.

Et voici l’histoire qu’il lui a narrée : Ardea_cinerea_-_Pak_Thale[1].jpg

Hier matin, au moment d’aller prendre le train, il sortait de chez lui pas vraiment au petit matin, pas vraiment tôt, pas vraiment tard. A une heure disons acceptable. Montant sur la passerelle de la gare, qui donne une belle vue sur son jardin, afin de courir prendre son transport public (les fameux transports « en commun »), ne voici pas qu’il mira la chose suivante :

Bien centré tout à la cime, en haut des arbres de son jardin, arbres qu’il ne taille jamais, car le bougre est un peu fainéant, un couple de hérons, bien gros, bien gras, bien gris et bien cendré, en train de se tourner autour et dessus comme le font les tourterelles au mois de mai. Comme des tourterelles, sauf que là, les bestiaux doivent bien faire 1m80 ou 2 mètres d’envergure. Il s’ensuit que le bruissement des ramages fait nécessairement du fouillis dans les rameaux.

Image suffisamment rare pour mériter une belle photo, tant le héron tout seul est un animal craintif, qui s'envolera au premier mouvement, et que l'on ne peut approcher que si l'on est complètement dans son dos. Ca, c'est lorsqu'il est tout seul.... Autant dire qu'un couple.… Hélas, le temps de dégainer, un des deux hérons pris son envol, et, suivant visiblement le cour de la Viosne, s’en fût dans un vol majestueux vers les immeubles de Marcouville – le héron a un vol particulièrement lourd. Tandis que l’autre descendait des arbres pour aller pêcher dans la Viosne. Du coup, cela obligeait pour illustrer le propos à prendre une image quelconque sur Wikipédia...

Voilà.

Ce fût en plein centre de Pontoise une belle non prise de vue et un joli petit souvenir. De toutes façons, il n'aurait sans doute pas développé la photo...

06/07/2018

La Bohème à Pontoise

Marcel Renard

Le 06 Juillet 2018

«Sur la passerelle de la gare, c’est la bohème »

J’habite à côté de la gare SNCF de Pontoise. Elle désert Creil, Paris Nord, Paris Saint Lazare, Gisors, et Orly par le RER C. De plus, a proximité, une grosse gare routière permet de desservir le Vexin et une navette permet de relier la gare de Cergy et d’accéder au RER A. C’est donc quotidiennement un trafic permanent de voyageurs qui viennent d’un peu partout.

Le nombre de voies ferrées que composent cette infrastructure impose le franchissement aérien par une passerelle à la réputation sulfureuse : Bien qu’axe de passage stratégique entre les nouveaux quartiers de Cergy et la ville ancienne de Pontoise, cet axe est laissé à l’abandon depuis un demi-siècle par les municipalités successives, avec l’argument répété en boucle par l’actuelle majorité depuis 16 ans que l’on n’en connait pas les propriétaires.

Le revêtement fatigué de cette infrastructure laisse la place à des ornières de tailles diverses qui rend périlleuse la marche pour les femmes en talon, les personnes tirant des poussettes ou simplement les personnes ayant du mal à marcher et qui, en hiver, lorsque la glace envahit ces périls, se révèle être un piège parfois casse-figure.

Il a fallu batailler pendant un an pour obtenir de la mairie un peu de lumière, élections municipales approchant faisant office de motivation, et un rafistolage fût bricolé en 2014, pour rapidement tomber en panne après les élections et être maintenant hors service. Le seul progrès – mais de taille – que l’on a pu constater en trois mandats municipaux, c’est l’installation de sacs poubelle et l’affectation d’un employé municipal zélé ce qui fait que les lieux ne sont plus parsemés d’ordures, qui ensuite basculaient sur le terrain SNCF et donnait à l’ensemble des lieux un air de Bogota, ce qui doit correspondre à un investissement de l’ordre de cinquante à soixante centimes d’euros par an et par pontoisien.

Outre les milliers de voyageurs - puisque nous sommes dans une gare - le lieu étant fréquenté par diverses populations indélicates ou clochardisantes, les arrières coins servent d’urinoir et pas seulement.

Bref, pour le voyageur qui venant de Paris découvrir notre belle ville d’art et d’histoire, la première vision sent un peu la pisse.

C’est sur cette passerelle qu’un couple de roumain s’est installé il y a maintenant plusieurs mois. Ils dorment le soir dans le recoin de la gare routière, et commencent leur quête vers 7h45 pour la finir vers 21h00. Ainsi, je les croise le matin en partant au travail et les revoit le soir en rentrant. Bien sûr ils font la quête tous les jours, car ils sont comme vous et moi, ils mangent tous les jours.

Ils ont peut-être la cinquantaine, je ne saurais dire exactement. Ils sont en général bien habillés, chaudement. Le matin, elle s’installe sur ses cartons, de manière assez soigneuse, lui la rejoint ensuite et le soir, ils comptent leurs sous : des pièces de 10, de 20 centimes, parfois une lune…En général, le montant que je peux entrevoir dans les repris des jupons de la dame – c’est elle qui tient la culotte - leur donne l’aisance pour la journée. Bien que n’entendant pas grand-chose à leur langue, les discussions qu’ils entretiennent semblent être les mêmes que celles que nous pouvons avoir entre époux. Ils ne boivent pas, ne sont pas exubérants et vivent leur vie à la rue sans que leurs expressions témoignent d’une réelle détresse. Au contraire, une certaine sénérité semblerait en émaner de leurs posture et attitude : Ils sont visiblement très amoureux.

Les diverses tentatives d’échange, en Français, en Anglais, en Allemand ou en Italien se sont toutes soldées par des échecs : Ils ne parlent que le Roumain (lequel est normalement assez proche de l’Italien). En fait, il semble que ça ne les intéresse pas de discuter avec les passants, ce qui peut se comprendre car le temps perdu avec un chaland, ce sont des possibilités de rentrée monétaire qui s’envolent. On a l’impression que la seule chose qui les intéresse, c’est d’être ensemble, et de travailler. Finalement, ils se comportent comme la plupart d’entre nous : nous sommes tous tellement occupés que nous ne nous parlons guère entre voisins.

Ce soir, en passant, j’observais la légèreté de leur paquetage en pensant à cette chanson scoute, « la bohème ».

«Et si mince est son bagage, Faria faria ho!

« Que sans peine déménage, Faria faria ho!

« Dans le ciel quand Dieu voudra

« En chantant s'envolera. Pontoise, SNCF, PASSERELLE, NETIXIS, SDF,

Et puis, mon regard fût attiré par cet objet insolite coincé entre leur couverture soigneusement enroulée et le caddy qui leur sert de baudet, et je m’arrêtais pour prendre un photo.

En fait, ce n’est pas la bohème, c’est juste qu’ils habitent à la rue…Et que voulez-vous, à Pontoise, sur cette passerelle crasseuse, même les derniers de nos compatriotes dans l’échelle sociale savent qu’il faut passer un coup de balai avant de s’installer si l’on veut y vivre de manière acceptable.

13/12/2016

Pour la bonne compréhension, faites l'effort de lire jusqu'à la fin, si jamais il y a une fin... Merci

Marcel Renard en gare de Pontoise le 13 Décembre 2016

(sur un article du 10 mars 2012, 18 Avril 2015, 28  décembre 2015.)  

«Elections et service public : Les électeurs vous remercient de votre compréhension»

 En 2008, Marcel Renard avait écrit un petit article sur la gare de Pontoise sur le thème :  Le coupon du passe Navigo augmente tous les mois, mais les investissements, eux,  sont en berne.

 C'est un rpontoise, houillon, gare, umpoman Photo… au fil des années, et la SNCF qui toujours vous remercie de votre compréhension. La société est ainsi faite, aujourd’hui : Vous pouvez toujours emmerder tout le monde et en permanence pour peu que vous lui demandiez de la compréhension.

 Cette photo, c'est fin 2007 : Cela faisait tellement d'années que ces cinq escalators de la gare de Pontoise ne fonctionnaient plus qu'il devenait irritant que, de surcroit,  la SNCF nous demande toujours de la compréhension.

pontoise , houillon, région, sncf,

C'est-à-dire qu'en 2006, on nous avait déjà promis un remplacement des installations pour 2007, et que, bien sûr, on n'avait rien vu...

Et puis voici que l'année 2008 s'avance. Sur le même petit panonceau qui date déjà un peu, la SNCF s'excuse des escalators en panne et nous promet un remplacement pour 2009. En nous remerciant toujours de notre compréhension. A ce stade, on comprend bien, même si on est un peu énervé. Mais on est brave. On acquiesce. "Gentiment, gentiment", disait Feu-Coluche...

Puis le mois de Mars 2008 arrive, et finalement, on se dit que ces escalators ne seront jamais remplacés. Sans doute mettra-t-on des cordes à noeud à la place ? Pas evident pour les handicapés, mais bon, grosse crise, petit budget.

On comprend. On est toujours très brave....

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Le temps passe et la compréhension avec.

Et puis un beau jour, miracle ! un nouvel escalator est arrivé : Beau comme un verre de blanc en été sous le soleil de provence. On ne met pas la photo, cela pourrait calmer l'ardeur de la SNCF...

Car il en reste encore quatre à changer. Mais bon, lorsque l'on a attendu douze ans pour changer un escalator, on peut avoir suffisamment de compréhension pour attendre encore 48 ans de plus pour changer les quatre restants.....pontoise , houillon, région, sncf,

Et la SNCF, elle, continue à nous remercier pour notre compréhension. Là, cette photo est prise en Mars 2012, toujours au même endroit. En Mars 2012, voici déjà bientôt douze ans que, avec sa façade policée, la SNCF nous remercie de notre compréhension. Ce qui est étonnant, c'est que les "usagers" sont devenus des "clients", mais qu'on les prend toujours autant pour des cons. Simplement, on est d'avantage polis avec eux...

Car il faut lui reconnaitre une qualité, à la SNCF. Elle est polie, et cela c'est formidable. Cela va dans le sens du discours de Sarkozy sur la République : La République, c'est le respect des autres : Tu peux emmerder la terre entière, dire d'un côté que tu as une politique d'accessibilité  - c'est pour le respect de la différence, tu comprends ? - mais de l'autre de strictement ne rien faire. C'est possible. Tu peux ne rien faire, mais, attention, il faut toujours ne rien faire poliment...

Allez, encore une petite dernière pour la route, prise en Mars 2012 : Sur cette photo, les escalators sont tellement plein de compréhension à l'égard des choses de la nature qu'ils acceptent de se laisser pousser de la mousse dessus... Etonnant, non ?

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... Les années passent. Les élections passent. A Pontoise comme à la SNCF, l'immobilisme s'installe en méthode de gouvernement. Comme disait je ne sais plus qui, en tapant toujours sur les mêmes, tu limites arithmétiquement le nombre de mécontents. Donc là, on tape sur les handicapés, c'est facile, il n'y en a pas beaucoup...

Et puis voici que d'un seul coup d'un seul, un sursaut, un frémissement, une sorte d'excitation : las !  Force est de constater que c'est juste la pancarte qui se réveille !

Ici, c'est en 2013. Nous sommes au même endroit, mais on sent que ça frémis, que ça bouge.

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Malheureusement, à la rentrée 2013, rien ne s'est passé : Les fées, c'était une fausse alerte, sans doute une erreur, un dérapage de marqueur. Vous savez, cela peut arriver. Mais, nous autres, petites gens, savons faire preuve de compréhension, nous laissons nos élus dans leurs voitures de fonction et prenons nos escalators qui fonctionnent toujours en mode manuel...

Aussi, lorsque en fin 2013, on nous annonce que finalement les travaux seront reportés pour 2014, on finit pas se dire que ça doit être normal, que c'est le mode de fonctionnement standard du Service Public lorsque l'usager se transforme en client, que c'est une forme d'abâtardissement du capitalisme, mais que aux prochaines élections, cela ira mieux...

...Normal....

Mais on est content quand même. Car on a un petit panonceau qui vient illuminer notre quotidien terne de banlieusard, un petit panonceau qui annonce des réparations pour le 31 Janvier 2014. C'est super ! Janvier ! Et on a non seulement le mois, mais aussi le quantième ! le 31 ! De la planification fine, en somme, rarement vu à la SNCF !

pontoise,houillon,huchon,région il de france,stif,navigo,sncf,casse des services publics,sondage,élections présidentielle,mai 2012,calendrier,ump,victoire de,sarkozy,hollande,mélenchonHélas ! On avait mal lu. Il s'agissait juste de la réparation des machines à payer. Celles-ci, il est vrai qu'elles ne restent pas longtemps en panne ; rapport à l'usager qui, libéralisme oblige, s'est transformé en client...

Et puis on arrive vers Septembre 2013, et rien ne s'est toujours passé...

Octobre pousse Septembre, puis Novembre pousse Octobre et Décembre pointe son nez avec ses marches glissantes et ses rampes verglacées....

Et puis Janvier 2014.

Et là, le miracle de Noël se reproduit en gare de Pontoise : A ce stade, l'on doit remercier Bénédicte Tilloy, qui, d'une main de fer, gère le réseau Transilien :

pontoise,houillon,huchon,région il de france,stif,navigo,sncf,casse des services publics,sondage,élections présidentielle,mai 2012,calendrier,ump,victoire de,sarkozy,hollande,mélenchonEn effet, l'on sent que cela frémit. Il va se passer quelque chose. Il y a déjà eu un escalator de réparé. C'est un bon signe, un bon oracle....

Voici le temps de la fin de l'année 2014. Les travaux sont proches.

Quel plaisir, quelle satisfaction, quel bonheur de voir que la SNCF s'est occupé des handicapés, de ceux qui ont mal aux jambes, pour lesquels il est difficile de monter les escaliers.

Que l'on eu juge : alors que l'on fête la galette des rois 2015  c'est maintenant pour le 31/12/2015 que sont planifiés les travaux.

C'est vraiment formidable !

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Toute l'année 2015 passe, avec tous les événements tragiques que l'on sait. Chacun s'occupe à être "Charlie" un peu partout. Et puis .....

.... Et puis voici qu'arrive le 28 Décembre 2015, et Marcel Renard reprend sa plume, interrompue par cette année 2015 compliquée et où la seule bonne nouvelle du point de vue déplacements en Ile de France fût la chute du prix du pass Navigo pour les banlieusards des zones éloignées. Badinter avait supprimé la peine de mort, Jean-Paul Huchon aura instauré le passe navigo à 70 balles, ce qui reste surtout un cadeau pour les entreprises plus que les usagers qui eux le repaieront dans leurs impôts... petites ambitions, petits bricolages...C'est la politique du 21ème siècle...

A la rentrée 2015, après les élections régionales qui ont vu le pouvoir local basculer à droite, sur les escalators en rade, la petite pancarte était toujours là, augurant de réparations pour le 31 Décembre 2015.

Alors forcément, on attend la Saint Sylvestre avec impatience, en se disant que Valérie Pécresse (droite) , elle, elle va faire mieux et plus vite que Jean-Paul Huchon (gauche), un démarrage sur les chapeaux de roue ....Noël 2015 arrive... Les travaux sont toujours planifiés pour la fin de l'année....Dans quatre jours... il va falloir faire vite....Mais on sait de quoi l'ex-UMP est capable.  

L'œil attentif remarquera sur la photo les traces de scotch marron qui se sont empilées pendant ces deux dernières décennies, tout autour du panonceau. C'est que lorsqu'on n'a pas pas la moindre volonté politique  de réparer, on a encore moins celle de nettoyer, et c'est bien compréhensible : Tous les professionnels de la pancarte qui vous remercient de votre compréhension vous le diront : Le scotch marron, c'est ce qu'il y a de pire à enlever. Il faut frotter avec le l'acétone, et c'est pas évident. C'est un projet à part entière que d'enlever les traces de scotch marron. Il faudrait en discuter en commission, de l'opportunité de faire un projet pour enlever les traces de scotch marron.

Mais il nous reste encore 3 ou 4  jours avant le miracle de Noël pontoise,carf,fret,gisors,serqueux,rff,argenteuil,transilien,ligne_h,ligne_j,sncfne se réïtère en gare de Pontoise, et comme il n'est de pire homme que celui qui ne veut croire, nous veillons avec la foi du charbonnier ancrée au plus profond de notre âme.

De son côté, l'escalator qui avait été échangé, quai n°12, affiche une petite mine : "Remise en service prévue le 30 Décembre 2015". Et pourtant, il est flambant neuf comme un camion de pompier.

A ce point, Marcel Renard ouvre une petite parenthèse : Nous sommes le 11 Février 2016, notre escalator du quai n°12 à toujours des petits soucis, mais, pas de problème : A chaque soucis, la SNCF a toujours une pancarte...là réparation est annoncée pour le 12 Février 2016 : Planification fine s'il en est...C'est hallucinant : on parle d'une installation neuve, qui coûte un bras au contribuable, et qui ne respecte pas non plus ses jambes...Toujours en panne...Serait-ce à cause des vandales ? Même pas ! L'explication officielle, c'est parce que ces escalators supportent mal d'être dehors. C'est sur qu'un escalator à l'intérieur, ça marche mieux.... Et même lorsqu'il n'y a pas d'étage à monter, c'est encore plus fiable...

Et puis voilà, une nouvelle année : 2016 . Une nouvelle fois, le Miracle de Noël se reproduit en gare #Transilien de Pontoise. Regardez jeunes gens, jeunes filles : c'est toujours magique : A l'heure où le carrosse de Cendrillon se transforme en citrouille, pof.... la pancarte des escalators fait + 1 sur l'année prévue de réparation....Renard le savait avant tout le monde; avec dans la voix l'accent d'un Rocco Siffredi qui aurait fini d'un seul coup tout son stock de bromure, l'agent SNCF l'avait prévenu : "Qu'il ne s'inquiéte pas, ma pancarte est déjà prête pour l'année prochaine"... Pour la planification des travaux, on est maintenant en Décembre 2016....

Alors, on prend rapidement une petite photo. On envoie un petit mail à la patronne de Transilien pour lui rappeler combien ses ouailles se foutent de la gueule du monde, un petit mail à son député qui prétend influer sur des projets d'intérêt nationaux (le Fret entre le Havre et Valenton) alors qu'il n'arrive même pas à faire quelque chose pour ses cinq escalators escalators en rade depuis 16 ans, ni même maintenir de la lumière sur la passerelle SNCF....

 

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Alors forcément, il arrive un moment où, à force de remplacer l'action publique par la stigmatisation de l'impolitesse, les gens finissent pas devenir méchants, parfois très méchants.

C'est précisément pour cela que la claque de Mai 2012 fût terrible pour Sarkozy. C'était prévu mais lui ne la voyait pas venir, sans doute un peu à cause du conte sur les habits de l'empereur. Vous savez, l'empereur était nu, un malin lui avait vendu une robe d'un tissu mystérieux que seul les sots voyaient aussi sa cour faignait la cécité. Et bien pour Mai 2012, il n'y avait vraiment aucun mystère.

 

Comme dans la démocratie grecque, où les représentants étaient tirés au sort, on attendait beaucoup de Hollande, élu Président par hasard. Mais l'on est bien obligé de s'apercevoir que rien n'a changé, à ce détail petit détail troublant : tout semble encore plus dur qu'avant pour les plus faibles : Et même avec beaucoup de compréhension, les mots ne suffisent désormais plus pour le petit peuple qui, désemparé, se tourne désormais pour notre plus grand malheur à tous vers ce diable de Front National.

C'est ce que prédit cet article depuis 7 ans.  La situation économique n'a pas grand chose à voir avec tout ceci. Ce n'est pas de la divination : Il suffit de regarder autour de soi et de s'intéresser à l'Histoire de France.

Cette catastrophe annoncée est simplement inscrite dans la logique de nos politiques publiques. Seule l'inaction de nos hommes politiques dopée par une vision qui dépasse rarement le terme du mi-mandat est la cause de l'effondrement de notre pays ; Lorsque les hommes en responsabilité n'ont que cure de bâtir une offre idéologique, alors le petit peuple se la crée lui-même... parfois pour le meilleur mais souvent pour le pire... Il est urgent de se ressaisir.

Et nous voilà repartis....

Effectivement, nous sommes maintenant le 29 Février 2016. La  droite est désormais bien installée au pouvoir de la Région, laquelle a dans ses prérogatives Transports et Accessibilité, faut il le rappeler ?

Cela fait maintenant bientôt 17 ans que nos escalators sont en rade en gare de Pontoise, et que la Région nous promet d'année en année une remise en service pour l'année suivante. On avait finit par apprendre les pancartes par cœur, à en guetter leur évolution à la Saint Sylvestre. Mais voilà, il y a du changement : Une nouvelle forme de pancarte voit le jour.

Je vous la laisse découvrir : On touche vraiment le fond... Au début, ce soir-là, lorsque je l'aperçue, je crus vraiment cru que c'était l'œuvre d'un plaisantin, un gag, en quelques sortes. A priori non : Les esprits qui ont eu cette brillante idée pensent que cela peut passer.

Et là, je me tourne un peu apeuré vers les politiques : Là, franchement, mes amis, vous déconnez sérieusement. Je ne veux pas être un cassandre, mais si vous ne réagissez pas, je crains que cela se termine assez mal pour vos mandats respectifs, et pour l'avenir de nos enfants....

 

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On comprend la planification : Ce placard a été affiché un 29 février 2016. Mais, un 29 Février, cela n'arrive qu'une fois tous quatre ans. Du coup, ça fout tout le grand programme de la planification des travaux en l'air... Alors forcément, on ne sait plus si les travaux démarreront en 2018 ou en 2019...

Mais nous voilà rassuré : dans le cadre de l'aménagement du quartier de la gare, à la mairie, on nous a assuré que la rénovation de la passerelle était prévue pour 2018. La rénovation inclut bien sûr les escalators, et les conditions d'accès aux personnes à mobilité réduite.

Mais comme on arrive en fin d'année 2016, les étiquettes vont bientôt changé sur les escalators. Alors, vite, c'est bientôt les législatives ; on prend un petit témoignage de cette incurie : Valérie Pécresse nous avait inventé le coup de l'audit de sécurité  pour justifier son inaction et paf, vlà-t-y pas qu'ils recommencent. Inutile de préciser que la photo qui prévoit les travaux pour le 13/12/2016 a été prise.... à la date indiquée sur le pannonceau...pontoise,carf,fret,gisors,serqueux,rff,argenteuil,transilien,ligne_h,ligne_j,sncf

Et ne concerne qu'un seul escalator... Au final, depuis 17 ans, seul 40% du matériel a été réparé...

Autant dire que ce sont des rapides, à SNCF Réseaux (Oui, parce que, depuis le début de cette note, il y a bientôt huit ans, la SNCF a eu le temps de changer de raison sociale....

Merci de votre compréhension...

 

14:08 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pontoise, carf, fret, gisors, serqueux, rff, argenteuil, transilien, ligne_h, ligne_j, sncf | | |  Facebook

15/12/2015

Adam s'élève

Marcel Renard, à Pontoise, le 12 Décembre 2015

Adam est mort, Dimanche 10 Décembre.

Adam était une figure de Pontoise. C’était un clochard incontournable à Pontoise, mais on devrait dire un SDF car notre société policée a pris l’habitude afin de tenter de les édulcorer de coller des acronymes sur toutes les réalités. clochard,sdf,pontoise,adam,cergy

Autrefois, les gens n’avaient pas de nom, juste des prénoms. C’est une habitude qui nous vient du Xeme siècle que d’avoir un nom de famille, et entre le Vème et le Xeme siècle, on avait juste un prénom et parfois un nom de tribu. Le prénom, c’était le nom donné au baptême. C’est ainsi qu’aujourd’hui encore, les reines et rois se font appeler de leur prénom uniquement. Lorsqu'on parle de François 1er, tout de monde sait qui l'on évoque. Mais qui serait capable de donner son nom ?

Et bien Adam, pour les Pontoisiens, il n’avait pas de nom, mais juste un prénom « Adam ». C’était « Adam ». Tu as vu « Adam » dans quel état il était ? J’ai croisé «Adam ».

C’était comme cela. Son royaume à lui, c’était la rue.

Malgré un alcoolisme à un point difficilement quantifiable, il avait une personnalité assez marquée : Son horizon se mesurait en bière, non pas au pluriel mais bien au singulier, car s’il quémandait un peu partout, un peu à toute heure, il ne quémandait que ce qu’il lui fallait pour zigzaguer jusqu’à l’épicerie du coin se chercher la prochaine cannette de bière : Ainsi, son horizon semblait être découpé en tranches de 10 minutes.

Forcément, ça se terminait souvent mal : Coups, gnons, agressions sur sa personne, ecchymoses sur des pans entier du corps, dans le caniveau, sur le trottoir, contre un pan de mur, bref là où la dernière cannette l’avait vu encore debout.

Adam a animé les rues de Pontoise pendant bien des années, arrosé ses murs et plus encore ; il a occupé les pompiers, les services sociaux, les associations, la mairie, les riverains, et les épiciers de Pontoise, de la place de la gare, la place Notre-Dame jusqu’à celle des Cordeliers lui doivent bien une ultime bière.

Une fois, c’était à l’angle des  rues de la Bretonnerie et de l’Hôtel de ville - un endroit où il aimait à se répandre – une « bonne âme » avait dû appeler les pompier car Adam devait avoir la tête dans le caniveau. La tête, lorsque ça tape par terre, ça saigne facilement. Il gisait là contre le réverbère, et autour les pompiers qui essayaient de l’interroger :

- « Adam, on va t’emmener à l’hôpital de tel endroit (où, ne ne sais plus ou) car il n’y a plus de place à Pontoise » .

Adam, à moitié inconscient, la tête dans les étoiles, mais quand même les pieds sur terre, dans un râlement :

- « Non, emmenez moi à l’Ile Adam, c’est mieux »

Qui ne s’est pas fait racolé par lui, parfois invectivé, jeté des cannettes ? C’est-à-dire que sous l’emprise de l’alcool, tout devenait  possible à un homme qui pourtant avait envie de parler avec ses semblables.

Certains commentaires sur sa personne sont indélicats . C’était sans doute juste un gars pour qui la vie n’a pas dû être très féconde. Mais les clochards, pour peu qu’on veuille réfléchir un minimum, ça nous ramène à la fragilité de notre propre existence. Pour certaines personnes, la vie se passe mieux que pour certaines autres. Certains naissent avec une cuillère dorée dans la bouche, d’autre avec de la misère jusqu’au fond des yeux pour nourrir une théorie d'héritiers. Et ce ne sont pas nécessairement les derniers qu’on retrouvera dans le caniveau, pas plus que les premiers sous les ores de la République.

Quelqu'un saura peut-être dire qui il était, comment il s'appelait, qui était sa famille ? Tout ce qui est sûr, c’est que c’était une figure de Pontoise, pour preuve le nombre de commentaires qu’il réunit sur son décès ferait envie à plus d'un notable.

Les jeunes le connaissaient sans doute mieux. Un nous disait qu'il n’était pas pauvre, qu’il n’avait pas réellement besoin d’argent, et que le moment important dans le mois, c’était celui où il recevait son allocation. Mais la qualité de sa bière allait décroissant à mesure que le mois avançait.

Il ne s'agit pas de faire un beau discours pour se donner une belle conscience, mais simplement de dire que tout comme il fût, Adam faisait partie de la communauté, et de rappeler que notre communauté contrairement à bien d'autres villes , et c'est tout à son honneur, même si parfois il faut reconnaitre qu'on se laisserait aller à la faiblesse de  le souhaiter, ne fait pas la chasse aux clochards.

Certaines personnes de bonne éducation disent de ces gens-là qu’ils n’ont qu’à travailler, que ce sont des fainéants et qu’on n’a pas à leur faire l’aumône : Ce sont souvent ces mêmes personnes que l’on retrouve au fast food le dimanche, en train d’amuser leur progéniture en jetant des miettes aux moineaux, les faisant accourir de toute part par volées toutes entières. Les animaux n’ont pas d’âme disent-ils. Mais les clochards ? Leur déviance légitime-t-elle le fait de s'assoir ainsi sur ses convictions, alors qu'il suffit de regarder la taille des moineaux autour des fast food pour comprendre qu’ils ont eux aussi sans doute pas mal de problèmes avec leur foie. Ainsi, si l’on est capable de jeter les reliefs de son repas aux moineaux, ne pourrait-on pas a minima considérer les mendiants comme des sortes d'animaux insignifiants et leur faire l’aumône des piécettes rouges de nos fonds de poche ?

Si chaque personne qui a mis un "j’aime" sur la publication annonçant son ce décès s’arrêtait demain mercredi 15 Décembre devant chez Delahaye, la fleuriste à côté du cimetière, pour mettre simplement quelques euros dans une enveloppe, Adam pourrait recevoir une couronne comme rarement Pontoisien en a reçue. Et pour tout vous dire, n'y aurait-il pas un peu de fierté à se dire que nous habitons une ville dont les citoyens respectent jusqu’à la tombe le plus humble des leurs ?

 

05/10/2015

Pass NAvigo à gogo

Marcel Renard

Le 05/10/2015

«Passe Navig’hop»

J’œuvre à Paris. Forcément, comme plus d’un demi-million d’autres de mes semblables, je passe presque tous les jours en gare du Nord. Le soir, c’est toujours un peu la bousculade. Les statisticiens étant plus connus pour leur appétence pour le café que leur ingéniosité à décrire le monde réel, le nombre de tourniquets n’a pas été calibré pour une telle affluence, et il suffit que, dans cette béchamel bigarrée et bruyante en conséquence de raisons aussi diverses qu’improbables, une personne soit bloquée pour qu’aussitôt des grumeaux sourdent.

On a les ingénieurs qu’on mérite : En Russie, les portiques ferroviaires marchent dans le bon sens : c’est-à-dire que si on ne présente pas sa carte magnétique, la porte qui est toujours en position ouverte se referme lors brutalement et non le contraire, comme chez nous. Les russes sont des gens rationnels : ils ont compris il y a fort longtemps que traiter l’exception est plus économique que traiter la norme. De cette manière, leurs portillons ne sont que rarement sollicités, la circulation s’en trouve fluidifiée et les coûts de maintenance également adoucis. Mais chez nous les ingénieurs de la SNCF ne voyagent sans doute pas assez et n’ont pas encore compris ce qui parait pourtant évident : Donc, ils ont conçu des portillons qui prennent quelques secondes pour s’ouvrir à chaque fois - coin coin - , et de temps à autre ne s’ouvrent pas - Bzzzzin . Comme souvent, une mauvaise analyse conduit à une mauvaise solution.

Ce soir, je fais la queue pour pouvoir me faire confirmer par la machine que mon pass navigo est bien en règle et donc par là même pouvoir accéder à mon train. C’est la cohue, et ainsi que la tartine tombe toujours du côté de la confiture, la file d’à côté avance toujours plus vite que la mienne.

Devant , fait la queue un homme qui n’a sans doute pas pu s’acquitter de son forfait mensuel de transport. On le voit à des petits rien qu’il s’agit d’une de ces personnes qui doivent en début de mois – puisque nous sommes le premier lundi du mois – faire le choix entre les cigarettes ou la carte de transport : Le costume fripé dissimule timidement la manche blanche dont manchette élimée laisse apparaitre une main couperosée sentant bon l’alimentation de troisième classe.

Le pauvre a sa fierté.

Et notre homme, dans un simulacre d’urbanisme de classe moyenne, dans ce geste si familier du banlieusard, fait mine de tendre sur le lecteur magnétique une carte qui n’a rien à voir avec un pass de transport – c’est l’intention qui compte - , espérant profiter du délai accordé par la machine au voyageur précédent pour passer dans la foulée. Les ingénieurs appellent cette pratique l’hameçonnage. Cela aurait pu passer inaperçu si notre homme avait mieux apprécié  la corpulence de l’antépénultième qui, freiné dans son élan par l'étroitesse du passage  laissa notre condamné à demi coincé dans la guillotine du portique.

Derrière moi, les gens s’empilent, aussi poussais-je le pauvre diable afin de le faire passer sur mon pass, que je validais in petto.

Nous passons donc en sandwich, pendant qu’à ma droite, sur le portique d’à côté, la guillotine se referme brusquement sur le bras gauche d’une voyageuse, qui, destabilisée, s’appuie sur son bras droit, lequel est en train de passer son pass magnétique sur la borne, envoyant par la même devant sa propriétaire son pass qui, au lieu de butter sur les portes – ce qui aurait permis à notre voyageuse de récupérer son bien - part  dans une course élégante et précise à mi chemin entre la savonnette et le palet de hocket, s’immiscer dans l’interstice que dans sa grande âme l’ingénieur à ménagé entre les deux portes afin d'éviter au chaland qui voudrait resquiller de se retrouver sectionner en deux, effectue quelques galipettes en l’air et vient atterrir … dans ma poche droite, de laquelle je m’empresse de l’extraire pour le remettre à cette voyageuse, qui, étonnée mais pressée, me remercie et file vers son escalator.

Comprenez bien qu’il vous a fallu 5 minutes pour arriver à ce point de mon texte mais que dans la vraie vie du banlieusard, il ne s’est passé que deux à trois secondes, ce qui confère à la scène un côté particulièrement comique.

Enfin, de mon point de vue.

Car cela n’a fait rire ni le resquilleur devant moi, ni la maladroite.

…Les gens ne sont pas observateurs…

C’est sans doute ce qui explique pourquoi, depuis que le poinçonneur des lilas a rendu son tablier, les portiques marchent à l’envers…

20/09/2015

Pontoise, ville poubelle

 Marcel Renard

 Le 20/09/2015

 «Patrimoine»

Aujourd’hui Dimanche, c’était la journée du patrimoine. J’en ai profité pour arpenter les rues de ma belle ville.

Et je pousse un coup de gueule, un vrai, car je suis vraiment dépité.

En effet, des Cordeliers, aux Louvrais, à l’Hermitage, en passant par le centre, il n’est pas un coin où les poubelles ne rappellent leur présence de façon ostentatoire.  Rue de Gisors, rue Fontaine, rue de l’Hôtel de Ville, un jour où l'on voudrait précisément que notre ville montre son plus beau visage, où que l'on regarde, c'est partout c’est la même musique : les conteneurs dégueulent d’ordures.

Et pourtant, nous sommes dimanche. Il est 17h00. Je doute que les « boueux » passent ce soir. Malgré cela, il n’est pas un coin de pontoise qui échappe à cette invasion. Ce sont des grosses poubelles. Parfois, devant les immeubles, elles occupent des places de parking. Parfois, sur les trottoirs, elles empêchent les poussettes de passer, quand ce n’est pas juste les piétons.

Au pied de ces poubelles trop tôt sorties, on trouve d’autres poubelles, plus petites, des sacs de détritus, des bordilles en vrac. Quant aux encombrants, meuble ikea démontés, vieux matelas, électro-ménager hors d'usage, ils s’installent de manière récurrente, de place en place, dans des lieux à la face récipiendaire autoproclamée.

Il faut noter également, outre qu'elles ne soient pas sorties au bon moment, que les poubelles débordent, que dis-je, elles dégueulent littéralement. Fatiguées, elles baillent, le couvercle souvent  entr’ouvert , donnant aux chats noctambules l’occasion de tout éparpiller alentour dès potron-minet.

Mais que se passe-t-il au juste ?  Voici plus d'un demi siècle que je suis à Pontoise et d'aussi loin que je puisse remonter , je n’ai pas souvenir d’un tel bazar.  Est-ce un manque de civisme, un manque d’éducation des citoyens, un signe des temps, qui voudraient que la chose publique n'intéresse plus le chaland ?

Comme bien souvent, les gens ne sont pas sales par plaisir mais plutôt par contrainte. L’expérience montre que dès lors que l’on met les bons services en face, tout rentre rapidement dans l’ordre. C'est ainsi qu'on a pu voir la passerelle de la gare retrouver un aspect quasiment normal suite à l'installation de quelques poubelles et la mise en place d'un service ad hoc.

Il y a plusieurs raisons objectives, simples et techniques à tout ce bazar qui nous fait honte à nous autres, Pontoisiens.

Premièrement.

A la faveur du changement de marché public, le service rendu par la société qui collecte s’est considérablement dégradé : Il n’est plus régulier dans sa fréquence ; On ne sait dont plus exactement à quel moment sortir sa poubelle. Alors du coup, pour éviter de rater un passage, on sort sa poubelle un peu trop longtemps à l’avance. Il est nécessaire de rappeler le besoin de régularité que requiert cette collecte : ceci devrait être un critère d'attribution du marché public.

Deuxièmement.

Le nombre de collectes hebdomadaires a diminué. Pour faire des économies. Sauf que le brillant cerveau qui a pris cette décision a complètement oublié que lorsqu’une entreprise remporte le marché de la collecte, elle fait une enquête préalable, qui vise à calibrer la fourniture des conteneurs, en  nombre et en taille.

Si entre l’enquête et la mise en place de la collecte vous changez la fréquence, il y a peu de chance que éléments recueillis pendant l'enquête (taille et nombre des bacs) restent en cohérence avec le service. C’est assez simple à comprendre, encore faut-il y penser…

Troisièmement

La brillante personne qui a pris la décision de diminuer le nombre de collectes fixé depuis belle-lurette à Pontoise ne s'est pas souciée du fait que les locaux sanitaires dans l’habitat collectif étaient dimensionnés en conséquence. Il en ressort que pour éviter que les locaux ne débordent, les gardiens essaient de sortir les bacs le plus tôt possible.

Quatrièmement.

Toujours pour faire des économies, un brillant cerveau a pensé qu’en faisant collecter les ordures pendant les heures ouvrables, cela couterait moins cher, puisqu’il n’y a pas de majoration du salaire du travailleur pour heures de nuit. Résultat : Le matin, les embouteillages sont légion derrière les camions poubelle, car la collecte se fait à l’heure où les gens vont bosser. Le corolaire de cela est que le chaland a droit au spectacle des ordures accumulées sur les trottoirs et que dans une ville où la majorité municipale a pour obsession l’élégance des façades, c’est juste en léger décalage.

Le résultat de cette incurie est visible tous les jours. Il n’y a pas besoin de payer un cabinet de consulting pour faire une étude d’impact de ces décisions prises sans réfléchir, il suffit de se promener dans notre ville.

Il faut noter que la situation à Pontoise est vraiment exceptionnelle : dans aucune commune alentour on ne retrouve le même phénomène. Pire, il est des communes plus grandes, où le revenu moyen est presque d'un tiers de moins celui de Pontoise - c'est à dire où l'impôt collecté devrait permettre moins de services (1)  - et où les rues sont pourtant impeccables.

Quelles sont les solutions ?

La première chose est de s’intéresser à la situation.

Il y a des mesures évidentes : que l’entreprise qui collecte fasse une tournée de collage sur chaque conteneur d’un sticker indiquant à quel moment sortir les bacs, ou que la mairie distribue des stickers : cela ne coute rien et permettrait de commencer par limiter la casse.

Il y a urgence à faire une communication claire et cohérente sur le sujet.

Il faut également pouvoir revenir au rythme de collecte antérieur.

Il est nécessaire de régler rapidement le problème des encombrants. Auparavant, il y avait une tournée des monstres : cela fonctionnait très bien. Par ailleurs, cela permettait à tout un tas de gens, chineurs, biffins en tous genres, de bénéficier des ordures en faisant diminuer pour le contribuable le coût global de traitement tout  en établissant une sorte de paix sociale à pas cher.   Un brillant cerveau s’est fait refourgué le concept du « call for services ». C’est complètement foireux. Il faut repasser à la tournée programmée des monstres.

Il faut rappeler que l'on paie pour un service, qu'à Pontoise sans qu'il y ait de raison particulière ce service est facturé plus cher qu'ailleurs et qu'il est du devoir de la communauté de mesurer le taux de service et de faire les réclamations en conséquence. Encore faut-il s'intéresser au sujet...

Tout ceci ne relève que du bon sens et d’une appréciation globale de ce qu’est une économie et une gestion saine des affaires communales.

Sur ce sujet précis, force est de constater que nous en sommes très loin aujourd'hui.

---------

(1) Je précise, suite à la remarque justifiée d'un lecteur, que malheureusement les ressources (les impôts pour l'essentiel) sont en grande partie fonction du niveau moyen de revenu, et que donc - pour exprimer les choses rapidement - plus ce niveau est faible, moins il y a de chance que la commune puisse offrir des services de qualité. 

21/08/2015

Comment dire merci à son instituteur ?

Marcel Renard

Le 21/08/2015

« Puisque c’est comme ça, je dirai toujours Bouton. Tiens, Bouton, Bouton»

La nature offre des merveilles à qui sait regarder. La qualité de mon appareil photo ne permet pas d’immortaliser ce que j’ai sous les yeux, aussi je vais essayer avec la lentille des mots, avant que ne se couche le soleil.

Il est 18h00 et nous sommes en plein mois d’Aout. Le  soleil est en train de plier bagage et, entre mon œil et lui, à travers les branches tortueuses d’un réverbère encore éteint, une araignée - profitant d’une situation qu’elle sait propice à attirer le chaland - a déjà tissé une toile dense.

Le positionnement du soleil et la configuration de la toile transforment cette dernière en un prisme qui décompose la lumière du jour. Il est vraisemblable – encore faudrait-il une loupe binoculaire pour s’en assurer, que la section du  fil de toile n’est pas réellement cylindrique mais présente des côtés.

Quoi qu’il en soit, la pureté du fil est telle qu’il apparait plus limpide que le plus beau des cristaux, et la diffraction du rayon solaire qu’il permet est à l’égal de cette transparence.

Le vent qui mollement agite les fils fait onduler dans toute l’étendue spectrale de l’arc en ciel cette toile , qui , sous une  inclinaison de la tête dans un sens ou dans l’autre, se transforme en un disque chatoyant tantôt dans les rose, tantôt dans les bleus, tantôt dans les verts.

Et l’on peut discerner un bleu que l’on voit tellement rarement dans la nature, ni même dans les spectres lumineux, le bleu des turbans des touareg, un bleu intense fait à base de cette pierre que l’on retrouve sur les masques funéraires des momies égyptiennes, le lapis lazuli. Il est rare de voir une telle déclinaison de bleus, tant nos yeux sont habitués à la standardisation des couleurs. C’est magnifique et totalement étonnant.

Parfois, on peut voir également un vert surprenant , que là encore on ne voit jamais dans les arc en ciel, et très rarement dans la nature, le vert émeraude extrêmement intense.

Toutes ces couleurs sont brillantes, phénomène que l’on ne voit même pas dans les prismes générés par l'irisation des tâches d’huile dans l’eau. C’est vraiment unique et totalement surprenant..

Il faut profiter de cet instant fugace, car déjà la déclinaison de l’astre solaire fait s’enfuir ces fééries fantasmagoriques que l’incidence d’un simple rayon de soleil sur une toile d’araignée toute à fait ordinaire arrive à produire. Et déjà, quelques minutes à peine après le début de cette observation, voici que notre toile recouvre son apparence insignifiante.

Mais alors… comment ne pas imaginer que des générations d’individus, qui des millénaires avant moi n’avaient rien d’autre à faire de la journée que de chasser et contempler les choses de la nature, comment ne pas imaginer que ces individus ne se soient posé la question du  pourquoi d’une telle chose, si frêle et pratiquement invisible, une chose si ordinaire, qui, sous l’effet d’un simple rayon de soleil, puisse prendre des allures aussi incroyables ?

A l’évidence, ces gens-là ont existé !  

Ainsi, c’est avec une très grande surprise que j’ai découvert que l’invention du cinéma ne datait pas de ce qu’il est usuel de dire. La «camera obscura », la chambre obscure, qui permet de visualiser dans une tente de bédouin des scènes produites à l’extérieur est une découverte très ancienne, dont des circonstances exceptionnelles et analogues à celle de ma toile d’araignée et de mon rayon de soleil m’ont éveillé à l’existence : Aristote, 300 ans avant notre ère, en avait déjà décrit le principe. Il ne lui manquait plus que le support pour en fixer l’image…. Et il n’est pas sûr que ce support n’ait pas existé avant l’invention au moyen âge de l’exploitation des propriétés du chlorure d’argent.

pontoise,cordeliers,chars,araignée,optique,ferry,renaut,renaud,philosophie urbaineEt il plus que vraisemblable - n’en déplaise à Alain Renaut, ce professeur de philosophie que nous avions eu au lycée de Pontoise dans les années 75 et qui, à défaut d’avoir su donner à ses élèves l’amour de la philosophie tant il naviguait en permanence dans une autosatisfaction qui faisait rire les adolescents que nous étions, psalmodie maintenant aux côté de son idole de Luc Ferry en se cherchant une clientèle de bazar - que le célèbre mythe de la caverne soit d’avantage inspiré de cette découverte tout à fait naturelle que d’une profonde et intense réflexion philosophique.

J’ai beaucoup perdu de temps avec la plupart des professeurs que j’ai eus, au lycée comme à la faculté, car ce n’est pas à eux que je dois cette manière d’observer.

C’est simplement à un instituteur, dont le père était particulièrement ignoble et a fait souffrir des générations d’écoliers Pontoisiens. Le fils de ce bougre, par une pédagogie toute à fait innovante, voulait sans doute essayer de racheter tous les péchés de son père, hélas ! une vie entière n’y aurait pas suffi…

Il avait su développer une méthode simple : nous emmener quelque part et nous demander d'observer...jusque dans les moindres détails... et d'exprimer sans crainte et sans a priori  avec pour seul outils notre maigre vocabulaire, ce que nous voyions.

Et lorsque je pense aux salaires dont sont gratifiés ces instituteurs, mon cœur frémit, comme cette toile d’araignée qui, au rythme de la brise du soir, me renvoie des reflets mordorés et mystérieux... 

Car ce sont de ces personnes dont dépend le monde, et non de ces petits barons qui pérorent sur les ondes.

La nature est pleine de choses magnifiques que nous avons appris à ne pas regarder en nous absorbant sur des choses insignifiantes ; Et pourtant, le moindre grain de sable, le plus petit cristal de neige, la plus petite étamine de la plus insignifiante des fleurs recèlent d’avantage de choses à étudier que tout ce que vous n’apprendrez jamais dans les meilleurs collèges des meilleurs écoles du monde. La géométrie de la nature est tout simplement passionnante.

Pendant que les médias nous endorment avec des guerres qui ne sont pas les nôtres, il y a beaucoup à apprendre...

Il suffit juste d’ouvrir les yeux. Et à part pour des gens comme Jean-Marie Lepen, on en a pour la plupart tous deux, ce qui est amplement suffisant pour apprécier la beauté du monde....

 

10/07/2015

Savez vous pourquoi le Hall Saint-Martin, à Pontoise, est reservé exclusivement et depuis des décénies aux antillais pour la Saint Sylvestre ? C'est parce qu'ils sont partout !

Marcel Renard

Le 10/07/2015

« Tranche de vie à la Préfecture »

Au bureau de la commission médicale des permis de conduire, c’est jour d’affluence. On a bien reçu commandement de venir, assorti d’une théorie de papiers à fournir, mais il serait utopique de croire que l’heure planifiée reportée sur ledit ordre puisse avoir un quelconque rapport avec l’ordonnancement des choses.

En maitresse de cérémonie attentive, isolée du bon peuple dans sa cage de verre , une quadragénaire probablement antillaise organise ses dossiers dans une sérénité que le contraste avec l’empressement de ses gestes précis sur fond de cohue pare d’une cocasserie certaine.

Le petit bureau de la Commission Médicale dégueule d’assujettis jusque dans le couloir de la Préfecture.

Comme ils pourraient le faire dans n’importe quel temple hindou dédié à l’idolâtrie d’une déesse multi-membres, les processionnaires se présentent à tour de rôle au guignoloir de verre afin de déposer son obole à l’Administration : des liasses de papiers, des photos d’identité, un chèque de trente trois euros, des certificats, des doubles, des bilans médicaux, des attestations. L'Administration accepte tout, en  échange d'un petit sésame : le ticket qui donnera un numéro dans la file d'attente.

Cette activité humaine se dicte dans des jargons à la tournure bureaucratique absconde qui, ajoutés à la diversité lexicale de cette théorie de processionnaires donnent  une actualité évidente au mythe de la Tour de Babel en tant que châtiment divin à la dépravation humaine. On se parle beaucoup mais sans trop se comprendre.

Au guignoloir, on découpe, on feuillette des doubles carbonés, et l’on tamponne. L'on tamponne avec une conviction qui force le respect. Les reliefs de découpes blanches de photos d’identité perlent au sol comme autant de gouttes de cires de cierges imaginaires au pied du guichet-autel, tandis que la longueur de la file des processionnaires, en une sorte d’organisme vivant, s’étire ou se contracte au rythme de la complétude des doléances, lesquelles,  bien que pareilles, restent toutes différentes tant les options résultant de la combinaison des différentes cases à cocher des formulaires offrent de possibilités : Il manque toujours un papier, une photo, un examen et notre shiva s’acquitte dans une danse méthodique d’arbitrages parfois non négociables: Tantôt  le chaland se mettra en double file afin de compléter ses documents, tantôt il devra courir chez lui - s’il le peut - pour quérir les pièces demandées, tantôt il ne lui restera plus qu'à maudire le sort pour avoir à attendre trois mois pour un nouveau rendez-vous.

Alors que les aller-retour s’effectuent de la queue vers des toilettes d’où les processionnaires ressortent en exhibant le produit de leur miction comme s'ils portaient la Sainte Ampoule, c’est toute une population interlope, à la docilité et l’humeur variables, qui patiente derrière la ligne de confidentialité, garante de leur intimité.

Au plafond, accroché, un panneau informatique rappelle le numéro des élus - ceux qui ont passé le stade de l’obole et peuvent accéder au Médecin. Pour pallier un défaut d’affichage des numéros appelés, périodiquement la porte s’entr'ouvre laissant apparaître la tête du Médecin, de la bouche duquel jaillit un nom.

« Monsieur Martins »

Juste devant le Médecin, un homme rose et un peu freluquet se lève. Echange de dossier, salutations rapides et alors que le voici en partance pour le Sanctuaire Médical, au même moment, dans une synchronisation qui exclue le doute, plus loin de la porte, le type à ma gauche se lève. C’est un antillais me semble-t-il ou un africain. Il est noir. Il est costaud et respire l’urbanité.

« Vous aussi, vous vous appelez Monsieur Martins ? »

Il confirme, et cette situation nous fait éclater de rire.

Echanges de quelques mots, et je lui conseille d’aller se faire identifier en argumentant - d’un ton qui  doit sentir l’expérience- que dans ce genre de situation, il convient d’être circonspect. Je suis visiblement convainquant et notre homme va donc voir le Médecin qui est encore à accueillir Monsieur Martins et qui le rembarre, de manière très assurée :

« Pour l’instant, je m’occupe de M. Martins, je vous appellerai le moment venu».

Notre homme fait demi-tour, en me regardant écarte les deux bras en signe d'impuissance polie, puis vient se rassoir.

Je lève les yeux vers l’écran lumineux qui indique désespérément les mêmes numéros d’appel depuis deux heures. Sur le panneau,je repère en sa partie gauche un fac-similé de permis de conduire censé identifier le service dans lequel nous sommes. C’est naturellement un permis de conduire.

J’éclate de rire, et je me tourne vers mon voisin qui m’accompagne aussitôt dans mon humeur  :  

« Noirs ou blancs, décidément, vous autres, vous êtes partout ! »

lui dis-je en pointant du doigt le panneau lumineux au-dessus de nos têtes :

En effet, le permis de conduire qui est reproduit est au nom de … « M. Martin ».

 

 
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