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11/05/2011

ne cherchez pas d'idée dans les partis politiques

Winter le 11 Mai 2011

http://www.mai2012.fr/

«Mourir pour des idées, d'accord mais de mort lente»

 

En introduction :

En 1981, Mitterrand à finalement gagné en parti grâce une fameuse affiche représentant une petite église... Aujourd'hui, Internet, ce sont des millions d'affiches disponibles. Allons donc regarder les sites des partis qui veulent accéder à la magistrature suprême...

En préambule :

A la date de rédaction de cet article, sur 20 Sites de partis politiques examinés, 8 n'avaient pas pris la peine de protéger correctement leur nom de domaine , c'est à dire que parmis les extensions suivantes : .FR .COM .NET .ORG .EU, il y en avait au moins (et souvent plus) d'une d'encore disponible à leur nom...On croit rêver, mais c'est la juste vérité...Il s'agit des sites de Dupont Aigan, Lutte Ouvrière, De Villiers, Jean Pierre Chevènement, Hervé Morin, Jean Luc Melenchon, le PArti Ouvrier indépendant et le rassemblement pour la France. Cela est symptomatique d'une certaine incompréhension des enjeux de la communication en 2011...où bien qu'ils n'y croient pas vraiment.

Pour continuer...

En Février 2010, je m'étais livré à une petite étude sur l'offre politique, en partant d'une idée clef. Sur Internet, c'est comme dans la vraie vie : Si l'on veut vraiment vendre quelque chose, on le met en tête de gondole. Partant de l'idée que faire de la politique c'est avant tout promouvoir des idées, j'ai donc recherché sur les différents sites des différents partis politique comment était positionné l'onglet présentant les idées fondatrices;

Il s'agit bien des idées, et non du projet ou des chantiers, car idées et projet sont deux choses différentes : Je ne m'intéresse ici qu'au positionnement des fondamentaux dogmatiques sur la vitrine internet, c'est-à-dire aux valeurs promues par chaque parti, à leur socle intellectuel en quelques sortes et non leurs chantiers, projets ou outils...

Pour comparer, si l'on marque en gros sur les mairies "Liberté, Egalité, Fraternité", ce n'est pas pour rien : Ce sont bien les idées fondatrices de notre société moderne (en principe). La pierre des édifices, c'est devenu internet, et c'est sur les pages d'accueil des partis qu'il convient de chercher les valeurs portées.

Le résultat est ici, c'était en février 2010. (lien vers l'article)

J'ai refait le même exercice, sachant que nous sommes à moins d'un an de l'élection présidentielle.

Ce petit tableau synthétique montre en vert comment chaque parti positionne ses fondamentaux. Le PS a du lire mon article de l'année dernière puisqu'il a remonté l'exposé de ses valeurs en première position : c'est le seul. L'UMP, elle, laisse toujours la place à l'action plus qu'à la réflexion : Elle expose maintenant ses valeurs un peu plus loin qu'il y a un an.

Sur vingt partis, seuls dix sont capables d'exposer de manière plus ou moins claire une socle de valeurs, de références dogmatiques, et ce ne sont pas forcement ceux auxquels on pourrait penser...

 

tempo.jpg

Les partis mis en rouge sont ceux qui ne définissent pas de manière claire leur positionnement en terme de valeur.

Pour ce qui concerne les parties vertes, plus on va vers la droite du tableau, moins on a de chance de promouvoir les valeurs portées...

Je vous laisse frémir....

Pour ce qui concerne la forme des différents sites, à part quelques exceptions sur-réalistes, comme CAP21 qui ressemble à un blog ou désirs d'avenir à une casserole à trucs, ils font preuve d'un conformisme assez incroyable tout en etant très peu vendeurs. Sur 20 sites examinés, 9 ont une page d'accueil qui s'appelle..."Accueil". C'est un peu comme si sur le paillasson de la porte d'entrée de mon appartement, j'écrivais "Paillasson"... l'imagination au pouvoir, quoi...

Certains sites traduisent les véléités individuelles : tout est axé sur le personnage. C'est le cas du site de Dominique de Villepin qui, lui, s'est carrément reservé un onglet pour sa bio (C'est le p'tit côté Galouzeau) mais pas un seul pour exposer ses idées. Le front national, lui, commence par présenter Marine Lepen . Le site de l'UMP est devenu complètement incompréhensible : On a l'impression que c'est un album photo. Il y a un super trombinoscope , mais ne tentez pas de cliquer sur la photo pour en savoir plus, c'est secret... Ne cherchez pas non plus le nom du président de l'UMP, c'est secret : Il n'y a que des vice(s) présidents...

La navigation sur ces sites est en général assez laborieuse et relève plus du bricolage que de la réflexion, à quelques exceptions près : Le site du PC est clair, net et sans bavure avec une vraie réflexion sur la charte graphique et la navigation.

Certains sont marrants : c'est le cas du NPA, le site du facteur de Neuilly : Il est toujours resté en 2009 (www.npa2009.org)

Pour ce qui concerne le côté militant, même remarque qu'en 2010 : Les partis en majorité n'osent pas réclamer de l'argent et relèquent souvent (quand il le font) le dernier onglet de leur menu d'accueil à cet effet. C'est bizarre cela doit être le côté français qui n'ose pas parler argent. Moi, si je voulais faire un parti, le premier onglet se serait pour exposer mes idées et le deuxième pour adhérer...

Le site de Borlo est sympa : la synthèse de ses idées ressemble à une discussion de la fin d'un repas bien arrosé. Et puis, si vous allez dessus au bureau, pensez à eteindre le haut parleur du PC

Pour ce qui concerne le Modem qui se présente comme un rempart devant la déconfiture d'un ensemble de valeurs, il vous faudra lutter pour trouver les siennes, et être armé d'une bonne loupe... et de beaucoup de patience.

Le problème d'un site, c'est qu'il faut le faire vivre. Mention spéciale au site de Philippe de Villiers : Son agenda est encore vide : il ne doit pas penser aux présidentielles en se rasant le matin.Bon, il lui reste un an pour se préparer...

JEan Pierre Chevènement - qui est déjà ressucité une fois, rappelons le - nous présente sur son site un index thématique interessant Sauf que dans les tags, il a oublié "présidentielles 2012". Espérons qu'il ressucitera une deuxième fois...

Le site d'europe ecologie les verts, cette année encore, obtient la palme du site le moins réfléchi. Ils ont du faire un mixte du site de cAP21 et de leur site perso de l'année passée....

Bon, voilà un résumé un peu acide, je vous le concède. Je vous laisse aller faire votre marché politique sur les boutiques en bas de page...

Personnellement, je ne crois pas que ceux qui organisent la communication des partis soient réellement incompétents. Je pense juste que malheureusement, la conception de leur site reflète ce qu'ils pensent... ou ne pensent pas. Toutes les remarques sur cet article ou insultes seront les bienvenues.

Les boutiques visitées :

CAP21Désirs d'avenir / Debout la république / Europe Ecologie les Verts / Front National / Lutte ouvrière / Modem /

Mouvement pour la France (Philippe de Villiers) / MRC (Chevènement) / Nouveau Centre (ex UDF) Hervé Morin / NPA / Parti Chrétien démocrate (Boutin) / PCF / PArti de Gauche (Mélenchon)Parti Ouvrier Indépendant / Parti Radical (Borlo) /  PArti socialiste / RPF / République Solidaire (De Villepin) / UMP /

01/10/2010

Progrès, Retraites... Bof

Winter le 1er Octobre 2010   www.mai2012.fr

« Progrès : On nous aurait menti ?»

Il advint que... 

Quelque chose me turlupinait dans le débat sur les retraites. Tous ces chiffres virevoltant, ces projections alarmistes, je ne savais trop quoi penser mais quelque chose allait de travers dans ces raisonnements.

Et puis cette nuit, l’illumination m’est venue.

C’est le discours de Sarkozy  parlant avec conviction des trois voies possibles pour conserver notre système de retraite devant le dernier conseil des ministres de Septembre qui m’a soudainement éclairé :

« la troisième [voie] est de travailler un peu plus longtemps. C'est la voie la plus raisonnable, celle que tous les autres pays ont choisie et celle que le gouvernement a retenue car nous vivons plus longtemps : depuis 1950, nous avons gagné 15 ans d'espérance de vie. »

Car des experts ont travaillé et ont produit tout un tas de chiffres. Grâce à l’ambitieuse réforme de Nicolas Sarkozy, en 2020 les caisses de retraite seraient à l’équilibre ; on y va même de prévisions jusqu’en 2050.

On fait des prévisions à 40 ans, alors que Christine Lagarde est incapable de sortir un chiffre de la croissance arrêté à dans 3 mois …

Personne ne peut croire une minute le sérieux de tels chiffres émanant de gens qui en avril 2008 avaient été incapable de voir venir la crise des sub-primes, évidente pourtant pour le premier trader venu.

Personne ne peut prendre au sérieux des statisticiens qui pilotent à la canne blanche : Rappelez vous les critère de convergence, les fameux « critères de Maastricht » édictés en 1992 , assouplis en 2005 :  déficit du PIB limité à 3% : le dépasser d’1/2 point fût un scandale en son temps : on est en France à 8% aujourd’hui et finalement, on n’est pas mort…

Alors, permettez moi de penser que les experts sont à la vie économique ce que les farines animales sont à l’engraissement du bétail : on peut faire avec, on peut aussi faire sans.

 Donc, notre Bon Suzerain, homme d’avenir, des réformes du monde qui avance, de la France qui se lève tôt, qui entreprend, notre Bon Suzerain dont on aurait pu penser que grâce à son énergie, on entrerait bientôt dans la VIeme république, prend comme référence  afin de justifier l’augmentation de la durée des cotisations la France de Vincent Auriol, la France de la IVeme République, du début des trente glorieuses.

Je me permets d'insister tant l'argument est sur-réaliste.

Hé oui, en 1950 – il y a plus d’1/2 siècle – les choses étaient différentes : C’était la Section Française de l’Internationale Ouvrière qui était au pouvoir. Les femmes étaient toutes voilées le dimanche à l’église : Elles se tenaient sur la droite et les hommes à gauche. Ma grand’mère allait puiser de l’eau à la fontaine communale, pendant que mon grand oncle s’esquintait le dos à ferrer les bœufs dans la cour. En ville, le ferrailleur passait pour acheter les peaux de lapin et les déchets de ferraille qu’on donne aujourd’hui à  Veolia. A l’école, on avait une blouse de coton et si par malheur elle avait un trou, on nous tapait violement sur les doigts du bout d'une règle en palissandre. En 1950, les hommes travaillaient tout le Samedi ; dans les mines les ouvriers crevaient les poumons remplis de suie…

Mais un lent mouvement était en train de naitre avec la fin de la guerre : C’était le Progrès, la Modernité : dans les années 65 on habitait un petit pavillon mais moi – tout jeunôt que j'étais  – j’enviais les voisins qui habitaient les HLM : ils avaient des « vide-ordure », eux, et au sous sol il y  avait des machines collectives à pièce pour laver les femmes, et des grands espaces avec un bac-à-sable où les gosses - nombreux - pouvaient jouer pendant ce temps… C’était le progrès des années 50, avec ce relent de collectivisme qu'on a passé par pertes et profits.

Le Progrès, c’est devenu le cheval de bataille de la société : Il faut être moderne, progresser, aller de l’avant, chasser la saleté des moindres recoins.

En 60 ans, on est passé de la roue de charrue à la jante en alu de 15 pouces, du tablier de coton à la robe en soie fabriquée en chine, de calculatrice à manivelle au réseau d’ordinateurs, du morse à la Wifi…

C’est le progrès qui courre.

L’homme a développé de plus en plus de machines sophistiquées pour diminuer son effort, vivre mieux et plus longtemps : Car c’est cela le progrès ;  et c’est le message qui est porté par les partis politiques de progrès. Car fondamentalement, ce n'est pas pour engraisser les sociétés du CAC40 que l'homme a développé des machines : lorsque sonne l'heure, riche ou pauvre, on se retrouve remplit des mêmes d'asticots.

 Et notre Bon Suzerain, faisant des prévisions pour dans trente ans, prend l’image d’une France d’il y a six décennies : En un seul discours, un raccourci de presqu’un siècle : La démonstration se passe de commentaire pour un gouvernement qui a des incertitudes sur la valeur des indicateurs économiques à tomber dans trois mois !

Je pense toujours à cette pub pour la SNCF : « le progrès ne vaut que s’il est partagé par tous ». Car c’est bien cela le fond du débat. A quoi servirait  le progrès dans une société ou l’homme serait réduit à travailler comme un damné jusqu’à la fin de ses jours ? On ne peut pas réduire la question des retraites à quelque chose d’arithmétique : Si cela peut avoir du sens pour un statisticien, pour un homme politique, c'est à dire quelqu'un qui est chargé d'une Vision de l'avenir,  cela ne veut strictement rien dire, et cela a d’autant moins de sens si l’on est un partisan acharné du progrès. Car dans le débat sur les retraites les questions d’arithmétique – pour aussi importantes qu’elles soient - ne restent qu’un outil au service d’une idée d’un monde en route, la grande idée que nous vendait l’UMP.

« travailler un peu plus longtemps. C'est la voie la plus raisonnable»

La voie de Sarkozy raisonne encore dans mes oreilles : « C'est la voie la plus raisonnable» : Ainsi le masque tombait : Là ou l’on pensait avoir affaire à une démarche de progrès, on s’appercevait que l’on était  face à une coalition des plus rétrogrades qu’on avait à ce jour connues. Tout cela est dramatique et comique à la fois.

Et en privilégiant les questions de moyens sur les questions de fond, notre représentant de commerce national a raté sa démonstration : le peuple lui a déjà dit à deux reprises, demain sera la troisième.

15:55 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : retraite, à 60 ans, ump, ps, pc, cgt, cfdt, fo, npa, équilibre | | |  Facebook

 
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