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20/04/2012

La douce odeur de la gamelle

Mai 2012.

Winter le 20 avril 2012

«Bon appétit»

Notre Bon Suzerain à d’ores et déjà perdu, laminé par la vague de mécontentement des gens qu’il a emmené sur le chemin des promesses non tenues.

Mais au-delà de sa propre défaite, lui qui confiait à Anne Lauvergeon, patronne d'Areva et amie de Besson, qu’il ferait président pendant une mandature pour aller ensuite travailler pour  Bouygues, c’est une grande part de la droite qu’il a emmenée sur le chemin de la déconfiture.

Car ne nous y trompons pas, il est en France tout un ensemble de personnes dont le métier, et donc le revenu mensuel, ce qui leur permet de vivre, de nourrir femme(s) et enfants est directement lié à la capacité de leur chef à mobiliser les forces vives de la nation.  Ce sont les sénateurs, les députés, les représentants de conseils généraux, et plus généralement ce qu’on appelle « grands électeurs » : ceux dont le métier est la politique. Ainsi, le chef de l’état n’est pas juste un chef politique, c’est également une sorte de chef d’entreprise, et, en capitaine de cette industrie sourde, de l’ombre, il se doit de mobiliser, fédérer, sensibiliser, gérer les ressources humaines que sont ses supporters.

Aujourd’hui, tous les députés qui vont perdre leur poste, les représentants divers et variés parsemés tout le long de notre complexe système de représentation qui vont devoir aller se recaser ailleurs et n’auront pas forcément l’entregent suffisant pour postuler chez Bouygues sont en droit d’être dans une colère noire devant le constat de l’ampleur de la manipulation. Certes, Chirac avait eu cette formule restée fameuse que « les promesses n’engagent que ceux qui y croient », tant l’attente de changement était forte que la pilule reste dure à avaler.

Les temps vont être durs : Il est à peu près aussi difficile pour un député mis sur la touche que pour un chômeur sexagénaire en fin de droit de se recaser. Et pourtant l’un et l’autre ont une famille à nourrir !

Si l’on regarde les choses sous cet angle, on peut comprendre les retournements de veste assez spectaculaires de ces derniers jours et ceux qui ne manqueront pas d’arriver prochainement.

Il fût un temps ou quelques faiseurs de mode lancèrent une vague qui connut quelques succès : les habits intégralement réversibles : vestes à deux couleurs, l’une intérieure et l’autre extérieure, pantalons et polo de même. Cette mode fît long-feu, sans doute trop complexe qu’elle était à mettre en œuvre, et générant par là-même des couts de revient peu compatibles avec un marché de masse.

chomage.jpgAlors il en est certains pour lesquels cela risque d’être terrible, car les costumes d’aujourd’hui ne permettent plus les retournements multiples. Ainsi, on voit mal comment les Besson, Kouchner et autres girouettes de la politique vont se recaser pour les cinq ans à venir. Eric Besson n’est pas un âne. Il a besoin du soutien d’Anne Lauvergeon, qui ne ménage pas sa peine pour lui venir en aide.

Le ballet des affamés va commencer. C’est très exactement ce qu’a exprimé Jean Luc Mélenchon hier à Paris en parlant de la « douce odeur de la gamelle ».

Bon appétit !

 

14/04/2012

La bonne gouvernance

http://www.mai2012.fr/.

Winter, le 14 Avril 2012

«De la réalité de la crise».

On ne gouverne bien que sous la peur. Qu’ils soient démocrates ou tyrans, tous les politiques qui se sont succédé depuis que l’homme est homme le savent, et Notre Bon Suzerain nous fait au quotidien une exceptionnelle démonstration de la permanence de ce principe.

S'il fallait ne prendre qu'un seul exemple, ce serait l'évocation du fait qu'en France, il y a plus de 27 millions de personnes qui n'ont jamais connu autre chose dans leur vie que le plan vigi-pirate, régime d'exception mis en place par Giscard, qui n'a d'autre vocation que d'imposer un ordre policier à notre société «moderne».

C’est l’appétit d’autre chose qui fait le génie de l’Homme, et qui permet de faire évoluer la société. Mais « évolution » ne va pas de paire avec « gouvernance », car l’évolution est l’antichambre de la révolution.

Ainsi l’homme politique, par définition conservateur, n’a jamais manqué d’imagination pour inventer des peurs propres à juguler l’appétit d’autre chose de ses congénère, depuis Vigipirate, crise financière,bâle iii,mai 2012,ump,sondages,calendrier,présidentielles,1er tour,victoire de mélenchon,victoire de sarkozyl’invention de « l’Exode », en passant par celle de « Jésus », des religions et esprits malins divers, jusqu’au réchauffement climatique, et, aujourd’hui, « la Crise. », dont le traitement doit être notre nouvelle religion.


Certes, la remarque peut paraitre déplacée lorsque des millions de personnes se retrouvent sans rien pour manger, et l’on pourrait me rétorquer que la crise est là et bien réelle. Mais « réelle » ne veut pas dire « naturelle » : la nature ne vit que par rééquilibrages successifs, tandis que l’homme politique n’a d’autre obsession que d’entretenir des déséquilibres permanents, les seuls qui lui permettent de justifier sa position de prédateur.


Tous les événements économiques que nous vivons ne sont que billevesées dont l’unique objectif est d’asservir les gens pour faire une société docile.

Le prochain président aura-t-il le courage de faire cet aveu ?

Rien n’est moins sur. C'est pour cela qu'il ne nous sert pas à grand chose.

 


01/04/2012

Abstention massive

 mai 2012

 Winter, le 1er Avril 2012

  « Dernière ligne droite».

 Les sondages se suivent et donnent tous Hollande vainqueur au deuxième tour, ce qui rend tout espoir électoral vain. C’est un peu comme si l’élection était confisquée aux électeurs.

 Les semaines qui arrivent vont devenir insupportables.

 La tension devrait pourtant monter dans les bars, dans les trains et dans les lieux publics.

 Hors, si l’on écoute nos concitoyens, il n’est pas compliqué de comprendre que s’ils s’intéressent en nombre à la politique, l’élection en tant que telle ne les motive pas. Amusez vous à lancer un débat dans un wagon ou au comptoir d’un bar, la mayonnaise prend immédiatement. Puis posez à la cantonade la question de savoir qui va voter, et un grand blanc s’en suit, comme si l’abstention était un choix aussi honteux que peut l’être celui d’un candidat d’extrême droite et qu’il conviendrait, pour sa la pérennité de propre respectabilité, d’en laisser l’expression au secret de l’isoloir…

 C’est ce qu’on entend dans le train du matin. Mais les hommes politiques ne fréquentent pas les gars et ne prennent sans doute pas la mesure de l’état de l’opinion : Lorsque les citoyens sont imprégnés de l’idée qu’ils n’ont pas d’action sur les hommes qui les gouvernent, alors là, effectivement, tout devient possible.

 Le risque est d’avoir un taux d’abstention record, rendant périlleuse l’inscription en légitimité du futur président, d’une part, et imprévisible le résultat du 23 avril de l’autre. 

 Il est donc du devoir de chaque papa, chaque maman, chaque voisin, de se transformer en agent de propagande et d’expliquer à ses enfants, à ses voisins, à ses proches, ses collègues pourquoi il faut voter, et que, pour qui que ce soit que l’on vote, il faut faire l’effort de mettre son petit papier dans l’urne.

 L’intérêt de voter est assez simple : ne laisser personne décider à sa place.

Ne recommençons pas le coup de l’élection de Chirac, avec un président qui fut élu avec un score que même dans démocraties les plus corrompues, on n'aurait jamais osé imaginer.

12/03/2012

Petits moyens, petits budgets, petites idées

 http://www.mai2012.fr/.

 Winter, le 12 mars 2012

 La pertinence de vos recherches vous a fait atterrir sur ce blog : Mai2012.  On se demande pourquoi je suis le seul à  avoir pensé à déposer ce nom de domaine ?

C'est qu'en 2008, j'ai lu le livre de François Léotard "Ca va mal finir" et je me suis dit : "Ce mec est un visionnaire", un vrai, parceque c'était une vision de l'intérieur, les pires....

 Mais aujourd'hui la crise est là. Et j'ai besoin de me refaire. Alors je mets en vente ces 4 superbes noms de domaine, idéals par les temps qui courent, et plutôt sacrément bien référencés sur Google.fr :

        MAI2012.FR

        MAI2012.COM

        MAI2012.ORG

        MAI2012.EU

 Pour l'anecdote, j'ai fait une proposition au front national : Le lendemain, il a ouvert "enmai2012.fr". C'est moins sexy, mais c'est bien essayé.

Je l'ai proposé aussi à Strauss Kahn, à Washington : Le lendemain, il avait des bracelets chromés.... Pas de bol, non ?

Faites moi une offre par mail avant le 6 mai !

31/12/2011

2012 : L'année des méduses

 http://www.mai2012.fr/

 Winter, le 31 Décembre 2011

 «Les vœux de Notre Bon Suzerain : 2012 Bonne année !  Vos papiers ! »

 Ce soir, Notre Bon Suzerain présentera ses vœux à la nation. Quel sera son discours ? A deux heures de cette allocution, ouvrons les paris, sur quelques phrases assez probables :

 « Pour beaucoup de nos concitoyens l’année 2011 a été difficile» 

 « L’année 2012 sera placée sous le signe de l’austérité mais également de l’espoir »

 « La crise économique a frappé dur et fort, un peu partout en Europe »

 « L’état doit protéger les plus faibles d’entre nous »

 « Malgré un contexte particulièrement difficile, le gouvernement a tenu bon dans sa politique de modernisation du pays »

 « En 2012, les français devront choisir »

 « Nous devons veiller à ne pas dépenser plus que ce que nous gagnons »

 « La perte du triple A ne remet pas en cause le bienfondé de réformes courageuses »

Voilà, les paris sont ouverts...

Il n’en reste pas moins que le’exercice de ce soir sera intéressant, du point de vue littéraire : Du point de vue de la politique ou de l’économie, le pouvoir a montré ses limites… Ceci pour dire que l’on n’attend plus grand-chose de Notre Bon Suzerain : La liste des promesses non tenues est si longue qu’il est inutile de s’embarrasser à la lire.

Claude Guéant, qui travaille encore bien qu’il soit à la retraite depuis bientôt un an tant il est vrai qu’il faut travailler plus pour gagner plus, nous a dit ce matin qu’il n’avait aucun doute que Nicolas Sarkozy se représentera en 2012. Si l’UMP n’était pas suicidaire, ou à tout le moins composée de gens de responsabilités et non de laquais de Notre Bon Suzerain,  elle trouverait une tête de pont consensuelle pour sauver les meubles ; il en sont quelques uns. Une candidature de Jupé provoquerait certainement un vrai électro-choc...

Au lieu de cela, chacun se défile, attendant que l’orage passe, et se prépare pour 2017.

C’est en cela que l’UMP est proche des français ordinaires : ils font de même avec un stoïcisme qui force le respect, mais avec à la décharge que pour nos concitoyens qui souffrent, ils n'ont plus que quatre mois à tenir...

Cette élection qui se profile sera inédite : Tout devient possible : c’était une promesse de campagne, ce sera sans doute la seule qui aura été tenue :  Un contexte économique qui ne s’améliore pas, un PS qui a du mal à ressusciter de son coma strausskahnien, un front national qui monte en flèche, et une multitude de candidats qui assure une triangulaire et pourquoi pas une quadrangulaire… Tout cela sur font de défiance montante à l’endroit de la classe politique. Tous les ingrédients sont réunis pour créer une sauce fascisante pour 2012 ; l’extrême droite aurait tort de se gêner…

Notre Bon Suzerain le sait, et c’est pour cela que l’année 2012 sera sous le signe d’une tentative désespérée de radicalisation du pouvoir…

2012 : Bonne année ! Vos papiers !

 

29/08/2011

La rentrée ? Pas pour tous...

 

mai 2012

Winter, le 29 Aout 2011

 «Rentrée politique»

C’est la rentrée politique. Tout le monde s’en est allé en vacances et c’est parti pour un sprint de huit mois jusqu’aux élections de mai 2012. 

vieux-couple.gifTout le monde s’en est allé ? Vraiment ? En 2004, un français sur trois ne partait pas en vacances. En 2009, une personne sur deux n’est pas partie. En 2011, on ne sait pas encore, mais ce  n’est vraisemblablement que le début d’un long et redoutable processus de paupérisation.

Ainsi, le terme de « rentrée » devient insultant pour ceux qui ne « sortent » jamais, et qui sont chaque année plus nombreux…

Mais y a-t-il, dans la classe politique, un seul être qui nous dira que cette année, il n’est pas parti ?

Ce simple mot « rentrée politique », remis dans le contexte du jour, suffit à monter le clivage qui se développe au quotidien entre le peuple et la classe politique.

Mot clefs : Sondage, Mai 2012, Premier tour, UMP, les français et les vacances, congés 2011,  bilan social, PS, EELV, élections 2012, Front national, Europe Ecologie, présidentielles

27/04/2011

Mai 2012 : Voter ? Pas Voter ?

Winter, ce Dimanche 24 Avril 2011

www.mai2012.fr

 « En mai, voter, pas voter ? Un chiffre à retenir : 364»

Dans la Grèce Antique,  on tirait au sort les gouvernants.  Cette pratique, pourtant très anciennement ancrée dans les sociétés aristocratiques et religieuses,  avait été présentée par Aristote comme concomitante à  la naissance de la démocratie, et c'est désormais cette thèse qui est devenue officielle dans nos sociétés démocratiques.

Peu importe. Ce qui est intéressant dans cette histoire, c'est l'enseignement de Platon qui nous dicte qu'il y a péril à attribuer le pouvoir  à qui le cherche.

Ce dimanche, la Belgique n'avait plus de gouvernement depuis 364 jours. De notre côté, il nous restait exactement 364 jours avant le premier tour des élections présidentielles. Nous allons rentrer dans une absence de gouvernement pendant un an, puisqu'il faudra que nos têtes de liste se consacrent entièrement à la quête du prochain mandat.

Puisqu'on parle de mandat, il convient de rappeler qu'un mandat n'est pas un chèque en  blanc, et que son heureux récipiendaire devient par là-même obligé de qui l'émet. Mais il se trouve que nos gouvernants ont oublié le sens du mot mandat, trop absorbés qu'ils sont par le chaos financier orchestré par leurs amis boursicoteurs...

Donc la Belgique n'a pas de gouvernement... Et nous ? Que va-t-il se passer dans 364 jours ?  A ce jour, nous avons une vingtaine de prétendants à la magistrature suprême; Vingt, cela fait beaucoup : 100 % des voix coupé en 20 paquets, cela fait une part par tête de premier de la classe aux alentours de  5%, ce qui revient à dire qu'il ne faudra pas être très brillant pour être au deuxième tour... Mais, côté positif, cela veut dire également qu'avec un taux d'abstention de 28% comme en 2002, environ un million et demi de personnes va décider du sort de 63 millions de français.

Hors, c'est précisément dans ce cas qu'il faut aller voter car vous avez alors les SUPER POUVOIRS : Car cela revient à dire que lorsque vous glissez un bulletin dans l'urne, vous en glissez en vérité 40 ! Du bourrage d'urnes tout à fait légal ! Ainsi, une famille de 5 français qui vote représente alors 200 personnes ; et dans ma commune de 30 000 personnes, il suffirait de 150 familles de 5 personnes votant pour représenter tout la cité,

ou encore....364 couples !

 

31/03/2011

Fukushima : A quelque chose malheur est bon

Winter, le 31/03/2011

www.mai2012.fr

« Après Fukushima»

Lors de la catastrophe de Tchernobyl, en 1996, plus de 150 000 km2 de terre furent contaminés à des degrés divers. Le montant des dégâts, pour aussi difficile qu'il soit à évaluer, hors pertes humaines et perte de production des invalides, dépasse sur 30 ans les 500 milliards de dollars. Le montant des pensions liées à cette catastrophe représente aujourd'hui la charge la plus lourde car sept millions de personnes en reçoivent aujourd'hui une.

japon.jpgLe Japon fait 370 000 km2, la seule ile de Honshu (l'ile principale) fait 227 000 km2 seulement, et a 107 millions d'habitants. 150 000 km2 correspond à un cercle d'un rayon de 200 kms autour de la centrale, Tokyo étant à 250 kms de Fukushima.

On peut toujours relativiser en expliquant que l'archipel est très étendu (3 300 km), et que donc la situation géographique n'est pas comparable : que dans le cas de Tchernobyl, il s'agit d'une explosion et que la pollution dans le cas de Fukushima sera  portée par les vents et les courants...

N'empêche.

Le rapprochement de ces chiffres fait un peu froid dans le dos, surtout lorsqu'on revoit Gorbatchev expliquer dans le film « la bataille de Tchernobyl » que le coût exorbitant de la catastrophe de Tchernobyl a ruiné tous les espoirs de la pérestroïka.

Chaque jour apporte son nouveau lot de mesures : traces d'iode retrouvées ce matin dans du lait de l'état de Washington (Côte est des USA), trace d'iode sur un peu tout le territoire chinois. Certes, à dose minime. Mais si la centrale continue de polluer pendant des semaines voire des mois ou des années, ces traces s'accumuleront : car le principe de la radioactivité c'est qu'elle se divise par deux au bout d'une certaine période : elle ne disparait pas totalement. Ainsi, si l'iode a une demi-vie très courte, il en reste toujours : Si la source ne tarit pas, l'accumulation de doses perdure dans les organismes vivants et les enseignements de Tchernobyl nous diront sans doute que c'est l'accumulation de petites doses qui est plus dangereux pour le vivant.

Mais à quelque chose malheur est bon :

N'avez-vous pas remarqué  que lorsqu'on parle des révolutions dans les pays arabes, de la côte d'ivoire où un président a parait-il été élu mais ne peut gouverner, et de tous ces autres événements où l'on n'y comprend pas grand-chose, on évoque toujours le soutien ou l'absence de soutien de la « communauté internationale ».

Mais qu'est ce que c'est donc que cette « communauté internationale » : L'Union Pour la Méditerranée, Les USA, le Mercosur, l'Otan, l'Organisation de la Conférence Islamique, l'Union Européenne, l'Union du Maghreb Arabe, que sais-je encore ? Il n'y a pas d'organisation internationale qui s'appelle « communauté internationale », ce concept n'existe pas ; cette expression est un mot valise pour habiller un mollusque en crustacé.

La catastrophe de Fukushima risque de toucher une bonne partie de la planète, et l'on peut espérer que de ces événement dramatique naitra une conscience planétaire des enjeux du nucléaire ; on peut espérer qu'une gouvernance mondiale de l'énergie verra le jour, et que de cette catastrophe, une véritable « communauté internationale » émergera, car - ce que n'arrivent pas à comprendre nos hommes politiques actuels - les grandes alliances ne se font que dans la prise de conscience d'une cause commune, dut-elle être forgée de toute pièce.

Pour nous autres, ici loin de Tokyo, nous devrions commencer en 2012 par repeindre en vert les hommes en bleu qui nous expliquent en boucle que tout est sous contrôle.

 

23/03/2011

Les leçons du Japon

 

Winter, le 23/03/2011

www.mai2012.fr

« Les leçons de Tchernobyl, mais quelles leçons ? »

La catastrophe de Fukushima ne peut que nous rendre définitivement et irrémédiablement adversaires de l'énergie nucléaire.

La raison en est très simple : Nous venons de constater que les dégâts provoqués par une technologie non maitrisée associée à des pratiques d'industriels peu scrupuleux dépassent l'entendement : On avait vécu Tchernobyl, donc on pensait bien à la pollution, mais on n'avait jamais imaginé qu'on pourrait se retrouvé confronté demain à une vague de réfugiés nucléaires, fuyant leur métropole pour peut être bouleverser notre fragile équilibre démographique.

On avait imaginé les légumes pollués, mais on n'avait jamais pensé qu'un pays civilisé tout entier pourrait risquer de se retrouver affamé du jour au lendemain et se mettre à manger des boites de conserve venant d'ailleurs...

On avait imaginé des choses terribles, mais on ne se voyait pas faire nos courses à la quincaillerie ou au marché du coin avec un compteur Geiger en main et c'est pourtant ce qui commence à se passer : Les ventes de la firme Radex qui produit ces petits compteurs de poche explosent.

On avait imaginé un nuage radioactif passant au dessus de notre tête, mais on n'avait jamais imaginé que les eaux internationales pourraient se retrouver polluées. Il est vrai que la concentration de césium, que cela soit dans l'air ou dans l'eau, diminue avec la distance. Mais ils se trouvent que les poissons comme les oiseaux ne connaissent pas la géopolitique et migrent parfois plusieurs fois par an d'un d'un bout à l'autre de la planète.  Et l'on risque fort de se retrouver demain avec des poissons pollués à quelques encablures de nos côtes bretonnes...

Voici donc que d'un seul coup, à la faveur de cette catastrophe, de nouveaux risques bien réels sont venu assombrir un tableau déjà pas réellement idyllique...

Mais le début du pire est arrivé ce matin 23 mars, lorsque la télévision nippone a annoncé que l'eau du robinet de Tokyo de manière officielle dépassait maintenant les seuils de radioactivité admissibles pour les nourrissons. En clair, voici donc une ville de 35 millions de personnes privée d'eau potable, c'est-à-dire qui est sur la voie d'une ville du tiers-monde...

Mais ce n'est pas tout... Qu'en sera-t-il des systèmes d'aduction d'eau ? Qu'en sera-t-il des produits en plastique manufacturés par des entreprises qui utilisent l'eau pour laver leurs moules, rincer leurs outils, mouiller leurs meules...

Nous sommes bien rentrés dans un cycle de fou...

A ce jour, qui a imaginé le fait qu'un nouveau tsunami vienne de nouveau baigner les ruines irradiées de Fukushima...Et pourtant cela est du domaine du probable sur une échelle de seulement quelques années, c'est-à-dire d'une durée largement inférieure au temps qu'il faudra pour colmater les dégâts ce la folie humaine.

Il faudrait être complètement inconscient, inconséquent ou juste opportuniste pour ne pas penser que cette catastrophe doive impérativement sonner le début de la fin de l'aire nucléaire.

C'est notre rôle d'électeur de le rappeler à nos hommes politiques.

Tous les jours.

Quelques pays l'ont soudainement compris : L'autriche, la suisse. La chancellière Merkel vient aujourd'hui d'annoncer le début de la sortie du nucléaire.

Chez nous, cela tombe bien, il y a des élections d'ici un an.

Et puis, à tous les petits beni oui oui du nucléaire, qui comme Besson et bien d'autres nous ont expliqué pendant 40 ans que le nucléaire, c'était pas cher, ces hommes politiques sans conscience, ces patrons de toutes ces grandes firmes qui font leur choux gras d'un pari diabolique avec l'atome, et qui ne comprendraient pas qu'il nous faut maintenant penser autrement, il y a bien une solution pour éviter, s'il en est encore temps qu'ils ne sévissent de nouveau...: Qu'on les envoie tous le plus rapidement possible à Fukushima aider ces sacrifiés du nucléaire qui s'activent comme des damnés pour ce qui leur reste de vie d'être sain à tenter d'expier leur folie dévastatrice !


10/02/2011

Pourquoi SARKOZY sera-t-il réélu en 2012

 

Winter, le 10/02/2011

www.mai2012.fr

« Pourquoi Nicolas Sarkozy sera réélu en 2012»

Mais pourquoi Sakozy serait réélu ?

Est-ce parce qu'il a en face de lui une vieille endive molle où un vieux poireau fripé  qui ne s'accordent pas sur la dose de sel qu'on doit mettre à la soupe ? Est-ce parce devant la crise montante et l'absence de solutions, les tensions s'exacerbent dans tous les sens, exhumant les vieux démons de l'Europe ?

Non, non, non et mille fois non.

Il sera réélu car il est le meilleur.

Il est le meilleur pour être Président.

Mais le niveau de son bilan est sans doute totalement inédit  dans toute l'histoire de notre Vème République ? Alors, en quoi est-il le meilleur ?

Il n'est pas le meilleur pour être NOTRE président. Il est le meilleur pour être Président.

C'est aussi simple que cela.

C'est en écoutant des gens dans le train de banlieue que, contrairement à ce que la plupart des gens pensent, je me suis persuadé que Nicolas Sarkozy sera bien réélu en 2012, car j'ai été surpris d'entendre qu'ils répétaient comme une vérité révélée les messages répétés en boucle dans journaux télédiffusés sur la société des privilégiés, l'injustice du bouclier fiscal, les fainéants qui ne veulent pas travailler etc etc...

Sa stratégie est redoutable, et d'une simplicité à faire pâlir les experts en communication.

Rappelez vous l'image de campagne de François Mitterrand imaginée par Ségala et qui lui a sans doute fait gagner les élections, elle était du même acabit : Le force tranquille, le petit village, la petite église, du ciel bleu : Un image simple, dans laquelle le français des années 80, d'une France rurale en train de devenir urbaine, en train de perdre ses repaires de l'occident chrétien,  pouvait facilement se retrouver, et avec le beau temps en plus.

Si De Gaulle avait compris l'importance de la télévision et de l'image, Mitterrand a lui compris l'importance du mimétisme : Les gens ne s'associent que sur ce qui leur ressemble. Le petit village : voila une image fédératrice. Qui aurait pu penser dans cette France pleine de barres d'immeubles qu'elle ne serait pas consensuelle ? Mitterrand avait mis cette idée de mimétisme au service de son désir d'orchestrer la marche du monde. A cet égard, le seul vrai acte de courage de Mitterrand fut d'abolir la peine de mort, car il avait contre lui toute la France.

Nicolas  Sarkozy a poussé l'intrusion du mimétisme dans la politique à l'extrême, en le mettant au service de son appétit de pouvoir.

Qu'est ce que cela signifie ?

Scrutez attentivement les messages de Notre Bon Suzerain : Il n'avance jamais d'idées directrices, il ne fait que de la reformulation, c'est à dire qu'il répète en boucle ce que tout le monde pense plus ou moins fort, au gré de la conjoncture, sans jamais proposer de solutions structurelles.  Et, comme la cour de Mitterrand le faisait, la sienne le suit à l'unisson...

Les CRS se mettent en grève ? : « Les français ne comprendraient pas qu'ils n'ont pas le  droit à la sécurité »

Les magistrats se mettent en grève ? : « Mettez vous à la place des français qui attendent déjà trop longtemps leur jugement »

Le smicard se plaint qu'il n'a pas assez d'argent pour vivre ? « Parce que vous croyez que la personne avec un petit revenu, elle peut se permettre de payer la baguette de pain un euro cinquante ? »

Mais qui serait contre ?

Qui serait contre un système  pour financer la dépendance ? Qui serait contre l'augmentation du pouvoir d'achat ? Qui serait contre les délocalisations qui privent nos régions d'emploi ? Qui serait contre le rétablissement de valeurs morales ? Qui serait contre un suivi particulier des détenus multi-récidivistes ? Qui serait contre la suppression de l'aide à des régimes corrompus ?

Personne !

On peut mettre ce dialogue à toutes les sauces, c'est toujours pareil. Cela ne mène strictement nulle part car si l'action politique se bornait à faire un programme de campagne, cela se saurait. Néanmoins, cette manière de faire est stratégiquement très efficace, lui permettant au passage de se faire quelques alliés solides dans le monde de l'entreprise privée qui reçoit pour rôle de pallier les carences de l'état.

En proférant ces banalités dont il devrait être en principe comptable devant la nation, il fait trois choses redoutables :

1) Chaque français pris individuellement s'identifie à lui, personnellement, avec comme corollaire à cette identification de  rendre sans intérêt toute velléité de coalition ;

2) Il inverse la charge de l'action, donnant l'illusion que le vrai levier d'action n'est pas sur le pouvoir politique, sur l'exercice de son pouvoir, le pouvoir pour lequel il porte mandat, mais en définitive sur le peuple ;

3) Il est du coup du côté de chaque français.

Alors, dans ces conditions, pourquoi le peuple voterait-il contre lui-même ?

C'est pour cette raison, et uniquement pour celle-là que Sarkozy sera réélu, et non parce que le Parti Socialiste s'englue dans la configure de vieille rose.

La méthode, très loin d'être bête, est une redoutable machine de guerre. Cette technique, qu'on apprend dans n'importe quel ABC de la communication dit en substance qu'en  ressemblant le plus possible à ton client, tu évites qu'il ait prise sur toi et tu fais en sorte qu'il soit convaincu que le choix que tu lui instilles est le sien propre.

Le soucis, c'est que si la ménagère de moins de cinquante ans peut rentrer assez facilement dans le jeu, ce n'est pas le cas des jeunes, surtout s'ils sont privés à ce à quoi ils aspirent : ici un appart, là bas à manger et du travail un peu partout qui corresponde à ce qu'on leur a promis lors de leurs études...

Avec une stratégie telle que celle-ci, on ne peut qu'être très inquiet pour demain : Les réactions des jeunes - ce sont les mêmes partout - en Egypte, en Tunisie, en Algérie, au Maroc, au Yemen sont dans doute de très mauvais signes avant-coureurs

 

 
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