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30/09/2011

lorsque la région abandonne les infrastructures

 

http://www.mai2012.fr/

Winter, le 30 Septembre 2011

 «De la bonne gestion des fonds publics»

La gare de ma petite ville de Pontoise  - ville labellisée d'art et d'histoire - voit passer chaque jours des milliers de voyageurs. En effet, elle est reliée à Paris Nord, St Lazare, Creil, et au RER A.

Malgré l’augmentation inexorable du prix du coupon Navigo, elle est depuis des années dans un état de délabrement la faisant rivaliser avec certaines gares de pays du tiers monde ; la promesse affichée des réparations les plus élémentaires, initiée il a plus de dix ans et chaque année reportée à l’année suivante (Vous connaissez la musique : « la SNCF vous prie de bien vouloir l’excuser… Merci de votre compréhension ») tourne désormais au ridicule : Les escalators ne fonctionnent plus, autant pas manque d’entretien préventif que par défaut de réparation curative. Certains immeubles sont en ruine, la passerelle qui enjambe les 13 voies est dans un état de délabrement qui la rend dangereuse. L’immense parking, pour partie abandonné voit à la saison des pluies - chose particulièrement insolite - son dernier étage se transformer…en une immense mare à grenouille, peu connue des pontoisiens car soustraite à leur vue par le hasard de la configuration des lieux.

Les travaux de nettoyage les plus ordinaires ne sont plus assumés régulièrement, et il est plus confortable pour le chaland, par nature fainéant de la cervelle, de s’insurger devant la saleté de ses voisins  (forcément des sales étrangers…) que de réfléchir sur ce qu’il adviendrait  corelativement de ses propres toilettes si lui-même ne les nettoyait pas tous les jours…

Ce matin pourtant à la gare, dès potron-minet, un détail insolite captait mon attention.

Devant un panneau publicitaire, un vigoureux noir d’une société de nettoyage sous-traitante, dans une ferveur toute à son honneur, s’attachait, armé d’un balai savonneux qu’il tenait promptement en main,  à en faire briller le plexiglass.

J’attendais mon train tout en scrutant les gestes rapides et précis de cet homme au travail, mon œil mal réveillé oscillant de haut en bas, égaré par l’aspect surréaliste du contraste entre  un parterre crasseux, perclus de mégots abandonnés,  asphyxié par les herbes folles s’invitant sans vergogne dans ses lézardes goudronnées et l’éclat métallique du cadre d’aluminium maintenant rutilant du panneau de réclame.

C’est qu’il faut que cela brille, la publicité, puisqu’elle permet de participer à l’économie de la gare, tandis que laisser le quai à la proie des ordures n’empêchera pas la SNCF d’encaisser le montant des cartes d’abonnement.

Comme le disait la publicité, « le progrès ne vaut que s’il est partagé par Jean-Claude Decaux. ».

Vous êtes en bonnes mains, ne craignez point demain.

06/03/2009

La dialectique à la SNCF

La dialectique a la SNCF

Winter le 3 Mars 2009

  http://urbanitasmagories.blog.20minutes.fr/


"Quand je prends le train, cela m'énerve toujours qu'on me traite de client...Pas vous ? "

Car l’homme ne vit pas que de pain, et la dialectique, c’est la cuisine des mots. Mis à part les hommes politiques et les brigands des banlieues, rares sont ceux qui ont la véritable conscience de la force du mot, et que celui-ci mal employé peut tantôt émouvoir jusqu’à la mort,  tantôt ameuter jusqu’à l’émeute-même :

C’est ainsi qu’il faut partir du postulat que dans la bouche d’un homme public, un mot n’est jamais anodin et rarement impromptu.

Lorsque M. Lepen lance son fameux « Durafour crématoire », ce n’est pas un simple dérapage, c’est un virage parfaitement négocié destiné à flatter son électorat négationniste

Sur le plan des modes et des courants, lorsqu’ untel ou untel homme public, utilisant son audience sur les médias décide de bannir ou a contrario encenser tel mot ou telle locution, il ne s’agit généralement pas d’un simple effet de manche, mais d’une réelle volonté de manipuler l’opinion.

On peut ainsi parler du fameux « abracadabrantesque » de Jacques Chirac ou de  la « bravitude » de Ségolène Royale, où dans les deux cas, il s’agit, par un arrangement de la langue, de masquer des situations particulièrement graves.

Dans un autre ordre d’idée, le fait de qualifier désormais l’invalide de personne à mobilité réduite après lui avoir donné le terrible vocable de « handicapé », avec ce « h » aspiré si dur à supporter, d’une part ne change rien à sa condition, l’aveugle ne voyant pas mieux depuis qu’il est non voyant, et de l’autre n’apporte strictement rien de plus à la qualification de son état.  Il faut donc chercher ailleurs que dans le soucis de précision la volonté de changer le vocabulaire.

Et, pour en venir à mon propos, l’usager de la SNCF ne voyage pas mieux depuis qu’il est devenu client.

Mais au fait, pourquoi le terme d’usager a-t-il été banni du dictionnaire de l’employé des chemins de fer, pardon, je veux dire de l’agent de la SNCF ?

La réponse est très simple, et c’est ici qu’il importe de saisir la puissance des mots afin de bien comprendre que le choix de leur emploi  ne relève pas simplement d’une démarche marketing :

Usager renvoie à la notion d’usage. La valeur d’usage, c’est la valeur attribuée par exemple par les assurances pour vous rembourser votre voiture gravement accidentée : Vous aviez une vieille guimbarde, qui ne valait plus un clou à l’argus, mais comme vous êtes assuré dans une compagnie mutualiste, celle-ci vous rembourse sur la base d’une estimation du prix qu’il vous faudrait débourser pour vous offrir un service identique : on parle donc de valeur d’usage, et non plus de valeur vénale, qui est la valeur qu’un acheteur qui voudrait se rendre propriétaire de votre vieille guimbarde serait prêt à mettre.

 La valeur d’usage est totalement déconnectée de la valeur vénale : c’est une contribution au coût du service, car la notion d’usager renvoie à la notion de service à la collectivité, notion qui n’intègre pas des biens ou services directement négociables entre individus dans le cadre d’une offre de marché : si l’on pouvait choisir sa compagnie ferroviaire pour aller de Paris à Lyon, cela se saurait…

De son côté, la notion de client renvoie à la notion de tractation commerciale et donc de valeur vénale, qui est la valeur qu’un individu est prêt ou supposé prêt à donner pour obtenir un bien ou un service précis, dans le cadre d’une loi d’offre et de demande.

En faisant passer l’usager du statut d’usager à celui de client, on signifie en fait qu’il devrait non plus payer pour un service que la collectivité fournit à ses administrés, mais pour un service vendu à des individus par des sociétés commerciales.

La SNCF devient donc non plus une société nationale mais une société commerciale comme les autres.

Tout ce qui précède est finalement assez banal, et ne surprendra pas celui qui a déjà un peu réfléchi devant une affichette de la SNCF un jour de grève.

En revanche, lequel d’entre vous s’est déjà fait la remarque que si le qualificatif de client est désormais attribué à l’usager, on applique toujours - et depuis pas mal de temps déjà - le qualificatif d’agent à l’employé des chemins de fer.

Et c’est là que les choses deviennent abracadabrantesques. Car si l’employé d’une société commerciale peut avoir une certaine latitude pour faire en sorte que – dans le respect du lien de subordination envers son patron que représente son contrat de travail - son travail quotidien satisfasse le client de son employeur, l’agent, lui, par définition, n’est que le rouage entre un pouvoir et une exécution : Il ne peut en aucune manière prendre la liberté de faire en sorte que son service soit à la hauteur des ambitions de son client, ceci ne restant que du strict ressort de sa hiérarchie administrative.

Imaginez-vous une minute pouvoir discuter du taux de votre imposition avec l’agent du fisc, ou du montant de votre amende avec l’agent de police ?

Ne croyez pas qu’il s’agisse là de simple dissertation : l’usager des transports en commun peut en faire l’expérience, que ce soit en banlieue ou en province, ceci de manière quotidienne.

Ces positionnements sémantiques du client et de l’agent ont été choisis et mis sur la place publique avec détermination et constance par les hommes politiques successifs depuis quelques dizaines d’années afin d’un côté faire payer toujours plus l’usager, et d’éradiquer la notion de service public et de l’autre de déresponsabiliser toujours plus l’employé, le rendre docile et conciliant, ces deux notions s’excluant mutuellement.

Comme dans la cuisine, il n’y a pas de place au hasard dans la dialectique. Comprend qui veut…ou comprend qui peut, non ?


 

10:38 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sncf, service, public, ratp, grève, sémantique, manipulation, cgt | | |  Facebook

01/05/2008

des hauts et des bas

  Tours et pavillons

Winter le 30 Avril  2008  http://urbanitasmagories.blog.20minutes.fr/

« L'ascenseur est il un transport en commun vraiment écologique ? »

Il est usuel de dire que l’avenir de l’habitat urbain est à la tour. En effet, loin des modèles des années 60, la tour de demain se propose d’être un véritable lieu de vie, associant travail, commerces, loisirs et habitat.

Le gros avantage de la tour, c’est qu’elle est respectueuse de l’environnement, avec un très faible consommation d’énergie au m2 habité, et qu’en concentrant les gens sur une très faible surface, elle diminue de manière drastique les transports donc les émissions de Co2.

Par ailleurs, la tour présente l’immense avantage de respecter l’environnement en préservant les m2 de surface. Effectivement, lorsqu’on construit des pavillons, il y a une dépense inconsidérée de surface par rapport à ce que l’on consomme dans une tour, entre autre à travers les jardins pavillonnaires.

Dans une tour, le plus gros poste de consommation d’énergie, ce n’est pas le chauffage, se sont les ascenseurs.

A partir du moment ou l’on considère qu’une cité pavillonnaire ce n’est ni plus ni moins qu’une tour mise à l’horizontal, le regard sur les avantages écologiques de la tour change totalement, et je suis étonné de n’avoir jamais lu où que ce soit de littérature allant dans ce sens.

Pour pousser plus loin la réflexion, si l’on considère qu’un transport en commun n’est ni plus ni moins qu’un ascenseur qui serait mis à l’horizontale, alors la conception même que nous avons des transports en commun deviendrait totalement différente.

A-t-on jamais vu des gens réclamer des ascenseurs individuels ?

Effectivement, ce n’est guère possible car la surface de la tour est forcément limitée afin que chacun puisse avoir son coin de ciel bleu, et plus on monte en étage, plus il faut mettre de cage d’ascenseur, laquelle aucune une place incompressible au sol : ainsi, à supposer qu’une cage d’ascenseur occupe 2,25 m2 au sol, et qu’il me faille un ascenseur pour 10 étage, pour 100 étage j’ai besoin d’avoir une surface de cage d’ascenseur pour 22 M2, ce qui me prend quasiment la surface d’un petit appartement soit 100 appartements sur une hauteur de 100 étages….

Il n’est donc pas possible d’avoir des ascenseurs individuels (sauf à mutualiser les cages d’ascenseur, mais nous n’en sommes pas encore là)

L’ascenseur doit donc être considéré comme un moyen de transport collectif.

Si je suis capable de prendre un ascenseur pour aller du 1er au 10eme pour acheter mon pain, pourquoi ne pourrais-je donc pas prendre un train pour faire la même chose , savoir aller chercher mon pain à 3 kilomètres ?

Les urbanistes et les architectes sont des gens qui ont une idée sclérosée de la ville et de l’urbanisation.

Je n’ai jamais vu de ma vie une cage d’ascenseur avec marqué « transport en commun » sur la porte d’accès, et pourtant, c’est bien de cela dont il s’agit, au détail près que l’énergie qu’il faut mettre en œuvre pour soulever des gens est incomparablement supérieure à celle nécessaire pour les translater, gravité oblige.

Les gens vivent sur le préjugé que les ascenseurs sont pour les riches et les transports en commun pour les pauvres.

Avec un baril de pétrole qui est passé de moins de 3 dollars à plus de 110 en 45 ans, il va pourtant bien falloir revisiter sa conception de l’habitat urbain, non ?

Et pourtant, sauf à parfaire mon arithmétique, il y a en France en gros pas loin d’un hectare  (8700 m2 exactement ) par personne, donc de la place pour tout le monde. Le problème n’est donc pas de revoir la manière d’empiler les gens, mais bien la manière de se déplacer et d’apporter à chaque français des vivres et des services. Il faut donc reconsidérer la politique de mise en place d’ascenseur horizontaux, c'est-à-dire de transports en commun. Beau projet, non ? En tout cas très loin de la pensée commune.

00:01 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ascenseur, ubanisme, transports, ratp, sncf, urbain, ville | | |  Facebook

 
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