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13/01/2012

Oui au travail de nuit des enfants de plus de 12 ans

Winter Le 16 Décembre 2008  http://urbanitasmagories.blog.20minutes.fr/

« Réinstaurons le travail de nuit pour les plus de 12 ans.».

Faut il travailler le dimanche ? , jusqu’à 70 ans  ? Posé de cette manière, la question ne risque pas de nous amener très loin.

Alors en train de faire mes courses dans le centre commercial d’Art de Vivre à St Ouen L’aumône (95) je me vis proposer par une jeune employée de la librairie « le grand cercle » de signer une pétition en faveur du travail du dimanche.

Je ne savais pas qu’on avait le droit de faire signer des pétitions sur les lieux de travail, aussi, je m'arrêtais pour échanger quelques mots avec cette jeune personne, lui suggérant l’idée que sa demande était bien timide et que si sa motivation était de gagner plus d’argent, il fallait également qu’elle se batte pour une ouverture du centre commercial pendant la nuit, idée à laquelle ma locutrice ne semblait pas adhérer.

Je tentais ensuite d’expliquer à cette jeune personne – probablement caissière et dotée d’un master 2 – que le problème n’était pas tant de travailler pour payer ses études que celui d’avoir les moyens de les poursuivre dans de bonnes conditions, et si travailler le dimanche l’amenait à rester caissière, elle devrait se poser la question de l’intérêt du financement de telles études.

Je compris alors qu’il ne suffisait pas d’étudier pour apprendre car elle ne comprenait visiblement strictement rien à mon raisonnement et n’avait de toute évidence aprèus de longues années d'étude aucune idée ni culture politique, même de base.

Que penser ?

La fonction de l'état est la protection des individus qui, en échange d’une part de leur revenu, le laissent  se substituer à eux pour assurer leur sécurité ainsi qu’un ensemble de fonctions qu'individuellement ils ne pourraient assumer.

La sécurité des individus passe par la protection des biens et des personne qui appelle nécessairement la construction d’une perspective de vie pour chacun des administrés ; Le repos hebdomadaire - pour ne pas dire dominical - est le résultat d’arbitrages - pour ne pas dire de luttes - entre les individus représentés en corps constitués et l’état qui est à leur service.

Force est de constater aujourd’hui et un peu dans tous les domaines le recul de l’état : services publics, forces de police, forces militaires, éducation, émission de monnaies, garanties financières etc…

Face à ce déficit de services pour lequel paradoxalement l'individu paie toujours plus cher, tellement plus cher que l’on devient obligé de travailler toujours plus y compris le dimanche, on peut valablement commencer à se poser la question du bien fondé de l’état où à minima de son maintien dans ces conditions.

En s’affranchissant de ses fonctions purement régaliennes (arbitrage, modération, sécurité des personnes et des biens, garant d’un projet de société), en faisant la promotion du communautarisme au dépend de la communauté, en privilégiant l’action à court terme au dépend de la réflexion à moyen terme,  l’état français est en train de semer les germes de l’anarchie. Il ne faut pas entendre par là qu’il  génère du désordre, mais simplement qu’il est en train de s’auto-vider de sa substance et de sa raison d’être dans une période où plus que jamais la nécessité d’avoir un principe fédérateur entre les individus qu'ils soient ou non organisés en groupe apparait patente.

L’enjeu du travail du dimanche, c’est tout cela, ce n’est pas de savoir s’il est bien ou non de faire ses courses le dimanche.

Il me semble fort dommage que personne ne pense comme cela, à commencer par les organisations politiques et syndicales de droite comme de gauche qui ont dans leur développements intellectuels la pertinence de la poule.

Mais tant qu’il en sera ainsi, on pourra toujours planter des coqs sur les clochers de nos églises.

 

01/10/2010

Progrès, Retraites... Bof

Winter le 1er Octobre 2010   www.mai2012.fr

« Progrès : On nous aurait menti ?»

Il advint que... 

Quelque chose me turlupinait dans le débat sur les retraites. Tous ces chiffres virevoltant, ces projections alarmistes, je ne savais trop quoi penser mais quelque chose allait de travers dans ces raisonnements.

Et puis cette nuit, l’illumination m’est venue.

C’est le discours de Sarkozy  parlant avec conviction des trois voies possibles pour conserver notre système de retraite devant le dernier conseil des ministres de Septembre qui m’a soudainement éclairé :

« la troisième [voie] est de travailler un peu plus longtemps. C'est la voie la plus raisonnable, celle que tous les autres pays ont choisie et celle que le gouvernement a retenue car nous vivons plus longtemps : depuis 1950, nous avons gagné 15 ans d'espérance de vie. »

Car des experts ont travaillé et ont produit tout un tas de chiffres. Grâce à l’ambitieuse réforme de Nicolas Sarkozy, en 2020 les caisses de retraite seraient à l’équilibre ; on y va même de prévisions jusqu’en 2050.

On fait des prévisions à 40 ans, alors que Christine Lagarde est incapable de sortir un chiffre de la croissance arrêté à dans 3 mois …

Personne ne peut croire une minute le sérieux de tels chiffres émanant de gens qui en avril 2008 avaient été incapable de voir venir la crise des sub-primes, évidente pourtant pour le premier trader venu.

Personne ne peut prendre au sérieux des statisticiens qui pilotent à la canne blanche : Rappelez vous les critère de convergence, les fameux « critères de Maastricht » édictés en 1992 , assouplis en 2005 :  déficit du PIB limité à 3% : le dépasser d’1/2 point fût un scandale en son temps : on est en France à 8% aujourd’hui et finalement, on n’est pas mort…

Alors, permettez moi de penser que les experts sont à la vie économique ce que les farines animales sont à l’engraissement du bétail : on peut faire avec, on peut aussi faire sans.

 Donc, notre Bon Suzerain, homme d’avenir, des réformes du monde qui avance, de la France qui se lève tôt, qui entreprend, notre Bon Suzerain dont on aurait pu penser que grâce à son énergie, on entrerait bientôt dans la VIeme république, prend comme référence  afin de justifier l’augmentation de la durée des cotisations la France de Vincent Auriol, la France de la IVeme République, du début des trente glorieuses.

Je me permets d'insister tant l'argument est sur-réaliste.

Hé oui, en 1950 – il y a plus d’1/2 siècle – les choses étaient différentes : C’était la Section Française de l’Internationale Ouvrière qui était au pouvoir. Les femmes étaient toutes voilées le dimanche à l’église : Elles se tenaient sur la droite et les hommes à gauche. Ma grand’mère allait puiser de l’eau à la fontaine communale, pendant que mon grand oncle s’esquintait le dos à ferrer les bœufs dans la cour. En ville, le ferrailleur passait pour acheter les peaux de lapin et les déchets de ferraille qu’on donne aujourd’hui à  Veolia. A l’école, on avait une blouse de coton et si par malheur elle avait un trou, on nous tapait violement sur les doigts du bout d'une règle en palissandre. En 1950, les hommes travaillaient tout le Samedi ; dans les mines les ouvriers crevaient les poumons remplis de suie…

Mais un lent mouvement était en train de naitre avec la fin de la guerre : C’était le Progrès, la Modernité : dans les années 65 on habitait un petit pavillon mais moi – tout jeunôt que j'étais  – j’enviais les voisins qui habitaient les HLM : ils avaient des « vide-ordure », eux, et au sous sol il y  avait des machines collectives à pièce pour laver les femmes, et des grands espaces avec un bac-à-sable où les gosses - nombreux - pouvaient jouer pendant ce temps… C’était le progrès des années 50, avec ce relent de collectivisme qu'on a passé par pertes et profits.

Le Progrès, c’est devenu le cheval de bataille de la société : Il faut être moderne, progresser, aller de l’avant, chasser la saleté des moindres recoins.

En 60 ans, on est passé de la roue de charrue à la jante en alu de 15 pouces, du tablier de coton à la robe en soie fabriquée en chine, de calculatrice à manivelle au réseau d’ordinateurs, du morse à la Wifi…

C’est le progrès qui courre.

L’homme a développé de plus en plus de machines sophistiquées pour diminuer son effort, vivre mieux et plus longtemps : Car c’est cela le progrès ;  et c’est le message qui est porté par les partis politiques de progrès. Car fondamentalement, ce n'est pas pour engraisser les sociétés du CAC40 que l'homme a développé des machines : lorsque sonne l'heure, riche ou pauvre, on se retrouve remplit des mêmes d'asticots.

 Et notre Bon Suzerain, faisant des prévisions pour dans trente ans, prend l’image d’une France d’il y a six décennies : En un seul discours, un raccourci de presqu’un siècle : La démonstration se passe de commentaire pour un gouvernement qui a des incertitudes sur la valeur des indicateurs économiques à tomber dans trois mois !

Je pense toujours à cette pub pour la SNCF : « le progrès ne vaut que s’il est partagé par tous ». Car c’est bien cela le fond du débat. A quoi servirait  le progrès dans une société ou l’homme serait réduit à travailler comme un damné jusqu’à la fin de ses jours ? On ne peut pas réduire la question des retraites à quelque chose d’arithmétique : Si cela peut avoir du sens pour un statisticien, pour un homme politique, c'est à dire quelqu'un qui est chargé d'une Vision de l'avenir,  cela ne veut strictement rien dire, et cela a d’autant moins de sens si l’on est un partisan acharné du progrès. Car dans le débat sur les retraites les questions d’arithmétique – pour aussi importantes qu’elles soient - ne restent qu’un outil au service d’une idée d’un monde en route, la grande idée que nous vendait l’UMP.

« travailler un peu plus longtemps. C'est la voie la plus raisonnable»

La voie de Sarkozy raisonne encore dans mes oreilles : « C'est la voie la plus raisonnable» : Ainsi le masque tombait : Là ou l’on pensait avoir affaire à une démarche de progrès, on s’appercevait que l’on était  face à une coalition des plus rétrogrades qu’on avait à ce jour connues. Tout cela est dramatique et comique à la fois.

Et en privilégiant les questions de moyens sur les questions de fond, notre représentant de commerce national a raté sa démonstration : le peuple lui a déjà dit à deux reprises, demain sera la troisième.

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24/09/2010

Suicide en série chez France Télécom

Pas ce soir chérie, je meurs

Winter le 29 Septembre 2009 www.mai2012.fr

«un problème de fifres ou de chiffres ?»

Aujourd’hui, on en est à 24 suicides chez France télécom en 18 mois.

On peut dire tout ce que l’on veut, que les salariés ne sont pas mobiles, que l’on a changé d’époque etc etc.

On peut dire absolument tout ce que l’on veut.

Mais les chiffres sont là, avec leur dureté et leur théorie de souffrance.

24 suicide en 18 mois, cela fait une moyenne de 16 par an ce qui parait incroyable pour une même entreprise.

Mais comparons ce qui est comparable : France Télecom a 100 000 personnes en France.

La population carcérale est en France d’environ 60 000 personnes. En 2008, il y a eu 118 prisonniers qui se sont donné la mort soit environ 2000 pour 100 000 personnes et cela ne fait bondir personne.

Pourtant, on a quand même 12 fois plus de chances de se suicider en prison que chez France Télecom.

C’est quand même une grande satisfaction pour les employés de Didier Lombard, non ?

Vous me direz que si on est en prison, c'est qu'on l'a bien cherché, alors que chez France Télécom, la plupart du temps, on y a atterri parcequ'on ne savait pas ou ailleurs aller...

Regardons maintenant les statistiques nationales : On a en France environ 30 suicides pour 100 000 habitants, à comparer avec nos 16 pour 100 000 de télécommistes.

 

Renseignements très généraux

Winter le 24 Sept 2010   www.mai2012.fr

« Des renseignements très généraux»

Il advint que... 

Je m’en allai hier à Paris faire un tour à la manifestation contre la réforme des retraites, ce 23 septembre. Comme l’on n’est jamais si bien servi que par soi-même, afin de comparer les deux mouvements, je me postais au même endroit à la même heure et assurément, il y avait cette fois beaucoup plus de monde.

Les renseignements généraux, de leur côté, comptabilisaient cette fois moins de trois fois moins de participants que les organisateurs, ce qui faisait mécaniquement beaucoup  moins de manifestants qu’à la précédent démonstration. La conclusion venait donc naturellement au journal de 20 heures, comme une antienne répétée en écho par chaque membre du gouvernement : « Le mouvement s’essouffle, mais ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas écouter les français ».

Quelle dialectique de bazar, dans la superette de Notre Bon Suzerain !

Mais tout ceci serait plutôt drôle s’ils n’y croyaient pas.

Car ils y croient, c’est cela le drame ; ils sont sincères nos bougres de ministres. Bien qu’ayant tous fait de plus ou moins grandes études, parfois sanctionnées par un diplôme, ils demeurent persuadés qu’en cassant le thermomètre on enlève la fièvre.

Alors ils le répètent en boucle, appliquant avec constance la méthode Coué : « Tous les jours et à tous points de vue, je vais de mieux en mieux ».

On a vraiment du mal à penser qu’ils soient à ce point stupides. 

Mais il y a peut être une autre explication…

Jean Piaget célèbre médecin initiateur ou presque de la discipline qui traite de la psychologie de l’enfant, a décrit de qu’il appelle « l’animisme enfantin », c'est-à-dire le fait, pour le tout jeune enfant, d’attribuer une volonté aux objets. Ainsi, en cassant le thermomètre, on invalide le mal.

Finalement, nos ministres font-ils autre chose ?

C’est qu’ils sont restés très jeunes d’esprit, et c’est cet esprit de jeunesse, cette créativité tellement surprenante et cette naïveté omni présente qu’on aime chez eux.

Certes, parfois, cela sent un peu mauvais dans la couche, mais qui peut vraiment prétendre connaitre l’odeur de l’avenir ?

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29/09/2009

Suicide en série chez France Télécom

Pas ce soir chérie, je meure.

Winter le 29 Septembre 2009   http://urbanitasmagories.blog.20minutes.fr/

«un problème de fifres ou de chiffres ?»

Aujourd’hui, on en est à 24 suicides chez France télécom en 18 mois.

On peut dire tout ce que l’on veut, que les salariés ne sont pas mobiles, que l’on a changé d’époque etc etc.

On peut dire absolument tout ce que l’on veut.

Mais les chiffres sont là, avec leur dureté et leur théorie de souffrance.

24 suicide en 18 mois, cela fait une moyenne de 16 par an ce qui parait incroyable pour une même entreprise.

Mais comparons ce qui est comparable : France Télecom a 100 000 personnes en France.

La population carcérale est en France d’environ 60 000 personnes. En 2008, il y a eu 118 prisonniers qui se sont donné la mort soit environ 200 pour 100 000 personnes et cela ne fait bondir personne.

Pourtant, on a quand même 12 fois plus de chances de se suicider en prison que chez France Télecom.

C’est quand même une grande satisfaction pour les employés de Didier Lombard, non ?

Vous me direz que si on est en prison, c'est qu'on l'a bien cherché, alors que chez France Télécom, la plupart du temps, c'est de la faute à pas'd'chance.

Regardons maintenant les statistiques nationales : On a en France environ 30 suicides pour 100 000 habitants, à comparer avec nos 16 pour 100 000 de télécommistes.

Alors, au nom de quoi faudrait il demander haut et fort la démission de Didier Lombard, lui qui réussit, en pleine période de crise, à faire en sorte qu'on se suicide quasiment deux fois moins chez France Télécom que dans le reste de la population ?

Les chiffres sont têtus. Didier Lombard, en tant que polytechnicien le sait.

C'est pas une raison pour se pendre.

 

09/04/2009

Travailler le dimanche rend abruti

Le travail du dimanche

Winter le 9 Avril 2009   http://urbanitasmagories.blog.20minutes.fr/

«Les travailleurs du dimanche toujours plus égoïstes»

Dans ma région, les supermarchés se battent pour ouvrir le dimanche. Ce qui est extraordinaire, c’est que  ce sont les caissières, metteurs en rayons bref un peu tout le monde déjà abruti par un travail dont l'intérêt doit être assez relatif qui se bat pour cela, avec une conscience de l’entreprise qu’on n’avait pas vue depuis longtemps. Les affiches fleurissent à l’entrée des supermarchés expliquant l’injustice de ne pouvoir travailler le dimanche. J’ai mis un petit exemple du niveau  de réflexion des salariés chez Leroy Merlin à Osny (95) sur cette petite photo : Non seulement ils ne réfléchissent pas, mais en plus l'écrivent et le signent !SNV85791.JPG

Mais , dans le fond, n'est ce pas  formidable, un tel dévouement à son patron et cela met du baume au cœur, en cette période ou l’on pensait que le néo-liberalisme, celui qui fait bosser les chinois dès 12 ans pour vendre des produits pas cher dans les grandes surface, était en train de chanceler.

On a même l’impression que les plus hardis à défendre leur esclavage sont les caissières bac + 5,  les plus éduquées…Eduquons, éduquons, il en restera toujours quelque chose….

Oui mais voila, moi, en tant que consommateur, allez faire mes courses le dimanche, cela ne m’intéresse vraiment pas du tout, mais alors pas du tout. 

Moi, ce que je voudrais, comme beaucoup de mes amis du reste, c’est faire mes courses entre 3heures et 5h30 le matin, car c’est à ce moment que je me sens bien. Après, je vais chasser le sanglier, car il faut bien avoir des loisirs, n’est ce pas ?

Donc, je ne comprends pas pourquoi les salariés des supermarchés au lieu de se battre égoïstement pour eux ne pensent pas à leurs clients, ceux qui les font vivre, et n’engagent pas la lutte sur le terrain du travail de nuit : Ils travailleraient plus, ils gagneraient (un peu) plus. Et avec cela, s’ils voulaient vraiment un peu plus de pouvoir d’achat, il leur resterait encore le dimanche pour donner un petit coup de collier.

N’est pas que c’est une bonne idée, non ?

06/03/2009

La dialectique à la SNCF

La dialectique a la SNCF

Winter le 3 Mars 2009

  http://urbanitasmagories.blog.20minutes.fr/


"Quand je prends le train, cela m'énerve toujours qu'on me traite de client...Pas vous ? "

Car l’homme ne vit pas que de pain, et la dialectique, c’est la cuisine des mots. Mis à part les hommes politiques et les brigands des banlieues, rares sont ceux qui ont la véritable conscience de la force du mot, et que celui-ci mal employé peut tantôt émouvoir jusqu’à la mort,  tantôt ameuter jusqu’à l’émeute-même :

C’est ainsi qu’il faut partir du postulat que dans la bouche d’un homme public, un mot n’est jamais anodin et rarement impromptu.

Lorsque M. Lepen lance son fameux « Durafour crématoire », ce n’est pas un simple dérapage, c’est un virage parfaitement négocié destiné à flatter son électorat négationniste

Sur le plan des modes et des courants, lorsqu’ untel ou untel homme public, utilisant son audience sur les médias décide de bannir ou a contrario encenser tel mot ou telle locution, il ne s’agit généralement pas d’un simple effet de manche, mais d’une réelle volonté de manipuler l’opinion.

On peut ainsi parler du fameux « abracadabrantesque » de Jacques Chirac ou de  la « bravitude » de Ségolène Royale, où dans les deux cas, il s’agit, par un arrangement de la langue, de masquer des situations particulièrement graves.

Dans un autre ordre d’idée, le fait de qualifier désormais l’invalide de personne à mobilité réduite après lui avoir donné le terrible vocable de « handicapé », avec ce « h » aspiré si dur à supporter, d’une part ne change rien à sa condition, l’aveugle ne voyant pas mieux depuis qu’il est non voyant, et de l’autre n’apporte strictement rien de plus à la qualification de son état.  Il faut donc chercher ailleurs que dans le soucis de précision la volonté de changer le vocabulaire.

Et, pour en venir à mon propos, l’usager de la SNCF ne voyage pas mieux depuis qu’il est devenu client.

Mais au fait, pourquoi le terme d’usager a-t-il été banni du dictionnaire de l’employé des chemins de fer, pardon, je veux dire de l’agent de la SNCF ?

La réponse est très simple, et c’est ici qu’il importe de saisir la puissance des mots afin de bien comprendre que le choix de leur emploi  ne relève pas simplement d’une démarche marketing :

Usager renvoie à la notion d’usage. La valeur d’usage, c’est la valeur attribuée par exemple par les assurances pour vous rembourser votre voiture gravement accidentée : Vous aviez une vieille guimbarde, qui ne valait plus un clou à l’argus, mais comme vous êtes assuré dans une compagnie mutualiste, celle-ci vous rembourse sur la base d’une estimation du prix qu’il vous faudrait débourser pour vous offrir un service identique : on parle donc de valeur d’usage, et non plus de valeur vénale, qui est la valeur qu’un acheteur qui voudrait se rendre propriétaire de votre vieille guimbarde serait prêt à mettre.

 La valeur d’usage est totalement déconnectée de la valeur vénale : c’est une contribution au coût du service, car la notion d’usager renvoie à la notion de service à la collectivité, notion qui n’intègre pas des biens ou services directement négociables entre individus dans le cadre d’une offre de marché : si l’on pouvait choisir sa compagnie ferroviaire pour aller de Paris à Lyon, cela se saurait…

De son côté, la notion de client renvoie à la notion de tractation commerciale et donc de valeur vénale, qui est la valeur qu’un individu est prêt ou supposé prêt à donner pour obtenir un bien ou un service précis, dans le cadre d’une loi d’offre et de demande.

En faisant passer l’usager du statut d’usager à celui de client, on signifie en fait qu’il devrait non plus payer pour un service que la collectivité fournit à ses administrés, mais pour un service vendu à des individus par des sociétés commerciales.

La SNCF devient donc non plus une société nationale mais une société commerciale comme les autres.

Tout ce qui précède est finalement assez banal, et ne surprendra pas celui qui a déjà un peu réfléchi devant une affichette de la SNCF un jour de grève.

En revanche, lequel d’entre vous s’est déjà fait la remarque que si le qualificatif de client est désormais attribué à l’usager, on applique toujours - et depuis pas mal de temps déjà - le qualificatif d’agent à l’employé des chemins de fer.

Et c’est là que les choses deviennent abracadabrantesques. Car si l’employé d’une société commerciale peut avoir une certaine latitude pour faire en sorte que – dans le respect du lien de subordination envers son patron que représente son contrat de travail - son travail quotidien satisfasse le client de son employeur, l’agent, lui, par définition, n’est que le rouage entre un pouvoir et une exécution : Il ne peut en aucune manière prendre la liberté de faire en sorte que son service soit à la hauteur des ambitions de son client, ceci ne restant que du strict ressort de sa hiérarchie administrative.

Imaginez-vous une minute pouvoir discuter du taux de votre imposition avec l’agent du fisc, ou du montant de votre amende avec l’agent de police ?

Ne croyez pas qu’il s’agisse là de simple dissertation : l’usager des transports en commun peut en faire l’expérience, que ce soit en banlieue ou en province, ceci de manière quotidienne.

Ces positionnements sémantiques du client et de l’agent ont été choisis et mis sur la place publique avec détermination et constance par les hommes politiques successifs depuis quelques dizaines d’années afin d’un côté faire payer toujours plus l’usager, et d’éradiquer la notion de service public et de l’autre de déresponsabiliser toujours plus l’employé, le rendre docile et conciliant, ces deux notions s’excluant mutuellement.

Comme dans la cuisine, il n’y a pas de place au hasard dans la dialectique. Comprend qui veut…ou comprend qui peut, non ?


 

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17/12/2008

Abaissons l'âge légal d'arrivée sur le marché du travail !

Winter Le 17 Décembre 2008  http://urbanitasmagories.blog.20minutes.fr/

« Réinstaurons le travail de nuit pour les plus de 12 ans.»

Aujourd’hui Notre Bon Suzerain nous offre la possibilité de travailler jusqu’à 70 ans, possibilité que nous étions nombreux à espérer, depuis longtemps.

En effet, sans être grand statisticien, il suffit de comprendre que si l’âge moyen d’arrivée sur le marché du travail des jeunes tourne aux alentours de 25 ans d’un côté et que la durée de vie d’allonge globalement d’un an tous les dix ans de l’autre, si par ailleurs l’on inclut quelques périodes de chômage durant lesquelles on cotise moins, 70 ans semble être un âge raisonnable pour partir en retraite.

Bien évidemment, il faudrait faire quelques aménagements dans les entreprises, tels que ascenseurs pour aller du rez de chaussée au 1er étage, toilettes aménagées,  potages à la cantine etc..., mais finalement, rien de vraiment insurmontable.

Il existe pourtant une alternative simple pour lutter contre le déficit des caisses de retraite, tellement simple qu’on est en droit de s’étonner que personne l’ait à ce jour proposée : Il suffit de porter à 12 ans l’âge légal pour commencer à travailler. En effet, dans la mesure où – grâce à Notre Bon Suzerain – il est désormais possible d’avoir la majorité pénale à 12 ans, qui aurait l’affront d’avancer qu’il n’est pas moral de travailler plus jeune, car finalement travailler plus tôt, c’est également gagner plus tôt ?

Et avec une mesure de la sorte, c’est d’un seul coup 12 ans à 13 ans de cotisations qui rentreraient dans les caisses de retraite d'un seul coup d'un seul.

Et cela, c’est bon pour la France. Cela permettrait aux français de partir plus tôt en retraite : on pourrait ainsi avancer sans aucune difficulté l’âge de la retraite de 70 ans à 65 ans, & ceci même en tenant compte de l’augmentation inexorable de l’espérance de vie, et cela, c'est ce que les français veulent.

Cette mesure aurait également l’avantage d’augmenter de manière rapide et significative le pouvoir d’achat des français : Car en effet, dans la mesure où les enfants sont payés notablement moins cher que les adultes, les prix des produits finis pourraient considérablement diminuer, apportant par là un important ballon d’oxygène dans le portefeuille de nos compatriotes.

On peut même imaginer de passer le salaire minimum des enfants de 50% à 55% du smic – soit une hausse de 10% ce qui en période de crise n’est pas négligeable – sans pour autant grever le budget des caisses de retraite.

Un autre avantage significatif de cette mesure serait de relancer la natalité, car dans la mesure où les enfants au sein du ménage deviendraient une source de revenus et non plus de coût, il serait alors légitime de penser à en avoir plus pour gagner plus.

Bien évidemment se poserait le problème de l’hébergement de cette marmaille, car il est aujourd’hui déjà difficile pour un ménage d’avoir un chambre par enfant ; l’accroissement de la progéniture risque de compliquer les choses.

Mais c’est un faux problème : Avec l’augmentation du pouvoir d’achat, les ménages pourraient investir dans les bâtiments plus spacieux, ce qui relancerait l’immobilier. Oui, mais, me direz-vous, cela prendra du temps, car il y a un décalage entre la durée de conception d’un enfant (9 mois) et la durée de construction d’une maison (2 ans).

C’est juste et bien raisonné.

C’est pour cette raison qu’il faut encourager dès à présent le travail de nuit chez les enfants dès l’âge de 12 ans : D’une part, les enfants ont besoin de moins de sommeil que les personnes de 70 ans, d’autre part, cela permettrait d’organiser une rotation des chambres du ménage, en attendant de lancer un vaste programme de construction :

Tout le monde y gagne, c’est bon pour la France, c’est bon pour les français.

Et, cerise sur le gâteau, dans la mesure où l’espérance de vie est corrélée avec la date de mise sur le marché du travail, à terme, c’est l’équilibre assuré des caisses de retraite : on pourra alors dès 2025 penser à partir en retraite dès l’âge de 60 ans.

Enfin, dernier point à noter : il existe à ce jour tout un tas de possibilités légales pour faire travailler la population carcérale à moindre coût et avec une grande flexibilité, possibilités dont un certain nombre d'entreprises, telles que Lecobac où d'autres, font bénéficier leurs clients, c'est à dire nous autres, les consommateurs.

Avec l'arrivée d'une jeune et vigoureuse population dans les établissements pénitenciaires, c'est encore plusieurs points de pouvoir d'achat de gagnés.

Les solutions sont tellement simples qu’on peut se demander pourquoi tous les sénateurs, ministres, députés n’y pensent pas.

A moins que…

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23/06/2008

La SNCF vous aide au quotidien

 Dans le train

Winter Le 23  Juin 2008  http://urbanitasmagories.blog.20minutes.fr/

« Faciliter (entre deux grèves)  les déplacements des Franciliens, c’est l’ambition de la région Ile de France »

La date de ces notes, notules et notations est importante

Or, il advint que, le 23 juin 2008

Dans le train, une petite affichette attire mon œil. Il s’agit d’un placard de la région il de France, qui fait passer en substance le message suivant

« parceque vos déplacements sont importants (blablablablablabla) la Région Il de France (blablabla) Rénovation des trains (blablabla)

DE PLUS, DEBUT 2004, A BORD DE CHAQUE VOITURE, UN SYSTEME D’INFORMATION VOCAL ET VISUEL AFFICHERA EN TEMPS REEL LA DESTINATION DU TRAIN ET DES GARES DESERVIES

Faciliter les déplacements des transiliens, c’est l’ambition de la Région Ile-de-France »

C’était donc cela, l’explication de l’énigme, la révélation suprême, le pourquoi du comment,  l’aboutissement de la quête du gral du banlieusard ! Je ne comprenais pas pourquoi, depuis quelques temps, sur la ligne que je prends tous les matins, à la même heure, avec les mêmes personnes qui tentent de profiter de leur heure et demi de transport quotidien pour achever une nuit écourtée par le retour de la veille, et qui prennent la même ligne depuis trente ans, d’un seul coup d’un seul, sans qu’on puisse y comprendre mais, le conducteur s’était mis à énoncer à chaque station d’une voie vive et assurée dans un système de phonie plus ou moins vétuste la liste des stations restant à parcourir : C’tait le dispositif d’information vocal en temps réel destiné à me faciliter mes transports quotidiens, c’était POUR ME FACILITER LA VIE.

C’est ensuite que j’ai constaté la présence du dispositif visuel : une affichette au dessus des portes des voitures, symbolisant par un succession de points alignés en rang d’oignon sur un trait bleu l’enchainement des stations.

La SNCF est formidable, et la région ile de France aussi : et c’est bien normal, puisque mon abonnement SNCF me coûte 8300 Francs par an, soit presque … deux mois de loyer ! Vu comme cela, ça fait réfléchir, non ?

Pendant ce temps, à la gare de Pontoise, fore l’œuvre du temps, il ne se passe rien : Les escalators sont toujours en panne depuis la fin du siècle dernier. Toutefois,  la SNCF organise quotidiennement sur ses emprises alentours sous l’œil bienveillants des usagers – ou plutôt des « clients », ainsi qu’on le dit du libidineux allant aux filles de petite vertu - et  qui ne sont mêmes plus choqués par quoi que ce soit, le fameux concours pontoisien du plus beau dépotoir, avec en alternance la présentation de l’entrepôt en ruine ou du parking brûlé selon que l’on porte son œil sur la gauche ou sur la droite.

« Faciliter les déplacements des Franciliens, c’est l’ambition de la région Ile de France »

Ou comme aurait dit un illustre menteur de président: « les promesses n’engagent que ceux qui y croient ».

20:08 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : greve, cheminots, sud rail, huchon, sncf, cgt, sarko | | |  Facebook

 
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