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11/11/2011

Le nouveau train de crise de la ligne H

 «Train de crise»

 http://www.mai2012.fr/

 Winter, le 10 Novembre 2011

 voiture.JPGDès potron minet, comme tous les matins, je cours prendre mon train sur la passerelle SNCF en ruine. Il fait matin. On y voit clair grâce à Giscard et à son heure d’hiver, plutôt que grâce à Jean Paul Huchon,  le président du Syndicat Intercommunal des Transports Ferroviaires d’Ile de France. Ce soir en rentrant, je prendrai le point de vue de Gilbert Montagné, car cela fait des années que les réverbères de la passerelle de ma gare sont hors service. Dans la nuit, je prendrai gare à ne pas tenter de me tenir à la rambarde, sous peine d’attraper le tetanos. Je laisse de côté les escalators et leurs savoureuses pancartes «Installation hors service. Merci de votre compréhension» qui doivent avoir maintenant plus de dix ans. J’évite les paquets de « 20 minutes » en train de moisir sur le quai, et j’attrape mon train.

 Ô Surprise, je découvre les nouvelles voitures SNCF de la ligne H. C'est un peu de ma région que j'ai sous les yeux puisqu'une des prérogatives essentielles de cet organisme, c'est l'organisation des transports en ile de France.

 Même surprise pour tous les travailleurs qui - encores endormis - mettent un pied dans cette nouvelle voiture, et hésitent en rentrant, tournant la tête à gauche puis à droite : Ce n’est plus un train, c’est une boite de nuit ou un supermarché, on ne sait pas trop dire.

Conçues d’un seul tronçon, d'un bout à l'autre du train, avec des surfaces vitrées tellement énormes qu’elles n’autoriseront pas la moindre panne de climatiseur en plein été, elles représentent une débauche étonnante d’innovations luxueuses. …. Des écrans permettant de projeter de la pub (toujours elle, ils ne peuvent pas s’en passer). Des plafonds lumineux qui changent de couleur accueillent le voyageur. Les caméras sont en bonne place pour surveiller le chaland. Le nombre de place a été réduit, au profit d’un espace debout plus confortable…  Une bétaillère de luxe, en somme… qui nécessitera des coûts de maintenance sans doute significatifs, car il faudra bien maintenir toutes ces lampes, ces caméras, ces écrans, ces vitres…

Les commentaires des voyageurs sont élogieux. Mais beaucoup sont assez sarcastiques . « On préférerait que les trains soient à l’heure ».  Commentaire de ma voisine de voyage, qui semble assez modeste  : « c’est marrant, on dirait comme un train ». Je ne comprends pas ce qu’elle veut dire, mais elle à l’air de savoir précisément à quoi elle pense.

En pleine période de crise, et même s’il faut tenir compte du fait qu’il s’agit d’un investissement sur plusieurs dizaines d’années, il y a quelque chose de complètement incongru voire démagogique dans cette débauche de luxe, lorsque les efforts les plus essentiels ne sont pas menés pour les entretiens le plus élémentaires des infrastructures.

 

P230208_15.00[01].JPGOn retour, ce soir, je rentrerai dans mon train gris, qui doit avoir une cinquantaine d’années, qui n’a ni climatisation ni lumière, mais quand même des toilettes.

 Je repasserai sur ma passerelle pontoisienne – élément architectural névralgique dans l’organisation de la circulation  verte entre Cergy , une ville de 60 000 habitant et Pontoise, 30 000 âmes, disante de deux kilomètres seulement, qui va voir sa population de l'autre coté de la passerelle en ruine depuis des dizaines d'années s'augmenter de 6500 personnes dans les dix ans à venir,  sans lumière, sans aucun entretien au motif, nous a expliqué notre maire Philippe Houillon, qu’on ne sait pas qui en est le propriétaire. (sic) Plus prosaïquement, les pontoisiens sont sans doute les otages d’une guerre intestine entre le STIF, piloté par Jean Paul Huchon, PS, Réseau Ferrés de France et la municipalité de gauche de cergy pilotée par dominique Lefebvre, PS, et celle de droite de Pontoise pilotée par Philippe Houillon, UMP. C’est ce qu’on appelle la démocratie locale.

 

12/10/2011

Nucléaire en centre ville : les silences de la SNCF

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Winter, le Vendredi 12  Octobre 2011

 «des rayons dans l’arrière train »

Voici 20 jours que je prends tous les jours un train qui m’emmène dès potron-minet de Pontoise à la gare du Nord, et ce matin même, au petit déjeuner, je m’extasiais devant la régularité des trains : sur 20 voyages, un seul retard… Mais voici qu’au retour pour mon domicile,  mes statistiques brutalement s’effondrent et qu’il me faut relativiser : Plus de train sur la ligne H, plus de train sur la ligne J plus de train sur le RER B plus de train sur le RER D. Le bazar le plus complet règne en gare du Nord, assorti d'une cohu indescriptible dans les souterrains d'accès adjacents, heureusement ponctuée des habituelles annonces incipides de la SNCF («merci de votre compréhension»)

Puis un petit texto d’un ami : « rentres pas St Lazare, je suis bloqué depuis deux heures en gare d’ermont… », que je reçois alors que j’étais déjà en gare du Nord.

Je comprends vite que le système D doit prévaloir… Je prends le RER E et file directement en gare St Lazare.. Des messages informent qu’une panne informatique perturbe la circulation des trains…Nos ingénieurs seraient aussi mauvais que cela ?

A St Lazare… point de train pour Pontoise dans des conditions acceptables, c'est à dire dans un délai raisonnable, et dans lequel on puisse monter sans risquer d'y laisser sa vie...

Je me rabats sur Cergy (j'ai la chance d'avoir de multiples possibilités pour, une fois ma vie gagnée, regagner mon foyer...)

Sur une banquette,  un vieux journal de « métro » délaissé et frippé ne demande qu’à se faire prendre ; j’en saisis l’occasion, découvrant ainsi qu’un convoi de déchets hautement radioactifs devait emprunter en début de soirée, une portion du RER (hé oui, en plein centre ville…), donc précisément à l’heure et à l’endroit où « les problèmes informatiques » ont généré des « perturbations »…( «Merci de votre etc...»)

Il ne fait pas être grand clair pour comprendre que ceci est directement lié à cette pagaille monstre...

1)    Soit  la SNCF dont on connait depuis la deuxième guerre mondiale le côté "Collabo" a bloqué le trafic pour laisser passer ces convois

2)    Soit Sud rail a exercé son droit de retrait

3)    Soit des activistes ont réalisé des sabotages ou des actions d'entrave, de l’intérieur de la SNCF, comme par exemple sur le système informatique, ou de l’extérieur 

Voilà. Je ne pense pas qu'une autre explication puisse être raisonnable. Ce qui est irritant, c'est que tout ceci se passe dans l'ombre, sans transparence, et surtout en se foutant ouvertement  des "usagers" qu'on appelle "clients"  que lorsqu'ils paient leur abonnement de transport...  Il faut dire que ce n'est pas tres rassurant de savoir  qu'en pleine seine saint denis, un train rempli de déchets hautement dangereux et radioactifs a stationné plusieurs heures au milieu des gens...Le train est passé, mais si cela vous amuse, vous pouvez reconstituer son parcours avec un simple compteur geger, vendu sur intervet pour quelques dizaines de dollars...

 

 

 

S'il ne fallait qu'une raison pour montrer l'hérésie de la filière nucléaire, celle ci en serait une excellente.

plus d'info dans ce petit article  de Mediapart

30/09/2011

lorsque la région abandonne les infrastructures

 

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Winter, le 30 Septembre 2011

 «De la bonne gestion des fonds publics»

La gare de ma petite ville de Pontoise  - ville labellisée d'art et d'histoire - voit passer chaque jours des milliers de voyageurs. En effet, elle est reliée à Paris Nord, St Lazare, Creil, et au RER A.

Malgré l’augmentation inexorable du prix du coupon Navigo, elle est depuis des années dans un état de délabrement la faisant rivaliser avec certaines gares de pays du tiers monde ; la promesse affichée des réparations les plus élémentaires, initiée il a plus de dix ans et chaque année reportée à l’année suivante (Vous connaissez la musique : « la SNCF vous prie de bien vouloir l’excuser… Merci de votre compréhension ») tourne désormais au ridicule : Les escalators ne fonctionnent plus, autant pas manque d’entretien préventif que par défaut de réparation curative. Certains immeubles sont en ruine, la passerelle qui enjambe les 13 voies est dans un état de délabrement qui la rend dangereuse. L’immense parking, pour partie abandonné voit à la saison des pluies - chose particulièrement insolite - son dernier étage se transformer…en une immense mare à grenouille, peu connue des pontoisiens car soustraite à leur vue par le hasard de la configuration des lieux.

Les travaux de nettoyage les plus ordinaires ne sont plus assumés régulièrement, et il est plus confortable pour le chaland, par nature fainéant de la cervelle, de s’insurger devant la saleté de ses voisins  (forcément des sales étrangers…) que de réfléchir sur ce qu’il adviendrait  corelativement de ses propres toilettes si lui-même ne les nettoyait pas tous les jours…

Ce matin pourtant à la gare, dès potron-minet, un détail insolite captait mon attention.

Devant un panneau publicitaire, un vigoureux noir d’une société de nettoyage sous-traitante, dans une ferveur toute à son honneur, s’attachait, armé d’un balai savonneux qu’il tenait promptement en main,  à en faire briller le plexiglass.

J’attendais mon train tout en scrutant les gestes rapides et précis de cet homme au travail, mon œil mal réveillé oscillant de haut en bas, égaré par l’aspect surréaliste du contraste entre  un parterre crasseux, perclus de mégots abandonnés,  asphyxié par les herbes folles s’invitant sans vergogne dans ses lézardes goudronnées et l’éclat métallique du cadre d’aluminium maintenant rutilant du panneau de réclame.

C’est qu’il faut que cela brille, la publicité, puisqu’elle permet de participer à l’économie de la gare, tandis que laisser le quai à la proie des ordures n’empêchera pas la SNCF d’encaisser le montant des cartes d’abonnement.

Comme le disait la publicité, « le progrès ne vaut que s’il est partagé par Jean-Claude Decaux. ».

Vous êtes en bonnes mains, ne craignez point demain.

19/04/2010

changement dans le ciel

Quelque chose de changé

Les urbanitasmagories de Winter le 19 Avril 2010

  http://www.leprincejean.fr/

«Un rien»

Ce Lundi midi, sous la douceur précoce de ce 19 avril, en levant les yeux en l’air, SNV81019.JPGje vis instantanément que quelque chose avait changé dans le ciel parisien, un petit rien, imperceptible, fugace, indiscernable, indéfinissable et insaisissable à la fois, un petit rien du tout, qui me rappelait qu’on peut oublier très rapidement  les choses les plus évidentes et que – à l’opposé de ce que veulent nous vendre les politiciens ainsi tous ceux qui vivent du commerce du conservatisme - notre esprit s’acclimate finalement incroyablement rapidement à des situations nouvelles.

Mais qu’était donc ce petit rien ?

 

14:02 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nuage, cendre, island, volcan, air france, avion, sncf, grève, transport, paralysie | | |  Facebook

09/03/2010

Tu trouves une carte d’identité dans le train, que faire ?

Les urbanitasmagories de Winter le 9 Mars 2010

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« Leçon de civisme»

Tu trouves une carte d’identité dans le train. Que faire ? Tu es grand, civique et bien élevé. Choisis donc ce que tu vas faire parmi les propositions suivantes :

1)    « Je la garde pour l’utiliser à mon profit et pouvoir voyager sans billet, en présentant au contrôleur la pièce d’identité du pauvre bougre ainsi roulé. »

2)    « Je regarde sous la banquette pour voir si l’infortuné n’a pas également perdu un chéquier. Si c’est le cas, je garde les deux pour au cas où… »

3)    « Je remets la pièce au contrôleur qui vient de passer »

4)    « Je prends la pièce avec moi et la glisse dans une boite aux lettres à l’arrivée du train. »

5)    « Je la remets à l’arrivée à un gendarme, une mairie ou autre personnel assermenté. »

6)    « Je laisse ma pièce où elle est en me disant qu’ils la trouveront, les bougres de la SNCF, quand ils feront le ménage. »

 

De ces options, toutes sont morales, à l’exception de la 3) et de la 6).

En effet, avec ces choix, la pièce d’identité atterrit à la SNCF, au bureau des objets trouvés, quai 27, porte 67 pour la gare St Lazare, qui se gardera bien de la remettre gracieusement à son propriétaire mais le rackettera de 9 euros, pour services rendus. (1).

Donc, lorsque tu trouves un objet dans le train, tu peux tout faire avec sauf le remettre à la SNCF, tu encourages sans même t’en rendre compte le racket qui est le levain du vol, de la prostitution, du crime organisé et de la délinquance.

Bien que la rétention de document d’identité contre le gré de son propriétaire soit un délit réprimé en tant que tel, si le malchanceux ne peut s’acquitter de ces neufs euros, il ne récupérera pas sa carte d’identité.

(1)  Précisions : cette taxe n’a rien a voir avec celle des objets trouvés rue de Morillons à Paris dont le montant est décidé chaque année par le Préfet.

09/03/2009

Lille Lyon : Bus à l'aller, Train au retour

Winter le 9 Mars 2009

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«un train peut en cacher un autre»

Samedi dernier, on lâchait les lions au Stade de France. A la sortie du match, les romains quittaient l’arène. Une troupe de jeunes lillois, voulant sans doute prendre un raccourci pour rejoindre le bus, s’est retrouvée sur une voie de RER dans des circonstances que l’enquête précisera. Bilan : 2 morts – s’ils en avait une , paix à leur âme - et 11 blessés dont plusieurs graves.

Quand on dit « blessé grave» suite à une rencontre ferroviaire, dans la nov-langue du journaliste, en général c’est quand même « assez » grave : Celui qui a déjà assisté à ce type d’accidents sait qu’en pareille circonstance, le matériel de premier secours c’est avant tout le sac : plastique pour les morceaux de gens et papier pour les badauds qui assez spontanément font don de leur repas de la veille.

Cet accident, à souligné le patron de la SNCF, est particulièrement rare. Cette défense avant l’heure est que Guillaume Pepy qui sait déjà que vraisemblablement la SNCF sera lourdement condamnée pour défaut de clôture de la voie, défaut d’entretien de clôture ou de porte, ou autre.

Si ceci devrait s’avérer, ce serait particulièrement dramatique. En effet, la SNCF a des obligations assez draconiennes concernant la mise en sécurité de ses installations dans et aux abords zones habitées.

Mais comment un groupe composé pour partie d’adultes peut être assez débile pour s’aventurer à côté de voies ferrées en région parisienne, où il y a des trains partout : le fait d’être supporter d’un club de foot ne semble pas être une condition suffisante en soi, et c’est ce que l’enquête devra expliquer.

Je ne suis pas un soutien inconditionnel des chemins de fer, loin de là (voyez mes autres articles), mais je pense que si la SNCF était condamnée, dans ce cas, ce serait la porte ouverte au n’importe quoi, car cela signifie que demain, il faudra grillager le dessus des voies pour éviter que les avions ne se posent dessus.

Alors, en réponse à ce tragique accident, on parle déjà d’installer des caméras infrarouge sur les voies ferrées aux abords du stade de France, stade dont les concepteurs ont été assez débiles pour , de manière délibérée, ne pas prévoir de parking pour les cars : Bien évidemment, ces caméras seraient financées par les « usagers » de la sncf,  ceux qu’on appelle maintenant les « clients ». En tant qu’usager boiteux de la SNCF et ayant du mal à monter les escaliers, devoir payer pour des abrutis quand la gare de Pontoise ne trouve pas d’argent pour remplacer ses escalators en panne depuis 7 ans ou plus me fait particulièrement mal.

La société va mal, très mal, mais si tous les abrutis du monde se donnaient un jour la main pour faire une grande farandole le long  des voies de RER en pleine journée, cela irait sans doute beaucoup mieux.

10:56 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : accident, rer, pepy, sncf, stade de france, st denis, outreau, pontoise | | |  Facebook

06/03/2009

La dialectique à la SNCF

La dialectique a la SNCF

Winter le 3 Mars 2009

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"Quand je prends le train, cela m'énerve toujours qu'on me traite de client...Pas vous ? "

Car l’homme ne vit pas que de pain, et la dialectique, c’est la cuisine des mots. Mis à part les hommes politiques et les brigands des banlieues, rares sont ceux qui ont la véritable conscience de la force du mot, et que celui-ci mal employé peut tantôt émouvoir jusqu’à la mort,  tantôt ameuter jusqu’à l’émeute-même :

C’est ainsi qu’il faut partir du postulat que dans la bouche d’un homme public, un mot n’est jamais anodin et rarement impromptu.

Lorsque M. Lepen lance son fameux « Durafour crématoire », ce n’est pas un simple dérapage, c’est un virage parfaitement négocié destiné à flatter son électorat négationniste

Sur le plan des modes et des courants, lorsqu’ untel ou untel homme public, utilisant son audience sur les médias décide de bannir ou a contrario encenser tel mot ou telle locution, il ne s’agit généralement pas d’un simple effet de manche, mais d’une réelle volonté de manipuler l’opinion.

On peut ainsi parler du fameux « abracadabrantesque » de Jacques Chirac ou de  la « bravitude » de Ségolène Royale, où dans les deux cas, il s’agit, par un arrangement de la langue, de masquer des situations particulièrement graves.

Dans un autre ordre d’idée, le fait de qualifier désormais l’invalide de personne à mobilité réduite après lui avoir donné le terrible vocable de « handicapé », avec ce « h » aspiré si dur à supporter, d’une part ne change rien à sa condition, l’aveugle ne voyant pas mieux depuis qu’il est non voyant, et de l’autre n’apporte strictement rien de plus à la qualification de son état.  Il faut donc chercher ailleurs que dans le soucis de précision la volonté de changer le vocabulaire.

Et, pour en venir à mon propos, l’usager de la SNCF ne voyage pas mieux depuis qu’il est devenu client.

Mais au fait, pourquoi le terme d’usager a-t-il été banni du dictionnaire de l’employé des chemins de fer, pardon, je veux dire de l’agent de la SNCF ?

La réponse est très simple, et c’est ici qu’il importe de saisir la puissance des mots afin de bien comprendre que le choix de leur emploi  ne relève pas simplement d’une démarche marketing :

Usager renvoie à la notion d’usage. La valeur d’usage, c’est la valeur attribuée par exemple par les assurances pour vous rembourser votre voiture gravement accidentée : Vous aviez une vieille guimbarde, qui ne valait plus un clou à l’argus, mais comme vous êtes assuré dans une compagnie mutualiste, celle-ci vous rembourse sur la base d’une estimation du prix qu’il vous faudrait débourser pour vous offrir un service identique : on parle donc de valeur d’usage, et non plus de valeur vénale, qui est la valeur qu’un acheteur qui voudrait se rendre propriétaire de votre vieille guimbarde serait prêt à mettre.

 La valeur d’usage est totalement déconnectée de la valeur vénale : c’est une contribution au coût du service, car la notion d’usager renvoie à la notion de service à la collectivité, notion qui n’intègre pas des biens ou services directement négociables entre individus dans le cadre d’une offre de marché : si l’on pouvait choisir sa compagnie ferroviaire pour aller de Paris à Lyon, cela se saurait…

De son côté, la notion de client renvoie à la notion de tractation commerciale et donc de valeur vénale, qui est la valeur qu’un individu est prêt ou supposé prêt à donner pour obtenir un bien ou un service précis, dans le cadre d’une loi d’offre et de demande.

En faisant passer l’usager du statut d’usager à celui de client, on signifie en fait qu’il devrait non plus payer pour un service que la collectivité fournit à ses administrés, mais pour un service vendu à des individus par des sociétés commerciales.

La SNCF devient donc non plus une société nationale mais une société commerciale comme les autres.

Tout ce qui précède est finalement assez banal, et ne surprendra pas celui qui a déjà un peu réfléchi devant une affichette de la SNCF un jour de grève.

En revanche, lequel d’entre vous s’est déjà fait la remarque que si le qualificatif de client est désormais attribué à l’usager, on applique toujours - et depuis pas mal de temps déjà - le qualificatif d’agent à l’employé des chemins de fer.

Et c’est là que les choses deviennent abracadabrantesques. Car si l’employé d’une société commerciale peut avoir une certaine latitude pour faire en sorte que – dans le respect du lien de subordination envers son patron que représente son contrat de travail - son travail quotidien satisfasse le client de son employeur, l’agent, lui, par définition, n’est que le rouage entre un pouvoir et une exécution : Il ne peut en aucune manière prendre la liberté de faire en sorte que son service soit à la hauteur des ambitions de son client, ceci ne restant que du strict ressort de sa hiérarchie administrative.

Imaginez-vous une minute pouvoir discuter du taux de votre imposition avec l’agent du fisc, ou du montant de votre amende avec l’agent de police ?

Ne croyez pas qu’il s’agisse là de simple dissertation : l’usager des transports en commun peut en faire l’expérience, que ce soit en banlieue ou en province, ceci de manière quotidienne.

Ces positionnements sémantiques du client et de l’agent ont été choisis et mis sur la place publique avec détermination et constance par les hommes politiques successifs depuis quelques dizaines d’années afin d’un côté faire payer toujours plus l’usager, et d’éradiquer la notion de service public et de l’autre de déresponsabiliser toujours plus l’employé, le rendre docile et conciliant, ces deux notions s’excluant mutuellement.

Comme dans la cuisine, il n’y a pas de place au hasard dans la dialectique. Comprend qui veut…ou comprend qui peut, non ?


 

10:38 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sncf, service, public, ratp, grève, sémantique, manipulation, cgt | | |  Facebook

14/01/2009

La grève

Winter Le 14 Janvier 2009

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« Du bon usage de la pagaille (Suite)»

Après une journée de grève folle, je ne résiste pas au plaisir de publier cette petite photo prise sur un écran indicateur de la SNCF.

SNV85342.JPGLa dernière phrase est à lire avec délectation.

Merci ô joyeux cheminot

Dont la prose me fait rire

Quelle vigueur dans tes mots

Qui fait craindre le :

« trafic normal, (…) prévoir cependant des perturbations »

Comme disait Coluche, y a de plus en plus de cons chaque année, mais cette année, on a l'impression que ceux de l'année prochaine sont déjà là.

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Greve SNCF : Du bon usage de la pagaille

Winter Le 14 Janvier 2009

 

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« Du bon usage de la pagaille»

Les cheminots ont causé une pagaille indescriptible sur tout l’ouest français hier en faisant une grève surprise à la Gare St Lazare, à Paris, une gare qui voit passer chaque jour près d’un demi million d’ « usagers », que nous appellerons « clients ».

Escalators1.jpgAinsi, dans notre petite commune de Pontoise, on se serait cru un jour de coupe du monde de football tant l’affluence était grande, sur la place de la gare bondée de personnes se demandant comment elles allaient pouvoir regagner leur logis.

Cette journée – une de plus -  a littéralement pourri la vie des banlieusards et de tous ceux qui habitent en Normandie et viennent travailler à Paris. C’est ainsi depuis maintenant le 4 décembre, date à laquelle les premiers mouvements sociaux annuels ont commencé pour protester contre la mise en place des horaires d’hiver.

Les gens sont excédés et il ne faudrait pas grand-chose pour qu’ils mettent le feu à la gare.

On les comprend.

En contrepartie de ce mois pourri, la SNCF va offrir à ses « usagers », que nous appellerons « clients », un dédommagement d’un montant d’un tiers du prix de l’abonnement mensuel.

C’est sans doute ce geste dérisoire qui risque de mettre le feu aux poudres car c’est se moquer du monde et manifester ouvertement qu’on prend les « usagers », que nous appellerons « clients », pour des crétins.

Du coup, on comprend mieux les cheminots car si la SNCF traite son personnel comme elle traite ses « usagers », que nous appellerons « clients », l’attitude jusqu’au-boutiste de Sud Rail devient légitime et il serait grand temps que les « usagers », que nous appellerons « clients », prennent modèle sur Sud Rail en faisant une grève totale et absolue du paiement de leur abonnement jusqu’à un rétablissement normal des services.

Hélas, les « usagers », que nous appellerons « clients », sont juste excédés et ne poussent pas la réflexion plus loin que le bout de leur ticket.

Car en définitive, nous, clients, ne sommes pas les clients des cheminots mais de la SNCF et de ses actionnaires. Et c’est à la SNCF et à ses actionnaires de négocier avec son personnel pour que le niveau de service soit en correspondance avec le prix monstrueux que ses  « usagers », que nous appellerons « clients », paient.

Cette grève éclair est exemplaire car elle a démontré plusieurs choses :

1)    le service minimum est une escroquerie intellectuelle qui vise sur fond de discours populiste et démagogique à générer du trouble plutôt qu’à résoudre les problèmes auxquels sont confrontés les « usagers », que nous appellerons « clients », les jours de grève : En effet, et de manière très logique, en faisant en sorte de minimiser l’impact de la grève, le gouvernement l’a rendue inutile ; en conséquence, on peut en faire tant qu’on en veut, et c’est ce qui se passe depuis le 4 décembre à la gare St Lazare : Au lieu d’avoir de gros problèmes un fois pour toute, c’est tous les jours que les « usagers », que nous appellerons « clients », sont « un peu » embêtés. C’est ce « un peu » qui fait que les « usagers », que nous appellerons « clients », sont maintenant & à juste titre totalement exaspérés. Et on finit par se demander si ce « un peu » n’est pas un calcul politique.

2)    Du point de l’engagement sur résultat, un trouble massif et imprévu aux « usagers », que nous appellerons « clients », est très efficace puisque les cheminots ont obtenu exactement ce qu’ils souhaitaient.

3)    S’il y avait eu ce matin encore des troubles massifs, on pouvait alors penser que la situation risquait de dégénérer salement. Il est troublant de constater que dès le lendemain matin du mouvement, - ce matin – que la circulation des trains est quasi normale. Or, habituellement, lorsqu’il y a une grève le mardi, la direction de la SNCF est prompte à expliquer les désordres qui du mercredi au dimanche ne manquent pas de s’ensuivre par une « remise en route progressive du trafic ». Hors en l’espèce ce n’est pas le cas, et d’un seul coup d’un seul on comprend que la Direction de la SNCF est dans le mensonge permanent : ceci démontre de manière magistrale le mépris qu’à la direction de la SNCF pour ses « usagers », que nous appellerons « clients », puisque quand elle est contrainte de travailler, elle travaille : On arrive dans la situation paradoxale où des syndicats ont lancé de manière impromptue un mouvement social massif, sans aucun respect des règles de service minimum et de préavis de grève – mouvement qui a paralysé un demi million d’ « usagers », que nous appellerons « clients », et qui au final – et même si ce qui suit  ne va pas faire plaisir à tout le monde – aura été largement moins handicapant pour les clients que tous les mouvements sociaux qui, depuis le 4 décembre 2008, pourrissent dans la plus parfaite légalité la vie des banlieusards.

En conclusion, si la loi n’est pas bonne oublie-la, ou jette aux  oubliettes ceux qui la fabriquent.

escalators01.jpgTiens, à ce propos,  j’en reviens à la gare de Pontoise, à son état de délabrement digne d’une ville du tiers monde, et dont ses escalators en panne depuis huit ans sont la marque de fabrique : Bonne nouvelle : on nous en promet un remplacement pour 2009. Pendant ce temps, j’aurai laissé plus de 10 000 euros en coupon orange à la SNCF.

Et si – au lieu de critiquer de manière absurde et irrationnelle ceux qui donnent l’exemple - tous les cochons de payeurs se mettaient à faire la grève du paiement de manière aussi massive que lors du mouvement d’hier, ils obtiendraient sans doute des résultats dans les mêmes proportions.

… mais pour cela, il faudra se mettre à réfléchir.

Et ça, ce n’est plus l’ « usage », n'est ce pas ?

 

10:25 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : greve, sncf, st lazare, sud, banlieue, pagaille, wesnoker | | |  Facebook

23/06/2008

La SNCF vous aide au quotidien

 Dans le train

Winter Le 23  Juin 2008  http://urbanitasmagories.blog.20minutes.fr/

« Faciliter (entre deux grèves)  les déplacements des Franciliens, c’est l’ambition de la région Ile de France »

La date de ces notes, notules et notations est importante

Or, il advint que, le 23 juin 2008

Dans le train, une petite affichette attire mon œil. Il s’agit d’un placard de la région il de France, qui fait passer en substance le message suivant

« parceque vos déplacements sont importants (blablablablablabla) la Région Il de France (blablabla) Rénovation des trains (blablabla)

DE PLUS, DEBUT 2004, A BORD DE CHAQUE VOITURE, UN SYSTEME D’INFORMATION VOCAL ET VISUEL AFFICHERA EN TEMPS REEL LA DESTINATION DU TRAIN ET DES GARES DESERVIES

Faciliter les déplacements des transiliens, c’est l’ambition de la Région Ile-de-France »

C’était donc cela, l’explication de l’énigme, la révélation suprême, le pourquoi du comment,  l’aboutissement de la quête du gral du banlieusard ! Je ne comprenais pas pourquoi, depuis quelques temps, sur la ligne que je prends tous les matins, à la même heure, avec les mêmes personnes qui tentent de profiter de leur heure et demi de transport quotidien pour achever une nuit écourtée par le retour de la veille, et qui prennent la même ligne depuis trente ans, d’un seul coup d’un seul, sans qu’on puisse y comprendre mais, le conducteur s’était mis à énoncer à chaque station d’une voie vive et assurée dans un système de phonie plus ou moins vétuste la liste des stations restant à parcourir : C’tait le dispositif d’information vocal en temps réel destiné à me faciliter mes transports quotidiens, c’était POUR ME FACILITER LA VIE.

C’est ensuite que j’ai constaté la présence du dispositif visuel : une affichette au dessus des portes des voitures, symbolisant par un succession de points alignés en rang d’oignon sur un trait bleu l’enchainement des stations.

La SNCF est formidable, et la région ile de France aussi : et c’est bien normal, puisque mon abonnement SNCF me coûte 8300 Francs par an, soit presque … deux mois de loyer ! Vu comme cela, ça fait réfléchir, non ?

Pendant ce temps, à la gare de Pontoise, fore l’œuvre du temps, il ne se passe rien : Les escalators sont toujours en panne depuis la fin du siècle dernier. Toutefois,  la SNCF organise quotidiennement sur ses emprises alentours sous l’œil bienveillants des usagers – ou plutôt des « clients », ainsi qu’on le dit du libidineux allant aux filles de petite vertu - et  qui ne sont mêmes plus choqués par quoi que ce soit, le fameux concours pontoisien du plus beau dépotoir, avec en alternance la présentation de l’entrepôt en ruine ou du parking brûlé selon que l’on porte son œil sur la gauche ou sur la droite.

« Faciliter les déplacements des Franciliens, c’est l’ambition de la région Ile de France »

Ou comme aurait dit un illustre menteur de président: « les promesses n’engagent que ceux qui y croient ».

20:08 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : greve, cheminots, sud rail, huchon, sncf, cgt, sarko | | |  Facebook

 
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