UA-29881888-1

Avertir le modérateur

15/12/2015

Adam s'élève

Marcel Renard, à Pontoise, le 12 Décembre 2015

Adam est mort, Dimanche 10 Décembre.

Adam était une figure de Pontoise. C’était un clochard incontournable à Pontoise, mais on devrait dire un SDF car notre société policée a pris l’habitude afin de tenter de les édulcorer de coller des acronymes sur toutes les réalités. clochard,sdf,pontoise,adam,cergy

Autrefois, les gens n’avaient pas de nom, juste des prénoms. C’est une habitude qui nous vient du Xeme siècle que d’avoir un nom de famille, et entre le Vème et le Xeme siècle, on avait juste un prénom et parfois un nom de tribu. Le prénom, c’était le nom donné au baptême. C’est ainsi qu’aujourd’hui encore, les reines et rois se font appeler de leur prénom uniquement. Lorsqu'on parle de François 1er, tout de monde sait qui l'on évoque. Mais qui serait capable de donner son nom ?

Et bien Adam, pour les Pontoisiens, il n’avait pas de nom, mais juste un prénom « Adam ». C’était « Adam ». Tu as vu « Adam » dans quel état il était ? J’ai croisé «Adam ».

C’était comme cela. Son royaume à lui, c’était la rue.

Malgré un alcoolisme à un point difficilement quantifiable, il avait une personnalité assez marquée : Son horizon se mesurait en bière, non pas au pluriel mais bien au singulier, car s’il quémandait un peu partout, un peu à toute heure, il ne quémandait que ce qu’il lui fallait pour zigzaguer jusqu’à l’épicerie du coin se chercher la prochaine cannette de bière : Ainsi, son horizon semblait être découpé en tranches de 10 minutes.

Forcément, ça se terminait souvent mal : Coups, gnons, agressions sur sa personne, ecchymoses sur des pans entier du corps, dans le caniveau, sur le trottoir, contre un pan de mur, bref là où la dernière cannette l’avait vu encore debout.

Adam a animé les rues de Pontoise pendant bien des années, arrosé ses murs et plus encore ; il a occupé les pompiers, les services sociaux, les associations, la mairie, les riverains, et les épiciers de Pontoise, de la place de la gare, la place Notre-Dame jusqu’à celle des Cordeliers lui doivent bien une ultime bière.

Une fois, c’était à l’angle des  rues de la Bretonnerie et de l’Hôtel de ville - un endroit où il aimait à se répandre – une « bonne âme » avait dû appeler les pompier car Adam devait avoir la tête dans le caniveau. La tête, lorsque ça tape par terre, ça saigne facilement. Il gisait là contre le réverbère, et autour les pompiers qui essayaient de l’interroger :

- « Adam, on va t’emmener à l’hôpital de tel endroit (où, ne ne sais plus ou) car il n’y a plus de place à Pontoise » .

Adam, à moitié inconscient, la tête dans les étoiles, mais quand même les pieds sur terre, dans un râlement :

- « Non, emmenez moi à l’Ile Adam, c’est mieux »

Qui ne s’est pas fait racolé par lui, parfois invectivé, jeté des cannettes ? C’est-à-dire que sous l’emprise de l’alcool, tout devenait  possible à un homme qui pourtant avait envie de parler avec ses semblables.

Certains commentaires sur sa personne sont indélicats . C’était sans doute juste un gars pour qui la vie n’a pas dû être très féconde. Mais les clochards, pour peu qu’on veuille réfléchir un minimum, ça nous ramène à la fragilité de notre propre existence. Pour certaines personnes, la vie se passe mieux que pour certaines autres. Certains naissent avec une cuillère dorée dans la bouche, d’autre avec de la misère jusqu’au fond des yeux pour nourrir une théorie d'héritiers. Et ce ne sont pas nécessairement les derniers qu’on retrouvera dans le caniveau, pas plus que les premiers sous les ores de la République.

Quelqu'un saura peut-être dire qui il était, comment il s'appelait, qui était sa famille ? Tout ce qui est sûr, c’est que c’était une figure de Pontoise, pour preuve le nombre de commentaires qu’il réunit sur son décès ferait envie à plus d'un notable.

Les jeunes le connaissaient sans doute mieux. Un nous disait qu'il n’était pas pauvre, qu’il n’avait pas réellement besoin d’argent, et que le moment important dans le mois, c’était celui où il recevait son allocation. Mais la qualité de sa bière allait décroissant à mesure que le mois avançait.

Il ne s'agit pas de faire un beau discours pour se donner une belle conscience, mais simplement de dire que tout comme il fût, Adam faisait partie de la communauté, et de rappeler que notre communauté contrairement à bien d'autres villes , et c'est tout à son honneur, même si parfois il faut reconnaitre qu'on se laisserait aller à la faiblesse de  le souhaiter, ne fait pas la chasse aux clochards.

Certaines personnes de bonne éducation disent de ces gens-là qu’ils n’ont qu’à travailler, que ce sont des fainéants et qu’on n’a pas à leur faire l’aumône : Ce sont souvent ces mêmes personnes que l’on retrouve au fast food le dimanche, en train d’amuser leur progéniture en jetant des miettes aux moineaux, les faisant accourir de toute part par volées toutes entières. Les animaux n’ont pas d’âme disent-ils. Mais les clochards ? Leur déviance légitime-t-elle le fait de s'assoir ainsi sur ses convictions, alors qu'il suffit de regarder la taille des moineaux autour des fast food pour comprendre qu’ils ont eux aussi sans doute pas mal de problèmes avec leur foie. Ainsi, si l’on est capable de jeter les reliefs de son repas aux moineaux, ne pourrait-on pas a minima considérer les mendiants comme des sortes d'animaux insignifiants et leur faire l’aumône des piécettes rouges de nos fonds de poche ?

Si chaque personne qui a mis un "j’aime" sur la publication annonçant son ce décès s’arrêtait demain mercredi 15 Décembre devant chez Delahaye, la fleuriste à côté du cimetière, pour mettre simplement quelques euros dans une enveloppe, Adam pourrait recevoir une couronne comme rarement Pontoisien en a reçue. Et pour tout vous dire, n'y aurait-il pas un peu de fierté à se dire que nous habitons une ville dont les citoyens respectent jusqu’à la tombe le plus humble des leurs ?

 

19:13 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : clochard, sdf, pontoise, adam, cergy, esperer95, sdf mort dans la rue | | |  Facebook

29/10/2015

Exercice de style : aujourd'hui, les migrants et les normands

 Marcel Renard, le 26/10/2015

«Raisonnement de Normand»

A l’emménagement dans le gite normand qui allait nous servir à mon épouse et moi-même de havre de paix pour un week end bien mérité,  le babillage préliminaire avec la locandière sur le côté exorbitant du  montant des loyers dont nos progéniture respectives auraient à s’acquitter dès lors qu’il s’agirait pour elles de quitter le giron familial, dans des circonstances où leur espérance de toucher des prestations sociales s’amenuisait en proportion inverse de l’augmentation de l’épaisseur de la pile de leurs diplômes universitaires, laquelle de manière assez désespérante en vient à être corrélée à leur sentiment de précarité,  le propos arriva assez rapidement sur le délicat terrain de l’ « Immigré », suspecté de manière assez irrationnelle de prélever pour son compte des revenus dont le sens commun nous dicte à penser qu’ils devraient revenir à nos chères petites têtes blondes,  on glissa subrepticement  par une transition homophonique toute trouvée du sujet de l’immigré à celui du migrant,  et compte tenu de l’actualité récente, de celui des migrants à celui des syriens,  sujet sur lequel notre hôte tentant de conclure, magistrale, avec dans le ton l’aplomb que l’expérience d’ouvrière en usine contrainte - pour ménager un avenir qu’elle veut plus radieux pour son fils de quinze ans – à investir dans une location saisonnière pourrait sembler légitimer :

« il n’y en a que pour eux »,

réplique que ma femme pourtant peu habituée à la joute orale cloua par la phrase au combien simple, mais au terriblement efficace et finalement tellement évidente :

« j’aime quand même mieux être à ma place qu’à la leur »,

qui amena  notre locataire, après seulement quelques secondes d'une réflexion ponctuée de hochements de tête témoins bien involontaires de l'effort déployé, dans une force toute normande  et faisant montre d'une vigueur intellectuelle au moins à la hauteur de celle qu’elle avait mise en œuvre pour justifier sa précédente position à l’égard des susdits migrants, à répliquer avec la même conviction :  

« ça, c’est sûr ! ».

19:18 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : syrie, migrants, pontoise, cergy, immigration | | |  Facebook

11/11/2011

Le nouveau train de crise de la ligne H

 «Train de crise»

 http://www.mai2012.fr/

 Winter, le 10 Novembre 2011

 voiture.JPGDès potron minet, comme tous les matins, je cours prendre mon train sur la passerelle SNCF en ruine. Il fait matin. On y voit clair grâce à Giscard et à son heure d’hiver, plutôt que grâce à Jean Paul Huchon,  le président du Syndicat Intercommunal des Transports Ferroviaires d’Ile de France. Ce soir en rentrant, je prendrai le point de vue de Gilbert Montagné, car cela fait des années que les réverbères de la passerelle de ma gare sont hors service. Dans la nuit, je prendrai gare à ne pas tenter de me tenir à la rambarde, sous peine d’attraper le tetanos. Je laisse de côté les escalators et leurs savoureuses pancartes «Installation hors service. Merci de votre compréhension» qui doivent avoir maintenant plus de dix ans. J’évite les paquets de « 20 minutes » en train de moisir sur le quai, et j’attrape mon train.

 Ô Surprise, je découvre les nouvelles voitures SNCF de la ligne H. C'est un peu de ma région que j'ai sous les yeux puisqu'une des prérogatives essentielles de cet organisme, c'est l'organisation des transports en ile de France.

 Même surprise pour tous les travailleurs qui - encores endormis - mettent un pied dans cette nouvelle voiture, et hésitent en rentrant, tournant la tête à gauche puis à droite : Ce n’est plus un train, c’est une boite de nuit ou un supermarché, on ne sait pas trop dire.

Conçues d’un seul tronçon, d'un bout à l'autre du train, avec des surfaces vitrées tellement énormes qu’elles n’autoriseront pas la moindre panne de climatiseur en plein été, elles représentent une débauche étonnante d’innovations luxueuses. …. Des écrans permettant de projeter de la pub (toujours elle, ils ne peuvent pas s’en passer). Des plafonds lumineux qui changent de couleur accueillent le voyageur. Les caméras sont en bonne place pour surveiller le chaland. Le nombre de place a été réduit, au profit d’un espace debout plus confortable…  Une bétaillère de luxe, en somme… qui nécessitera des coûts de maintenance sans doute significatifs, car il faudra bien maintenir toutes ces lampes, ces caméras, ces écrans, ces vitres…

Les commentaires des voyageurs sont élogieux. Mais beaucoup sont assez sarcastiques . « On préférerait que les trains soient à l’heure ».  Commentaire de ma voisine de voyage, qui semble assez modeste  : « c’est marrant, on dirait comme un train ». Je ne comprends pas ce qu’elle veut dire, mais elle à l’air de savoir précisément à quoi elle pense.

En pleine période de crise, et même s’il faut tenir compte du fait qu’il s’agit d’un investissement sur plusieurs dizaines d’années, il y a quelque chose de complètement incongru voire démagogique dans cette débauche de luxe, lorsque les efforts les plus essentiels ne sont pas menés pour les entretiens le plus élémentaires des infrastructures.

 

P230208_15.00[01].JPGOn retour, ce soir, je rentrerai dans mon train gris, qui doit avoir une cinquantaine d’années, qui n’a ni climatisation ni lumière, mais quand même des toilettes.

 Je repasserai sur ma passerelle pontoisienne – élément architectural névralgique dans l’organisation de la circulation  verte entre Cergy , une ville de 60 000 habitant et Pontoise, 30 000 âmes, disante de deux kilomètres seulement, qui va voir sa population de l'autre coté de la passerelle en ruine depuis des dizaines d'années s'augmenter de 6500 personnes dans les dix ans à venir,  sans lumière, sans aucun entretien au motif, nous a expliqué notre maire Philippe Houillon, qu’on ne sait pas qui en est le propriétaire. (sic) Plus prosaïquement, les pontoisiens sont sans doute les otages d’une guerre intestine entre le STIF, piloté par Jean Paul Huchon, PS, Réseau Ferrés de France et la municipalité de gauche de cergy pilotée par dominique Lefebvre, PS, et celle de droite de Pontoise pilotée par Philippe Houillon, UMP. C’est ce qu’on appelle la démocratie locale.

 

11/05/2010

H1N1 : Le bonjour de Roselyne

Bien le bonjour de Roselyne

Les urbanitasmagories de Winter le 11 Mai 2010

http://www.mai2012.fr/

« H1N1»

L’épidémie de grippe H1N1 a frappé en septembre 2009. Puis le vent d’hiver a balayé les feuilles. Le printemps est arrivé avec ses bourgeons. Voici le mois de mai et ses saints de glace. A Cergy, au détour d’un feu tricolore, un souvenir défraichi & fugace de Roselyne Bachelot ressort du néant.

SNV81038.JPG

09:14 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cergy, pontoise, bachelot, h1n1, grippe a | | |  Facebook

07/05/2010

Mon ami Veolia me veut toujours du bien

Les urbanitasmagories de Winter le 7 Mai 2010

  http://www.leprincejean.fr/

« Allo la Terre, il y a quelqu'un ?»

Toujours dans la suite du fabuleux contrat signé début 2009  par la communauté d'agglomération  représentée par Dominique Lebebvre, et VEOLIA, concernant la distribution des eaux en région Cergy-Pontaine, et pour lequel on en prend pour perpète, c'est-à-dire dix huit ans...

(voir l'article ci-après http://agleau.blogspot.com/2009/05/le-prix-de-leau-cergy-...)

Ce contrat est un pur scandale les on devrait sanctionner vigoureusement Dominique Lefebvre pour avoir engagé les cergy-pontains de cette manière et sur aussi longtemps.

Pourquoi ?

Il y a tout un tas de truc pas nets : Pourquoi les indices de révision des prix de référence sont il 2007, alors que le contrat est rentré en application en 2009 , par exemple ?

La méthode de révision des prix est inabordable pour le commun des mortels : Tellement inabordable que la facture en devient incontrôlable. Du reste, aucun des con-contractants du côté client n'a du faire une simulation de l'évolution des prix avec cette formule qui est une véritable usine à gaz.

Les prix, bien évidemment ont flambé, contrairement à ce qu’avait annoncé Dominique Lefebvre. Bon, mais tout le monde peut se faire baiser, surtout par une boite comme Veolia, car telle est la dure loi du commerce. C'est donc de bonne guerre de leur part. C'est pour se prémunir de cela que le peuple élit des représentants, en principe... Mais force est de constater qu'on a l'habitude des hommes politiques qui ne tiennent pas leur promesse, et que cela devient relativement vulgaire, de nos jours...

Mais surtout, la tarification est profondément injuste, et c’est incroyable qu’un socialiste puisse avoir signé un tel pacte. Toutefois, aujourd’hui tout devient possible. Notre bon suzerain nous l'avait promi, et Besson et Kouchner nous l’ont montré. Alors pourquoi pas notre bon vice-président du SAN ?

En effet, l’abonnement  aux services est un forfait dont l’assiette de calcul est le nombre de mètres cubes consommés : Que vous   soyez une deux ou dix personnes à vivre sous le même toit, c’est la même règle ;  Donc, je   prends mon exemple personnel : une famille nombreuse, des enfants qui ne travaillent pas car ils font leurs études, et qui habitent encore à la maison, très souvent avec leurs amies respectives, qui sont dans le même cas qu’eux…

Je pourrais être une famille recomposée, ce serait la même chose.

Et il y en a de plus en plus, crise aidant, des comme moi...

Résultat des courses,  augmentation de la facture d’ eau – pour la partie "prime fixe" -  d’environ 25 % sur un an. Car plus on est nombreux dans la famille, plus on consomme d’eau plus on paie cher de prime fixe.

On ne remerciera jamais assez notre bon vice-président de cette délicate attention envers les familles nombreuses. Mais c'est vrai que ne nos jours, s'occuper de ces mômes, les héberger et les nourrir alors qu'ils pourraient bénéficier du RSA, c'est un peu bourgeois, non ?

Dans n’importe quel commerce, plus on consomme moins on paie cher. Mais avec le fabuleux contrat SAN / Véolia, c’est le contraire : Plus on consomme, plus on paie cher : C’est pour apprendre aux gens à ne pas gaspiller l’eau, comprenez vous ?

Quand on explique le cas à Véolia, ils nous explique que nous devons faire des efforts pour ne moins consommer, alors qu’en fait, par personne, on est déjà  largement en dessous des abaques.

Appliquons le même raisonnement à la viande : Je vais acheter mon beefsteak chez Auchan : Il y a dix personnes à manger ce midi, alors Auchan me fait une augmentation de 25% du prix de la viande, pour m’apprendre à être végétarien, car la viande, c’est riche en produits mauvais pour la santé.

Logique non ?

Voila ce que c'est quand on élit des énarques.

Merci qui ?

Merci Dominique Lefebvre.

Et la bonne raclée, ce sera pour qui ?

 

 

19/03/2010

Le progrès, les ordures et tout le bazar

Les urbanitasmagories de Winter le 19 Mars 2010

  http://www.leprincejean.fr/

« Recyclage à la vasseline »

 

Quand j’étais gamin, il y avait des petites bonbons qui coutaient un centime (de franc (nouveau)) . Mes parents me donnaient 20 centimes tous les jeudis.

Cela ne faisait pas beaucoup

Pour arrondir les fins de semaines difficiles  on récupérait les bouteilles de vin ou de lait consignées qu'on ramenait à l’épicier  du coin, qui ouvrait son tiroir caisse – « gling » - et donnait en échange quelques centimes toujours bons à prendre, centimes qu'on recyclait rapidement en bonbons ou autres sucreries.

Aujourd’hui, sur chaque bouteille en verre achetée, je paie un taxe  pour financer le recyclage ; je paie une taxe d’ordure ménagères qui est devenue prohibitive ;  je paie dans mes impôts le fonctionnement de la déchetterie, en général gérée par Suez ou Veolia ; je dépense de l’essence pour emmener mes bouteilles au recyclage ; et pour ceux qui comme moi ont la chance d’avoir un jardin ; j’en  réserve deux mètres carrés pour y mettre les différents bacs d’ordure (verre ; papier & carton ; plastiques ; déchets végétaux ; autres ordures). Quand vous connaissez le prix du mètre carré de jardin en région parisienne, le calcul est vite fait, si on multiplie par le nombre d'habitants …  Ma ville investit dans des containers plastiques facturés à prix d’or par CITEC ou PLASTIC OMNIUM, conteneurs que je repaie dans mes impôts.

Comme je suis curieux, je suis allé visiter la déchetterie de St Ouen l’Aumône. Il s’agit d’une énorme usine, proprement gigantesque, gérée par Veolia, qui traite les ordures des douzes communes de l'agglomération urbaine. J’étais persuadé qu’on faisait du tri à cet endroit, afin d’y recycler les déchets.  Quelle erreur grossière :  En fait, on n’y valorise rien du tout : on ne fait essentiellement que récupérer la valeur déjà produite par le particulier dans son laborieux travail de tri, c'est-à-dire, pour faire simple, les centimes d’autrefois qui sortaient du tiroir caisse de l’épicier pour aller dans ma poche.

Les déchets verts (branchages, tontes d’herbe etc…),  triés par les particuliers, mis dans des sacs payés par les particuliers, ramassés par la commune, sont « transformés » en compost qui sera revendu aux professionnels .  Mais en vérité, la plus grosse partie du travail a déjà été faite avant d’arriver à la déchetterie, car l’opération de « transformation » consiste juste à remuer les branchage de temps en temps…

Les plastiques sont mis en balle qui seront expédiées en chine ou ailleurs, mais en vérité, la plus grosse partie du travail, c’et à dire le tri, a déjà été fait par le particulier. Quand on connait le prix du plastique et la pénurie en ce secteur, on comprend vite l'intérêt du tri en amont.

Pour le verre, s’en est risible tellement c’est stupide : tout le travail de tri est effectué par le particulier, qui s’emmerde à retirer les bouchons métalliques, couvercles etc… Certaines bonnes âmes vont même jusqu’à laver les bouteilles avant de les jeter (bonjour le bilan écologique), et à se poser des problèmes métaphysiques pour les bouteilles d’huile.

Pour les déchets électroménagers (ordinateurs, refrigérateurs etc…), ne vous attendez pas à voir une armée de petite main en train de les démonter :  le particulier fait le tri en apport volontaire ; les palettes sont ensuite refourguées à des entreprises de désossage.

Les cannettes en acier, qui sont faciles à recycler et valent de l’argent (en Suède, on est payé lorsqu’on ramène ses cannettes…) sont mises en balle et retournent directement au laminoir.

La valorisation des journaux consiste à faire des balles avec les piles de journaux sagement entreposées par les particuliers ; de même pour les cartonnettes.

Et tout le reste) est brulé et fait de la vapeur qui est revendue à la ville pour chauffer l’agglomération. Dans ce cas, il y  a une réelle valorisation, sauf que la valeur ne retourne pas au citoyen qui avait déjà payé pour le fonctionnement de la déchetterie et qui va en plus payer pour eau chaude et son chauffage, mais à Veolia.

Chaque habitant de la région cergy-pontaine devrait aller faire un tour dans cette déchetterie , visitable sans grande difficulté,  pour comprendre l’étendue de l’escroquerie de ce qu’on appelle la valorisation des déchets.

Ne croyez pas que les bonbons retournent dans les poches des salariés de Veolia, qui sont payés à coup de trique.

A tous ceux qui penseraient que les ordures coutent plus qu'elles ne rapportent, et pour appuyer mon propos, sachez que Veolia a mis en place, au niveau des immenses fosses de dépôt, des caméras de surveillance, afin d’éviter que les gens viennent y piquer des trucs… Voilà : les ordures valent vraiment de l’argent, donc  on devrait payer moins cher le recyclage, et non pas plus cher.

Comme autrefois, les ordures génèrent toujours des bonbons, mais ce ne sont pas les mêmes qui se sucrent : c’est ce qu’on appelle « le progrès ».

Et surtout, n’y voyez la dedans rien d’écologique : Si l’on additionne la somme effective de toutes les énergies mises en œuvre pour transformer une tonne d’ordure en stock option, cela doit être considérable : imaginez juste une minute que sur une agglomération de 300 000 âmes, chaque foyer utilise un verre d’essence par semaine pour aller jeter ses bouteilles de verre…

10/02/2010

Mon ami Veolia me veut du bien

Mon ami Veolia m'aime, moi et mon argent.

Les urbanitasmagories de Winter le 10  février 2010

  http://www.leprincejean.fr/

«Ma planète à moi, elle est bleue»


J’ai reçu ma note mensuelle d’eau hier, concomitamment, une fois n’est pas coutume,  à celle d’électricité, ce qui m’a valu le rapprochement objet de la présente notule . Pour un cocktail  sans fondement, comptez un bon 75 euros de jus pour environ 170 euros de fraiche, rajoutez un doigt de fée (la fée électricité), secouez, et vous obtenez un petit verre de fin de mois difficile.

 Il est  vrai qu’à part dans l’anisette, je ne suis guère ami de l’eau et cette note adorée m’a donné le la : c’est facile – elle me le rend bien : on m’embourbe.

A maintes reprises mon métier m’a donné l’opportunité d’explorer quelques sites nucléaires, visiter quelques stations d’épuration. J’ai eu moult fois commerce, en tout bien tout honneur, si tant est qu’il en existe encore - pas du bien, de l’honneur - avec des ingénieurs de la COGEMA et des égoutiers de VEOLIA,  et sans débourser plus avant, la conclusion s’est naturellement offerte à moi : Il est quand même BEAUCOUP plus simple – donc moins dispendieux - de fabriquer de l’eau plutôt que du courant et c'est sans doute à cela que l'on doit de les vils salaires en usage dans les milieux de l'épuration (Je ne parle de l'après guerre)

Alors  - n’en déplaise à mes amis bobo-écolos qui n’ont pas encore compris que le but de l’écologie c’est avant tout de donner de la valeur à des choses qui en sont dépourvues pour servir les intérêts de ceux qui n’en ont pas contre ceux qui n’en veulent pas – l’eau est une ressource infinie : Dame, on l’a tous appris à la petite école, vous savez, le fameux cycle évaporation, condensation, précipitation, ruissellement, infiltration. Ainsi, quand je laisse couler mon robinet de manière fort incivique en me brossant les dents  (runing water is wastfull) l’eau qui part vers l’égout retourne gentiment à la nature et la seule dépense inutile est l’énergie qui faudra pour traiter mon incivilité, pas l'eau en elle-même.

Tandis que l’uranium lui est une matière fossile : Parler de quelque chose comme d’une matière fossile, c’est une manière de maquiller de qui vous coute les yeux de la tête.

 Oui, je sais, c’est un peu compliqué, mais tout cela mérite une lecture attentive.

Car  la terre, si on l’appelle la planète bleue c’est qu’elle est pleine d'une eau qui absorbe de telle manière les rayons lumineux qu’elle apparait au final comme bleue. Si elle était pleine d’uranium – qui est également un rayonnement -  on l’appellerait sans doute autrement, non ?

Tout ceci pour dire que lorsqu'on aura fait boire la tasse à ces brigands qui vendent n'importe quoi, on aura fait un grand pas en avant.

Les élections locales sont là pour cela.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu