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01/02/2012

«Eric Besson et la myopie en politique»

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Winter, le  01 Fevrier 2012
«Eric Besson et la myopie en politique»
Un homme politique, ce qui devrait le caractériser, n’est ce pas sa faculté d’analyse, sa vision transversale de la société, sa capacité à s’appuyer sur la passé pour imaginer le futur ?


Cela devrait être ainsi ; Exit Rousseau, exit Voltaire, rabaissé par le porte parole de l’UMP au rang d’une marque de vêtements ; L’homme politique de ce passage entre nos deux siècles est myope, mal comprenant, mal entendant, et rarement futé : Il fume plus qu’il n’éclaire ; Exit le siècle des lumières, voici celui des tourbières.


La cour des comptes a publié hier son rapport sur le coût du nucléaire. Inutile de rentrer dans le détail ; l’addition est musclée ; ce n’est pas vraiment une surprise.  L’intérêt de ce rapport réside dans l’évocation de manière très indirecte, et uniquement au travers l’explosion des coûts des assurances, du réel coût du risque. Et c’est bien évidemment ce coût qui représente une somme masquée proprement colossale.


Imaginons qu’il faille rajouter à la facture du kilowatt heure japonais le coût économique de la perte de l’activité sur une portion significative du territoire national ; Soyons modestes, imaginons simplement qu’il ne faille que « gratter » sur une profondeur de dix centimètre la terre alentours de  Fukushima , dans un rayon de seulement cinquante kilomètres ; c’est alors une montage de déchet plus grosse qu’un building de soixante étages qu’il faudrait déplacer et traiter : L’effort est proprement pharaonique : Nous même, dans le Nord, avons renoncé à nous débarrasser de nos terrils, autrement mois compliqués à éliminer…


Tous ces arguments étaient évoqués il y a quarante ans déjà, lorsqu’Eric Besson n’était encore qu’au lycée.


D’autres arguments étaient déjà évoqués, dont on ne parle pas vraiment, et qui sont pourtant d’actualité : Prise en otage d’un train de déchet nucléaire par des terroristes ; accident d’un train transportant des déchets en pleine gare de St Denis ; transfert de technologie vers des pays rebelles etc…


Les habitués du RER, à Paris savent parfaitement qu’une fois par mois, un bien curieux manège leur pourrit leurs transports en commun : Des convois de déchets nucléaires transitent depuis l’Allemagne vers la Hague. Mais, comme ceux qui ont pensé l’infrastructure ferroviaire sont les mêmes qui ont propulsé le nucléaire en fer de lance de l’industrie, pour transiter de l’Allemagne vers la Hague, ces trains doivent nécessairement passer en pleine proche banlieue : Le trafic est alors totalement bouleversé, tant pour des raisons de sécurité que parceque des activistes tentent d’enrayer leur progression : Et chaque mois, la SNCF nous livre le même manège : plutôt que d’indiquer ce qui se passe, ce qui ne manquerait pas de terroriser le banlieusard qui, s’il sortait son compteur geiger après le passage du convoi, s’apercevrait que ça chauffe dans les atomes de l’air, la SNCF annonce « des perturbations dues à des personnes sur les voies ». Et c’est le bordel toute la journée pour des dizaines de milliers de voyageurs.


Mais je rassure Eric Besson, si toutefois il se posait la question depuis l’arrière de sa voiture de ministre : Les heures de labeur perdues à cause de ces manèges ne sont pas comptabilisées dans le cout de revient du kilowatt heure : elles sont prises en charge par les salariés.  


Tous les risques et les désordres afférents au développement de l’industrie atomique sont  connus et évaluables depuis la naissance de l’industrie du nucléaire.


Mais soyons justes : l’énergie atomique est sans doute ce qu’il y a plus efficace en terme de production d’énergie ; le problème est que cette discipline nous dépasse totalement : nous ne connaissons rien de la matière, ou si peu…Notre représentation de l’atome est passé en cent ans d’une vue granulaire de petites particules évoluant plus ou moins sagement sur des trajectoires ellitiques autour d’un noyau  à des « ondes de probabilité », mais les gens de la génération d’Eric Besson ont a leur fore défendant toujours cette représentation granulaire de la structure de la matière dans la tête : il ne faut pas leur en vouloir, ils sont vieux, non qu’ils soient séniles, mais pensent comme des vieux, sur des vieux modèles, et avec des vieux schémas dans la tête.
Alors, lorsque ces gens arrivent au pouvoir et qu’ils commencent par sabrer systématiquement les crédits allant à la recherche fondamentale, cette vision qu’ils ont de la matière, de l’innovation, de la recherche, n’est pas prête à évoluer ; La conséquence  est que l’on doit, en France, se reposer  sur des coopérations internationales du type LHC pour avancer dans la recherche.
Mais ce qui est encore plus redoutable, c’est que la très courte vue de ces homme politique, sans doute doublée d’intérêts personnels assez mesquins, plombe littéralement le pays pour des décennies.
Car, enfin, c’est bien à cause des décisions prises par des hommes de la trempe d’Eric Besson que nous nous retrouvons dans une situation ubuesque et littéralement diabolique :

Nous ne pouvons pas continuer à utiliser l’énergie atomique car que l’on commencera à compter avec un peu d’application, elle se révèlera trop coûteuse et beaucoup trop risquée, avec cet effet pervers que si l’on veut diminuer le risque il faudra en augmenter le coût, et vice et versa.

Mais nous ne pouvons pas l’arrêter, car ce faisant, nous perdrions définitivement la savoir faire qu’il nous faudra pourtant développer pour pouvoir démanteler les centrales nucléaires et traiter les déchets. Par ailleurs, ce savoir constituant un marché économique colossal sur des durées qui s’expriment en décennies, il sera économiquement stupide de ne pas s’y intéresser.
Les hommes politiques de la trempe d’Eric Besson qui nous ont poussés sur cette voie sont donc totalement soit irresponsables soit incompétents soit les deux : Car ils avaient, il y a quarante ans, tous les éléments pour prendre les bonnes décisions ; ils ne l’ont pas fait pour des intérêts à très courte vue.

En mai 2012, nous devrons voter ; qu’ils soient à gauche ou à droite, sachons nous débarrasser définitivement de cette classe d’individus myopes.

12/01/2012

Vers la fin du nucléaire

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 Winter, le 12 Janvier 2012

«Principe de plaisir et principe de réalité»

On connait tous plus ou moins cette théorie psychanalytique qui dit qu’en passant de l’état d’enfant à l’état d’adulte, on passe du principe du plaisir immédiat à la confrontation à la réalité.

C’est ce qui va bientôt arriver à notre sémillant ministre de l’industrie, l'ex ministre de gauche pro nucléaire Eric Besson : On apprend ce matin que la cour des comptes demande un audit sérieux du vrai coût du nucléaire, incluant les coûts de démantèlement des installations nucléaires ainsi que les vrais coûts de retraitement. La docte institution se lamente des difficultés qu’elle a à  obtenir de la part des opérateurs des chiffres sérieux permettant d’obtenir des certitudes sur le vrai coût des opérations de retraitement et de démantèlement.On le savait depuis longtemps : La cour des compte le découvre.

Dans l’après-Fukushima, il faut être benêt pour penser que le nucléaire est une énergie économique, ou avoir des intérêts à très court terme chez Areva.

La France passe de l’âge d’enfant à l’âge d’adulte : Ce sont les papys de la cour des comptes qui vont nous y aider : c’est tout l’intérêt de la coopération inter-génération.

 

24/12/2011

A Fukushima, rayons contre décrets... qui gagnera ?

 

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 Winter, le 24 Décembre 2011

 «Noël au Japon»

 A Fukushima, la situation est enfin sous contrôle : C’est du moins ce que nous dit ce jeudi dernier le très sérieux journal de déinformation « Métro », un quotidien gratuit dont la qualité du contenu éditorial a pour fonction essentielle de vous rappeler tous les jours pourquoi c’est important de payer la presse…

fukushima.JPG

 Ci dessus ce petit article savoureux. Il faudra 40 ans pour arrêter Fukushima, mais tout va bien  puisque le gouvernement japonais a « décrété » l’arrêt des réacteurs de la centrale.

 Mais à  Minami Soma, en plein cœur de la zone sinistrée, les gens se débrouillent : L’Etat a reculé et les habitants sont contraints à la mendicité internationale… Envoyez des boites de sardine et de la confiture à M. Takao ODOME… Grâce au nucléaire, une des plus grandes puissances mondiales est réduite à faire la manche…

 Décrets contre réaction en chaîne, qui de la politique ou de la physique triomphera ?

 Chirac avait dit « que les promesses n’engagent que ceux qui y croient ». Avec les réactions nucléaires, et n’en déplaise à notre très cher ministre Eric Besson, c’est un tout petit peu différent.

 En un an, AREVA a perdu 16% sur le cours de son action : Elle vaut aujourd’hui la moitié moins de son plus haut cours… On voit que dans tout ce bordel nucléaire, finalement, les seuls qui reviennent à des valeurs sures sont les spéculateurs … Comme quoi, il existe un lien bien réel  entre l’économie virtuelle et l’économie réelle… Dommage que l’Etat ait joué avec notre portefeuille, puisqu’AREVA est essentiellement détenue par lui…

 Mais quel monde laisserons nous donc à nos enfants, avec ces hommes politiques complètement irresponsables ? C'est avant tout de ces gens-là dont il faut se débarrasser...


28/09/2011

Fukushima : à l'est, rien de nouveau...

 

mai 2012

Winter, le 27 Septembre 2011

 «Le nucléaire sous contrôle»

On avait pu admirer en son temps la préscience d’Eric Besson, notre fougueux monsieur nucléaire de l’UMP, transfuge du PS, parlant à propos de Fukushima, le samedi suivant la catastrophe : « un accident grave, mais pas une catastrophe nucléaire. ». Pour sa défense, Eric Besson a fait une école de commerce, et a donc sans doute des notions assez approximatives de physique doublée d'une approche de la notion de risque industriel plus proche du portefeuille que d'autre chose .

Néanmoins ceux qui réfléchissent avec autre chose que leur portefeuille ministériel pouvaient dès le jour-même se faire une idée de l’ampleur de dégâts.

Aujourd’hui, il semble qu’on soit vraiment dans la mouise. En mai, Tepco a admis la fusion totale du cœur du réacteur 1 de la centrale de Fukushima. Depuis, le temps à passé… Le corium, au contact de l’eau, la craque et génère de l’hydrogène en grande quantité. Le mélange hydrogène et oxygène est redoutable . On risque alors de nouvelles explosions, qui pourraient réduire en miette les enceintes des réacteurs. A partir de là, tout devient possible.

Enfin, personne ne sait dire ce qu'il en est des  coriums,   spécialement celui du réacteur n°1, si les cuves des réacteurs n°2 et n°3 sont affectées (plus que vraisemblable) , si les sous-sols sont affectés et à quelle profondeur...

Sur le plan des opérations, il y a 80 000 personnes déplacées.

Tepco gère à la petite semaine son affaire, injecte de l’azote à tout-va, lance des tuyaux un peu dans tous les sens…  Le plan de dépollution consisterait à retirer des millions de mètres cube de terre, sur une épaisseur de 5 centimètres tout autour de la centrale... Une aberration lorsqu'on comprend comment se propage cette pollution….

Pour  mettre cette terre polluée où ? c’est une autre question…

Dans ce flot de mauvaises nouvelles, certains signes sont malgré tout encourageants, on peut admirer l’opiniâtreté et le courage des japonais, qui arrivent, tant bien que mal,  à faire revenir et maintenir en dessous des 100 degrés les réacteurs n°1 , n°2 et n°3, ce qui signifie que laborieusement, ils en reprennent lentement le « contrôle »…

Mais il faut craindre, dans cette très inégale course contre l’œuvre du diable, qu’un autre  tsunami, typhon ou tremblement de terre, vienne bousculer ce frêle édifice et anéantir tous ces efforts tant le cadre de ce processus s’inscrit dans des temps qui dépassent les limites de ce que l’homme sait planifier…

Puisqu’on vous dit que l’énergie nucléaire est une énergie fiable…Pendant ce temps-là, les japonais eteignent leurs enseignes au néon un peu partout dans Tokyo. Sont-ils en train de réapprendre les vrais valeurs de l'énergie ?

22/06/2011

Nucléaire à Fukushima : arrêtons la psychose !

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Winter, le 21 Juin 2011

«Nucléaire : arrêtons la psychose»

On voit un peu partout fleurir des  images alarmistes. La fin du monde. Les bébés contaminés. L'eau contaminée. L'océan qui se mettrait à charrier des vagues de Césium 137. Tokyo qui serait à moitié en train de mourir. Du thé qui serait contaminé. Des pièces de rechange qui seraient impropres à la consommation...

Arrêtons la psychose !

lauvergeon,ump,accident nucléaire,fukushima,besson,areva,nucléaire,eelv,énergie nucléaire,kwh,le vrai coût du nucléaire,edfTout d'abord, la plupart des gens ignorent tout du nucléaire : Nous baignons dans les rayons ionisants, depuis notre naissance jusqu'à notre mort, voir même après...

Ensuite, il y a une désinformation systématique du lobby anti-nucléaire, qui ne comprend pas grand-chose aux phénomènes physiques, parfaitement gérés par les ingénieurs.

De temps à autre, se lèvent quelques courageux qui disent tout haut ce que tout le monde pense tout bas : Eric Besson est de ceux-là : Lorsque nous maitriserons pleinement le sujet, nous nous apercevrons qu'on nous a fait prendre des vessies pour des lanternes. Car ce qu'il faut retenir, c'est qu'avec un gramme d'uranium on produit autant d'énergie que deux tonnes de pétrole. Le calcul est vite fait.

Vite ? Pas si sur, car le seul hic, c'est qu'avec quelques grammes d'uranium, on peut foutre en l'air pour quelques siècles pas mal d'hectares. Et qu'il vaut mieux sans doute mieux pour la planète que chaque année des milliers de chinois meurent dans les mines de charbon plutôt que quelques hectares soient irradiés.

Cela, Eric Besson, sans doute trop affairé qu'il est par des choses autrement plus sérieuses, tout cela, Eric Besson l'a oublié.

Voila : L'énergie nucléaire, c'est une énergie qui n'est pas chère , et qui sur le papier est un miracle. Mais dès que l'on doit prendre en compte le coût réel, incluant le risque des accidents, le démantellement des centrales, le traitement des déchets, le risque terroriste, le risque naturel, le risque écologique, le risque lié au transport des déchets, le risque lié à la nécessaire stabilité politique qu'implique ces installations complexes dans un monde en ébullition et toutes ces petites bricoles autour, là, on ne joue plus du tout, mais alors pas du tout dans la même cour : un gamin sortant du CM2 comprend qu'on a affaire à une énergie ruineuse. Visiblement Eric Besson  - en bon premier de la classe -  a sauté le CM2.

Le hic, c'est que ces coûts cachés - dissimulés par le lobby pro nucléaire - un jour ou l'autre il faudra les montrer. C'est ce qui est en train de se passer au Japon, où TEPCO, l'opérateur de la centrale de Fukushima, est de facto en faillite tant l'ardoise est salée quand bien même nous n'en sommes qu'aux prémices : On parle quand même d'une entreprise qui doit faire dans les 51 milliards d'Euros de chiffre d'affaire, soit sensiblement autant qu'EDF.

Imaginez que demain on nous dise qu'EDF ne peut plus fonctionner...

Tous ces gens sont fous à lier. Le monde se portera mieux lorsqu'on aura - dans un grand élan de solidarité fraternelle -  envoyé tous ces technocrates opportunistes faire les poussières à Fukushima.

 

15/06/2011

Après Fukushima, après, vraiment ?

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Winter, le 15 Juin 2011

«Nucléaire : En sortir en continuant...»

Ce qui s'est passé à Fukushima n'est ni plus ni moins qu'un condensé de ce qui était intelligible par un enfant de 13 ans dans les années  1970 : on imaginait alors des actes terroristes, un avion tombant sur une centrale, un cataclysme dévastant les installations, des pirates se précipitant sur les installations en ruine pour voler du combustible irradié et faire du chantage aux états...C'était un peu de la science fiction, mais finalement, pas tant que cela...

Ce que l'on avait compris il y a plus de 40 ans, c'est que lorsqu'une réaction en chaine n'est plus contrôlée, c'est dur-dur à arrêter. C'est l'argument-massue en défaveur du nucléaire : une technologie qui doit coexister avec la prise d'un tel risque n'est pas raisonnable.

Aujourd'hui, nous y sommes : de l'eau hautement radioactive s'accumule à Fukushima , à raison de 500 tonnes par jour. Il y a déjà plus de 100 000 tonnes d'eau à décontaminer, et cela n'est pas prêt de s'arrêter, car les réacteurs sont toujours à la limite de l'ébullition : Il faudra donc les refroidir pendant des mois et des mois.

Une zone importante du Japon n'est plus exploitable ; les eaux internationales seront contaminées sur le long terme ; les produits manufacturés en provenance du Japon devront être examinés avec soin, ainsi que les denrées. Car ne croyez pas qu'il ne se passe pas la même chose dans l'eau que dans les airs : les particules radioactives circulent dans les courants d'air comme dans les courants d'eau, et ont commencé le 11 mars 2011 leur ballet autour de la planète.

Les hommes entrent donc dans l'âge de raison, et il n'est donc pas surprenant que l'humanité commence à réagir : quelques pays commencent  à annoncer sinon des plans du moins la volonté de sortir du nucléaire : L'Allemagne, l'Italie, la Suisse, l'Autriche et sans doute d'autres demain...

Tout ce que les écologistes répètent en boucle depuis plus de 30 ans devient d'un seul coup audible.

Parmi ce qui se disait également il y a  bientôt quarante ans, c'est que, une fois que la machine nucléaire serait engagée on y investirait massivement, jusqu'à un point où l'on se rendrait fatalement compte qu'il faut faire marche arrière tant était évident le côté diabolique du risque lié à la non maitrise de cette technologie. On évaluait alors ce point en décennies. Mais le problème déjà évoqué alors, c'était bien la gestion de la déconstruction ainsi que celle des déchets car tant qu'un secteur est en pleine croissance, on attire et on capitalise sur des cerveaux, de la connaissance ; dès lors qu'on abandonne une technologie, les cerveaux partent avec et toute la connaissance est perdue, alors qu'il nous la faudrait précisément encore pendant des siècles.

Quelques industriels fous doublés de politiques immatures - nous en avons encore chez nous, et Eric Besson en est un très bon échantillon - ont donc mis l'humanité dans un piège suicidaire : Avons-nous d'autres choix que de continuer à développer une technologie dont nous ne devrons pas nous servir ?

 

15/04/2011

Fukushima et le coût de l'énergie

 

Winter, le 15/04/2011

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«Fukushima et le prix de l'essence»

On trouve que l'essence, c'est toujours trop cher. En fait, on ne comprend pas bien ce que c'est que l'énergie. Les événements dramatiques du Japon sont là pour nous rappeler que la guerre du feu n'est pas terminée. Ramenons nous donc à un calcul que toutes les femmes qui font un régime comprendront pour approcher la valeur de l'énergie. On la mesure en Kilo Calorie, notée Kcal. De manière simple, 1 Kcal, c'est la quantité d'énergie à apporter pour élever un kilogramme d'eau de 1 degré centigrade.

Mettons qu'il ne me faille qu'un verre d'essence pour aller chercher ma baguette de pain à la boulangerie : Avec 10 cl de carburant, on brûle presque 80 000  Kcalories,  alors qu'un homme qui marche dix minutes  n'en brûlera que 30.

Quand je roule 10 minutes en ville avec ma voiture pour aller chercher une baguette de pain, c'est comme si j'allais sur un char tiré par  2000 à 3000 esclaves...L'opération serait donc rentable d'un point de vue énergétique... si ma voiture consommait 2000 à 3000 fois moins et même si je ne consommais qu'un dé à coudre d'essence (100 fois moins)  pour aller chercher ma baguette, cela resterait totalement déraisonnable...On voit par là que le prix de l'essence n'a strictement rien à voir avec le service rendu...

Maintenant qu'on a compris la puissance qu'il y avait dans un simple verre d'essence, voyons les centrales nucléaires : 1 tout petit gramme de matière nucléaire en fission produit autant d'énergie que 2 litres et demi d'essence... Dans un cœur de réacteur, il y a quelques tonnes de matières fissiles... Des milliards d'esclaves, qui, s'ils ne sont pas bien domptés, peuvent faire une vraie révolution...

La vraie question, ce n'est pas le prix de l'énergie, mais c'est de se servir à bon escient de cette ressource formidable.

 

26/03/2011

Les lecons de Fukushiwa

 

Les urbanitasmagories de Winter le 26 mars 2011

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«Fukushima : Travailler plus pour mourir plus tôt / EDF travailler moins pour gagner plus»

hors, il advint que...

Lorsqu'on lit les commentaires sur la catastrophe de Fukushima, on est étonné de l'aveuglement de certains : Pas d'impact en France, pas de remise en cause d'une énergie pourtant diabolique, pas de réelle prise de conscience de ce qui est en train de se passer, pas vraiment d'évaluation économique réaliste...

D'autres commentaires, du type de ceux dHelmut Kohl sont dramatiques « On sait [avec le nucléaire] qu'on n'est pas à l'abri d'un risque »

Mais la notion de risque n'a de signification que par une évaluation de son coût qui nécessairement doit être intégré dans le cout complet de production.

Celui qui a déjà travaillé pour le nucléaire sait comment cela se passe, les mesures de sécurité pour rentrer dans une centrale, les normes de sécurité draconiennes utilisées pour réaliser des soudures, les assemblages, les chargements de combustibles etc...

Hors voici qu'on en est arrivé à une situation ou l'on arrose avec de l'eau des cocottes minutes géantes espérant pouvoir ainsi les refroidir.

Ce simple constat pourrait rendre la situation ubuesque si elle n'était pas simplement dramatique.

En fait, il n'y a pas de plan B.

Il ne peut pas y en avoir car le principe d'une centrale nucléaire, c'est de contrôler la réaction nucléaire et que si on en perd le contrôle il n'y a plus qu'à prier, comme la suggéré l'empereur du Japon

Profitant de cette occasion inespérée, EDF annonce vouloir une hausse de 30% de ses tarifs sur 5 ans, ce qui lui permettrait, puisqu'elle va être contrainte de céder 25% de son énergie à la concurrence, de travailler moins pour gagner 5% de plus.

Tout le monde parle d'indécence en ce moment, comme si porter un jugement moral pouvait masquer sa propre absence totale de morale dans la vie économique et politique. La communication d'EDF, relayée par la CGT énergie, en est un très bon exemple. Notons que Besson comme à son habitude peut concourir pour la palme en déclarant  « Les décisions tarifaires à venir seront prises avec le souci de protéger le pouvoir d'achat des Français qui doivent continuer à bénéficier d'une électricité 40 % moins chère que dans la moyenne des autres pays européens, grâce au parc nucléaire ».

Mais, monsieur le ministre, il se trouve que le quidam moyen est en train  de comprendre que l'énergie nucléaire coute en fait très très très cher.

La construction d'une tranche coute beaucoup plus cher que pour n'importe quelle autre source d'énergie, et ceci quelle que soit le pays ; jusqu'à là rien d'extraordinaire ;

Mais il faut désormais ajouter au cout du kilowatt/heure le risque, qui, de toute évidence a toujours été largement sous évalué. Depuis Fukyshima, on peut commencer néanmoins à en avoir une petite idée. Alors, je me suis amusé à calculer cette petite approximation, en prenant les bases suivantes : Montant prévisionnel des travaux (disons à la louche 500 milliards d'euro, puisque les experts en prévoient la moitié...)  divisé par Somme totale de toute l'électricité produite au japon entre 1960 et 2008. (Je sais, ce n'est pas très équitable, mais soyons large...)

Donc, il faudrait ajouter à chaque kilowatt heure environ 0.016 centime. Vous allez me dire que mon calcul est ridicule. Non. C'est juste pour que vous puissiez le comparer au coût du kilowatt heure en France (en gros 0.11 centimes). Cela signifie que sur cette hypothèse totalement sous évaluée il manque déjà 11%.... ce n'est pas rien.

Allons plus loin...

Si vous voulez faire dans la catastrophe, prenez le cout estimatif des travaux de reconstruction et divisez le par le nb de kwh produits depuis que la centrale de Fukushiwa est en activité (1971) : soit pour faire simple 40 ans x 6 réacteurs x 760 méga watt. Toujours pour faire simple, disons que cela représente 10% du montant total (ce qui une fois encore est largement sous estimé, la centrale n'étant rentrée en fonction que à partir de 1971 sur une période de 8 ans) : Malgrès ça, cela revient à dire que le cout du kilowatt heure serait sous-estimé du simple au double !

Cela pour un risque sur une seule centrale nucléaire de 6 réacteurs, quant il y a au japon 55 réacteurs pour  de 18 centrales...

Alors  le fiasco de Superphénix peut être oublié tant ces chiffres vous donnent le vertige : Vous venez de comprendre en même temps que moi qu'en fait, même si l'on applique sur la facture prévisionnelle un modèle statistique raisonnable (par exemple une chance sur 10000 pour qu'il y ait une fusion d'un cœur de réacteur sur une période de 30 ans) , même si l'on tient compte du fait que le cout du kwh n'est pas le même au japon et en france, l'évaluation du kilowatt heure d'énergie nucléaire est en vérité totalement hors de prix

Donc puisque c'est très cher, pourquoi donc les hommes qui nous gouvernent nous ont imposé une politique basée sur le nucléaire, qu'au final nous payons ?

Mais, chers amis, la réponse est dans la question, c'est parce que c'est cher.

Tout  le reste, l'indépendance énergétique, une énergie propre, économique et tout le bla bla qui va avec, c'est de l'habillage marketing...

Portez vous bien.

 

 

23/03/2011

Les leçons du Japon

 

Winter, le 23/03/2011

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« Les leçons de Tchernobyl, mais quelles leçons ? »

La catastrophe de Fukushima ne peut que nous rendre définitivement et irrémédiablement adversaires de l'énergie nucléaire.

La raison en est très simple : Nous venons de constater que les dégâts provoqués par une technologie non maitrisée associée à des pratiques d'industriels peu scrupuleux dépassent l'entendement : On avait vécu Tchernobyl, donc on pensait bien à la pollution, mais on n'avait jamais imaginé qu'on pourrait se retrouvé confronté demain à une vague de réfugiés nucléaires, fuyant leur métropole pour peut être bouleverser notre fragile équilibre démographique.

On avait imaginé les légumes pollués, mais on n'avait jamais pensé qu'un pays civilisé tout entier pourrait risquer de se retrouver affamé du jour au lendemain et se mettre à manger des boites de conserve venant d'ailleurs...

On avait imaginé des choses terribles, mais on ne se voyait pas faire nos courses à la quincaillerie ou au marché du coin avec un compteur Geiger en main et c'est pourtant ce qui commence à se passer : Les ventes de la firme Radex qui produit ces petits compteurs de poche explosent.

On avait imaginé un nuage radioactif passant au dessus de notre tête, mais on n'avait jamais imaginé que les eaux internationales pourraient se retrouver polluées. Il est vrai que la concentration de césium, que cela soit dans l'air ou dans l'eau, diminue avec la distance. Mais ils se trouvent que les poissons comme les oiseaux ne connaissent pas la géopolitique et migrent parfois plusieurs fois par an d'un d'un bout à l'autre de la planète.  Et l'on risque fort de se retrouver demain avec des poissons pollués à quelques encablures de nos côtes bretonnes...

Voici donc que d'un seul coup, à la faveur de cette catastrophe, de nouveaux risques bien réels sont venu assombrir un tableau déjà pas réellement idyllique...

Mais le début du pire est arrivé ce matin 23 mars, lorsque la télévision nippone a annoncé que l'eau du robinet de Tokyo de manière officielle dépassait maintenant les seuils de radioactivité admissibles pour les nourrissons. En clair, voici donc une ville de 35 millions de personnes privée d'eau potable, c'est-à-dire qui est sur la voie d'une ville du tiers-monde...

Mais ce n'est pas tout... Qu'en sera-t-il des systèmes d'aduction d'eau ? Qu'en sera-t-il des produits en plastique manufacturés par des entreprises qui utilisent l'eau pour laver leurs moules, rincer leurs outils, mouiller leurs meules...

Nous sommes bien rentrés dans un cycle de fou...

A ce jour, qui a imaginé le fait qu'un nouveau tsunami vienne de nouveau baigner les ruines irradiées de Fukushima...Et pourtant cela est du domaine du probable sur une échelle de seulement quelques années, c'est-à-dire d'une durée largement inférieure au temps qu'il faudra pour colmater les dégâts ce la folie humaine.

Il faudrait être complètement inconscient, inconséquent ou juste opportuniste pour ne pas penser que cette catastrophe doive impérativement sonner le début de la fin de l'aire nucléaire.

C'est notre rôle d'électeur de le rappeler à nos hommes politiques.

Tous les jours.

Quelques pays l'ont soudainement compris : L'autriche, la suisse. La chancellière Merkel vient aujourd'hui d'annoncer le début de la sortie du nucléaire.

Chez nous, cela tombe bien, il y a des élections d'ici un an.

Et puis, à tous les petits beni oui oui du nucléaire, qui comme Besson et bien d'autres nous ont expliqué pendant 40 ans que le nucléaire, c'était pas cher, ces hommes politiques sans conscience, ces patrons de toutes ces grandes firmes qui font leur choux gras d'un pari diabolique avec l'atome, et qui ne comprendraient pas qu'il nous faut maintenant penser autrement, il y a bien une solution pour éviter, s'il en est encore temps qu'ils ne sévissent de nouveau...: Qu'on les envoie tous le plus rapidement possible à Fukushima aider ces sacrifiés du nucléaire qui s'activent comme des damnés pour ce qui leur reste de vie d'être sain à tenter d'expier leur folie dévastatrice !


15/03/2011

Le Japon nous montrera l'exemple

 

Winter, le 15/03/2011

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« Le début de la fin du nucléaire»

Le nucléaire est une technologie formidable, car elle permet d'obtenir une quantité incroyable d'énergie à un coup ridicule. Bon, pour ce qui est du coût, le consommateur final ne le voit pas trop, mais c'est un autre débat. C'est sans doute une technologie du futur, mais pas de l'avenir, tant qu'on n'aura pas, en plus de la technologie, des cerveaux d'homme du futur.

Aujourd'hui, c'est simplement une technologie de malade mental : Ce qui se passe au Japon le prouve, et le fait que ce mardi 15 mars 2011 au matin la bourse de Tokyo ait dévissé de 14% est un indicateur majeur : Dès qu'on touche au portefeuille, le bon sens revient, n'en déplaise à notre bon ministre de l'industrie.

Le vrai débat n'est pas de savoir si l'on peut se passer du nucléaire ou non : il faudra bien le faire un jour ou l'autre. Non, le vrai débat est de savoir comment l'on peut concilier progrès et réduction de la consommation d'énergie, et ci cela est possible.

Donc, ce qui etait prévisible est en train d'arriver au Japon. Le fait qu'à la télévision il y a deux jours Eric Besson parlait d'accident et non pas de catastrophe montre que ce personnage n'a pas encore le cerveau de l'homme du futur : La France a portant confié notre destin à des personnes comme cela ; Il faut se raviser rapidement et mettre au pouvoir des gens qui réfléchissent, pas qui brillent.



 

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