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09/07/2010

Les mômes harengs

Les urbanitasmagories de Winter le 11 Juin 2010

http://www.mai2012.fr/

«Notre histoire écrit le futur ; les mots sont l’expression de l’histoire»

« Email », voici un joli mot à harponner !

Dans un élan de jeunisme propre à la génération Viagra, nos brillants académiciens l’ont traduit par « courriel », acronyme de « courrier électronique ».

Le mot « mail » avait pourtant avec le courrier un histoire interessante à exhumer : En français, on appelait autrefois la « malle-poste », puis par abréviation la « malle » la voiture postale qui convoyait le courrier. Ce mot de « malle », qui vient du haut-allemand « malaha » se retrouve dans le mot « mail ». C’est pour cela que « courrier » se dit « mail » en anglais, et qu’on voit « Royal Mail » sur les voitures postales outre manche.

A une époque où la communication est délicate, tant les bois sont remplis de brigands, le mot fait référence au moyen qui transport le message, plutôt qu’au message lui-même ; c’est en quelque sorte tout à la fois l’emballage et le véhicule du message. Peut-être faut il chercher dans le mot iranien « mâleh », (truelle, c'est-à-dire un contenant) des racines communes ?

Cela tombe bien car un « courriel », même si le couperet de la censure ou l’auto-censure des hommes ou des états s’est substitué à celui des brigands, c’est exactement la même chose : un emballage qui transporte des messages : on le constate quotidiennement avec de plus en plus d’à-propos en listant la quantité invraisemblable de pièces jointes que l’on reçoit avec nos « mails ».

Personne n’utilise le mot « courriel » car il est stupide : En effet, même sans grande culture, le quidam - qui n’est pas si bête que cela - sent bien au fond de lui-même que l’on ne saurait substituer le moyen - « électronique » - à la description de la fonction - «malle, enveloppe, contenant».

Cette traduction est à l’image de ce que sont les intellectuels : à la fois déconnectés du passé et du futur sans pour autant être dans le présent, autant dire, nulle part, sans pour autant n’en déplaise à Giscard être immortels.

On me rétorquera qu’on dit bien « imprimé » pour publicité, « papier » pour article de journal, « pneumatique » pour message envoyé par air, et que ce faisant, on fait primer le moyen technique sur le contenu. Il y a sans doute une explication : Pour « Imprimé», le contenu est sans doute secondaire. Pour « Papier», il s'agit sans doute d'un raccourcis de l'anglais « News Paper». Pour « Pneu», je vous laisse trouver une explication !

Mais dans le cas qui nous concerne, n’aurait il toutefois pas été plus pertinent de traduire « email » par un mot comme « malette », voire « malle », ce qui aurait eu pour avantage de conserver la musique du mot britannique, tout en faisant perdurer le sens originel français ; du reste, lorsqu’on est sur son ordinateur, les mots « dossier », « répertoires » sont rentrés dans la langue courante : ils décrivent parfaitement la fonction sans considération du moyen technique qui lui a complétement changé.

Je me trompe ?

 

29/01/2010

Au temps pour moi

Autant pour  moi, au temps en emporte levant.

Les urbanitasmagories de Winter le 29 Janvier 2010-01-29  

http://www.mai2012.FR/

«L’erreur commune fait la loi»

Ma fille se fait tancer à l’école car elle a écrit « autant pour moi » au lieu de « au temps pour moi ». Comme elle est têtue comme son père, elle soutient mordicus qu’elle a raison…

... et , à moi qui aime connaitre l’histoire des mots,  me lève un problème, car il était m'évident depuis 50 ans que la graphie de l'expression était « autant ».

Après quelques rapides recherches, l’Académie – à laquelle nous devons quand même une foultitude de choses fulminantes - préconise « au temps… », avançant la fameuse explication du commandement militaire. « au temps pour toi » , indiquant à un militaire qui a rompu le pas ou le mouvement qu’il doit reprendre au temps (de musique) suivant. « Au temps pour moi » signifierait donc : «Je me suis trompé, je recommence, au temps suivant ».

J’ai pris pour habitude de me méfier des explications trop belles, car la logique de l’évolution des mots et expressions ne coïncide que rarement avec celle des histoires.

En fouillant un peu plus le sujet,  je m’aperçois que ce débat passionne beaucoup de gens, sans qu’on puisse de quelconque manière trancher, l’origine de l’expression semblant être perdue.

 « Autant pour moi » & « au temps pour moi » ne peuvent renvoyer vers les mêmes notions, en sorte que graphie de l’expression est importante.

Vous me direz certes que mon opinion ne vaut pas lourd, mais dans mon esprit, la graphie « autant » est évidente…. Mais pour quelles raisons ?

Prenons un exemple :

Je cuis un peu trop une tarte qui sort carbonisée du four. Mon convive m’en fait la remarque avec un soupçon de réprobation, « autant pour moi », je n’ai pas fais attention au thermostat, je n’ai plus qu’à recommencer : sous entendu : « Ok, je me suis trompé, la quantité de travail effectuée est perdue, mais comme je dois le faire, je recommence, sinon vous n’aurez rien à manger ».

Je comprends l’expression dans le sens « j’en ai pris autant pour mon grade, je me suis fait prendre par des événements extérieurs, j’ai été trompé ». Il y a dans cette formulation non seulement l'expression de quantité gâchée et que l’on doit remettre dans la balance, mais également une sorte d'aveux de culpabilité. Il n'y a pas dans cette expression de sous-entendu de rapport hiérarchique.

Répondre dans ce cas « au temps pour moi » n’a pas le même sens, car il faudrait que ce soit une injonction de mon locuteur, qui devrait alors me dire « refais cuire une nouvelle tarte, au temps pour toi ».

On pourrait éventuellement accepter de dire « au temps pour toi », mais cela n’a pas grand sens de dire « au temps pour moi » : comme j’écoute la musique, je sais pertinemment à quel temps je dois recommencer, et sauf à souffrir de confusion mentale, je sais que pour me remettre en musique, c’est au prochain temps que je dois redémarrer.

Par ailleurs, lorsqu’on dit  «autant pour toi », on ne renvoie pas réellement sur une idée de recommencer, ce qui n’est pas le cas avec l’expression « au temps pour toi »

Le terme « Au temps » renvoie non pas à une notion de quantité, d’évaluation, mais à un constat d’arythmie. Et dans ce cas, l’idée de culpabilité disparait de l’expression, au profit d’un simple constat d’échec. Car pour qu’il y ait une reconnaissance de culpabilité, il faut que celle-ci puisse être appréciée, évaluée par un tiers, ce qui est le cas si l’on utilise une forme quantitative (« autant ») et ne n’est plus si l’on utilise une simple auto-injonction « au temps »). Ainsi, dans le cas « autant », il y a un jugement de valeur qui est quantifié, alors que dans la forme « au temps », il y a juste un constat d’erreur.

Si la bonne graphie était « au temps », l’expression ne porterait pas cette charge affective que chacun peut reconnaitre.

Les deux expressions ne peuvent donc être équivalentes.

Donc, pour ce que me concerne, s’il est vrai que cette expression est plus souvent écrite « au temps » que « autant », cela sent bon l’évolution graphique due à une plume pédante qui a pensé que cela faisait mieux écrit « au temps » plutôt que « autant».

Je me trompe ?

 

 
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