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15/12/2015

Adam s'élève

Marcel Renard, à Pontoise, le 12 Décembre 2015

Adam est mort, Dimanche 10 Décembre.

Adam était une figure de Pontoise. C’était un clochard incontournable à Pontoise, mais on devrait dire un SDF car notre société policée a pris l’habitude afin de tenter de les édulcorer de coller des acronymes sur toutes les réalités. clochard,sdf,pontoise,adam,cergy

Autrefois, les gens n’avaient pas de nom, juste des prénoms. C’est une habitude qui nous vient du Xeme siècle que d’avoir un nom de famille, et entre le Vème et le Xeme siècle, on avait juste un prénom et parfois un nom de tribu. Le prénom, c’était le nom donné au baptême. C’est ainsi qu’aujourd’hui encore, les reines et rois se font appeler de leur prénom uniquement. Lorsqu'on parle de François 1er, tout de monde sait qui l'on évoque. Mais qui serait capable de donner son nom ?

Et bien Adam, pour les Pontoisiens, il n’avait pas de nom, mais juste un prénom « Adam ». C’était « Adam ». Tu as vu « Adam » dans quel état il était ? J’ai croisé «Adam ».

C’était comme cela. Son royaume à lui, c’était la rue.

Malgré un alcoolisme à un point difficilement quantifiable, il avait une personnalité assez marquée : Son horizon se mesurait en bière, non pas au pluriel mais bien au singulier, car s’il quémandait un peu partout, un peu à toute heure, il ne quémandait que ce qu’il lui fallait pour zigzaguer jusqu’à l’épicerie du coin se chercher la prochaine cannette de bière : Ainsi, son horizon semblait être découpé en tranches de 10 minutes.

Forcément, ça se terminait souvent mal : Coups, gnons, agressions sur sa personne, ecchymoses sur des pans entier du corps, dans le caniveau, sur le trottoir, contre un pan de mur, bref là où la dernière cannette l’avait vu encore debout.

Adam a animé les rues de Pontoise pendant bien des années, arrosé ses murs et plus encore ; il a occupé les pompiers, les services sociaux, les associations, la mairie, les riverains, et les épiciers de Pontoise, de la place de la gare, la place Notre-Dame jusqu’à celle des Cordeliers lui doivent bien une ultime bière.

Une fois, c’était à l’angle des  rues de la Bretonnerie et de l’Hôtel de ville - un endroit où il aimait à se répandre – une « bonne âme » avait dû appeler les pompier car Adam devait avoir la tête dans le caniveau. La tête, lorsque ça tape par terre, ça saigne facilement. Il gisait là contre le réverbère, et autour les pompiers qui essayaient de l’interroger :

- « Adam, on va t’emmener à l’hôpital de tel endroit (où, ne ne sais plus ou) car il n’y a plus de place à Pontoise » .

Adam, à moitié inconscient, la tête dans les étoiles, mais quand même les pieds sur terre, dans un râlement :

- « Non, emmenez moi à l’Ile Adam, c’est mieux »

Qui ne s’est pas fait racolé par lui, parfois invectivé, jeté des cannettes ? C’est-à-dire que sous l’emprise de l’alcool, tout devenait  possible à un homme qui pourtant avait envie de parler avec ses semblables.

Certains commentaires sur sa personne sont indélicats . C’était sans doute juste un gars pour qui la vie n’a pas dû être très féconde. Mais les clochards, pour peu qu’on veuille réfléchir un minimum, ça nous ramène à la fragilité de notre propre existence. Pour certaines personnes, la vie se passe mieux que pour certaines autres. Certains naissent avec une cuillère dorée dans la bouche, d’autre avec de la misère jusqu’au fond des yeux pour nourrir une théorie d'héritiers. Et ce ne sont pas nécessairement les derniers qu’on retrouvera dans le caniveau, pas plus que les premiers sous les ores de la République.

Quelqu'un saura peut-être dire qui il était, comment il s'appelait, qui était sa famille ? Tout ce qui est sûr, c’est que c’était une figure de Pontoise, pour preuve le nombre de commentaires qu’il réunit sur son décès ferait envie à plus d'un notable.

Les jeunes le connaissaient sans doute mieux. Un nous disait qu'il n’était pas pauvre, qu’il n’avait pas réellement besoin d’argent, et que le moment important dans le mois, c’était celui où il recevait son allocation. Mais la qualité de sa bière allait décroissant à mesure que le mois avançait.

Il ne s'agit pas de faire un beau discours pour se donner une belle conscience, mais simplement de dire que tout comme il fût, Adam faisait partie de la communauté, et de rappeler que notre communauté contrairement à bien d'autres villes , et c'est tout à son honneur, même si parfois il faut reconnaitre qu'on se laisserait aller à la faiblesse de  le souhaiter, ne fait pas la chasse aux clochards.

Certaines personnes de bonne éducation disent de ces gens-là qu’ils n’ont qu’à travailler, que ce sont des fainéants et qu’on n’a pas à leur faire l’aumône : Ce sont souvent ces mêmes personnes que l’on retrouve au fast food le dimanche, en train d’amuser leur progéniture en jetant des miettes aux moineaux, les faisant accourir de toute part par volées toutes entières. Les animaux n’ont pas d’âme disent-ils. Mais les clochards ? Leur déviance légitime-t-elle le fait de s'assoir ainsi sur ses convictions, alors qu'il suffit de regarder la taille des moineaux autour des fast food pour comprendre qu’ils ont eux aussi sans doute pas mal de problèmes avec leur foie. Ainsi, si l’on est capable de jeter les reliefs de son repas aux moineaux, ne pourrait-on pas a minima considérer les mendiants comme des sortes d'animaux insignifiants et leur faire l’aumône des piécettes rouges de nos fonds de poche ?

Si chaque personne qui a mis un "j’aime" sur la publication annonçant son ce décès s’arrêtait demain mercredi 15 Décembre devant chez Delahaye, la fleuriste à côté du cimetière, pour mettre simplement quelques euros dans une enveloppe, Adam pourrait recevoir une couronne comme rarement Pontoisien en a reçue. Et pour tout vous dire, n'y aurait-il pas un peu de fierté à se dire que nous habitons une ville dont les citoyens respectent jusqu’à la tombe le plus humble des leurs ?

 

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29/10/2015

Exercice de style : aujourd'hui, les migrants et les normands

 Marcel Renard, le 26/10/2015

«Raisonnement de Normand»

A l’emménagement dans le gite normand qui allait nous servir à mon épouse et moi-même de havre de paix pour un week end bien mérité,  le babillage préliminaire avec la locandière sur le côté exorbitant du  montant des loyers dont nos progéniture respectives auraient à s’acquitter dès lors qu’il s’agirait pour elles de quitter le giron familial, dans des circonstances où leur espérance de toucher des prestations sociales s’amenuisait en proportion inverse de l’augmentation de l’épaisseur de la pile de leurs diplômes universitaires, laquelle de manière assez désespérante en vient à être corrélée à leur sentiment de précarité,  le propos arriva assez rapidement sur le délicat terrain de l’ « Immigré », suspecté de manière assez irrationnelle de prélever pour son compte des revenus dont le sens commun nous dicte à penser qu’ils devraient revenir à nos chères petites têtes blondes,  on glissa subrepticement  par une transition homophonique toute trouvée du sujet de l’immigré à celui du migrant,  et compte tenu de l’actualité récente, de celui des migrants à celui des syriens,  sujet sur lequel notre hôte tentant de conclure, magistrale, avec dans le ton l’aplomb que l’expérience d’ouvrière en usine contrainte - pour ménager un avenir qu’elle veut plus radieux pour son fils de quinze ans – à investir dans une location saisonnière pourrait sembler légitimer :

« il n’y en a que pour eux »,

réplique que ma femme pourtant peu habituée à la joute orale cloua par la phrase au combien simple, mais au terriblement efficace et finalement tellement évidente :

« j’aime quand même mieux être à ma place qu’à la leur »,

qui amena  notre locataire, après seulement quelques secondes d'une réflexion ponctuée de hochements de tête témoins bien involontaires de l'effort déployé, dans une force toute normande  et faisant montre d'une vigueur intellectuelle au moins à la hauteur de celle qu’elle avait mise en œuvre pour justifier sa précédente position à l’égard des susdits migrants, à répliquer avec la même conviction :  

« ça, c’est sûr ! ».

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05/10/2015

Pass NAvigo à gogo

Marcel Renard

Le 05/10/2015

«Passe Navig’hop»

J’œuvre à Paris. Forcément, comme plus d’un demi-million d’autres de mes semblables, je passe presque tous les jours en gare du Nord. Le soir, c’est toujours un peu la bousculade. Les statisticiens étant plus connus pour leur appétence pour le café que leur ingéniosité à décrire le monde réel, le nombre de tourniquets n’a pas été calibré pour une telle affluence, et il suffit que, dans cette béchamel bigarrée et bruyante en conséquence de raisons aussi diverses qu’improbables, une personne soit bloquée pour qu’aussitôt des grumeaux sourdent.

On a les ingénieurs qu’on mérite : En Russie, les portiques ferroviaires marchent dans le bon sens : c’est-à-dire que si on ne présente pas sa carte magnétique, la porte qui est toujours en position ouverte se referme lors brutalement et non le contraire, comme chez nous. Les russes sont des gens rationnels : ils ont compris il y a fort longtemps que traiter l’exception est plus économique que traiter la norme. De cette manière, leurs portillons ne sont que rarement sollicités, la circulation s’en trouve fluidifiée et les coûts de maintenance également adoucis. Mais chez nous les ingénieurs de la SNCF ne voyagent sans doute pas assez et n’ont pas encore compris ce qui parait pourtant évident : Donc, ils ont conçu des portillons qui prennent quelques secondes pour s’ouvrir à chaque fois - coin coin - , et de temps à autre ne s’ouvrent pas - Bzzzzin . Comme souvent, une mauvaise analyse conduit à une mauvaise solution.

Ce soir, je fais la queue pour pouvoir me faire confirmer par la machine que mon pass navigo est bien en règle et donc par là même pouvoir accéder à mon train. C’est la cohue, et ainsi que la tartine tombe toujours du côté de la confiture, la file d’à côté avance toujours plus vite que la mienne.

Devant , fait la queue un homme qui n’a sans doute pas pu s’acquitter de son forfait mensuel de transport. On le voit à des petits rien qu’il s’agit d’une de ces personnes qui doivent en début de mois – puisque nous sommes le premier lundi du mois – faire le choix entre les cigarettes ou la carte de transport : Le costume fripé dissimule timidement la manche blanche dont manchette élimée laisse apparaitre une main couperosée sentant bon l’alimentation de troisième classe.

Le pauvre a sa fierté.

Et notre homme, dans un simulacre d’urbanisme de classe moyenne, dans ce geste si familier du banlieusard, fait mine de tendre sur le lecteur magnétique une carte qui n’a rien à voir avec un pass de transport – c’est l’intention qui compte - , espérant profiter du délai accordé par la machine au voyageur précédent pour passer dans la foulée. Les ingénieurs appellent cette pratique l’hameçonnage. Cela aurait pu passer inaperçu si notre homme avait mieux apprécié  la corpulence de l’antépénultième qui, freiné dans son élan par l'étroitesse du passage  laissa notre condamné à demi coincé dans la guillotine du portique.

Derrière moi, les gens s’empilent, aussi poussais-je le pauvre diable afin de le faire passer sur mon pass, que je validais in petto.

Nous passons donc en sandwich, pendant qu’à ma droite, sur le portique d’à côté, la guillotine se referme brusquement sur le bras gauche d’une voyageuse, qui, destabilisée, s’appuie sur son bras droit, lequel est en train de passer son pass magnétique sur la borne, envoyant par la même devant sa propriétaire son pass qui, au lieu de butter sur les portes – ce qui aurait permis à notre voyageuse de récupérer son bien - part  dans une course élégante et précise à mi chemin entre la savonnette et le palet de hocket, s’immiscer dans l’interstice que dans sa grande âme l’ingénieur à ménagé entre les deux portes afin d'éviter au chaland qui voudrait resquiller de se retrouver sectionner en deux, effectue quelques galipettes en l’air et vient atterrir … dans ma poche droite, de laquelle je m’empresse de l’extraire pour le remettre à cette voyageuse, qui, étonnée mais pressée, me remercie et file vers son escalator.

Comprenez bien qu’il vous a fallu 5 minutes pour arriver à ce point de mon texte mais que dans la vraie vie du banlieusard, il ne s’est passé que deux à trois secondes, ce qui confère à la scène un côté particulièrement comique.

Enfin, de mon point de vue.

Car cela n’a fait rire ni le resquilleur devant moi, ni la maladroite.

…Les gens ne sont pas observateurs…

C’est sans doute ce qui explique pourquoi, depuis que le poinçonneur des lilas a rendu son tablier, les portiques marchent à l’envers…

20/09/2015

Pontoise, ville poubelle

 Marcel Renard

 Le 20/09/2015

 «Patrimoine»

Aujourd’hui Dimanche, c’était la journée du patrimoine. J’en ai profité pour arpenter les rues de ma belle ville.

Et je pousse un coup de gueule, un vrai, car je suis vraiment dépité.

En effet, des Cordeliers, aux Louvrais, à l’Hermitage, en passant par le centre, il n’est pas un coin où les poubelles ne rappellent leur présence de façon ostentatoire.  Rue de Gisors, rue Fontaine, rue de l’Hôtel de Ville, un jour où l'on voudrait précisément que notre ville montre son plus beau visage, où que l'on regarde, c'est partout c’est la même musique : les conteneurs dégueulent d’ordures.

Et pourtant, nous sommes dimanche. Il est 17h00. Je doute que les « boueux » passent ce soir. Malgré cela, il n’est pas un coin de pontoise qui échappe à cette invasion. Ce sont des grosses poubelles. Parfois, devant les immeubles, elles occupent des places de parking. Parfois, sur les trottoirs, elles empêchent les poussettes de passer, quand ce n’est pas juste les piétons.

Au pied de ces poubelles trop tôt sorties, on trouve d’autres poubelles, plus petites, des sacs de détritus, des bordilles en vrac. Quant aux encombrants, meuble ikea démontés, vieux matelas, électro-ménager hors d'usage, ils s’installent de manière récurrente, de place en place, dans des lieux à la face récipiendaire autoproclamée.

Il faut noter également, outre qu'elles ne soient pas sorties au bon moment, que les poubelles débordent, que dis-je, elles dégueulent littéralement. Fatiguées, elles baillent, le couvercle souvent  entr’ouvert , donnant aux chats noctambules l’occasion de tout éparpiller alentour dès potron-minet.

Mais que se passe-t-il au juste ?  Voici plus d'un demi siècle que je suis à Pontoise et d'aussi loin que je puisse remonter , je n’ai pas souvenir d’un tel bazar.  Est-ce un manque de civisme, un manque d’éducation des citoyens, un signe des temps, qui voudraient que la chose publique n'intéresse plus le chaland ?

Comme bien souvent, les gens ne sont pas sales par plaisir mais plutôt par contrainte. L’expérience montre que dès lors que l’on met les bons services en face, tout rentre rapidement dans l’ordre. C'est ainsi qu'on a pu voir la passerelle de la gare retrouver un aspect quasiment normal suite à l'installation de quelques poubelles et la mise en place d'un service ad hoc.

Il y a plusieurs raisons objectives, simples et techniques à tout ce bazar qui nous fait honte à nous autres, Pontoisiens.

Premièrement.

A la faveur du changement de marché public, le service rendu par la société qui collecte s’est considérablement dégradé : Il n’est plus régulier dans sa fréquence ; On ne sait dont plus exactement à quel moment sortir sa poubelle. Alors du coup, pour éviter de rater un passage, on sort sa poubelle un peu trop longtemps à l’avance. Il est nécessaire de rappeler le besoin de régularité que requiert cette collecte : ceci devrait être un critère d'attribution du marché public.

Deuxièmement.

Le nombre de collectes hebdomadaires a diminué. Pour faire des économies. Sauf que le brillant cerveau qui a pris cette décision a complètement oublié que lorsqu’une entreprise remporte le marché de la collecte, elle fait une enquête préalable, qui vise à calibrer la fourniture des conteneurs, en  nombre et en taille.

Si entre l’enquête et la mise en place de la collecte vous changez la fréquence, il y a peu de chance que éléments recueillis pendant l'enquête (taille et nombre des bacs) restent en cohérence avec le service. C’est assez simple à comprendre, encore faut-il y penser…

Troisièmement

La brillante personne qui a pris la décision de diminuer le nombre de collectes fixé depuis belle-lurette à Pontoise ne s'est pas souciée du fait que les locaux sanitaires dans l’habitat collectif étaient dimensionnés en conséquence. Il en ressort que pour éviter que les locaux ne débordent, les gardiens essaient de sortir les bacs le plus tôt possible.

Quatrièmement.

Toujours pour faire des économies, un brillant cerveau a pensé qu’en faisant collecter les ordures pendant les heures ouvrables, cela couterait moins cher, puisqu’il n’y a pas de majoration du salaire du travailleur pour heures de nuit. Résultat : Le matin, les embouteillages sont légion derrière les camions poubelle, car la collecte se fait à l’heure où les gens vont bosser. Le corolaire de cela est que le chaland a droit au spectacle des ordures accumulées sur les trottoirs et que dans une ville où la majorité municipale a pour obsession l’élégance des façades, c’est juste en léger décalage.

Le résultat de cette incurie est visible tous les jours. Il n’y a pas besoin de payer un cabinet de consulting pour faire une étude d’impact de ces décisions prises sans réfléchir, il suffit de se promener dans notre ville.

Il faut noter que la situation à Pontoise est vraiment exceptionnelle : dans aucune commune alentour on ne retrouve le même phénomène. Pire, il est des communes plus grandes, où le revenu moyen est presque d'un tiers de moins celui de Pontoise - c'est à dire où l'impôt collecté devrait permettre moins de services (1)  - et où les rues sont pourtant impeccables.

Quelles sont les solutions ?

La première chose est de s’intéresser à la situation.

Il y a des mesures évidentes : que l’entreprise qui collecte fasse une tournée de collage sur chaque conteneur d’un sticker indiquant à quel moment sortir les bacs, ou que la mairie distribue des stickers : cela ne coute rien et permettrait de commencer par limiter la casse.

Il y a urgence à faire une communication claire et cohérente sur le sujet.

Il faut également pouvoir revenir au rythme de collecte antérieur.

Il est nécessaire de régler rapidement le problème des encombrants. Auparavant, il y avait une tournée des monstres : cela fonctionnait très bien. Par ailleurs, cela permettait à tout un tas de gens, chineurs, biffins en tous genres, de bénéficier des ordures en faisant diminuer pour le contribuable le coût global de traitement tout  en établissant une sorte de paix sociale à pas cher.   Un brillant cerveau s’est fait refourgué le concept du « call for services ». C’est complètement foireux. Il faut repasser à la tournée programmée des monstres.

Il faut rappeler que l'on paie pour un service, qu'à Pontoise sans qu'il y ait de raison particulière ce service est facturé plus cher qu'ailleurs et qu'il est du devoir de la communauté de mesurer le taux de service et de faire les réclamations en conséquence. Encore faut-il s'intéresser au sujet...

Tout ceci ne relève que du bon sens et d’une appréciation globale de ce qu’est une économie et une gestion saine des affaires communales.

Sur ce sujet précis, force est de constater que nous en sommes très loin aujourd'hui.

---------

(1) Je précise, suite à la remarque justifiée d'un lecteur, que malheureusement les ressources (les impôts pour l'essentiel) sont en grande partie fonction du niveau moyen de revenu, et que donc - pour exprimer les choses rapidement - plus ce niveau est faible, moins il y a de chance que la commune puisse offrir des services de qualité. 

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22/08/2015

Jeannot Lapin naquit à l'âge de 5 ans

Marcel Renard

Le 22/08/2015

« Version familiale, apprentissage des li-ai-sons»

Jeannot Lapin naquît-a l'âge de 5 ans.

Ses parents, ses h'amis, voyant qu'il était doué pour la musiqueuuh'

l'envoyèrent rheu dans les h'Alpes

En chemin, Jeannot  lapin eu faim

il frappa-t-a la porteuh d'une'neuh aubergeuh-et demandat qu'on lui fit-t-a-manger.

"j'ai du pain, j'ai du vin, j'ai des h'oeufs (pononcez dé eu), (...silence lourd de sens... )

Hum, ça est bon, ça, les h'oeufs" (lé eu)

On lui fit-t-une omelette au lard

Mais il s'étrangla avec uneheu arrêtheu.

Et sur sa tombe on inscriva (oui, c'est bien on inscriva)

Ici gît jeannot lapin qui naquit-t-a l'âge de 5 ans

(etc...)

 

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21/08/2015

Comment dire merci à son instituteur ?

Marcel Renard

Le 21/08/2015

« Puisque c’est comme ça, je dirai toujours Bouton. Tiens, Bouton, Bouton»

La nature offre des merveilles à qui sait regarder. La qualité de mon appareil photo ne permet pas d’immortaliser ce que j’ai sous les yeux, aussi je vais essayer avec la lentille des mots, avant que ne se couche le soleil.

Il est 18h00 et nous sommes en plein mois d’Aout. Le  soleil est en train de plier bagage et, entre mon œil et lui, à travers les branches tortueuses d’un réverbère encore éteint, une araignée - profitant d’une situation qu’elle sait propice à attirer le chaland - a déjà tissé une toile dense.

Le positionnement du soleil et la configuration de la toile transforment cette dernière en un prisme qui décompose la lumière du jour. Il est vraisemblable – encore faudrait-il une loupe binoculaire pour s’en assurer, que la section du  fil de toile n’est pas réellement cylindrique mais présente des côtés.

Quoi qu’il en soit, la pureté du fil est telle qu’il apparait plus limpide que le plus beau des cristaux, et la diffraction du rayon solaire qu’il permet est à l’égal de cette transparence.

Le vent qui mollement agite les fils fait onduler dans toute l’étendue spectrale de l’arc en ciel cette toile , qui , sous une  inclinaison de la tête dans un sens ou dans l’autre, se transforme en un disque chatoyant tantôt dans les rose, tantôt dans les bleus, tantôt dans les verts.

Et l’on peut discerner un bleu que l’on voit tellement rarement dans la nature, ni même dans les spectres lumineux, le bleu des turbans des touareg, un bleu intense fait à base de cette pierre que l’on retrouve sur les masques funéraires des momies égyptiennes, le lapis lazuli. Il est rare de voir une telle déclinaison de bleus, tant nos yeux sont habitués à la standardisation des couleurs. C’est magnifique et totalement étonnant.

Parfois, on peut voir également un vert surprenant , que là encore on ne voit jamais dans les arc en ciel, et très rarement dans la nature, le vert émeraude extrêmement intense.

Toutes ces couleurs sont brillantes, phénomène que l’on ne voit même pas dans les prismes générés par l'irisation des tâches d’huile dans l’eau. C’est vraiment unique et totalement surprenant..

Il faut profiter de cet instant fugace, car déjà la déclinaison de l’astre solaire fait s’enfuir ces fééries fantasmagoriques que l’incidence d’un simple rayon de soleil sur une toile d’araignée toute à fait ordinaire arrive à produire. Et déjà, quelques minutes à peine après le début de cette observation, voici que notre toile recouvre son apparence insignifiante.

Mais alors… comment ne pas imaginer que des générations d’individus, qui des millénaires avant moi n’avaient rien d’autre à faire de la journée que de chasser et contempler les choses de la nature, comment ne pas imaginer que ces individus ne se soient posé la question du  pourquoi d’une telle chose, si frêle et pratiquement invisible, une chose si ordinaire, qui, sous l’effet d’un simple rayon de soleil, puisse prendre des allures aussi incroyables ?

A l’évidence, ces gens-là ont existé !  

Ainsi, c’est avec une très grande surprise que j’ai découvert que l’invention du cinéma ne datait pas de ce qu’il est usuel de dire. La «camera obscura », la chambre obscure, qui permet de visualiser dans une tente de bédouin des scènes produites à l’extérieur est une découverte très ancienne, dont des circonstances exceptionnelles et analogues à celle de ma toile d’araignée et de mon rayon de soleil m’ont éveillé à l’existence : Aristote, 300 ans avant notre ère, en avait déjà décrit le principe. Il ne lui manquait plus que le support pour en fixer l’image…. Et il n’est pas sûr que ce support n’ait pas existé avant l’invention au moyen âge de l’exploitation des propriétés du chlorure d’argent.

pontoise,cordeliers,chars,araignée,optique,ferry,renaut,renaud,philosophie urbaineEt il plus que vraisemblable - n’en déplaise à Alain Renaut, ce professeur de philosophie que nous avions eu au lycée de Pontoise dans les années 75 et qui, à défaut d’avoir su donner à ses élèves l’amour de la philosophie tant il naviguait en permanence dans une autosatisfaction qui faisait rire les adolescents que nous étions, psalmodie maintenant aux côté de son idole de Luc Ferry en se cherchant une clientèle de bazar - que le célèbre mythe de la caverne soit d’avantage inspiré de cette découverte tout à fait naturelle que d’une profonde et intense réflexion philosophique.

J’ai beaucoup perdu de temps avec la plupart des professeurs que j’ai eus, au lycée comme à la faculté, car ce n’est pas à eux que je dois cette manière d’observer.

C’est simplement à un instituteur, dont le père était particulièrement ignoble et a fait souffrir des générations d’écoliers Pontoisiens. Le fils de ce bougre, par une pédagogie toute à fait innovante, voulait sans doute essayer de racheter tous les péchés de son père, hélas ! une vie entière n’y aurait pas suffi…

Il avait su développer une méthode simple : nous emmener quelque part et nous demander d'observer...jusque dans les moindres détails... et d'exprimer sans crainte et sans a priori  avec pour seul outils notre maigre vocabulaire, ce que nous voyions.

Et lorsque je pense aux salaires dont sont gratifiés ces instituteurs, mon cœur frémit, comme cette toile d’araignée qui, au rythme de la brise du soir, me renvoie des reflets mordorés et mystérieux... 

Car ce sont de ces personnes dont dépend le monde, et non de ces petits barons qui pérorent sur les ondes.

La nature est pleine de choses magnifiques que nous avons appris à ne pas regarder en nous absorbant sur des choses insignifiantes ; Et pourtant, le moindre grain de sable, le plus petit cristal de neige, la plus petite étamine de la plus insignifiante des fleurs recèlent d’avantage de choses à étudier que tout ce que vous n’apprendrez jamais dans les meilleurs collèges des meilleurs écoles du monde. La géométrie de la nature est tout simplement passionnante.

Pendant que les médias nous endorment avec des guerres qui ne sont pas les nôtres, il y a beaucoup à apprendre...

Il suffit juste d’ouvrir les yeux. Et à part pour des gens comme Jean-Marie Lepen, on en a pour la plupart tous deux, ce qui est amplement suffisant pour apprécier la beauté du monde....

 

06/08/2015

Haro sur Taubira

Marcel Renard

Le 06/08/2015

« Taubira la débile»

Taubira propose une loi dépénalisant la conduite sans permis. A première lecture, et même à seconde lecture, l’idée parait complètement farfelue, et des hordes de boucliers se lèvent contre cette personne dont on peut dire beaucoup de choses désagréables mais qui a le mérite de réfléchir.

permis taubiraAlors, si, à notre tour, nous essayions aussi de réfléchir ?

Tout d’abord, de quoi s’agit-il

Aujourd’hui, la conduite sans permis est passible d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende. Madame Taubira propose que, lorsque les faits «seront constatés pour la première fois » et à l’exception « de certaines circonstances » (alcoolémie, pas de ceinture...), l’automobiliste ne devra plus s’acquitter que d’une amende de 500 euros, et il y a dépénalisation de la chose.

L’argument de Taubira est le suivant : Aujourd’hui, de toutes façons, les tribunaux ne prononcent jamais de prison et prononcent en moyenne 450 euros d’amende. C’est donc une manière simple de désengorger les tribunaux, tout en gagnant au passage un petit billet…

Donc, on peut valablement se demander pourquoi cette loi, que l’on peut taxer rapidement de stupide provoque un tel tollé ?

On pourrait dire à Taubira qu’en renforçant correctement les effectifs de justice, on pourrait appliquer plus sereinement la loi, mais par les temps de restrictions tous azimut, cela risque de rester un vœu pieu. Donc il convient de rester pragmatique.

La vraie réponse au pourquoi de ce tollé général ne se trouverait pas ailleurs que dans la logique, par exemple dans quelque chose que l'on retrouve dans les concours d’entrée aux grandes écoles, les bizutages et autres formes de sélection : L’heureux élu, celui qui a payé 3000 euros pour avoir son permis – une somme totalement déraisonnable au regard du but à atteindre - , ne se dirait il pas inconsciemment que puisque lui a payé le prix fort, il n’y a pas de raison pour que des rigolos puissent rouler avec seulement un risque de 500 euros : Celui qui a été bizuté bizute les autres, c’est bien connu…

Mais pour tous les amoureux de la vraie justice, comme ces parents malheureux d’enfants tués par des chauffards, ou d'autres victimes de la violence routière, dans le fond, ne devraient pas plutôt se réjouir que la justice se décide à consacrer son temps à traiter  réellement leur problème , et non à des tâches administratives ridicules qui après des mois de procédure, consistent à finalement appliquer une amende misérable ?

Et n'est ce pas finalement ce que Taubira propose avec cette loi décriée ?

La vraie justice, en tant que chose partagée par les citoyens,  n’est-elle pas que le temps du justiciable soit employé pour des choses qui en valent la peine ?

Alors, elle est vraiment aussi débile que cela, Taubira, ou ne serait-ce pas plutôt nous qui serions juste un peu limités dans nos analyses, avec cette incapacité de réflexion qui caractérise le jouet de ceux qui aiment à crier au loup ?

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10/07/2015

Savez vous pourquoi le Hall Saint-Martin, à Pontoise, est reservé exclusivement et depuis des décénies aux antillais pour la Saint Sylvestre ? C'est parce qu'ils sont partout !

Marcel Renard

Le 10/07/2015

« Tranche de vie à la Préfecture »

Au bureau de la commission médicale des permis de conduire, c’est jour d’affluence. On a bien reçu commandement de venir, assorti d’une théorie de papiers à fournir, mais il serait utopique de croire que l’heure planifiée reportée sur ledit ordre puisse avoir un quelconque rapport avec l’ordonnancement des choses.

En maitresse de cérémonie attentive, isolée du bon peuple dans sa cage de verre , une quadragénaire probablement antillaise organise ses dossiers dans une sérénité que le contraste avec l’empressement de ses gestes précis sur fond de cohue pare d’une cocasserie certaine.

Le petit bureau de la Commission Médicale dégueule d’assujettis jusque dans le couloir de la Préfecture.

Comme ils pourraient le faire dans n’importe quel temple hindou dédié à l’idolâtrie d’une déesse multi-membres, les processionnaires se présentent à tour de rôle au guignoloir de verre afin de déposer son obole à l’Administration : des liasses de papiers, des photos d’identité, un chèque de trente trois euros, des certificats, des doubles, des bilans médicaux, des attestations. L'Administration accepte tout, en  échange d'un petit sésame : le ticket qui donnera un numéro dans la file d'attente.

Cette activité humaine se dicte dans des jargons à la tournure bureaucratique absconde qui, ajoutés à la diversité lexicale de cette théorie de processionnaires donnent  une actualité évidente au mythe de la Tour de Babel en tant que châtiment divin à la dépravation humaine. On se parle beaucoup mais sans trop se comprendre.

Au guignoloir, on découpe, on feuillette des doubles carbonés, et l’on tamponne. L'on tamponne avec une conviction qui force le respect. Les reliefs de découpes blanches de photos d’identité perlent au sol comme autant de gouttes de cires de cierges imaginaires au pied du guichet-autel, tandis que la longueur de la file des processionnaires, en une sorte d’organisme vivant, s’étire ou se contracte au rythme de la complétude des doléances, lesquelles,  bien que pareilles, restent toutes différentes tant les options résultant de la combinaison des différentes cases à cocher des formulaires offrent de possibilités : Il manque toujours un papier, une photo, un examen et notre shiva s’acquitte dans une danse méthodique d’arbitrages parfois non négociables: Tantôt  le chaland se mettra en double file afin de compléter ses documents, tantôt il devra courir chez lui - s’il le peut - pour quérir les pièces demandées, tantôt il ne lui restera plus qu'à maudire le sort pour avoir à attendre trois mois pour un nouveau rendez-vous.

Alors que les aller-retour s’effectuent de la queue vers des toilettes d’où les processionnaires ressortent en exhibant le produit de leur miction comme s'ils portaient la Sainte Ampoule, c’est toute une population interlope, à la docilité et l’humeur variables, qui patiente derrière la ligne de confidentialité, garante de leur intimité.

Au plafond, accroché, un panneau informatique rappelle le numéro des élus - ceux qui ont passé le stade de l’obole et peuvent accéder au Médecin. Pour pallier un défaut d’affichage des numéros appelés, périodiquement la porte s’entr'ouvre laissant apparaître la tête du Médecin, de la bouche duquel jaillit un nom.

« Monsieur Martins »

Juste devant le Médecin, un homme rose et un peu freluquet se lève. Echange de dossier, salutations rapides et alors que le voici en partance pour le Sanctuaire Médical, au même moment, dans une synchronisation qui exclue le doute, plus loin de la porte, le type à ma gauche se lève. C’est un antillais me semble-t-il ou un africain. Il est noir. Il est costaud et respire l’urbanité.

« Vous aussi, vous vous appelez Monsieur Martins ? »

Il confirme, et cette situation nous fait éclater de rire.

Echanges de quelques mots, et je lui conseille d’aller se faire identifier en argumentant - d’un ton qui  doit sentir l’expérience- que dans ce genre de situation, il convient d’être circonspect. Je suis visiblement convainquant et notre homme va donc voir le Médecin qui est encore à accueillir Monsieur Martins et qui le rembarre, de manière très assurée :

« Pour l’instant, je m’occupe de M. Martins, je vous appellerai le moment venu».

Notre homme fait demi-tour, en me regardant écarte les deux bras en signe d'impuissance polie, puis vient se rassoir.

Je lève les yeux vers l’écran lumineux qui indique désespérément les mêmes numéros d’appel depuis deux heures. Sur le panneau,je repère en sa partie gauche un fac-similé de permis de conduire censé identifier le service dans lequel nous sommes. C’est naturellement un permis de conduire.

J’éclate de rire, et je me tourne vers mon voisin qui m’accompagne aussitôt dans mon humeur  :  

« Noirs ou blancs, décidément, vous autres, vous êtes partout ! »

lui dis-je en pointant du doigt le panneau lumineux au-dessus de nos têtes :

En effet, le permis de conduire qui est reproduit est au nom de … « M. Martin ».

 

22/06/2015

Fête des saint pères

Marcel Renard

Le Dimanche 21 Juin 2015

«Le bruit des roulettes»

Le bruit des roulettes de valise, cela peut évoquer pour certains les aéroports, les vacances, les grandes migrations et les joies du soleil.

Pour moi, c’est tout autre chose, car le dimanche, dès le début de l’après-midi, le goudron des voiries de la gare d’à côté de laquelle nous habitons amplifie ce murmure tranquille en une étrange et inquiétante rumeur.

C’est qu’à quelques dizaines de mètres de notre maison se situe également un établissement scolaire à la  réputation internationale, dont le pensionnat  se trouve être le dernier refuge de la progéniture d’une certaine population, hommes politiques occupés, hommes d’affaire  aux fortunes et activités diverses, toute une petite coterie dont le point commun doit trop souvent être un arbitrage drastique entre les affaires et la vie de famille.

Dès le milieu de l’après-midi du Dimanche, c’est un défilé régulier de jeunes gens en cravate réglementaire qui passe de l’autre côté de nos clôtures, tractant avec plus ou moins d’allant leur semaine dans leur valise, dont le ronronnement des roulettes se meut  en orchestration d’une attitude qui peine à masquer le peu d’entrain à retourner au pensionnat.

Certains n’ont pas la fortune de pouvoir retourner chez eux lors de long week end et nous les voyons, de notre maison, gesticulant à la fenêtre de leur chambre de l’autre côté de la rue, tentant par tous les moyens en leur possession de rentrer en contact avec un monde qui leur échappe.

Je suis avec mon épouse et mes trois enfants sur la terrasse à prendre l’apéritif, régulièrement ponctué de l’autre côté de la haie par ces vagues de bruissements de roulettes sur le bitume, dont le flux et le reflux est calé sur les mouvements des trains. Cela me fait de la peine pour tous ces gosses mis entre parenthèse par leurs parents, et je me dis qu’une éducation comme cela ne pourra jamais faire une société meilleure.

Cela fait mal au cœur.

D’autant plus mal qu’aujourd’hui, c’est la fête des pères.

08:30 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pontoise, saint martin, pensionnat, fête des pères, delsey | | |  Facebook

20/06/2015

Clotures

Winter

Le 19 Juin 2015

«Clôture durable, sente des garennes»

Le hasard fait parfois des choses curieuses. Il y a une vingtaine d’années, nous fêtions les  50 ans d’un ami. Et voici que je le retrouve au détour du marché pontoisien. Il habite avec sa famille pas très loin de chez moi, pas très loin de l’ancien commissariat de la ville. Nous nous retrouvons et nous fréquentons de nouveau comme si cette parenthèse de vingt ans n’avait pas existé.

L'autre soir, en me rendant chez eux, mon œil est attiré par un relief de pancarte d’artisan en clôture, accoché sur la grille à 1,60 du sol. Le petit panneau est là, sous mes yeux. On ne peut pas le louper. J’ai du passer devant des dizaines, des centaines de fois, je ne sais pas. Et pourtant, comme toutes les choses évidentes, je n’y avais jamais prêté gare.

C’est une pancarte qui date des années 60, avec une adresse à Frémécourt. Elle prend accroché au dernier coin qui lui reste. Je la redresse pour les besoins de la  photo.

Un petit geste qui, par ricochet, me fait observer la clôture.

Elle s'étend sur quelques dizaines de mètres. J’y suis passé devant pendant trente ans peut-être. Je n’y avais jamais fait attention. Mais qu’a-t-elle de particulier, cette clôture ?

En vérité, elle n’a absolument rien de particulier. Elle est d’une banalité affligeante. Et c’est précisément cela qui la rend unique.

Nichée en plein centre-ville de Pontoise, c’est une rescapée, un témoignage de toutes les clôtures qui existaient dans les années 1960 sur la commune et alentours.  Il y en avait partout lorsque j’étais gamin des clôtures de cette facture, une facture particulièrement simple : Des poteaux en acacia me semble-t-il - je ne sais plus exactement l’essence - taillés en pointe, et reliés par un simple fil de fer galvanisé mis de travers à trois endroits différents.

Voilà.

Quelque chose de tout simple. Il y en avait autour des pavillons aux cordeliers ; il y en avait au stade des cordeliers ; il y en avait dans la sente des bottées : On retrouvait le même type de clôture dans tous les chemins ; dans la sente saint denis ; vers le moulin rose, entourant les jardins, les potagers, les pavillons etc etc…

MWP_20150619_20_34_19_Pro[1].jpgodernisme oblige, la plupart de ces clôtures furent converties en grillage bon marché, lesquels, tombés en ruine au bout de dix ans furent souvent remplacé par des grilles ou d'autres grillages

Je regarde cette clôture. Elle a peut être plus d'un demi siècle. Quand bien des grillages métalliques plus modernes seraient déjà tombés en décrépitude, cette clôture pourtant visiblement jamais entretenue et bien que rongée par les vers, rime encore avec esthétique. La ligature d’acier est encore en place. C’est un modèle de produit durable.

On passe devant.

On ne la voit pas.

Témoignage discret d'une époque d'économie révolue, elle finit paisiblement sa vie , comme le petit âne de la chanson, toujours en rendant de bons et loyaux offices, dans l’indifférence générale…

14:53 | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook

 
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