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28/07/2016

France Culture et ses histoires noires...

Marcel Renard

Le 28 Juillet 2016

« Histoire de nègre sur France Culture»

Certaines personnes sont sensibles à la fragrance des bons parfums, d’autres aux odeurs des gâteaux de grand’mères, d’autres encore au moelleux délicat de certains tissus. Il en est pour qui cette exacerbation de certaines perceptions est telle que le plus petit imprévu dans leur horizon de sensibilité vient totalement perturber le message sensoriel. Moi, ce me perturbe, ce sont les mots qui sont hors contexte.  

Ce matin, vers 7h55, j’écoutais France Culture. On ne peut pas réellement dire que cette chaine cultive le populisme et le racisme. Pour cela, on a Radio Courtoisie, que l’on a bénéfice à écouter avant une réunion d’affaire dont la teneur par la promesse qu’elle peut nous faire dans sa délicatesse exige d’arriver de mauvaise humeur.

Donc, à 7h55 ce matin, j’écoutais France Culture. La journaliste interviewe différentes personnes sur le sujet de la candidature de Hillary Clinton. Le propos en vient au « story telling », cette théorie qui veut que les auditeurs électeurs américains soient en attente de contes de fées, d’histoire : Les politiques doivent leur raconter une histoire pour se faire élire. Et, dans ce registre, il est vrai qu’Hillary Clinton n’a pas tellement d’histoire à raconter car on la connait, son histoire, depuis 30 ans. A contrario d’Obama, qui avait une vraie histoire à raconter. Son histoire, précise la personne interviewée, elle était « imprimée sur sa peau ».

Loin de moi l’idée de faire un procès à ce journaliste. Mais l’expression m’a interloqué à tel point que je n’écoutais le reste de l’émission qu’en musique d’ascenseur, sur fond de café croissant, en poussant dédaigneusement et machinalement les miettes par terre. Bien évidemment, c’est une tournure de style, rapidement jetée au cours d’une interview. Elle n’est en rien condamnable. Si l’on devait s’arrêter à chaque mot de chaque personnage public, on n’en finirait plus.

Mais elle est tellement révélatrice du fond de l’être humain : L’homme est né blanc et son histoire de noir a été ensuite « imprimée ». Car c’est bien cela que veut dire cette malheureuse tournure de phrase.

« Son histoire est imprimée sur sa peau ». Comme l’étaient les numéros des juifs, les tatouages des maoris. Il n’est pas né noir, cela a été « imprimé ». C’est vraiment étonnant, comme expression de pensée. Etonnant, mais tellement commun. Au fond de nous, nous pensons tous comme cela : Le blanc, c’est l’origine, c’est après qu’on devient noir.

Je suis absolument convaincu que la personne interviewée n’avait strictement pas la moindre once de racisme au fond d’elle-même. Et c’est précisément cela qui est terrible. C’est que c’est très ordinaire. Suffisamment pour être glisser dans une conversation. Tellement ordinaire que sans doute peu d’auditeurs de France Culture auront noté l’incongruité de la réflexion.

Car, on nait blanc ou noir, avec sa culture sa peau, ses peurs et ses fantasmes. On nait gros ou maigre, petit ou grand. C’est ainsi. Tout le travail de la société va être d’intégrer dans un seul et même corps social les noirs, les blancs, les grands, les petits, les gros et les maigres, les blond et les bruns, les riches et les pauvres, les tatoués et les non tatoués.

La culture, notre culture, c’est justement d’admettre et d’intégrer au plus profond de notre être que ce que nous devons imprimer, c’est ce qui nous rassemble, l’égalité, la liberté, la fraternité, et non ce qui malheureusement par nature ou par bêtise, nous divise. 

15/03/2008

MP3, Téléchargements et gratuités des médias

Winter le 13 Mars 2008 http://urbanitasmagories.20minutes-blogs.fr/ 

Les industriels des médias, les auteurs, éditeurs et acteurs, interprètes ne comprennent rien à l'évolution des médias et à ce qui va leur tomber sur le coin de la figure car ils ne réfléchissent à rien d'autre qu'à faire le plus d'argent le plus vite possible. 

L a France se bat contre le téléchargement des films, des mp3 etc…

En fait l’industrie du disque ainsi que celle de la télévision et plus généralement les industries des média et de la communication  ont toujours été et sont totalement has-been .

Mon hypothèse est que le domaine de la communication et des médias a toujours été un monde d’approximation et d’argent facile . Nul besoin de réfléchir pour faire rapidement de l’argent avec une émission de télé qui frôle le degré zéro de la connaissance ; nul besoin d’intelligence pour faire à partir d’un do-mi-sol une chanson qui deviendra un tube . Ces marchés sont comme les planchers béton : ils sont auto-porteurs et depuis toujours générent des fortunes sans effort .

Dans ces conditions, les auteurs, éditeurs dans leur grande majorité ne comprennent rien à la technique, à la construction d’un projet et pas grand-chose à l’épistémologie, à l’analyse critique d’un phénomène . Ils réfléchissent toujours leur métier en terme de support, et ceci quasiment depuis l’invention du gramophone, et non pas en terme de contenu et de préférence avec plusieurs années de retard sur ce qui se passe vraiment .

Ainsi, aujourd’hui, ils se battent contre le télé-chargement . C’est totalement stupide . Ce sont des combats qui sont non seulement perdus d’avance, mais en plus ce sont des non-sens : C’est un peu comme si, lorsqu’on est passé de la bakélite au vinyle ou du vinyle au CD  les auteurs et éditeirs s’étaient mis en grève . Mais ce qui m’étonne le plus, c’est que personne ne remet en cause (a part Nicolas Sarkozy qui est moins bête  que la moyenne et qui a bien compris que la pub à la télé, c’était fini et qu’en conséquence, il fallait refiler à ses copains du privé ce qui allait au public) la télé comme média phare alors qu’on contraire, la télé, c’est terminé : L es gosses ne regardent plus la télé, ils regardent leur pc ; ainsi la télé va lentement mourir de sa belle mort, et ira prochainement rejoindre dans les greniers les gramophones, les phonographes, les minitels, les cartes perforées etc etc….

Pendant ce temps-là, les journalistes de la presse nationale font porter aux journaux gratuits les maux de leur malheur . Eux aussi n’ont rien compris . L e papier suit le même chemin que le vinyle ou les ondes hertziennes . C’est comme cela, et on n’y peut pas grand-chose : L ’invention de l’imprimerie nous à fait passer il y a 500 ans de la tradition orale à la tradition écrite . Ainsi, les gens ne connaissent aujourd’hui plus les contes et les histoires que l’on se racontait mot pour mot et qui ont fait que par exemple la bible a pu nous arriver presque inchangée après 1000 ans de voyage . Et même si l’on se raconte encore quelques histoires, le monde des conteurs et des griots demeure  quasiment enterré . Avec l’internet, nous sommes en train de passer de la tradition écrite à la tradition numérique : Cette évolution est aussi importante que la précédente . La grande différence entre la tradition écrite et la tradition numérique c'est qu'on peut lire n’importe où, avoir accès à n’importe quoi, et surtout avoir le même niveau d’information que les plus grands savants de la planète, être au courant en temps réel des plus grands progrès de la science etc etc : Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité , la connaissance n’est plus un privilège . Il s’agit bien d’une révolution aussi importante que l’invention de l’imprimerie . Par ailleurs, avec la notion de liens hyper-texte, l’écrit ne devient plus quelque chose de figé, mais bien une matière vivante, à la manière d’une plante verte qui évolue dans son pot de fleur . L a lecture ne devient plus linéaire mais arborescente : C’est un peu ce que l’on pressentait à travers ces premiers livres « les livres dont vous êtes les héros », où le cours de l’histoire peut varier en fonction des choix du lecteur .  Ils sont peu nombeux, les gens qui ont conscience de cette révolution que représente l’entrée dans la tradition numérique. En tout cas, ce ne sont pas les intellectuels à deux balles du style de BHL ou autres philosopheux  qui nous aident à comprendre l'étendue de cette immense révolution dans laquelle nous entrons depuis les années 80. 

Mais paradoxalement, la connaissance ne devenant plus une valeur discriminante, ce qui fera la différence entre un « numéreux » et un « anuméreux » ou sens ou l’on dit un « lettré » et un « illettré », c’est que le « numéreux » aura en plus cette faculté perdue qui est de réfléchir, et il est vraisemblable que l’on revivra prochainement l’avènement de la philosophie exactement comme on l’entendait au siècle des lumières, avec des « numéreux » qui disserteront non pas sur des connaissances, mais sur des raisonnements, des méthodes, des systèmes, et l’on verra ressurgir la réthorique, l’analyse, la géométrie, le discours, toutes ces disciplines où il ne convient finalement que de faire marcher son réseau de neurones et non pas d'étaler sa science.

Pour en revenir à mon propos sur l’évolution des médias, on pourra essayer de mettre toutes les barrières juridiques pour empêcher les gens de télécharger, cela ne fera pas revivre le média disque : car le média disque est mort et enterré, comme le sont les rouleaux de cire, les galettes de bakélite et le sera prochainement l’onde hertzienne et son réceptacle télévisuel .

Mais l’industrie du disque, qui ne comprend rien pour les raisons évoquées plus haut, s’accroche . L es artistes ne gagnent plus rien avec les disques . L es chaines de télé ne gagnent plus rien sur les émissions . En fait, ce n’est pas tout à fait cela la réalité . La vraie réalité, c’est qu’avant le téléchargement, ils gagnaient beaucoup beaucoup trop, mais englués qu’ils étaient dans leur gangue dorée, ils étaient déconnectés de la réalité économique et technique. L e MP3 vient rappeler qu’il faut savoir s’adapter, et que pousser la chansonnette ne suffit plus pour faire fortune, il faut également avoir une véritable stratégie médiatique, c'est-à-dire savoir comment utiliser les médias . Et aujourd’hui, le principal média, c’est internet . Demain, ce sera le wi-fi .  Quelques artistes l’ont compris  . On les compte sur les doigts d’une main . Ce seront les fortunes de demain .

ba oui.

 

 
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