UA-29881888-1

Avertir le modérateur

10/01/2018

Sahara Chiche, Weinstein, le harcellement, le féminisme et #BalanceTonPorc: Quel bordel, monseigneur

Marcel Renard

Le 10.01.2018

'Marcel m’harcelle, et je sens une colère froide sourdre de mes tripes et poindre"

Ce matin, sur France Culture, nous semble-t-il, nous avons entendu une interview de Sarah Chiche. Elle dénonce le tohu bohu qui est fait autour de l’affaire Weinstein, et met en avant un certain droit à provoquer.

Cette interview nous a fait réagir vigoureusement. Nous traduisons cette réaction par le présent billet.

Pourquoi ?

Car nous pensons que non seulement elle a raison, mais qu’elle ne va pas assez loin dans son raisonnement. Nous souhaitons développer notre point de vue et vous faire réagir.

Les rapports humains sont basés sur la séduction

Il serait sot de vouloir ignorer que les rapports humains sont basés sur la séduction. Dans un coin de la cervelle de tout être humain, il y a de coincé tout un tas de petits neurones qui activent toute une mécanique fort complexe, donc un des résultats en sortie est l’appétence a entreprendre sexuellement son prochain.

La finalité est-elle la satisfaction d’un désir immédiat ? Nous laissons à la psychanalyse le soin de répondre. De manière beaucoup plus terre-à-terre, nous considérons que la conscience de sa finitude développe chez l’homme cet instinct de survie, qui se traduit par des comportements de drague dont l’acceptabilité de la limite varie avec les temps et les mœurs.

Mais la philosophie n’étant pas la culture déterminante du monde contemporain, il serait vain de vouloir s’étendre davantage sur le sujet. Contentons-nous d’observer le résultat : Les abeilles se touchent les ailes en entrant et sortie de la ruche, et les humains les fesses.

L’arrivée du scandale Weinstein, après celui de DSK

L’affaire Weinstein : une actrice se plaint d’agression sexuelle de la part de Weinstein, notoriété du petit écran. Celui-ci, devenant l’objet ou plus exactement le sujet d’un scandale dont la mousse monte de jour et jour, se voit contraint de démissionner de son entreprise. Ainsi, celui qui faisait la pluie et le beau temps dans l’univers du cinéma se retrouve nu sur son trône.

Pendant que ce scandale s’écoule, ce sont plus de cent personnes qui viennent à se déclarer avoir été agressées par ce magna de la lanterne magique. Notons que cette affaire arrive après une autre, récente : Dominique Strauss Kahn, l’homme qui faillit être roi après s’être retrouvé les pieds et le reste pris dans le tapis d’une histoire glauque, vraie ou pas peu importe ce n’est pas le sujet, de viol.

Le directeur du FMI, qui aurait dû devenir Président Français si l’on croit la voix populaire, du laisser la place d’un côté à une femme particulièrement austère au FMI – Christine Lagarde - , de l’autre à un pantin – François Hollande - aux manettes de la France, ce dernier ayant auparavant fait tout ce qu’il fallait pour évincer du trône son épouse. Cette situation nous a finalement amenés à avoir Macron au pouvoir, dans un mouvement quasi général de disparition de l’offre politique française.

Weintein, se fait donc pincer la bave au coin de la joue. L’homme est ruiné, sa carrière foutue et le cercle de celles qui était autrefois ses groupies serviles devient un bureau de représentation des femmes victimes d’agressions sexuelles. Un mot clef digne des meilleures heures de l’occupation fait son apparition sur les réseaux sociaux : « Balance ton porc ». On en parle à la télévision, sur les chaines publiques et privée.

L’industrie du cinéma, de la mode

Mais voilà, à notre sens, il y a un petit problème. Tout le monde voudrait avoir un bon menuisier pour faire ses meubles. A quoi le reconnaitre : C’est facile disait ma grand’mère : en général, il lui manque un petit doigt. Car, comme disait nos aieux : « c’est le métier qui rentre ». Bien sûr, il ne faut pas encourager le coupage de doigts, et c’est pour cela que nous avons des «équipements de protection individuelle ». Mais lorsque l’on manipule des outils qui coupent, forcément à un moment on risque d’y laisser un petit peu de soi.

Il se trouve que l’industrie du cinéma repose (pas seulement mais pour une grande partie) sur la promotion du meurtre, du trafic de drogue, du sexe, de l’exhibition du corps, du voyeurisme. Il n’y a rien d’extraordinaire à cela : il en était de même aux début de la photographie ou à l’époque d’Ingre, comme aux début du minitel. C’est toujours la même histoire : La société des humains met en avant la promotion du sexe, sans doute pour les raisons que nous avons évoquées plus en avant et qui n’ont pas grand-chose à voir avec le sexe en tant que tel.

Il n’en reste pas moins que c’est un fait : la société de l’image met toujours en avant le corps. Cela fait des siècles que c’est comme cela.

Nous sommes persuadés qu’en cherchant un peu, nous pourrions trouver dans les grottes de Chauvet, de Lascaux ou d’autres lieux de villégiature de nos lointains ancêtres des représentations qui pourraient correspondre ce que l’on appellerait aujourd’hui de la pornographie. Du reste, lorsque l’on trouve des statuettes de déesses au ventre arrondi, que nos anthropologues le plus éminents classent assez pudiquement dans le patrimoine des «déesses de la fécondité », ne serions-nous pas sur la même démarche ? Idem pour toutes les représentations de phallus, abondantes dans la statuaire préhistorique. Sont-ce des objets de cultes ou des objets utilitaires ? Loin des théories de nos éminents savants, et nous appuyant sur une réflexion qui nous amène à penser que les fondamentaux de l’espèce humaine n’évoluent pas réellement, ou au moins pas à une vitesse dont la perception puisse être à notre échelle, nous sommes tentés de croire en face de chaque chose qui pose question que les explications les plus rationnelles sont souvent les plus plausibles.

Il résulte de tout cela que les stars et starlettes en herbe, pour accéder à l’emploi de leur vie, sont disposés à des concessions aux limites variablement acceptables, qu’on en juge par le nombre de femmes qui sont prêtes à se mutiler et sacrifier leurs vieux jours pour mettre en avant leurs poumons grâce à l’artifice de l’implant de prothèses mammaires, ou aux nombreux hommes qui ont accepté de sacrifier les-leurs sur l’autel de la vénération du cow-boy de Marlboro.

Alors, il apparait très curieux de voir ce petit monde pousser aujourd’hui des cris d’orfraie devant tous ces scandales à répétition.

Non que nous fassions la promotion de pratiques assurément détestables, mais il semble étonnant que tous celles et ceux qui hier ont acceptés pour le bénéfice de leur petit confort bourgeois des concessions qui – quels que soit l’époque, la situation, le moment – restent proprement inacceptables, aujourd’hui se retrouvant victimes d’un effet boomerang que nous jugeons tout aussi détestable n’aient pas suffisamment de cervelle pour pousser leur raisonnement jusque dans ses derniers retranchements

C’est une des raisons pour lesquelles nous avons apprécié l’intervention de Sarah Chiche.

Les femmes sont les victimes d’une société patriarcales

Mais il y a quelque chose d’extrêmement pervers dans cette agitation de foire qui est dans l’air du temps : En France, les femmes sont payées en moyenne 25% de moins que les hommes. Les femmes ne sont pas représentées dans les conseils d’administration des grandes entreprises. Nous n’avons pas encore eu – grâce à Hollande – de femme présidente de la République. Combien y a-t-il aujourd’hui de sénatrice ? de députée ? de mairesse dans les communes de plus de trente mille habitants ?

Pire encore : Depuis les années 70, la femme paye sa « libération » au prix fort : C’est elle qui porte le poids de la contraception ; C’est elle qui, rentrant le soir après une dure journée de labeur – car les femmes sont plus souvent dans des emplois moins qualifiés que les hommes – doit en plus s’occuper des gamins. Et au finale, son espérance de vie diminue.

Et enfin : Parmi les populations les plus précaires, qui retrouve-t-on ? Les femmes, encore une fois. Car le système est tellement bien fabriqué pour les exploiter que lorsque leur coquin de mari en a trouvé de plus jeunes pour les remplacer ces dernières ayant du s’arrêter pour élever les enfants n’ont pas de grands droits à la retraite – quand elle a la chance d’en avoir un peu ; pas de gros revenus ; et finalement se retrouvent dans la misère.

L’arbre qui cache la forêt

Alors oui, à nos yeux, l’affaire Weinstein n’en est pas une . Ce qui est scandaleux, c’est tout ce que nous venons de décrire. Et pendant que nos ami(e)s du cinéma se perdent en verbiage sur les réseaux sociaux entre les balançages de porc et autre délations de bas étage, dans une société ou la censure et l’autocensure n’ont jamais été aussi fortes et violentes, nous souhaiterions poser la question :

A QUI PROFITE LE CRIME

Au service d’une société capitaliste

Et encore une fois, il est patent que ceux qui agitent ces épouvantails ne sont pas les médias alternatifs, mais les grands médias, au service d’une bourgeoisie particulièrement pervers. Et pendant ce temps, parlons-nous des vrais problèmes ? de la sous-représentation des femmes ? de leur précarité grandissante ? de leur exploitation ?

ABSOLUMENT PAS.

Aussi, même si nous la jugeons timide, nous saluons l’initiative de Sarah Chiche. Nous reconnaissons que le mouvement issu de l’affaire Weinstein a eu un certain mérite. Mais nous encourageons Mme Chiche à aller plus loin et à ne pas laisser la scène médiatique se faire envahir par ce qui ne reste finalement qu’une manifestation d’un problème qui est largement plus complexe, vaste et conséquent et plus pervers, et ceci pas seulement pour la population féminine.

Vous avez le droit de me contredire, cela m'aidera à grandir...

09/12/2017

Lorsque la génération dont nous avons accouché communique....

Marcel Renard

Le 28/11/2017

«La communication»

Parce qu’il s’y croise de jour comme de nuit une population principalement interlope, les ramifications banlieusardes des réseaux ferrés français sont des perchoirs privilégiés pour l’observateur attentif aux détails de l’esprit humain.

En cette fin d’automne où les feuilles mortes apportent aux rails ces petits sursauts de plaisir qu’elles retirent au voyageur en quête de ponctualité, le chaland a commencé à se vêtir chaudement. Le terrorisme et ses colis suspects étant un alibi bon marché pour ramener à la portion congrue des coûts de fonctionnement toujours supposément de plus en plus insupportables à un actionnariat en quête de dividendes, il y a maintenant belle-lurette que la SNCF a abandonné l’envie-même de mettre à disposition de ce que l’on appelait autrefois des usagers, renommés en clients libéralise oblige, des filets à bagage.

sncf,ligne_h,banlieue,communicationAlors forcément, lorsque l’on doit enlever son écharpe, son chapeau, son paletot, mettre quelque part son sac, même loin des heures de pointe, dans l’exiguïté de l’espace qui, le temps de quelques stations au nom soliloqué au fil du fer par une voix dont seule la possible défectuosité d’un haut-parleur mal entretenu vient distraire la monotonie politiquement correcte, cela fait du remue-ménage.

Je suis confortablement installé sur la banquette d’une rame bombardier.

Lorsque ces voitures Z50000 apparurent sur le réseau d’ile de France il y a maintenant une quinzaine d’années, juste après la crise de 2008, cela donnait à nos déplacements urbains un côté un peu « Fièvre du samedi soir» en contraste avec l’austérité du moment : Des rames d’un seul tenant, de telle sorte que l’on peut voir se dérouler le sol en lino gris du début à la fin de l’habitacle  ; Grâce à l’absence de pied aux banquettes, cette continuité aurait permis au personnel de nettoyage, pour peu qu’on eut mis sa disposition des balais du bon calibre, de soulager de ses bordilles toute la rame d’un bout à l’autre en quelques minutes ; De la moquette de toutes les couleurs pour garnir des banquettes assez dures au prime abord, qui finalement se révéleront confortables ; Des lumières au plafond – au moins quatre cent par rame mais dont le dénombrement exacte est rendu ardu vu les multiples reflets dans les plastiques des garnitures - disposées dans ce qui peut sembler un savant désordre ; Des écrans de télévision – pas moins de dix-huit par rame – au cas où la loi se mettrait à permettre la vente de publicité à une clientèle captive, cible idéale; Et surtout, un jeu de lumière sur la plateforme, passant pendant la phase de roulage d’un dégradé de orange à bleu pour devenir blanc pétant lorsque s’ouvrent les portes : bref, tout un tas de gadgets à l’utilité discutable, mais auxquels on s’est finalement habitué.

En face de moi, est assise une jeune femme. La petite trentaine, sa mise assez populaire est illuminée par la graisseur discrète d'une coiffure dont les mèches viennent mourir à la façon des algues sur les plages bretonnes, par-dessus un col Claudine d’une époque révolue.

Son maquillage assorti aux tons de la banquette ainsi que sa denture dont être un avantage concurrentiel envié en province lors des concours de lancer de pépins de raisins lui confèrent un charme insolite mais bien réel.

Comme neuf voyageurs sur dix dans ces moments, elle est plongée dans l’écran de son téléphone intelligent, ou smart phone ainsi que l’on appelle ces petites boites à perdre son temps.

En gare, le train stoppe.

Un homme monte et vient pour s’assoir en mon vis-à-vis. Il est jeune, il est gai, il est beau. La trentaine lui aussi, il a cédé à l’ambiance du moment et se laisse pousser un collier de barbe façon Edouard Philippe. Il porte une paire de blue jeans, un blouson et une veste à la mode. Et des petites lunettes qui lui donnent un faux air de professeur, mais un vrai look d’adolescent attardé. Il est content, heureux de vivre, de voyager dans un train de banlieue et il sourit. Peut être la bague en or qu'il porte à l'annulaire gauche, bien trop brillante pour être en ancienne y est pour quelque chose. Bref, il sourit. A tout et à rien. A tout le monde et personne, à la cantonade : A gauche, A droite, aux vitres, à ses voisins, à ceux dont les yeux sont rivés sur leur téléphone.

Il faut un peu chaud dans le train, c’est normal : il y a du monde. Comptez environ quatre vingt watts par personne : à l’arrivée ça fait quelques calories ! Notre jeune homme déroule dans un mouvement ample du tour de son coup une large écharpe de tricot qui doit bien faire deux mètres de long. Laquelle vient mollement recouvrir l’écran de l’ordinateur posé sur mes genoux et qui me sert à taper le présent texte. Ceci sans qu’il y prête réellement attention tant la béatitude l’envahit. Puis il se sépare de son pardessus, en omettant toujours de considérer qu’éventuellement il peut ne pas être seul au monde. Et retire sa veste dont les pans atterrissent sur mes genoux sans qu’il n’en fasse plus de cas que cela. Il est à l’aise ; Sourit ; Aime l’humanité. 

Son effeuillage achevé, dans un geste généreux du bras gauche, il abaisse le strapontin dans son dos, puis s’installe mollement non sans avoir pris soin de son bras resté disponible de déverser sa théorie de linges sur ses genoux ; Il tourne la tête vers sa voisine. Puis s’engage, par le truchement d’un sourire légèrement niais, un authentique moment de partage émotionnel.

J’essaie de mon concentrer sur le clavier de mon ordinateur redevenu disponible.

Le jeune homme, qui dépasse d’une bonne dizaine de centimètre sa voisine, prend son téléphone sur lequel il se met à regarder des choses dont l’intérêt relatif l’amène à jeter périodiquement sur sa droite des regards d’abords furtifs puis de plus en plus insistants en direction du téléphone que sa compagne d’aventure est en train de manipuler.

C’est à ce moment que se produit le drame.

Sans doute distrait par l’écran de sa compagne de l'heure, son téléphone lui échappe des mains et choit violemment sur un de ses coins, situation ô combien périlleuse pour ses petits objets fragiles; La jeune fille esquisse un geste pour le ramasser mais lui, avec la vigueur que lui confère la jeunesse, est déjà debout, se baisse, ramasse le téléphone qui dans la course inexorable est allé là où va toute chose qui tombe. Il constate après un examen attentif et une satisfaction émaillée de fierté, comme s’il avait été lui-même à la fois le maitre de la gravité et le concepteur de ce petit bijou technologique, que son téléphone a résisté. Toujours aussi vivement, il les redresse alors et lance à l'endroit de sa voisine un sourire satisfait :

« Il est solide, n’est-ce pas ! »

Ce rapide échange donne prétexte à notre jeune banlieusard pour engager une conversation, ce qui nécessite de se rassoir, nécessité  qu'il met en œuvre avec la même célérité dont il a précédemment usé et qui a entrainé son téléphone depuis le haut vers le bas.

Tout aurait été parfait si notre homme dans sa précipitation juvénile n’avait oublié qu’il était assis sur un strapontin, lequel profita vivement du mouvement de libération providentielle de son dernier occupant pour procéder à un mouvement en sens inverse, de la sorte que, suivant la même loi dont avait été victime quelque secondes auparavant son téléphone, notre héro se retrouve dans une position assez cocasse, à l’endroit même où il avait récupéré son bien. Avec en plus tout un tas de vêtements en vrac sur la tête.

Pour autant ridicule la situation puisse paraître, cela ne semble pas perturber plus que cela notre jeune homme qui se rassied en souriant aux fenêtres et continue sa moue indifférente à l’endroit des mouches de la voiture.

Puis, comme s’il ne s’était rien passé, il regarde avec insistance l’écran de sa voisine

« C’est à quoi que vous jouez, ça à l’air marrant ? »

La jeune fille :

« Candy Crush, oui, c’est rigolo »

Assurément, notre jeune homme semble ravi d’ajouter à son bagage culturel la découverte avec une dizaine d’années de retard sur ses semblables ce jeu vidéo, référence des jeux stupides depuis bientôt sept ans : Il s’agit sans doute d’un des jeux les plus stupides qui soient, où le seul intérêt est de perdre le temps précieux que le seigneur dans sa grande bonté nous a accordé sur terre pour agencer des piles de petites pastilles multicolores, autant dire une attraction particulièrement créative, assez facile pour être à la portée du premier abruti venu et suffisamment compliquée pour qu’il puisse y passer des mois entiers.

« ça doit être amusant », continue-t-il.

Un murmure d’acquiescement échappe de la ventilation de la denture de la jeune fille qui à travers réponse évasive, levant brièvement ses yeux éventés, continue à jouer en tout ébauchant un sourire poli (les jeunes peuvent faire plusieurs choses à la fois)

Le jeune homme, toujours le regard plongé de manière assez peu urbaine dans l’écran de sa voisine, insiste, visiblement intéressé par cette découverte qui va sans doute révolutionner le reste de ses jours.

« Ce sont les couleurs normales, ou vous pouvez les changer ? »

(Une allusion aux pastilles fluo, très addictives.)

« Non, c’est normal »

Le voyage se poursuit ; La jeune fille continue à jouer et le jeune homme à plonger son regard sur l’écran de la jeune fille, avec un sourire béat.

Le train arrive en gare. Notre ami se lève, renfile ses atours avec la même délicatesse que lors de son installation, toujours le sourire aux lèvres. Quitte, la banquette. La jeune fille continue de jouer, les yeux rivés sur son téléphone. Il rejoint la plate-forme puis quitte le train sans même la regarder. Elle, est toujours plongée dans son jeu.

Sans doute ne se reverront-ils jamais.

Ils ne se faisaient que des politesses.

Rien de plus.

12:04 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sncf, ligne_h, banlieue, communication | | |  Facebook

22/08/2015

Jeannot Lapin naquit à l'âge de 5 ans

Marcel Renard

Le 22/08/2015

« Version familiale, apprentissage des li-ai-sons»

Jeannot Lapin naquît-a l'âge de 5 ans.

Ses parents, ses h'amis, voyant qu'il était doué pour la musiqueuuh'

l'envoyèrent rheu dans les h'Alpes

En chemin, Jeannot  lapin eu faim

il frappa-t-a la porteuh d'une'neuh aubergeuh-et demandat qu'on lui fit-t-a-manger.

"j'ai du pain, j'ai du vin, j'ai des h'oeufs (pononcez dé eu), (...silence lourd de sens... )

Hum, ça est bon, ça, les h'oeufs" (lé eu)

On lui fit-t-une omelette au lard

Mais il s'étrangla avec uneheu arrêtheu.

Et sur sa tombe on inscriva (oui, c'est bien on inscriva)

Ici gît jeannot lapin qui naquit-t-a l'âge de 5 ans

(etc...)

 

16:08 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jeannot lapin naquit à l'age de | | |  Facebook

28/08/2013

Putain d'camion

 Les urbanitasmagories de  Marcel Renard

le  26 Août 2013

 «Mon cœur saigne».

Putain d’camion

Fred remercié, voici que le camion explose.

Jamy continuera, sans son binôme.

Comme si un chandelier pouvait éclairer pareil avec une seule branche.

« C’est pas sorcier » : exit… On en aura tellement appris en vingt ans d’émission. Si mon fils dans quelques jours va être confronté au lycée à son premier cours de physique, ses premières élèves, c’est que le camion y est pour au moins autant que le furent ses meilleurs profs.

Cela, ça n’a pas de prix.

Enfin pour moi… pour toi aussi, petit homme, qui aura peut être un jour mon fiston comme prof… car se sera un bon prof, tu peux me faire confiance ; il saura te faire découvrir la matière, le monde dans ce qu’il a de plus intime, ses lois, ses interactions pour ton plus grand bonheur.

Peut être aussi pour toi, chef d’entreprise, qui devra recruter un ingénieur aguerri pour faire de la veille technologique.c'estpascorcier, pontoise

Ou pour toi, sénateur, député, qui devra t’entourer d’un « sachant » pour décrypter le monde de tes électeurs.

Mais ce prix visiblement est trop élevé pour un monde de la communication dont l’objectif est de promouvoir Nabila sur Einstein : Nous sommes dans un univers de lessiviers qui ne comprennent pas qu’à transformer le monde en liquidité, le concept de tension superficielle va nécessairement migrer de la boule de lessive vers la sphère du politique.

Cela n’est bon pour personne.

Enfin. On aura eu vingt ans de plaisir, de découverte, de surprises, d’ amusement, d’étonnement.

Cela finalement, ça n’a pas de prix. Merci aux camionneurs !

22/04/2012

1er tour : la gueule de bois

http://www.mai2012.fr/.

Winter, le Dimanche 22 Avril 2012 à 18h38

«Le poids des élections».

Tout le monde se demande quel est le poids de cette élection.

Heureusement, votre serviteur a calculé la réponse. C’est entre 214 et 285 milliers de tonnes.

C'est en effet le poids de pâte à papier qu'il faut pour imprimer 2 jeux des 10 petits bulletins que vous avez (ou non) utilisés. Cela fait entre 2 000 et 5 000 hectares de forêt. étonnant, non ? C'est normal que certains aient un peu la gueule de bois. Ce qui est rassurant, c'est qu'au deuxième tour, il ne faudra qu'en 400 et 1000 hectares de foret, vu qu'il n'y aura que deux compétiteurs.

Etonnant, non ?

Détail du calcul

 

  mini maxi  
Grammage (réglementaire) 0,06 0,08 kg/m2
nb de bulletins de vote dans une feuille A4 4,00 4,00 unités
Taille d'une feuille A4 0,21 0,30 metre
surface 0,06 0,06 metre 2
nb de feuilles dans 1 metre carré 16,03 16,03  
poids d'une feuille 0,96 1,28 kg
poids d'une feuille 0,000962001 0,001282668 tonne
nb d'électeurs 44 500 000,00 44 500 000,00 unités
nb de candidats 10,00 10,00 unités
nb de jeux utilisés 2,00 2,00 unités
nb de bulletins de votes utilisés 890 000 000,00 890 000 000,00 unités
nb de feuilles A4 utilisées 222 500 000,00 222 500 000,00 unités
poids total 214 045,21 285 393,62 tonnes
nb d'arbres pour une tonne de papier 15,00 15,00 unités
nb d'arbres à l'hectare 800,00 800,00 unités
nb d'hectares de foret 4 013,35 5 351,13 hectares
nb d'arbres à l'hectare 1 500,00 1 500,00 unités
nb d'hectares de foret 2 140,45 2 853,94 hectares


07/04/2012

Les vrais clients du service public.

http://www.mai2012.fr/.

Winter, le 7 avril  2012

 « La gare St Lazare».

Après 10 ans  de travaux, la gare St Lazare est désormais magnifique.

Merci à la SNCF qui prouve ainsi qu’elle investit pour les usagers, ou, comme elle les appelle, ses « clients ».

1673117_3_a872_la-gare-saint-lazare-a-paris-a-ete-renovee_ab481facb08ff71832afafd1b8328d61.jpgMais qui sont les « clients » de la SNCF ? Sont-ce vraiment les « usagers » ?

Chantier de la gare St Lazare : 250 millions d’euros de travaux. 450 000 usagers par jour. La dernière rénovation date de 1930, soit pas bien loin d’un siècle, ou, dit d’une autre manière: trois générations de voyageurs …

Rapporté à la personne transporté, avec un amortissement industriel dont durée s’exprime en dizaines d’années, l’investissement est totalement nul. Le profit, lui, sera colossal pour la société Klépierre (filiale de BNP Paribas), qui a obtenu pour 40 ans la gestion des 80 boutiques. Et l'on notera au passage qu’alors qu'à la gare, les peintures ne sont pas encore sèches, Klépierre, vient juste, afin de permettre à la BNP de respecter les accords de Bâle III qui concernent la régulation des activités à risque des banques, de céder pas loin d’un tiers de son capital (28,7%) à la tentaculaire SPG : Simon Property Group, une gigantesque société américaine de gestion immobilière. (On comprend que 80 boutiques, en plein centre ville, avec une zone de chalandise qui concerne tous les jours 450 000 clients, ce n'est pas exactement ce qu'on appelle une activité à risque...)

Le Cœur St Lazare se veut la vitrine du développement de la SNCF.  En vérité, le tour de passe-passe de BNP Paribas démontre qu’au lieu de retourner aux usagers de la SNCF, les profits de cette grosse opération immobilière serviront, une fois de plus, mais comme bien souvent dans une France quipontoise,houillon,sncf,guillaume pépy,rénovation de la gare st lazare,sondages,calendrier,ump,mai 2012,services publics,transports,élections présidentielles,victoire de sarkozy,victoire de mélenchon,victoire de hollande,europe ecologie,eva joly réserve la retraite par capitalisation aux seuls fonctionnaires (Prefond retraite...), à alimenter les retraites des américains, qui sont en définitive les seuls et vrais clients de la SNCF. Pour s'en assurer, il suffit d'examiner les cours de l'action du SPG, le Simon Group Property.

Et pendant ce temps, pour l’usager, le prix du passe Navigo grimpe toujours en flèche. Dans ma belle ville de Pontoise, les escalators de la gare sont en panne depuis dix ans. La passerelle qui en enjambe les onze voies est en ruine. Assez logiquement dans un monde où l’usager paie tandis que  le client profite, les seuls espaces soigneusement entretenus en sont les panneaux publicitaires, les caméras de surveillance et les machines qui permettent de valider les coupons de transport. Paradoxe suprême de la société libérale prônée par Notre Bon Suzerain, même les machines servant au voyageur racketté à s'acquitter de sa dîme ne sont pas entretenues avec le soin qu’il conviendrait !

PICT0016.JPGEn 1937, il y avait 42 700 kilomètres de voies ferrées. On en compte plus de 25% de moins 75 ans plus tard !  Ce sont toutes ces voies que vous pouvez voir à l’abandon un peu partout  au cœur de nos villages, dans nos campagnes, mais aussi parfois en plein centre ville, engluées dans le macadam d’une société du pétrole pas cher qui a privilégié le bitume au chemin de fer….

 C’est cela, la réalité du développement de la SNCF, pas la vitrine de la Gare St Lazare.

 

Ca va mal finir....

 http://www.mai2012.fr/.

 Winter, le 1er Avril 2012

  « Ca va mal finir…».

 Chacun l’aura compris, les chiffres fournis par les hommes politiques sont souvent farfulus, la plupart ne sachant pas compter. Ainsi, Xavier Bertrand nous apprend ce matin qu’un militant UMP peut être fier du bilan de Nicolas Sarkozy.

 La base de données EUROSTAT, qui reprend tous les indicateurs européens, est en accès libre sur le net.

 Petite analyse rapide sur quelques indicateurs choisis, au sein de l’Europe des 27:

 Chômage de longue durée  de 2007 à 2010 :

  Europe : 3,2% France , 3,4% Roumanie  2,6% 

 La France est dans le milieu du peloton

 Chômage des 15/25 ans sur les dix derniers mois

 Europe : 9,84% France 9,78% . Roumanie 7,42%

 La France est au milieu du peloton

 Chômage total sur les dix derniers mois:

  Europe : 9,84 % France 9,84 % Roumanie  7,42% 

 La France est dans le milieu du peloton

 Un indicateur très intéressant, c’est le taux de risque de pauvreté : sans rentrer dans le détail de son calcul, il nous indique si on risque d’aller mieux ou moins bien…

 Entre 2005 et 2010, ce taux est resté stable dans toute l’Europe.

 Il est en forte diminution en Roumanie

 Depuis 2008, en France il en augmentation significative et constante.

 Quoi qu’en pense Xavier Bertrand, il faut comprendre cet indicateur de la manière suivante : « Depuis 2008, cela va plutôt assez mal en France. »

 Tous ces indicateurs sont en consultation libre : on peut les télécharger sur internet http://epp.eurostat.ec.europa.eu/portal/page/portal/stati...)

  On peut continuer comme cela sur tous les indicateurs majeurs. On peut les mettre simplement sous excel et réfléchir dessus, faire des moyennes, calculer des tendances : Ce n’est pas très compliqué, c’est même à la portée d’un Xavier Bertrand. Et on aurait tort de se gêner. On se dit alors que – qui que ce soit qui soit élu – rien ne risque d’être pire qu’une nouvelle mandature de Sarkozy.

 On se dit aussi qu’il est formidable qu’une institution comme l’Europe permette de mettre à disposition de ses citoyens de réels éléments de décision.

 Sarkozy, lorsqu’il s’ était présenté, avait fait un programme axé sur 15 points, que l’on peut l’apprécier diversement, selon qu’on a voté ou non pour lui, mais qui avait le mérite d’être une feuille de route. Sur aucun de ces points il n’a tenu parole. Il ne tiendra pas d’avantage parole sur toutes les promesses qu’il est en train de faire.

 Toutefois, ceci n’est pas gravissime, car comme nous l’avait justement dit Chirac, les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

 Non, ce qui est gravissime, c’est l’entreprise quasiment terroriste de casse du lien social et de sanctuarisation des communautarismes que Nicolas Sarkozy a entretenue, développée et  systématisée depuis le début de son mandat et dont il est en train d’accélérer le mouvement, avec une fougue hystérique. C’est très exactement le contraire de ce que l’on attend d’un capitaine de navire en période de tempête, d’où que vienne le gros temps.

  « Ca va mal finir », avait prédit François Léotard, que l’on ne peut sans doute pas qualifier l’abruti. Le bougre avait sans doute raison…

 

17/11/2011

Loin des fasts du Fouquet's, petite leçon de vie à usage des riches et bien-portants.

 http://www.mai2012.fr/

 Winter, le 17 Novembre 2011

 De bon matin, place Stalingrad. Je vais au turbin. Sur la place, de loin, un grand black, le pas assuré et le regard hirsute, s’avance vers moi. On les reconnait de loin, les sdf. Je sais qu’il va me démarrer ma journée en me tapant un euro, un ticket restau ou une cigarette… De temps en temps, ça va, mais au quotidien, cela devient fatiguant. J’ai pris l’habitude d’anticiper. Une fois à ma hauteur, avant même d’attendre le début de sa phrase :

 -       « Bonjour, vous z’auriez pas une cigarette ».

 Je sais, ce n’est pas drôle, c’est facile de renverser les situations, surtout pour un nanti,  mais ça défoule. Surtout que je ne fume pas.

 Le zigomar, surpris, mais qui ne se démonte pas - c'est son job, de quêter... :

 -       « Bonjour, je suis à la rue. Mon seul moyen de survie, c’est de faire la manche » (etc etc…) la musique est toujours la même, on finit par connaitre la chanson.  

 Je coupe rapidement court à son monologue :

 -       « Hélas non, j’ai pas une thune. Tous les soirs lorsque je rentre à la maison, les gosses me demandent la même chose, mais j’ai vraiment rien, que des dettes… »

 Le type me regarde, vraiment effrayé. Je dois avoir l’air convainquant malgré les piécettes qui tintinnabullent au fond de ma poche, et qui pourraient lui faire un petit déj copieux :

 -       « Ah bon ? Pour la cigarette, j’ai que celle là, prenez la si vous voulez… »

 (Il me tend son mégot fumant, à peine entamé)

 Un  peu prix au dépourvu, je réponds la première phrase qui me passe par la tête :

 -       « Merci, c’est gentil, mais non, c’est pour ramener à ma femme ».

 On se quitte gentiment, lui hébété, repartant vers un autre chaland,  et moi, très con, m’en allant à mon travail.

 Voila : Même en temps de crise, le type qui n’a rien a quand même quelque chose à donner à celui qui a largement plus que lui.

 Petite leçon de vie pour démarrer la journée…

 

11/11/2011

Le nouveau train de crise de la ligne H

 «Train de crise»

 http://www.mai2012.fr/

 Winter, le 10 Novembre 2011

 voiture.JPGDès potron minet, comme tous les matins, je cours prendre mon train sur la passerelle SNCF en ruine. Il fait matin. On y voit clair grâce à Giscard et à son heure d’hiver, plutôt que grâce à Jean Paul Huchon,  le président du Syndicat Intercommunal des Transports Ferroviaires d’Ile de France. Ce soir en rentrant, je prendrai le point de vue de Gilbert Montagné, car cela fait des années que les réverbères de la passerelle de ma gare sont hors service. Dans la nuit, je prendrai gare à ne pas tenter de me tenir à la rambarde, sous peine d’attraper le tetanos. Je laisse de côté les escalators et leurs savoureuses pancartes «Installation hors service. Merci de votre compréhension» qui doivent avoir maintenant plus de dix ans. J’évite les paquets de « 20 minutes » en train de moisir sur le quai, et j’attrape mon train.

 Ô Surprise, je découvre les nouvelles voitures SNCF de la ligne H. C'est un peu de ma région que j'ai sous les yeux puisqu'une des prérogatives essentielles de cet organisme, c'est l'organisation des transports en ile de France.

 Même surprise pour tous les travailleurs qui - encores endormis - mettent un pied dans cette nouvelle voiture, et hésitent en rentrant, tournant la tête à gauche puis à droite : Ce n’est plus un train, c’est une boite de nuit ou un supermarché, on ne sait pas trop dire.

Conçues d’un seul tronçon, d'un bout à l'autre du train, avec des surfaces vitrées tellement énormes qu’elles n’autoriseront pas la moindre panne de climatiseur en plein été, elles représentent une débauche étonnante d’innovations luxueuses. …. Des écrans permettant de projeter de la pub (toujours elle, ils ne peuvent pas s’en passer). Des plafonds lumineux qui changent de couleur accueillent le voyageur. Les caméras sont en bonne place pour surveiller le chaland. Le nombre de place a été réduit, au profit d’un espace debout plus confortable…  Une bétaillère de luxe, en somme… qui nécessitera des coûts de maintenance sans doute significatifs, car il faudra bien maintenir toutes ces lampes, ces caméras, ces écrans, ces vitres…

Les commentaires des voyageurs sont élogieux. Mais beaucoup sont assez sarcastiques . « On préférerait que les trains soient à l’heure ».  Commentaire de ma voisine de voyage, qui semble assez modeste  : « c’est marrant, on dirait comme un train ». Je ne comprends pas ce qu’elle veut dire, mais elle à l’air de savoir précisément à quoi elle pense.

En pleine période de crise, et même s’il faut tenir compte du fait qu’il s’agit d’un investissement sur plusieurs dizaines d’années, il y a quelque chose de complètement incongru voire démagogique dans cette débauche de luxe, lorsque les efforts les plus essentiels ne sont pas menés pour les entretiens le plus élémentaires des infrastructures.

 

P230208_15.00[01].JPGOn retour, ce soir, je rentrerai dans mon train gris, qui doit avoir une cinquantaine d’années, qui n’a ni climatisation ni lumière, mais quand même des toilettes.

 Je repasserai sur ma passerelle pontoisienne – élément architectural névralgique dans l’organisation de la circulation  verte entre Cergy , une ville de 60 000 habitant et Pontoise, 30 000 âmes, disante de deux kilomètres seulement, qui va voir sa population de l'autre coté de la passerelle en ruine depuis des dizaines d'années s'augmenter de 6500 personnes dans les dix ans à venir,  sans lumière, sans aucun entretien au motif, nous a expliqué notre maire Philippe Houillon, qu’on ne sait pas qui en est le propriétaire. (sic) Plus prosaïquement, les pontoisiens sont sans doute les otages d’une guerre intestine entre le STIF, piloté par Jean Paul Huchon, PS, Réseau Ferrés de France et la municipalité de gauche de cergy pilotée par dominique Lefebvre, PS, et celle de droite de Pontoise pilotée par Philippe Houillon, UMP. C’est ce qu’on appelle la démocratie locale.

 

09/10/2011

Apple, la pomme et le crabe

Winter, le 9 Octobre  2011

www.mai2012.fr

«Steeve Jobs , la pomme et le crabe»

Tout le monde s’émeut de la mort de Steeve Jobs, l’infatigable fondateur d’Apple. Pas moi.

Il laisse une entreprise dont la capitalisation boursière est la deuxième du monde, après Exxon.

Mais à y regarder de près, cette entreprise est loin d’être un modèle. Ou plutôt si, c’est très exactement le modèle de ce qui a précipité notre XXeme siècle dans la désolation : Que l’on comprenne plutôt :

Le modèle de Steeve Jobs est un modèle propriétaire : Scotcher le chaland, voila quelle a été sa technique. Coller le numéro de carte bleue a l’iPhone. Faire en sorte qu’une fois approché, le consommateur reste accroché… Quelqu’un a décrit l’iPhone comme une sorte de minitel qui aurait marché… On ne peut mieux dire.

Apple, c’est 300 Milliards de dollars de capitalisation boursière, une chiffre d’affaire de 22 milliards de dollars pour moins de 50 000 salariés, et des bénéfices qui explosent littéralement. Comment est ce possible avec si peu de monde  ?

C’est qu’Apple n’est pas une entreprise comme les autres. Le fonctionnement relève plutôt de celui d’une secte dont Steeve Jobs aurait été le gourou. Apple ne possède rien, ne fabrique rien, ne possède pas d’usine en propre : Tout est sous-traité en Chine dans des conditions qui ressemblent plus à de l’esclavage qu’à du travail…

Foxconn, le plus important sous-traitant d’Apple, reconnait faire travailler des enfants ;  Pas de sécurité sociale ; 6 travailleurs par chambre, taillables et corvéables à merci. 30% des sous traitant d’Apple ne paient pas leurs employés au minimum du salaire légal, et travaillent largement au-delà des soixante heures hebdomadaires légales…Un petit article ici relate les méthodes de Foxconn.

Apple, C’est tres exactement le modèle économique qui conduit un pays dans le mur. Steeve Jobs restera dans l’histoire comme une sorte de mégalomane  qui a réinventé l’esclavagisme, et exporté son travail en Chine : nous sommes tres loin du génie.

Vu comme cela, on peut remercier le cancer d’avoir emporté Steeve Jobs aussi tôt : Il y a bien une justice divine…

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu