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12/01/2012

Vers la fin du nucléaire

 http://www.mai2012.fr/.

 Winter, le 12 Janvier 2012

«Principe de plaisir et principe de réalité»

On connait tous plus ou moins cette théorie psychanalytique qui dit qu’en passant de l’état d’enfant à l’état d’adulte, on passe du principe du plaisir immédiat à la confrontation à la réalité.

C’est ce qui va bientôt arriver à notre sémillant ministre de l’industrie, l'ex ministre de gauche pro nucléaire Eric Besson : On apprend ce matin que la cour des comptes demande un audit sérieux du vrai coût du nucléaire, incluant les coûts de démantèlement des installations nucléaires ainsi que les vrais coûts de retraitement. La docte institution se lamente des difficultés qu’elle a à  obtenir de la part des opérateurs des chiffres sérieux permettant d’obtenir des certitudes sur le vrai coût des opérations de retraitement et de démantèlement.On le savait depuis longtemps : La cour des compte le découvre.

Dans l’après-Fukushima, il faut être benêt pour penser que le nucléaire est une énergie économique, ou avoir des intérêts à très court terme chez Areva.

La France passe de l’âge d’enfant à l’âge d’adulte : Ce sont les papys de la cour des comptes qui vont nous y aider : c’est tout l’intérêt de la coopération inter-génération.

 

04/01/2012

Une seule raison pour relancer l'industrie nucléaire : C'est l'arrêter...

mai 2012

Winter, le 4 Janvier 2012

«Le coût du nucléaire fait qu’il ne faut pas arrêter le nucléaire…»

Ca y est, c’est dit : Notre sémillant ministre Eric Besson l’admet : Le nucléaire cela va coûter plus cher… mais, rassurons nous, cela ne coûtera pas vraiment beaucoup plus cher : A peine 2% de plus par an sur 10 ans, soit, une dérive de plus de 21 % sur la période. Tout cela, avec un plan d’investissement de dix milliards sur dix ans , pour tenter de rendre un peu plus sures nos installations nucléaires Les gens qui ne pilotent rien les  aiment bien, en général, ces « chiffres-symbole » : dix, c’est rond, cela sonne bien tout en donnant l’impression d’un contrôle absolu de la situation.

Voila

Donc, il faudra augmenter les tarifs de l’électricité de 2% par an, afin de financer ces investissements. De 2% de plus que l’augmentation prévisionnelle, bien sur…


On pourrait se dire que dans la mesure où ces investissements vont assurer la sécurité de l’industrie nucléaire sur un siècle, il serait raisonnable de ventiler cette charge exceptionnelle sur cent ans, mais ce type de raisonnements n’appartient pas à une personne comme Eric Besson… Ou alors, au contraire, il sait pertinemment que dans cinq ans, il faudra remettre le couvert et se frotte déjà les mains au nom de ses amis….


Tous ces industriels et les politiques qui leur servent la soupe voient cette affaire par le petit bout de la lorgnette : ils raisonnent à propos d’installations qui mettent en péril l’équilibre du monde de manière durable, comme ils savent le faire, c'est à dire à l’échelle de ce qu’ils savent comprendre : la longueur de leur mandat politique ou social.

Comme l’Etat est inféodé à Areva, ils raisonnent tous comme Areva.

La seule petite différence, c’est que l’industrie nucléaire doit durer, au-delà de ce qu’une petite cervelle de petit politicien ou d’industriel peut imaginer : Elle doit durer et se projetter  dans un monde où l'on aura abandonné la production nucléaire - peut être pour la raison aussi bete qu'il n'y aura plus d'uranium à bas prix -  comme on a abandonné ou abandonnera d’autres techniques polluantes et destructrices ; tout ceci n’est qu’une question de temps.

Le nucléaire, comme certaines autres techniques comme les OGM ou les plastiques, possède deux caractéristiques bien spécifiques : D’une part, les conséquences induites par la mise en œuvre de ces pratiques industrielles tendent à être « globales », de l’autre elles tendent à s’exprimer sur des périodes de temps qui ne sont pas en rapport avec les cycles économiques ou politiques : 30 ans pour la demi vie du cesium 137, cela veut dire qu’il faut attendre plus de deux siècles pour que les traces de cesium de Fukushima soient à moins de 1% de ce quelles sont aujourd’hui.


Deux siècles, ne n'est pas la durée du mandat d'Eric Besson ! ! ! Mais regardez tout ce qu’il s’est passé depuis deux siècles ! Invention de la machine à vapeur, apparition des plastiques, découverte des antibiotiques et des vaccins, découverte et de l’électricité, de la structure de la matière, du moteur à réaction … Des empires sont nés, se sont écroulés, de nouveaux modèles politiques sont nés, d'autres se sont effondrés...

Le nucléaire nous offre des possibilités de business inégalées, non pas dans la production d’énergie, mais dans la déconstruction. Le problème, c’est que si nous abandonnons le nucléaire sans réfléchir à la déconstruction, nous nous condamnons à transformer une bonne partie de l’Europe en Fukushima-bis car non aurons perdu tout notre savoir faire...


Si les hommes politiques étaient des gens sérieux, ils mettraient en avant cet argument avant tous les autres, pour promouvoir le nucléaire. Nous devons conserver en France le savoir-faire propre au nucléaire, non pas pour construire des centrales mais pour les démolir et les remplacer par autre chose.

Si l’on ne fait rien, il se passera dans cette industrie un tel cataclysme, nous paierons tellement cher le savoir-faire que nous ne pourrons déconstruire sereinement nos installations… Et nous transformerons notre terre en poubelle.


25/11/2011

Nucléaire : On n'a rien compris...

 «Nucléaire»

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 Winter, le 25 Novembre 2011

 Eric Besson ne comprend pas grand-chose. Ca, on le sait depuis longtemps : C’est un ancien socialiste. Cela explique sans doute que Hollande propose un plan de sortie du nucléaire à 35 ans…

 Soyons pragmatiques.

 Au japon, il y a peu, 46 réacteurs nucléaires produisaient un tiers de la consommation d’energie électrique du japon, 10 réacteurs étaient arretés et 2 en construction.

 Après « l’accident » de Fukushima, pour reprendre le terme de Besson, notre sémillant ministre de l’énergie, partisan inconditionnel du nucléaire,  le Japon, troisième pays producteur d’énergie nucléaire du monde, un peu contraint, a éteint un certain nombre de réacteurs.

 Aujourd’hui, quelques mois après la catastrophe, il ne reste que 11 réacteurs commerciaux qui fonctionnent.  Vous avez bien lu, onze, sur quarante six...

 Question : « Les japonais, troisième puissance nucléaire du monde, sont ils morts ? »

 Réponse : « Cela se saurait » : Les ascenseurs fonctionnent à Tokyo, dans la troisième puissance nucléaire mondiale, les buildings restent (un peu) illuminés, les routes restent (un peu) allumées...

Pendant ce temps,  en France , le PS nous propose un plan de sortie du nucléaire à l’échelle de 2050.

 Ce serait drôle si ce n’était tragique. Pauvre Hollande, comme il est à plaindre, avec ses deux neurones...

 Pourquoi ? Car tous ces gens ne comprennent pas :

 1)   Que le nucléaire est sans doute l’énergie la plus simple et la moins chère qui pourrait exister, pour peu que tous les parasites qui profitent de la non maitrise de cette technologie soient éliminés ;

 2)    Que sans Areva et les brigands qui l’entourent, le nucléaire serait sans doute la solution de l’avenir ;

3)    Mais surtout et avant tout, qu’en abandonnant le nucléaire après moins d’un demi siècle d’usage, nous perdrons toutes les compétences sur un marché qui sera le démantellement des installation existantes et qui est prévu pour durer au moins aussi longtemps qu’il a duré à ce jour, soit cinquante à cent ans... En d'autres termes, l'opportunité économique du nucléaire n'est pas sur la production actuelle, mais sur la manière de se débarrasser de cette technologie monstrueuse ; nous l'avons ; nous la subissons ; autant faire du profit pour s'en débarrasser...

 4)   Car en perdant les compétences sur le nucléaire, nous perdrons de manière irreversible la maitrise d’une technologie qu’on peut à ce jour considérer comme diabolique : En somme, en abandonnant le nucléaire, nous nous en rendrons définitivement et jusqu'à ce que mort s'en suive esclaves...

Car dans vingt ans, il sera aussi difficile de trouver un expert en énergie nucléaire qu’il l’est aujourd’hui de trouver un chaudronnier, à la petite différence qu’un rayonnement nucléaire dure plus longtemps qu’une fuite d’eau et que les conséquences ne sont pas exactement les mêmes…

Et là , dans vingt ans, c'est seulement à ce moment qu’on se rendra compte qu’on n’a rien compris au marché du nucléaire…

Espérons que nous ne nous soyons pas transmutés d'ici là...

 

28/09/2011

Fukushima : à l'est, rien de nouveau...

 

mai 2012

Winter, le 27 Septembre 2011

 «Le nucléaire sous contrôle»

On avait pu admirer en son temps la préscience d’Eric Besson, notre fougueux monsieur nucléaire de l’UMP, transfuge du PS, parlant à propos de Fukushima, le samedi suivant la catastrophe : « un accident grave, mais pas une catastrophe nucléaire. ». Pour sa défense, Eric Besson a fait une école de commerce, et a donc sans doute des notions assez approximatives de physique doublée d'une approche de la notion de risque industriel plus proche du portefeuille que d'autre chose .

Néanmoins ceux qui réfléchissent avec autre chose que leur portefeuille ministériel pouvaient dès le jour-même se faire une idée de l’ampleur de dégâts.

Aujourd’hui, il semble qu’on soit vraiment dans la mouise. En mai, Tepco a admis la fusion totale du cœur du réacteur 1 de la centrale de Fukushima. Depuis, le temps à passé… Le corium, au contact de l’eau, la craque et génère de l’hydrogène en grande quantité. Le mélange hydrogène et oxygène est redoutable . On risque alors de nouvelles explosions, qui pourraient réduire en miette les enceintes des réacteurs. A partir de là, tout devient possible.

Enfin, personne ne sait dire ce qu'il en est des  coriums,   spécialement celui du réacteur n°1, si les cuves des réacteurs n°2 et n°3 sont affectées (plus que vraisemblable) , si les sous-sols sont affectés et à quelle profondeur...

Sur le plan des opérations, il y a 80 000 personnes déplacées.

Tepco gère à la petite semaine son affaire, injecte de l’azote à tout-va, lance des tuyaux un peu dans tous les sens…  Le plan de dépollution consisterait à retirer des millions de mètres cube de terre, sur une épaisseur de 5 centimètres tout autour de la centrale... Une aberration lorsqu'on comprend comment se propage cette pollution….

Pour  mettre cette terre polluée où ? c’est une autre question…

Dans ce flot de mauvaises nouvelles, certains signes sont malgré tout encourageants, on peut admirer l’opiniâtreté et le courage des japonais, qui arrivent, tant bien que mal,  à faire revenir et maintenir en dessous des 100 degrés les réacteurs n°1 , n°2 et n°3, ce qui signifie que laborieusement, ils en reprennent lentement le « contrôle »…

Mais il faut craindre, dans cette très inégale course contre l’œuvre du diable, qu’un autre  tsunami, typhon ou tremblement de terre, vienne bousculer ce frêle édifice et anéantir tous ces efforts tant le cadre de ce processus s’inscrit dans des temps qui dépassent les limites de ce que l’homme sait planifier…

Puisqu’on vous dit que l’énergie nucléaire est une énergie fiable…Pendant ce temps-là, les japonais eteignent leurs enseignes au néon un peu partout dans Tokyo. Sont-ils en train de réapprendre les vrais valeurs de l'énergie ?

22/06/2011

Nucléaire à Fukushima : arrêtons la psychose !

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Winter, le 21 Juin 2011

«Nucléaire : arrêtons la psychose»

On voit un peu partout fleurir des  images alarmistes. La fin du monde. Les bébés contaminés. L'eau contaminée. L'océan qui se mettrait à charrier des vagues de Césium 137. Tokyo qui serait à moitié en train de mourir. Du thé qui serait contaminé. Des pièces de rechange qui seraient impropres à la consommation...

Arrêtons la psychose !

lauvergeon,ump,accident nucléaire,fukushima,besson,areva,nucléaire,eelv,énergie nucléaire,kwh,le vrai coût du nucléaire,edfTout d'abord, la plupart des gens ignorent tout du nucléaire : Nous baignons dans les rayons ionisants, depuis notre naissance jusqu'à notre mort, voir même après...

Ensuite, il y a une désinformation systématique du lobby anti-nucléaire, qui ne comprend pas grand-chose aux phénomènes physiques, parfaitement gérés par les ingénieurs.

De temps à autre, se lèvent quelques courageux qui disent tout haut ce que tout le monde pense tout bas : Eric Besson est de ceux-là : Lorsque nous maitriserons pleinement le sujet, nous nous apercevrons qu'on nous a fait prendre des vessies pour des lanternes. Car ce qu'il faut retenir, c'est qu'avec un gramme d'uranium on produit autant d'énergie que deux tonnes de pétrole. Le calcul est vite fait.

Vite ? Pas si sur, car le seul hic, c'est qu'avec quelques grammes d'uranium, on peut foutre en l'air pour quelques siècles pas mal d'hectares. Et qu'il vaut mieux sans doute mieux pour la planète que chaque année des milliers de chinois meurent dans les mines de charbon plutôt que quelques hectares soient irradiés.

Cela, Eric Besson, sans doute trop affairé qu'il est par des choses autrement plus sérieuses, tout cela, Eric Besson l'a oublié.

Voila : L'énergie nucléaire, c'est une énergie qui n'est pas chère , et qui sur le papier est un miracle. Mais dès que l'on doit prendre en compte le coût réel, incluant le risque des accidents, le démantellement des centrales, le traitement des déchets, le risque terroriste, le risque naturel, le risque écologique, le risque lié au transport des déchets, le risque lié à la nécessaire stabilité politique qu'implique ces installations complexes dans un monde en ébullition et toutes ces petites bricoles autour, là, on ne joue plus du tout, mais alors pas du tout dans la même cour : un gamin sortant du CM2 comprend qu'on a affaire à une énergie ruineuse. Visiblement Eric Besson  - en bon premier de la classe -  a sauté le CM2.

Le hic, c'est que ces coûts cachés - dissimulés par le lobby pro nucléaire - un jour ou l'autre il faudra les montrer. C'est ce qui est en train de se passer au Japon, où TEPCO, l'opérateur de la centrale de Fukushima, est de facto en faillite tant l'ardoise est salée quand bien même nous n'en sommes qu'aux prémices : On parle quand même d'une entreprise qui doit faire dans les 51 milliards d'Euros de chiffre d'affaire, soit sensiblement autant qu'EDF.

Imaginez que demain on nous dise qu'EDF ne peut plus fonctionner...

Tous ces gens sont fous à lier. Le monde se portera mieux lorsqu'on aura - dans un grand élan de solidarité fraternelle -  envoyé tous ces technocrates opportunistes faire les poussières à Fukushima.

 

15/04/2011

Fukushima et le coût de l'énergie

 

Winter, le 15/04/2011

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«Fukushima et le prix de l'essence»

On trouve que l'essence, c'est toujours trop cher. En fait, on ne comprend pas bien ce que c'est que l'énergie. Les événements dramatiques du Japon sont là pour nous rappeler que la guerre du feu n'est pas terminée. Ramenons nous donc à un calcul que toutes les femmes qui font un régime comprendront pour approcher la valeur de l'énergie. On la mesure en Kilo Calorie, notée Kcal. De manière simple, 1 Kcal, c'est la quantité d'énergie à apporter pour élever un kilogramme d'eau de 1 degré centigrade.

Mettons qu'il ne me faille qu'un verre d'essence pour aller chercher ma baguette de pain à la boulangerie : Avec 10 cl de carburant, on brûle presque 80 000  Kcalories,  alors qu'un homme qui marche dix minutes  n'en brûlera que 30.

Quand je roule 10 minutes en ville avec ma voiture pour aller chercher une baguette de pain, c'est comme si j'allais sur un char tiré par  2000 à 3000 esclaves...L'opération serait donc rentable d'un point de vue énergétique... si ma voiture consommait 2000 à 3000 fois moins et même si je ne consommais qu'un dé à coudre d'essence (100 fois moins)  pour aller chercher ma baguette, cela resterait totalement déraisonnable...On voit par là que le prix de l'essence n'a strictement rien à voir avec le service rendu...

Maintenant qu'on a compris la puissance qu'il y avait dans un simple verre d'essence, voyons les centrales nucléaires : 1 tout petit gramme de matière nucléaire en fission produit autant d'énergie que 2 litres et demi d'essence... Dans un cœur de réacteur, il y a quelques tonnes de matières fissiles... Des milliards d'esclaves, qui, s'ils ne sont pas bien domptés, peuvent faire une vraie révolution...

La vraie question, ce n'est pas le prix de l'énergie, mais c'est de se servir à bon escient de cette ressource formidable.

 

29/03/2011

2011, année Curie ou année Fukushima ?

 

Winter, le 29/03/2011

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« Fukushima : ironie de l'histoire »

La catastrophe de Fukushima nous a fait oublier un petit fait, anodin pour certains, mais dont la concomitance avec l'actualité japonnaise peut faire sourire les plus optimistes :

Le Sénat polonais a adopté en Janvier en présence du président Polonais et du Sénateur français Gérard Larcher une résolution qui institue l'année 2011 « Année Marie Sklodowska-Curie », célébrant ainsi le centenaire de l'attribution du prix Nobel de chimie à la scientifique franco-polonaise. Au cours de l'année 2011, déclarée par ailleurs par l'ONU « Année internationale de la chimie » , une série de manifestations sont prévues dans les deux pays pour célébrer Marie Sklodowska-Curie: expositions, congrès, symposiums, films.

On rappellera à tous ceux qui n'ont pas bien écouté à la petite école qu'en 1903 Marie Curie avec son époux a reçu un demi prix Nobel -  l'autre moitié revenant à Henri Becquerel - pour leurs travaux sur la radiation, puis en 1911 le prix Nobel de chimie pour ses travaux sur le polonium. Maris Curie est ainsi la seule personnalité à avoir eu deux prix Nobel.

Depuis, on mesure l'activité radioactive d'une substance en becquerel (Bq). Un becquerel, c'est une désintégration atomique en une seconde. Avant, on parlait en « curie ». Ces deux unités mesurent la même chose, dans des rapports différents.

L'année Curie a été inaugurée le 29 Janvier à la maison de la Chimie à Paris. La cérémonie de clôture se déroulera le 25 novembre 2011 à Varsovie.

Espérons que d'ici là, les réacteurs de Fukushima auront retrouvé une température normale.

Pour mémoire, Marie Curie est morte d'une leucémie, suite à une trop grande exposition aux rayons radioactifs.

 

26/03/2011

Les lecons de Fukushiwa

 

Les urbanitasmagories de Winter le 26 mars 2011

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«Fukushima : Travailler plus pour mourir plus tôt / EDF travailler moins pour gagner plus»

hors, il advint que...

Lorsqu'on lit les commentaires sur la catastrophe de Fukushima, on est étonné de l'aveuglement de certains : Pas d'impact en France, pas de remise en cause d'une énergie pourtant diabolique, pas de réelle prise de conscience de ce qui est en train de se passer, pas vraiment d'évaluation économique réaliste...

D'autres commentaires, du type de ceux dHelmut Kohl sont dramatiques « On sait [avec le nucléaire] qu'on n'est pas à l'abri d'un risque »

Mais la notion de risque n'a de signification que par une évaluation de son coût qui nécessairement doit être intégré dans le cout complet de production.

Celui qui a déjà travaillé pour le nucléaire sait comment cela se passe, les mesures de sécurité pour rentrer dans une centrale, les normes de sécurité draconiennes utilisées pour réaliser des soudures, les assemblages, les chargements de combustibles etc...

Hors voici qu'on en est arrivé à une situation ou l'on arrose avec de l'eau des cocottes minutes géantes espérant pouvoir ainsi les refroidir.

Ce simple constat pourrait rendre la situation ubuesque si elle n'était pas simplement dramatique.

En fait, il n'y a pas de plan B.

Il ne peut pas y en avoir car le principe d'une centrale nucléaire, c'est de contrôler la réaction nucléaire et que si on en perd le contrôle il n'y a plus qu'à prier, comme la suggéré l'empereur du Japon

Profitant de cette occasion inespérée, EDF annonce vouloir une hausse de 30% de ses tarifs sur 5 ans, ce qui lui permettrait, puisqu'elle va être contrainte de céder 25% de son énergie à la concurrence, de travailler moins pour gagner 5% de plus.

Tout le monde parle d'indécence en ce moment, comme si porter un jugement moral pouvait masquer sa propre absence totale de morale dans la vie économique et politique. La communication d'EDF, relayée par la CGT énergie, en est un très bon exemple. Notons que Besson comme à son habitude peut concourir pour la palme en déclarant  « Les décisions tarifaires à venir seront prises avec le souci de protéger le pouvoir d'achat des Français qui doivent continuer à bénéficier d'une électricité 40 % moins chère que dans la moyenne des autres pays européens, grâce au parc nucléaire ».

Mais, monsieur le ministre, il se trouve que le quidam moyen est en train  de comprendre que l'énergie nucléaire coute en fait très très très cher.

La construction d'une tranche coute beaucoup plus cher que pour n'importe quelle autre source d'énergie, et ceci quelle que soit le pays ; jusqu'à là rien d'extraordinaire ;

Mais il faut désormais ajouter au cout du kilowatt/heure le risque, qui, de toute évidence a toujours été largement sous évalué. Depuis Fukyshima, on peut commencer néanmoins à en avoir une petite idée. Alors, je me suis amusé à calculer cette petite approximation, en prenant les bases suivantes : Montant prévisionnel des travaux (disons à la louche 500 milliards d'euro, puisque les experts en prévoient la moitié...)  divisé par Somme totale de toute l'électricité produite au japon entre 1960 et 2008. (Je sais, ce n'est pas très équitable, mais soyons large...)

Donc, il faudrait ajouter à chaque kilowatt heure environ 0.016 centime. Vous allez me dire que mon calcul est ridicule. Non. C'est juste pour que vous puissiez le comparer au coût du kilowatt heure en France (en gros 0.11 centimes). Cela signifie que sur cette hypothèse totalement sous évaluée il manque déjà 11%.... ce n'est pas rien.

Allons plus loin...

Si vous voulez faire dans la catastrophe, prenez le cout estimatif des travaux de reconstruction et divisez le par le nb de kwh produits depuis que la centrale de Fukushiwa est en activité (1971) : soit pour faire simple 40 ans x 6 réacteurs x 760 méga watt. Toujours pour faire simple, disons que cela représente 10% du montant total (ce qui une fois encore est largement sous estimé, la centrale n'étant rentrée en fonction que à partir de 1971 sur une période de 8 ans) : Malgrès ça, cela revient à dire que le cout du kilowatt heure serait sous-estimé du simple au double !

Cela pour un risque sur une seule centrale nucléaire de 6 réacteurs, quant il y a au japon 55 réacteurs pour  de 18 centrales...

Alors  le fiasco de Superphénix peut être oublié tant ces chiffres vous donnent le vertige : Vous venez de comprendre en même temps que moi qu'en fait, même si l'on applique sur la facture prévisionnelle un modèle statistique raisonnable (par exemple une chance sur 10000 pour qu'il y ait une fusion d'un cœur de réacteur sur une période de 30 ans) , même si l'on tient compte du fait que le cout du kwh n'est pas le même au japon et en france, l'évaluation du kilowatt heure d'énergie nucléaire est en vérité totalement hors de prix

Donc puisque c'est très cher, pourquoi donc les hommes qui nous gouvernent nous ont imposé une politique basée sur le nucléaire, qu'au final nous payons ?

Mais, chers amis, la réponse est dans la question, c'est parce que c'est cher.

Tout  le reste, l'indépendance énergétique, une énergie propre, économique et tout le bla bla qui va avec, c'est de l'habillage marketing...

Portez vous bien.

 

 

23/03/2011

Les leçons du Japon

 

Winter, le 23/03/2011

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« Les leçons de Tchernobyl, mais quelles leçons ? »

La catastrophe de Fukushima ne peut que nous rendre définitivement et irrémédiablement adversaires de l'énergie nucléaire.

La raison en est très simple : Nous venons de constater que les dégâts provoqués par une technologie non maitrisée associée à des pratiques d'industriels peu scrupuleux dépassent l'entendement : On avait vécu Tchernobyl, donc on pensait bien à la pollution, mais on n'avait jamais imaginé qu'on pourrait se retrouvé confronté demain à une vague de réfugiés nucléaires, fuyant leur métropole pour peut être bouleverser notre fragile équilibre démographique.

On avait imaginé les légumes pollués, mais on n'avait jamais pensé qu'un pays civilisé tout entier pourrait risquer de se retrouver affamé du jour au lendemain et se mettre à manger des boites de conserve venant d'ailleurs...

On avait imaginé des choses terribles, mais on ne se voyait pas faire nos courses à la quincaillerie ou au marché du coin avec un compteur Geiger en main et c'est pourtant ce qui commence à se passer : Les ventes de la firme Radex qui produit ces petits compteurs de poche explosent.

On avait imaginé un nuage radioactif passant au dessus de notre tête, mais on n'avait jamais imaginé que les eaux internationales pourraient se retrouver polluées. Il est vrai que la concentration de césium, que cela soit dans l'air ou dans l'eau, diminue avec la distance. Mais ils se trouvent que les poissons comme les oiseaux ne connaissent pas la géopolitique et migrent parfois plusieurs fois par an d'un d'un bout à l'autre de la planète.  Et l'on risque fort de se retrouver demain avec des poissons pollués à quelques encablures de nos côtes bretonnes...

Voici donc que d'un seul coup, à la faveur de cette catastrophe, de nouveaux risques bien réels sont venu assombrir un tableau déjà pas réellement idyllique...

Mais le début du pire est arrivé ce matin 23 mars, lorsque la télévision nippone a annoncé que l'eau du robinet de Tokyo de manière officielle dépassait maintenant les seuils de radioactivité admissibles pour les nourrissons. En clair, voici donc une ville de 35 millions de personnes privée d'eau potable, c'est-à-dire qui est sur la voie d'une ville du tiers-monde...

Mais ce n'est pas tout... Qu'en sera-t-il des systèmes d'aduction d'eau ? Qu'en sera-t-il des produits en plastique manufacturés par des entreprises qui utilisent l'eau pour laver leurs moules, rincer leurs outils, mouiller leurs meules...

Nous sommes bien rentrés dans un cycle de fou...

A ce jour, qui a imaginé le fait qu'un nouveau tsunami vienne de nouveau baigner les ruines irradiées de Fukushima...Et pourtant cela est du domaine du probable sur une échelle de seulement quelques années, c'est-à-dire d'une durée largement inférieure au temps qu'il faudra pour colmater les dégâts ce la folie humaine.

Il faudrait être complètement inconscient, inconséquent ou juste opportuniste pour ne pas penser que cette catastrophe doive impérativement sonner le début de la fin de l'aire nucléaire.

C'est notre rôle d'électeur de le rappeler à nos hommes politiques.

Tous les jours.

Quelques pays l'ont soudainement compris : L'autriche, la suisse. La chancellière Merkel vient aujourd'hui d'annoncer le début de la sortie du nucléaire.

Chez nous, cela tombe bien, il y a des élections d'ici un an.

Et puis, à tous les petits beni oui oui du nucléaire, qui comme Besson et bien d'autres nous ont expliqué pendant 40 ans que le nucléaire, c'était pas cher, ces hommes politiques sans conscience, ces patrons de toutes ces grandes firmes qui font leur choux gras d'un pari diabolique avec l'atome, et qui ne comprendraient pas qu'il nous faut maintenant penser autrement, il y a bien une solution pour éviter, s'il en est encore temps qu'ils ne sévissent de nouveau...: Qu'on les envoie tous le plus rapidement possible à Fukushima aider ces sacrifiés du nucléaire qui s'activent comme des damnés pour ce qui leur reste de vie d'être sain à tenter d'expier leur folie dévastatrice !


16/03/2011

Fukushima, une chance ?

 

Winter, le 16/03/2011

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« Le début de la fin du nucléaire»

Pourquoi la catastrophe japonaise est une chance ?

L'empereur du Japon a pris la parole, fait rarissime : Au pays de la très haute technologie & face au drame de Fukushima, l'ultime solution qu'il propose est de prier : L'empereur a compris ce que nos brillants technocrates n'ont pas encore compris : Lorsqu'on joue avec le Diable, si celui-ci se rebelle, seul nous reste le recours à Dieu...

Les enfants ne comprennent la puissance de  l'âtre que lorsqu'ils s'approchent par trop près des braises. Lorsqu'ils deviennent plus grands, cela ne change pas vraiment. C'est pour cela que la démocratie à accouché des sages : Les vieux, ceux dont la proximité de la mort leur a fait relativisé l'intérêt de  pactiser avec le diable, sont là pour rappeler aux jeunes ambitieux que le risque zéro n'existe pas.

La catastrophe japonaise est donc une chance car elle va permettre à ceux qui sont au bord de mourir de s'exprimer en toute sérénité, influant par là le discours des jeunes ambitieux.

A cet égard, il est plutôt positif de constater que la langue de bois de notre ministre de l'industrie pro-nucléaire est en train d'évoluer en langue de sciure  (il s'est quant même encore félicité du fait que la centrale de Fukushima a résisté au tremblement de terre, mais pas au tsunami) . Il est aussi positif de constater que - sous le feu de l'évidence - le discours de Kosusko Moriset est également en train d'évoluer.

Les politiques sont en train d'évoluer. Certains comprennent vite, mais de travers : Bayrou, qui compare Fukushima au 11 septembre 2001, comme si l'on pouvait comparer deux milles morts aux milliers de malades japonais qui ne manqueront pas d'arriver, deux builing explosés à un pays qui est en cours de dévastation physique et économique ; Claude Allègre qui explique le 16 mars que l'accident de Fukushima n'est pas un accident nucléaire, un peu comme si une marée noire n'était pas un accident pétrolier...

La catastrophe japonaise est une chance car elle il va y avoir un avant et après Fukushima.  Aujourd'hui, on peut téléphoner, se connecter à internet, d'un peu partout vers un peu partout ; ceci  malgré une technologie qui pourtant nécessite de réunir au sein d'un même dialogue des gens qui tout autour de la terre, passent usuellement leur temps à s'entretue... et pourtant ces technologies sont devenues quasiment transparentes pour tous. A partir de Fukushima, on va sans doute s'acheminer vers une gouvernance nucléaire transnationale, puis mondiale  : définition des normes, surveillance, dispositif de contrainte, tout deviendra sans doute international et non plus local, car sans cela, il n'y aura plus de nucléaire.

Cela c'est une bonne nouvelle pour la France et en particulier pour Areva, car passé la crise, la France deviendra leader de la définition des normes et des processus de contrôle.

La catastrophe japonaise est une chance car à partir de Fukushima, les gens vont comprendre que l'énergie a un coût (pas un prix) , parfois diaboliquement élevé, comme c'est finalement le cas avec le nucléaire, et qu'il est indispensable de revisiter notre modèle de société, et de réfléchir avant d'acheter ou de jeter pour rien.

Personnellement, je vais ressortir mon vieux compteur Jaeger car j'acquiers beaucoup de produits par internet en Asie, et je vais souvent manger Japonais. Et quand je loue une voiture chez Avis, j'y passerai un coup de compteur avant pour savoir si ma Suzuki n'a pas des pièces irradiées. Quand j'irai au supermarché je ferai attention à ce que j'achèterai.

Pendant que les politiques font la course à s'envoyer à la figure le terme « indécent », moi je m'inquiète. Quand je travaillais pour Framatome, tous les soirs je remettais mon badge-témoin au guichet de sortie, en me demandant si je n'avais pas pris trop de becquerels. Maintenant, la donne est changé...

En attendant, ceux qui vont mourir vous saluent...

 

22:10 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fukushima, edf, framatome, areva, nuclé, éolaire, cap21, besson, energie durable | | |  Facebook

 
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