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01/02/2017

Le Rouleau Compresseur Macron, pendant que Fillon déprime...

Marcel Renard

Le 01 Fevrier 2017

« Une bouffée d’air»

Hier, je suis allé à une réunion à Cergy : le maire de Lyon, Gérard Collomb, venait porter la bonne parole d’Emmanuel Macron.

Premier étonnement : les 300 places que contient la salle sont toutes prises. Pour qui a déjà fait une campagne, remplir une salle, en pleine semaine, aussi loin d’une élection puisque nous sommes encore à cinq mois des présidentielles relève de l’exploit ;

Deuxième étonnement : le public est particulièrement diverse : peu de têtes blanches ainsi qu’il est usuel de le voir dans ce type de meeting ; j’essaie de compter, mais en fait, il est impossible de faire une cartographie des gens présents : Il y a de tout, des jeunes, des moins jeunes, des vieux, mais si j’en crois mon jugement, peu de gens au-dessus des 65 ans.

Troisième étonnement : le public participe. Les propositions, anecdotes, points forts sont ponctués de salves d’applaudissement et qui de toute évidence ne sont pas lancées par des militants mais spontanées. Il est étonnant également de constater que les propositions les plus applaudies, ou applaudies de manière plus spontanée, sont des propositions que l’on aura placé à gauche : De toutes évidence, Macron récupère tout un ensemble de centre gauche mais aussi de gauche plus ou moins dure ;

Quatrième étonnement : le format de la réunion est parfaitement rôdé, mais avec des imperfections qui traduisent la construction d’une méthode : par exemple, en fin de réunion, il n’y a pas de projection d’une adresse, d’un site, d’un point de repère où s’adresser pour en savoir plus. En principe, c’est toujours la conclusion d’un meeting. Pas là. Seraient ils à ce point sur de leur coup, les militants de « En Marche ! » ? C’est étonnant ;

Cinquième étonnement : A l’issue d’une courte réunion (environ une heure trente), un buffet est proposé. Et là, alors qu’il y a ce même soir un conseil d’agglomération, on retrouve tout un tas de sommités locales, du PS du Modem, de l’UDI, des LR ou de l’UMP, et de bien d’autres mouvements encore, qui, sans rire, lorsqu’on les écoute, viennent voir comment récupérer, qui un siège de député, qui un siège de maire, qui un siège d’adjoint. Tout cela a un côté assez pathétique, mais la politique est ainsi : ceux qui n’ont jamais travaillé de leur vie, et qui vont perdre leurs revenus en mai 2017 ont de sérieuses raisons de s’inquiéter.

Sur le fond du débat : Gérard Collomb porte des idées qui sont simplement des idées progressistes : Rétablir une mixité qui ne se contente pas de dire 30% de logements sociaux, mais qui soit réfléchie dans un vrai brassage social ; Etre intraitable sur le principe de la laïcité ; Revaloriser le travail ; Réaffirmer la place de la France au sein de l’Union Européenne, et celle de l’UE au sein du concert des nations ; Réaffirmer le principe du service de l’état par le respect de la fonction publique ; Et parce que nos enfants sont notre avenir, redonner une position, des ambitions et des moyens à la petite école.

Qui ne serait d’accord avec cela ? C’est la raison pour laquelle ce mouvement remporte un succès dont on peut attendre qu’il va balayer comme un rouleau compresseur les vieux politicards cumulards et rentiers. Et c’est aussi la raison pour laquelle on a pu assister à ce bal des faux culs lors du buffet.

A l’évidence, Emmanuel Macron - qui porte pourtant une part de responsabilité dans le bilan de l’exécutif actuel - va mettre au rang des oubliettes un certain nombre de partis, car c’est une véritable machine de guerre qu’il a mise en route, qui aujourd’hui peut certainement fonctionner sans lui, et qui sans doute le dépasse.

Dans les rangs adverses, les casseroles qui s’empilent sur la famille Fillon vont en toute logique conduire Les Républicains – pour peu qu’ils soient raisonnables - à devoir se trouver un autre héraut de rechange. Ils seront obligés de le faire vite, car si l’on est encore à cinq mois de la présidentielle, chaque semaine perdue dans de telles circonstances est dramatique pour imposer une nouvelle image. On peut même penser qu’à droite, le seul candidat encore capable de damer le pion à Macron est Sarkozy,

Aujourd’hui, voir Macron au deuxième tour ne relève plus de l’hypothèse.

11:04 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : macron, macron2017, enmarche, ps, mai2017, fillon, lrem, ernst, pontoise, gastony, longange | | |  Facebook

19/01/2016

Chercheur en Emploi : Naissance d'un nouveau métier

Marcel Renard, le 19 Janvier 2015

«Courbe du chômage : Les maux des mots.»

Comme les plumes au Moulin Rouge, les mots servent parfois non seulement à travestir la réalité, mais aussi à la transformer.

Plus que tous autres, les hommes politiques le savent, car ce sont des mots qu’ils vendent, et c’est pourquoi l’on retrouve nombre de baveux dans les rangs des parlementaires.

Venons-en au fait. Normalement, le mot « commun » renvoie vers communauté, bien commun… Mais dans les années 1970, au moment où le programme commun de la gauche pouvait être une menace pour les forces libérales, il fallait impérativement associer au terme « commun » des éléments de langage négatifs. C’est ainsi que l’on pu observer un glissement insidieux du mot « commun » : l’automobile représentait la liberté ? Les transports publics représenteraient l’asservissement. On appellerait cela les « transports en commun ». Ne croyez pas que cette appellation se soit imposée en remplacement des «transports urbains » ou « transports parisiens » par hasard.inversion courbe.gif

De la même manière, dans les années 2000, sous les coups de boutoir du libéralisme pan européen, on assista à volonté de transformer à tous crins le rapport du contribuable au service public. Il s’agissait de livrer au secteur marchand tout de qui faisait auparavant le secteur public. Ainsi, presque un peu partout, le terme « usager », « contribuable » ou « administré » disparu au profit de celui de « client ». Aujourd’hui, vous êtes non plus usager, mais « client » à la SNCF, non plus patient, mais « client » à la clinique. Normalement, un client, c’est lorsque vous avez le choix. Le banlieusard qui doit prendre son transport en commun tous les matins n’a pas vraiment le choix, pas plus que le malade qui ne trouve plus de place à l’hôpital. Aussi, il est clair que la volonté de les assimiler à des clients relève bien d’un choix idéologique, ne croyez pas que le choix de ces termes doive au hasard.

En 2012, François Hollande, Président a contrario par hasard,  a misé la reconduction de son mandat sur un pari techniquement impossible à tenir : « l’inversion de la courbe du chômage ». En effet, d’une part sauf à réécrire toutes les mathématiques, inverser une courbe, cela ne veut rien dire, car si l’on peut inverser une tendance, inverser une courbe est un exercice assez …compliqué… d’autre part, le taux de chômage étant le thermomètre de la croissance, tant que celle-ci est en berne, la seule manière d’endiguer le chômage reste la politique des grands travaux, ce qui – au passage – permet de redistribuer de la richesse sur le contribuable en augmentant la qualité des services publics offerts.

Alors, on a trouvé en haut lieu il y a quelques jours une astuce. Mesdames Messieurs, soyez attentifs aux médias : car le mot est en train de s’instiller dans la société française : Dans les années soixante dix, lorsqu’on n'avait pas de travail, on était « chômeur ». Environ ving ans plus tard, cette appellation fût convertie en « demandeur d’emploi ». Cette mutation permettait, à défaut de donner une dynamique à l’emploi, d’en donner une au chômeur qui, de passif, devait acteur de sa propre misère. Elle permettait donc de déresponsabiliser le système afin de « responsabiliser » l’individu : vous le constatez, nous restons toujours dans la même doctrine néo-libérale.

Et puis voici que, il y a environ trois jours, un ministre sans doute conseillé par un fort des halles a produit le terme merveilleux de « Chercheur d’emploi » ou « Chercheur en emploi », je ne suis pas certain d'avoir bien compris . L’expression est unique ! Refaisons au ralenti le glissement sémantique :

Le «Chômeur » devient «Demandeur d’emploi» puis de demandeur il devient «Chercheur d’emploi».

Vous qui lisez ces lignes et êtes gens de bon sens, vous comprenez immédiatement le ridicule de ces appellations, car, vous savez bien qu'au final, ce que cherchent la plupart des gens au chômage, ce n’est même pas un emploi – souvent ils s’en fichent - mais simplement de quoi nourrir leur famille.

On peut sans trop de risque prendre le pari que, bientôt, sur les formulaires de l’administration et dans la littérature, le terme de « chercheur d’emploi » deviendra la norme.

Allons plus loin, et posons nous la question : que sous-entend ce glissement sémantique : Quelle idée y a-t-il pour inverser la courbe du chômage à vouloir renommer les chômeurs ? Il n’y a pas à réfléchir une heure, c’est assez simple. Les chercheurs sont des gens qui cherchent plus qu’ils ne trouvent. Par ailleurs, ce qu'ils cherchent se mérite. C’est donc que l’on veut ancrer dans l’esprit des français que le travail est une denrée rare, car qui irait chercher quelque chose dont il dispose pas à ses pieds ? Tout ce qui est rare étant cher, cela justifie le fait de déréguler complètement le marché du travail, de faire des salaires au ras des pâquerettes et tout en maintenant un niveau acceptable de chômeurs.

C’est bien la logique ultra libérale qui se cache une nouvelle fois derrière ce nouveau glissement sémantique, merveille de la nov langue que  que l’on doit à un gouvernement de gauche.

Arrêtons avec ces emballages qui ne veulent rien dire à ceux qui n’ont pas l'esprit disponible à la reflexion tant l'estomac crie la faim... Appelons un chat un chat, un chômeur un chômeur, et un pauvre un pauvre. Cela nous permettra d’appeler un salaud un salaud. Car lorsque l’on trahit à ce point les intérêts du petit peuple, existe-t-il vraiment d’autres termes à employer ?

05/10/2015

Pass NAvigo à gogo

Marcel Renard

Le 05/10/2015

«Passe Navig’hop»

J’œuvre à Paris. Forcément, comme plus d’un demi-million d’autres de mes semblables, je passe presque tous les jours en gare du Nord. Le soir, c’est toujours un peu la bousculade. Les statisticiens étant plus connus pour leur appétence pour le café que leur ingéniosité à décrire le monde réel, le nombre de tourniquets n’a pas été calibré pour une telle affluence, et il suffit que, dans cette béchamel bigarrée et bruyante en conséquence de raisons aussi diverses qu’improbables, une personne soit bloquée pour qu’aussitôt des grumeaux sourdent.

On a les ingénieurs qu’on mérite : En Russie, les portiques ferroviaires marchent dans le bon sens : c’est-à-dire que si on ne présente pas sa carte magnétique, la porte qui est toujours en position ouverte se referme lors brutalement et non le contraire, comme chez nous. Les russes sont des gens rationnels : ils ont compris il y a fort longtemps que traiter l’exception est plus économique que traiter la norme. De cette manière, leurs portillons ne sont que rarement sollicités, la circulation s’en trouve fluidifiée et les coûts de maintenance également adoucis. Mais chez nous les ingénieurs de la SNCF ne voyagent sans doute pas assez et n’ont pas encore compris ce qui parait pourtant évident : Donc, ils ont conçu des portillons qui prennent quelques secondes pour s’ouvrir à chaque fois - coin coin - , et de temps à autre ne s’ouvrent pas - Bzzzzin . Comme souvent, une mauvaise analyse conduit à une mauvaise solution.

Ce soir, je fais la queue pour pouvoir me faire confirmer par la machine que mon pass navigo est bien en règle et donc par là même pouvoir accéder à mon train. C’est la cohue, et ainsi que la tartine tombe toujours du côté de la confiture, la file d’à côté avance toujours plus vite que la mienne.

Devant , fait la queue un homme qui n’a sans doute pas pu s’acquitter de son forfait mensuel de transport. On le voit à des petits rien qu’il s’agit d’une de ces personnes qui doivent en début de mois – puisque nous sommes le premier lundi du mois – faire le choix entre les cigarettes ou la carte de transport : Le costume fripé dissimule timidement la manche blanche dont manchette élimée laisse apparaitre une main couperosée sentant bon l’alimentation de troisième classe.

Le pauvre a sa fierté.

Et notre homme, dans un simulacre d’urbanisme de classe moyenne, dans ce geste si familier du banlieusard, fait mine de tendre sur le lecteur magnétique une carte qui n’a rien à voir avec un pass de transport – c’est l’intention qui compte - , espérant profiter du délai accordé par la machine au voyageur précédent pour passer dans la foulée. Les ingénieurs appellent cette pratique l’hameçonnage. Cela aurait pu passer inaperçu si notre homme avait mieux apprécié  la corpulence de l’antépénultième qui, freiné dans son élan par l'étroitesse du passage  laissa notre condamné à demi coincé dans la guillotine du portique.

Derrière moi, les gens s’empilent, aussi poussais-je le pauvre diable afin de le faire passer sur mon pass, que je validais in petto.

Nous passons donc en sandwich, pendant qu’à ma droite, sur le portique d’à côté, la guillotine se referme brusquement sur le bras gauche d’une voyageuse, qui, destabilisée, s’appuie sur son bras droit, lequel est en train de passer son pass magnétique sur la borne, envoyant par la même devant sa propriétaire son pass qui, au lieu de butter sur les portes – ce qui aurait permis à notre voyageuse de récupérer son bien - part  dans une course élégante et précise à mi chemin entre la savonnette et le palet de hocket, s’immiscer dans l’interstice que dans sa grande âme l’ingénieur à ménagé entre les deux portes afin d'éviter au chaland qui voudrait resquiller de se retrouver sectionner en deux, effectue quelques galipettes en l’air et vient atterrir … dans ma poche droite, de laquelle je m’empresse de l’extraire pour le remettre à cette voyageuse, qui, étonnée mais pressée, me remercie et file vers son escalator.

Comprenez bien qu’il vous a fallu 5 minutes pour arriver à ce point de mon texte mais que dans la vraie vie du banlieusard, il ne s’est passé que deux à trois secondes, ce qui confère à la scène un côté particulièrement comique.

Enfin, de mon point de vue.

Car cela n’a fait rire ni le resquilleur devant moi, ni la maladroite.

…Les gens ne sont pas observateurs…

C’est sans doute ce qui explique pourquoi, depuis que le poinçonneur des lilas a rendu son tablier, les portiques marchent à l’envers…

 
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