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10/07/2015

Savez vous pourquoi le Hall Saint-Martin, à Pontoise, est reservé exclusivement et depuis des décénies aux antillais pour la Saint Sylvestre ? C'est parce qu'ils sont partout !

Marcel Renard

Le 10/07/2015

« Tranche de vie à la Préfecture »

Au bureau de la commission médicale des permis de conduire, c’est jour d’affluence. On a bien reçu commandement de venir, assorti d’une théorie de papiers à fournir, mais il serait utopique de croire que l’heure planifiée reportée sur ledit ordre puisse avoir un quelconque rapport avec l’ordonnancement des choses.

En maitresse de cérémonie attentive, isolée du bon peuple dans sa cage de verre , une quadragénaire probablement antillaise organise ses dossiers dans une sérénité que le contraste avec l’empressement de ses gestes précis sur fond de cohue pare d’une cocasserie certaine.

Le petit bureau de la Commission Médicale dégueule d’assujettis jusque dans le couloir de la Préfecture.

Comme ils pourraient le faire dans n’importe quel temple hindou dédié à l’idolâtrie d’une déesse multi-membres, les processionnaires se présentent à tour de rôle au guignoloir de verre afin de déposer son obole à l’Administration : des liasses de papiers, des photos d’identité, un chèque de trente trois euros, des certificats, des doubles, des bilans médicaux, des attestations. L'Administration accepte tout, en  échange d'un petit sésame : le ticket qui donnera un numéro dans la file d'attente.

Cette activité humaine se dicte dans des jargons à la tournure bureaucratique absconde qui, ajoutés à la diversité lexicale de cette théorie de processionnaires donnent  une actualité évidente au mythe de la Tour de Babel en tant que châtiment divin à la dépravation humaine. On se parle beaucoup mais sans trop se comprendre.

Au guignoloir, on découpe, on feuillette des doubles carbonés, et l’on tamponne. L'on tamponne avec une conviction qui force le respect. Les reliefs de découpes blanches de photos d’identité perlent au sol comme autant de gouttes de cires de cierges imaginaires au pied du guichet-autel, tandis que la longueur de la file des processionnaires, en une sorte d’organisme vivant, s’étire ou se contracte au rythme de la complétude des doléances, lesquelles,  bien que pareilles, restent toutes différentes tant les options résultant de la combinaison des différentes cases à cocher des formulaires offrent de possibilités : Il manque toujours un papier, une photo, un examen et notre shiva s’acquitte dans une danse méthodique d’arbitrages parfois non négociables: Tantôt  le chaland se mettra en double file afin de compléter ses documents, tantôt il devra courir chez lui - s’il le peut - pour quérir les pièces demandées, tantôt il ne lui restera plus qu'à maudire le sort pour avoir à attendre trois mois pour un nouveau rendez-vous.

Alors que les aller-retour s’effectuent de la queue vers des toilettes d’où les processionnaires ressortent en exhibant le produit de leur miction comme s'ils portaient la Sainte Ampoule, c’est toute une population interlope, à la docilité et l’humeur variables, qui patiente derrière la ligne de confidentialité, garante de leur intimité.

Au plafond, accroché, un panneau informatique rappelle le numéro des élus - ceux qui ont passé le stade de l’obole et peuvent accéder au Médecin. Pour pallier un défaut d’affichage des numéros appelés, périodiquement la porte s’entr'ouvre laissant apparaître la tête du Médecin, de la bouche duquel jaillit un nom.

« Monsieur Martins »

Juste devant le Médecin, un homme rose et un peu freluquet se lève. Echange de dossier, salutations rapides et alors que le voici en partance pour le Sanctuaire Médical, au même moment, dans une synchronisation qui exclue le doute, plus loin de la porte, le type à ma gauche se lève. C’est un antillais me semble-t-il ou un africain. Il est noir. Il est costaud et respire l’urbanité.

« Vous aussi, vous vous appelez Monsieur Martins ? »

Il confirme, et cette situation nous fait éclater de rire.

Echanges de quelques mots, et je lui conseille d’aller se faire identifier en argumentant - d’un ton qui  doit sentir l’expérience- que dans ce genre de situation, il convient d’être circonspect. Je suis visiblement convainquant et notre homme va donc voir le Médecin qui est encore à accueillir Monsieur Martins et qui le rembarre, de manière très assurée :

« Pour l’instant, je m’occupe de M. Martins, je vous appellerai le moment venu».

Notre homme fait demi-tour, en me regardant écarte les deux bras en signe d'impuissance polie, puis vient se rassoir.

Je lève les yeux vers l’écran lumineux qui indique désespérément les mêmes numéros d’appel depuis deux heures. Sur le panneau,je repère en sa partie gauche un fac-similé de permis de conduire censé identifier le service dans lequel nous sommes. C’est naturellement un permis de conduire.

J’éclate de rire, et je me tourne vers mon voisin qui m’accompagne aussitôt dans mon humeur  :  

« Noirs ou blancs, décidément, vous autres, vous êtes partout ! »

lui dis-je en pointant du doigt le panneau lumineux au-dessus de nos têtes :

En effet, le permis de conduire qui est reproduit est au nom de … « M. Martin ».

 

30/09/2011

lorsque la région abandonne les infrastructures

 

http://www.mai2012.fr/

Winter, le 30 Septembre 2011

 «De la bonne gestion des fonds publics»

La gare de ma petite ville de Pontoise  - ville labellisée d'art et d'histoire - voit passer chaque jours des milliers de voyageurs. En effet, elle est reliée à Paris Nord, St Lazare, Creil, et au RER A.

Malgré l’augmentation inexorable du prix du coupon Navigo, elle est depuis des années dans un état de délabrement la faisant rivaliser avec certaines gares de pays du tiers monde ; la promesse affichée des réparations les plus élémentaires, initiée il a plus de dix ans et chaque année reportée à l’année suivante (Vous connaissez la musique : « la SNCF vous prie de bien vouloir l’excuser… Merci de votre compréhension ») tourne désormais au ridicule : Les escalators ne fonctionnent plus, autant pas manque d’entretien préventif que par défaut de réparation curative. Certains immeubles sont en ruine, la passerelle qui enjambe les 13 voies est dans un état de délabrement qui la rend dangereuse. L’immense parking, pour partie abandonné voit à la saison des pluies - chose particulièrement insolite - son dernier étage se transformer…en une immense mare à grenouille, peu connue des pontoisiens car soustraite à leur vue par le hasard de la configuration des lieux.

Les travaux de nettoyage les plus ordinaires ne sont plus assumés régulièrement, et il est plus confortable pour le chaland, par nature fainéant de la cervelle, de s’insurger devant la saleté de ses voisins  (forcément des sales étrangers…) que de réfléchir sur ce qu’il adviendrait  corelativement de ses propres toilettes si lui-même ne les nettoyait pas tous les jours…

Ce matin pourtant à la gare, dès potron-minet, un détail insolite captait mon attention.

Devant un panneau publicitaire, un vigoureux noir d’une société de nettoyage sous-traitante, dans une ferveur toute à son honneur, s’attachait, armé d’un balai savonneux qu’il tenait promptement en main,  à en faire briller le plexiglass.

J’attendais mon train tout en scrutant les gestes rapides et précis de cet homme au travail, mon œil mal réveillé oscillant de haut en bas, égaré par l’aspect surréaliste du contraste entre  un parterre crasseux, perclus de mégots abandonnés,  asphyxié par les herbes folles s’invitant sans vergogne dans ses lézardes goudronnées et l’éclat métallique du cadre d’aluminium maintenant rutilant du panneau de réclame.

C’est qu’il faut que cela brille, la publicité, puisqu’elle permet de participer à l’économie de la gare, tandis que laisser le quai à la proie des ordures n’empêchera pas la SNCF d’encaisser le montant des cartes d’abonnement.

Comme le disait la publicité, « le progrès ne vaut que s’il est partagé par Jean-Claude Decaux. ».

Vous êtes en bonnes mains, ne craignez point demain.

 
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