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11/04/2011

Perret et les ogres

 

Winter, le 11/04/2011

www.mai2012.fr

«Pierre Perret, le Nouvel Obs réactionnaire et les vieux qui font mal»

Lorsque Nicolas Sarkozy s'est fait élir, il y eu la faiblesse de faire venir à Paris pour son premier 14 juillet , Michel Polnareff. Enfin, il revenait chanter en France. On se précipite dans le métro. Une foule immense. Autour de la scène les groupees de l'UMP. On exulte.

Mais la bête à vieilli. Le spectacle n'est pas juste ridicule, il est pathétique. On repart avec la larme à l'œil : Qui a tué grand'maman ?

Dans un autre registre, presque quatre années plus tard, Pierre Perret nous provoque la même émotion.

L'histoire, c'est quoi ? Le nouvel obs écrit en 2009 sous la plume particulièrement peu réfléchie de Sophie Delassein, un article mettant en doute la véracité des relations qu'aurait eues avec Léautaud - intellectuel libertaire né à la fin de la guerre Franco-prussienne, celle de 1870 - , l'artiste Pierre Perret, et qu'il a évoquées dans un texte publié presqu'un siècle après la naissance de ladite relation.

Nous sommes dans le pré carré fort peu amical des « amis de Georges » : Dans ce petit monde très sectaire, soit vous êtes du coté du Maître, soit vous êtes de l'autre. Selon ses accusateurs, Perret aurait utilisé cette vraie ou supposée amitié avec Paul Léautaud pour impressionner Brassens, et ainsi rentrer dans le Cercle. Il est vrai que son récit semble émaillé d'invraisemblances.

Perret porte plainte pour diffamation, et le tribunal doit trancher une querelle d'égo de saltimbanques, sur des faits qui remontent à l'après guerre (celle de 1939 cette fois) .

Alors, aurait il  menti ? D'un gros mensonge, celui duquel on ne pense pouvoir sortir qu'en surenchérissant ?

Ce qu'il ressort de tout cela, c'est que, dans un déferlement de haine incompréhensible,  la faculté de Perret à inventer de belles histoires est jetée en pâture à la populace au cours d'un procès complètement surréaliste dont la conclusion se tiendra le 13 mai 2011.

J'aimais Guy Béart, « l'informateur »  du nouvel obs qui le scandale est arrivé, qui nous démontre ainsi qu'il n'y a pas d'âge pour être collabo... Mais a-t-il vraiment de la cervelle, cet homme, pour avoir ouvert la boite de pandore, ou est-ce l'arrivée prochaine de la Grande Faucheuse qui lui fait déjà tourner la tête?

Perret a écrit des chansons magnifiques, et des mélodies superbes. Comme tous les artistes, il a sans doute repompé à gauche et à droite, et comme tous les artistes il s'est sans doute inventé une double, triple ou quadruple vie. S'il n'avait pas fait cela, il ne serait pas devenu l'artiste que l'on connait, auteur de petits chef-d'œuvre, comme le café du canal, Blanche, ma nouvelle adresse , l'amour et la tendresse, jeanine et bien d'autre

Madame Sophie Delassein, à l'heure où le monde cherche autre chose que de la haine, en faisant resurgir tous ces fantômes,  vous pouvez vous vanter d'avoir tout gâché avec cette histoire sordide.

Alors, qui a tué grand maman, est ce temps ou les hommes qui n'ont plus l'temps d'passer le temps ?

On sait maintenant que c'est aussi un peu les femmes du nouvel obs...

 

31/01/2011

Quick : de la rigueur en temps de crise

Winter, le 31/01/2011

www.mai2012.fr

« De la rigueur scientifique et du business»

Quick d’Avignon :  un gosse y prend ce qui semble être son dernier repas. Il décède trois heures après.

Le restaurant est fermé jusqu’à connaissance des analyses.

On retrouve dans les sucs gastriques du jeune homme des staphylocoques dorés et des bacillus céréus, deux agents pathogènes qui aiment bien la viande, et qui ont un temps d’incubation compatible avec une contamination dans les heures qui ont précédé le décès

Quick réagit & commande un pré-rapport à un médecin, le Docteur Bertrand Issatrel, qui conclut très rapidement que selon lui, « il n'y a pas d'éléments [me] permettant aujourd’hui de mettre en cause un dysfonctionnement local provenant du restaurant d'Avignon Cap Sud et encore moins dans les autres restaurants du groupe.», et Quick publie son rapport sur le site du groupe.

Il convient de saluer l’exploit du docteur qui est parvenu à cette conclusion en moins de dix jours, là où un auditeur y aurait passé trois mois…

En écartant tout dysfonctionnement au sein du fastfood, c'est-à-dire en portant aussi rapidement un jugement de valeur sur une succession d’événements qui peuvent être - ou ne pas être - à l’origine d’un décès, ce médecin, présenté comme spécialiste en maladies infectieuses, prend le risque, peu compatible avec la rigueur de sa profession, d’étendre son champs de compétence à des domaines où il n’y entend rien : l’enquête policière, la traçabilité, l’audit qualité.

En effet, dire après une analyse qui est forcément rapide qu’il n’y a pas eu de dysfonctionnement au sein du restaurant et du groupe, ce n’est pas juste regarder le résultat de cultures sur des échantillons, mais c’est affirmer qu’entre le moment où les pièces consommées par le jeune homme et son père ont été sorties des congélateurs et le moment ou elles ont été ingérées, tous les événements qui sont advenus sont parfaitement connus et traçables.

Hors s’il est un domaine où la traçabilité est particulièrement complexe, c’est bien celui de l’assemblage de produits alimentaires (Il faut rappeler que ce qu’on fait dans un Quick, comme dans beaucoup d’autres commerces d’ailleurs comme peut-être la pâtisserie du coin de votre rue…, ce n’est pas de la cuisine mais de l’assemblage de produits industriels.).

Pour obtenir le niveau de traçabilité qu’exigeraient les circonstances, il faudrait au minimum avoir eu une caméra qui suive la préparation, la livraison et la consommation des sandwiches et produits incriminés. Et même si on arrivait à le faire, il faudrait ensuite s’assurer que personne n’ait pu trafiquer ces enregistrements. Il est donc facile de comprendre qu'on peut arriver assez rapidement à quelque chose de compliqué, mais qui amènerait effectivement la certitude qu’annonce très prématurément le médecin.

Affirmer l’absence de dysfonctionnement à ce stade revient à formuler un vœu qui relève plus de méthode Coué que de la science : Les trois seules choses que le médecin peut affirmer de manière un peu rigoureuse sont :

1) que les agents pathogènes recherchés ne sont présents à ce jour dans le restaurant d’Avignon que dans des doses compatibles avec la réglementation ;

2) que les lots susceptibles d’avoir été ingérés sont contaminés dans des proportions compatibles avec la réglementation;

3) qu’il existe au sein du restaurant un mode opératoire qui minimise le risque de souillure des aliments par une source externe.

Il reste après ceci de multiples éventualités , et qui n’ont rien à voir avec la médecine : Comment assurer qu’un  steak qui serait tombé sur un endroit souillé n’aurait pas été ramassé puis remis, qu’un individu n’aurait pas fait une grosse bêtise qui aurait tourné au drame,  que le père et son enfant n’aient pas partagé des frites sur un plateau contaminé : les possibilités sont innombrables, et l’on voit mal ce qu’on peut en ce 31 janvier prouver ou ne pas prouver…

Une chose est sure : les neuf derniers mots du rapport de ce médecin en disent long sur son éthique, et je vous invite à bien en comprendre le sens :

« Au vu des résultats de ces premières analyses et après information sur les procédures qualités suivies, il n'y a pas d'éléments permettant de retenir à ce jour une contamination suite à un dysfonctionnement local dans le restaurant d'Avignon Cap Sud et encore moins dans les autres restaurants du groupe. »

En d’autres termes, allez tranquille manger à Lille puisqu’on a fait des analyse en Avignon…

On peut espérer pour le docteur Bertrand Issatrel que le risque qu’il a pris en acceptant ce contrat lui aura été rémunéré par Quick à la hauteur de la valeur qu’il donne à sa carrière.

D’un autre point de vue, du point de vue industriel, le groupe doit communiquer. Qu’il soit responsable ou non de ce qui s’est passé, et qu’à ce stade cela soit prouvable ou non, s’il était bien conseillé, il devrait faire les choses suivantes :

1) arrêter de vouloir faire l’enquête à la place des instances officielles

2) se faire l’écho sur son site de l’avancée de l’enquête officielle

3) utiliser cet exemple pour expliquer ce qu’est la traçabilité et la sécurité alimentaire

4) communiquer sur l’hygiène en restauration

Car le groupe Quick n’a pas d’autre solution que transformer ce malheur en opportunité : lorsque les résultats de l’autopsie du jeune homme seront connus, en analysant la concentration d’agents par classe de tissus, on connaitra de manière assez précise à quelle heure il a été contaminé et la conclusion s’imposera d’elle-même.

20/01/2011

Le tunisien et le français

Winter, le 20/01/2011

www.mai2012.fr

« Les fuites tunisiennes inondent l’Elysée»

Surprise d’entendre la radio en revenant à la maison le 14 Janvier au soir… Ben Ali en fuite…Dans un pays arabe…Arabie Saoudite… Emirats Arabes Unis… Qatar probablement…La France ne l’accueillera pas.

La Tunisie se débarrasse de son dictateur. Car on découvre que la Tunisie est une dictature. Que ce n’est pas juste une plage pour des vacances pas chères, et qu’il y a des gens… des jeunes… des moins jeunes…qui habitent dans ce pays, et pas seulement pendant les vacances…

Les tunisiens, souvent assez mal considérés par les algériens et les marocains, qui leur attribuent souvent le travers d’avoir un caractère trop docile, leur dament ainsi le pion…

Les puissances occidentales apprennent ainsi qu’on ne peut pas soutenir indéfiniment des régimes corrompus sans avoir à l’esprit que cette corruption s’exerce dans des lieux où des gens vivent, des gens ordinaires, comme vous et moi, et qui en ont raz le bol de faire les frais de la tonte du mouton.

Tremblez, vous gens des Etats Unis, que la révolte ne gagne l’Egypte… Tremblez français qu’elle ne gagne l’Algérie ou le Maroc !

Car à l’heure d’internet les frontières ne veulent plus dire grand-chose.

Justement… Un tour sur internet…Page de l’ambassade de Tunisie a Paris. Là, on y apprend que

La Tunisie est à la deuxième place dans la gestion des deniers publics en 2008, selon le rapport du forum Davos 2008-2009.

La Tunisie est parmi les dix meilleurs pays qui ont résisté à la crise, selon le « Bespoke investment » parmi 82 pays.

La Tunisie est parmi les pays les plus heureux de la planète selon le groupe de réflexion britannique, the new economics fondation (NEF)

Rendez vous sur le site de l’ambassade de Tunisie en France, vous en apprendrez beaucoup sur la pertinence des experts internationaux de l’ONU ou autres…

Pendant ce temps, l’ancien premier ministre tunisien devient président par intérim et se fait un gouvernement avec ses anciens amis.

Tout le monde regarde ce qui se passe… Les tunisiens sont peut être en train de donner une leçon à tout le Maghreb et le Moyen-Orient…

Petit retour en arrière : Le 11 janvier, 3 jours avant les événements, Michèle Alliot Marie avait proposé à la Tunisie le « savoir faire de la France » pour « régler les situations sécuritaires », novlangue qu’on pourrait traduire par « envoyer nos flics français mater vos jeunes tunisiens», comme si la Tunisie, finalement, c'était un peu comme la Seine St Denis. N'y a t il pas dans le fond l'idée qu'ils ont la même couleur la-bas qu'ici, et que ce qui marche ici devrait marcher là-bas ?

On croit rêver mais on est bien dans la réalité.

Mais la réalité qui devrait interpeler n’est pas celle dont on parle à la télévision.

Car finalement, ce que Michèle Alliot Marie a fait, n’importe quel autre ministre de n’importe quel autre gouvernement aurait pu le faire, et il n’y a pas forcément lieu de la blâmer pour cela.

Mais revenons aux sources de la démocratie : Si le peuple choisit et paie grassement un seigneur, une cour, un président, des ministres, c’est avant tout pour qu’en cas de guerre ou de coup dur, il puisse se réfugier dans le château. La fonction de protection de l’état s’est étendue à bien des domaines au fil du temps, mais elle reste la justification ultime de l’Etat. Afin d’assurer cette protection, le protecteur prend sa dime (les impôts).

sigintadvancedoriontrumpet[1].jpgPour l’exercer, l’état met en place des moyens conséquents : De la vidéo surveillance dans les bus de la RATP, des contrôles aux frontières, des policiers, des militaires, du contre-espionnage, de l’espionnage, des avions de chasse, des sous-marins, des ingénieurs informatiques qui scrutent les ondes, les fibres optiques, les serveurs internet etc … etc …

Et s’il est une personne qui est aux premières loges pour nous vendre la sécurisation de notre société, c’est bien Michèle Alliot Marie.

Hors voilà qu’il apparait évident que les services de renseignements français sont complètement aux fraises : Fraise[1].jpgSinon, comment expliquer le positionnement de notre ministrounette ? Comment imaginer qu’une personne un peu compétente, dans une organisation un peu cohérente, dans un monde où la diplomatie joue un rôle prépondérant, puisse se proposer d’apporter son soutien à un pays dont on va couper la tête dans les trois jours ?

Il n’y a qu’une explication et l’analogie est grande avec l’accident d’avion de Smolensk qui a couté la vie à une grande part du gouvernement polonais en Avril 2010 : de même que le pouvoir ne fait pas la météo, dans un pays, il n’y a pas que le pouvoir, il y a des gens, des hommes et des femmes qui vivent, qui ont des enfants et qui espèrent pour eux un monde plus juste et meilleur, et qu’on doit écouter et prendre en compte dans les choix importants, avec un état suffisamment solide pour en assurer la protection qu’ils sont en droit d’attendre : C’est cela qui justifie l’Etat et strictement rien d’autre; a cet égard, un fois encore, l'autisme semble être la marque de fabrique de notre gouvernement.

Au-delà de la confusion totale dans les genres dont Michèle Alliot Marie a fait montre, c’est bien de cette carence de l’Etat dont devrait s’inquiéter le citoyen, Etat qui pourtant ne cesse d’augmenter sa dime et ses prérogatives pour une fonction dont on voit à travers cette anecdote - car le soutien proposé par notre ministre n'est qu'une anecdote - qu’au final il peine à assurer. Et tout cela n’a rien à voir avec des griefs vrais ou supposés qu’on pourrait formuler à l’encontre de Michèle Alliot Marie.

oss_117[1].jpgCes caméras qui fleurissent partout, ces services de renseignements, ces cellules spéciales, ces oreilles électroniques et ces contre-machins-bidules ces opérations barbouzes en tous genres sont elles efficaces ?

Alors, si l’Etat n’est pas capable d’assurer ses fonctions régaliennes, a-t-on vraiment encore besoin d’un Etat ?

10:27 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : magreb, chebbi, mebazaa, tunisie, ben, ali, mam, alliot, marie, michèle | | |  Facebook

16/11/2010

Ma pomme, c'est moi....

 

Winter, le 15/11/2010

www.mai2012.fr

« Pas créationniste mais...»

Il advint que...

Nous nous sommes toujours émerveillés devant la permanence de l'esprit humain : Dessins, sexe, guerre et chasse restent ses occupations essentielles depuis qu'on sait déchiffrer ses mémoires.

Nous pouvons sans grande peine nous convaincre de ce que les progrès techniques ne sont pas à l'image de ce que nous nous représentons en général : Prenons comme exemple court & simple de celui de l'automobile : Elle ne reste finalement qu'une sorte de calèche, qui a remplacé la charrette, successeur du traineau à rondins lequel succéda au traineau. L'outil a sans doute moins évolué qu'on ce qu'on lui prête usuellement, mais il n'y a rien d'exceptionnel à cela : En effet, la fonction demandée n'a pas fondamentalement changé, alors la réponse technique reste globalement la même, à quelques « détails » techniques près : L'histoire de l'automobile est donc une succession d'évolutions et non une révolution.

On peut citer à l'appui de ce raisonnement la fameuse anecdote de l'explication de l'écartement des rails de chemin de fer de 1435 mm : la permanence de la  contrainte technique de faire une traction à deux animaux de front a abouti fatalement à une normalisation de l'empattement d'une voiture : C'était le cas dans la Rome antique (1448 mm), c'est encore le cas de nos jours avec ce qu'on appelle l'empattement dit « normal » de 4 pieds 8 pouces et demi. (notons au passage que le terme « empattement » fait référence aux pattes, alors que les pneus ont remplacé les sabots...) Charrette[1].jpg

Quelle n'a donc pas été notre surprise en découvrant la « machine d'anticythère ». Il s'agit d'une machine qui par un jeu assez complexe d'une trentaine d'engrenages dont certains sont excentrés permet de simuler des positions astronomiques. Datée du premier siècle avant notre ère, il nous semble qu'on peut la qualifier de précurseur de l'ordinateur (computer en anglais, c'est-à-dire calculateur), en ce sens ou à partir de données en entrée, on obtient un résultat en sortie. Le site du projet est ici : http://www.antikythera-mechanism.gr/

Plus qu'un mécanisme complexe, ce qui étonne est que cette machine semble avoir été fabriquée selon des normes, certainement à plusieurs exemplaires, c'est-à-dire selon un procédé qu'on pourrait peut-être qualifier de proto-industriel...

Il y a beaucoup de choses à dire sur cet objet, et la littérature n'en manque pas depuis les années 1900 date de sa découverte jusqu'à nos jours.

Dans le domaine des arts, si l'on prend l'exemple de la grotte Chauvet (http://www.culture.gouv.fr/fr/arcnat/chauvet/fr/index.htm...), cette grotte préhistorique aux décorations somptueuses, on s'aperçoit que tout un ensemble de techniques que l'on croyait propres à la Renaissance (perspective cavalière, perspective mod_article852458_8[1].jpgconique etc...) existait déjà de manière très élaborée à la fin du paléolithique.  Les images de cette grotte nous parlent comme si en trente mille ans rien n'avait changé dans notre manière de voir les choses.

Lorsque nous nous intéressons au domaine des techniques, nous sommes stupéfaits de voir comment nos aïeux ont su fabriquer des machines ingénieuses, des installations sophistiquées, des ornements, bijoux, sarcophages, décorations etc...somptueux avec des moyens souvent très minimalistes.

Si nous prenons l'exemple de la pompe à vis d'Archimède de Léonard de Vinci, nous pouvons nous poser la question de savoir si à ce jour nous avons réussi à faire une machine pour élever l'eau plus performante : La réponse est assurément non.

Nous avons personnellement fait une expérience surprenante que voici en deux mots : Nous dormions au petit matin dans une pièce toute blanche d'une location de vacances, dos à la fenêtre et la tête tournée vers le mur :  Sous nos yeux, dans la pénombre, au mur, nous distinguâmes ce que nous prîmes pour les traces d'une ancienne affiche. A regarder de près, nous vîmes que la trace...bougeait. Nous comprîmes alors que ce que nous voyions au mur n'était pas un poster, mais une ombre qui passait par un tout petit trou des volets et se projetait sur le mur. Cela nous amusa et nous regardâmes de plus près cette ombre qui bougeait lorsque nous nous rendîmes compte qu'elle était en couleur ! A-t-on jamais vu une ombre en couleur ? Nous regardâmes alors attentivement et comprimes : oeil1L3[1].gifA la faveur d'un concours de circonstances très particulier, nous voyions en fait se projeter au mur une image inversée de ce qu'il y avait dehors, avec les couleurs en négatif : Les circonstances avaient fait que nous étions en fait ... « dans » une caméra  !

Il est peu probable qu'à l'époque où la vie dans les cavernes était la règle et où la seule luminosité était celle du soleil, un homme avant nous n'ait pas fait la même expérience, et réfléchi de la même manière que nous fîmes...Alors, il n'est pas invraisemblable d'imaginer que les petites salles obscures aient eu des prédécesseurs aux temps reculés de la préhistoire.N'y a-t-il du reste pas un peu de cela dans le Mythe de la Caverne de Platon, mythe qu'il serait - à l'heure ou tout se passe par réalité virtuelle et écran interposé - interessant de  revisiter ?

Nous pouvons même nous dire que si l'homme des temps anciens avait moins de technique, il avait beaucoup plus de réflexion : En effet, lorsque vous êtes en vacances, l'esprit vide, assit au bord d'un lac ou de la mer, en train de couper une badine en pointe avec votre canif (notez - ça n'a rien à voir - au passage l'étymologie du français « canif » et de l'anglais « knife », c'est-à-dire « couteau », marrant, non ? )  vous avez tout le loisir d'observer la nature, le ciel, la rivière qui coule, les oiseaux qui font des ondes sur l'eau prenant leur envol, ces ondes qui s'en vont bien alignées en suivant le courant,  bref tout ce qui vous entoure, et de faire des suppositions, activité que l'agitation frénétique de la vie moderne ne permet guère ; Il est donc fort probable que l'homme ancien avait l'esprit plus curieux que l'homme moderne ; du reste, si chaque génération n'était pas plus curieuses que la précédente nous n'améliorerions pas nos techniques !

A cet égard, il est curieux de penser, lorsqu'on voit un objet préhistorique remarquable, comme une scène de chasse dans une grotte, une statue de femme enceinte, un alignement de menhirs, une sorte de cadran solaire, ou autres, qu'ils puissent avoir eu une fonction, divinatoire, incantatoire ou autre, différente de celle qu'on lui prêterait naturellement aujourd'hui : Pourquoi penser que l'homme préhistorique avait besoin de plus de dieux que nous en avons aujourd'hui ? Pourquoi penser qu'il y ait une différence à ce point significative dans la tête des hommes de l'ile de Pâque qui ont élevé ces moai immenses, et la vanité d'un bourgeois parisien qui désire à ce point perpétuer sa mémoire qu'il se fait construire le plus grand ahu-akivi-moai-cc-devittj[1].jpgmonument du cimetière ? Peut ton imaginer que dans mille ans, un archéologue visitant les ruines du père Lachaise dise qu'il s'agissait d'un lieu du culte des ancêtres, au sens ou nous l'entendons archaïquement aujourd'hui ?

On peut être a peu près sur que l'invention de la roue est une histoire bien plus vieille que ce que l'on imagine : On la date de 5500 ans : mais imaginons notre homme préhistorique assis au bord du lac, en train de contempler la pleine lune et d'en faire le tour en pointant son doigt en l'air : il aura tôt fait de comprendre qu'il vient de faire un cercle et que cette figure a une utilité. Pourquoi n'en serait il pas ainsi car, si l'œuvre d'art est l'expression de l'esprit de l'homme, les gravures de la grotte Chauvet nous laissent assez peu de doute sur la proximité de l'esprit de l'homme d'il y a trente mille ans avec celui de nos jours.

N'est ce pas l'expression de la vanité de l'homme à croire qu'il en sait plus que ses pechor[1].jpgprédécesseurs. N'est ce pas cette vanité qui est démasquée par le mythe de l'arbre de la connaissance - Eve donnant à Adam la pomme à croquer, offrande qui devaient les pousser l'un et l'autre hors du jardin d'eden ?

Ainsi, sans que ceci se veuille démonstration, il se pourrait bien que ce que nous appelons « progrès » ne soit en fait qu'une industrialisation de nos techniques, mise au service d'une pensée monotone de laquelle seule une fois par siècle un petit génie comme Einstein où quelques très rares autres émergent...

 

29/10/2010

le petit commerce

Winter, le 28/10/2010

www.mai2012.fr

« Elle avait pas lu Zola...»

Il advint que...

Ce matin non loin de la gare de C***, une petite commune coquette des Yvelines , je pousse la porte de la boulangerie pour prendre un croissant : Le gling de la sonnette retentit, en échange duquel la boulangère m'offre son plus beau sourire... Le commerce, c'est le sourire.... 1 euros et des poussières. Je sors un billet de 20 euros. Mon hôtesse le prend et le pose de son côté du comptoir, car il faut bien comprendre que dans le petit commerce le plateau de verre du comptoir , ou tout autre réceptacle sur lequel on pose la ferraille, symbolise une ligne de démarcation à côté de laquelle la défense Magino est une plaisanterie : Il y a ce qui est d'un côté, et tout ce qui est de l'autre.

C'est alors que je me ravise et fouille à la quête de quelques menues monnaies que j'aurais abandonné dans les profondeurs de mes poches et qui feraient très exactement le compte. Je lâche la mitraille sur le comptoir ; la boulangère encaisse, puis dans un geste très explicite, doublé d'une moue qui l'est tout autant, la paume collée au comptoir, pince du bout des doigts le billet en me regardant d'un air très ouvertement distrait et qui semble implorer l'absence de manifestation de cette étincelle naissant fatalement dans le regard de quiconque réagit : Elle attend évidemment que j'oublie de prendre mon billet ; il se passe un silence d'un millième de seconde, qui pourtant me semble durer une heure...

Ah ! que n'ai-je une caméra en guise d'oculaire ! Car voici qu'une histoire toute entière se déroule à travers cette imperceptible confrontation, qui est au sens propre et à bien des égards un véritable échange de point de vue. Et dans ce regard qui se suffit à lui seul à capturer toute la cupidité d'une humanité souffrante, la misère du petit commerce est ainsi résumée : « Si je peux en avoir un peu plus à son dépend, c'est toujours cela de pris », me dit ce clin d'œil bref.

D'un seul coup d'un seul cette boulangère qui était en poussant la porte accorte et fort avenante, m'apparait grosse, la poitrine flasque enserrée dans un tablier sale, des poches sous les yeux et le regard fuyant.

Et je l'imagine le soir en train de compter sa caisse après avoir tiré son rideau de fer, pendant que son mari décapsule une bouteille de mauvais vin... La boutique me semble alors bien sale : C'est une plongée dans les Rougon Macquart que je viens de m'offrir,  un roman, une véritable pièce de théâtre, une série complète, sans l'inconvénient d'avoir à monter à la capitale, de tourner pour me garer....

Tout cela en moins de cinq seconde, et pour le prix d'un croissant, moi qui faillis y laisser vingt euros...

 

01/10/2010

Progrès, Retraites... Bof

Winter le 1er Octobre 2010   www.mai2012.fr

« Progrès : On nous aurait menti ?»

Il advint que... 

Quelque chose me turlupinait dans le débat sur les retraites. Tous ces chiffres virevoltant, ces projections alarmistes, je ne savais trop quoi penser mais quelque chose allait de travers dans ces raisonnements.

Et puis cette nuit, l’illumination m’est venue.

C’est le discours de Sarkozy  parlant avec conviction des trois voies possibles pour conserver notre système de retraite devant le dernier conseil des ministres de Septembre qui m’a soudainement éclairé :

« la troisième [voie] est de travailler un peu plus longtemps. C'est la voie la plus raisonnable, celle que tous les autres pays ont choisie et celle que le gouvernement a retenue car nous vivons plus longtemps : depuis 1950, nous avons gagné 15 ans d'espérance de vie. »

Car des experts ont travaillé et ont produit tout un tas de chiffres. Grâce à l’ambitieuse réforme de Nicolas Sarkozy, en 2020 les caisses de retraite seraient à l’équilibre ; on y va même de prévisions jusqu’en 2050.

On fait des prévisions à 40 ans, alors que Christine Lagarde est incapable de sortir un chiffre de la croissance arrêté à dans 3 mois …

Personne ne peut croire une minute le sérieux de tels chiffres émanant de gens qui en avril 2008 avaient été incapable de voir venir la crise des sub-primes, évidente pourtant pour le premier trader venu.

Personne ne peut prendre au sérieux des statisticiens qui pilotent à la canne blanche : Rappelez vous les critère de convergence, les fameux « critères de Maastricht » édictés en 1992 , assouplis en 2005 :  déficit du PIB limité à 3% : le dépasser d’1/2 point fût un scandale en son temps : on est en France à 8% aujourd’hui et finalement, on n’est pas mort…

Alors, permettez moi de penser que les experts sont à la vie économique ce que les farines animales sont à l’engraissement du bétail : on peut faire avec, on peut aussi faire sans.

 Donc, notre Bon Suzerain, homme d’avenir, des réformes du monde qui avance, de la France qui se lève tôt, qui entreprend, notre Bon Suzerain dont on aurait pu penser que grâce à son énergie, on entrerait bientôt dans la VIeme république, prend comme référence  afin de justifier l’augmentation de la durée des cotisations la France de Vincent Auriol, la France de la IVeme République, du début des trente glorieuses.

Je me permets d'insister tant l'argument est sur-réaliste.

Hé oui, en 1950 – il y a plus d’1/2 siècle – les choses étaient différentes : C’était la Section Française de l’Internationale Ouvrière qui était au pouvoir. Les femmes étaient toutes voilées le dimanche à l’église : Elles se tenaient sur la droite et les hommes à gauche. Ma grand’mère allait puiser de l’eau à la fontaine communale, pendant que mon grand oncle s’esquintait le dos à ferrer les bœufs dans la cour. En ville, le ferrailleur passait pour acheter les peaux de lapin et les déchets de ferraille qu’on donne aujourd’hui à  Veolia. A l’école, on avait une blouse de coton et si par malheur elle avait un trou, on nous tapait violement sur les doigts du bout d'une règle en palissandre. En 1950, les hommes travaillaient tout le Samedi ; dans les mines les ouvriers crevaient les poumons remplis de suie…

Mais un lent mouvement était en train de naitre avec la fin de la guerre : C’était le Progrès, la Modernité : dans les années 65 on habitait un petit pavillon mais moi – tout jeunôt que j'étais  – j’enviais les voisins qui habitaient les HLM : ils avaient des « vide-ordure », eux, et au sous sol il y  avait des machines collectives à pièce pour laver les femmes, et des grands espaces avec un bac-à-sable où les gosses - nombreux - pouvaient jouer pendant ce temps… C’était le progrès des années 50, avec ce relent de collectivisme qu'on a passé par pertes et profits.

Le Progrès, c’est devenu le cheval de bataille de la société : Il faut être moderne, progresser, aller de l’avant, chasser la saleté des moindres recoins.

En 60 ans, on est passé de la roue de charrue à la jante en alu de 15 pouces, du tablier de coton à la robe en soie fabriquée en chine, de calculatrice à manivelle au réseau d’ordinateurs, du morse à la Wifi…

C’est le progrès qui courre.

L’homme a développé de plus en plus de machines sophistiquées pour diminuer son effort, vivre mieux et plus longtemps : Car c’est cela le progrès ;  et c’est le message qui est porté par les partis politiques de progrès. Car fondamentalement, ce n'est pas pour engraisser les sociétés du CAC40 que l'homme a développé des machines : lorsque sonne l'heure, riche ou pauvre, on se retrouve remplit des mêmes d'asticots.

 Et notre Bon Suzerain, faisant des prévisions pour dans trente ans, prend l’image d’une France d’il y a six décennies : En un seul discours, un raccourci de presqu’un siècle : La démonstration se passe de commentaire pour un gouvernement qui a des incertitudes sur la valeur des indicateurs économiques à tomber dans trois mois !

Je pense toujours à cette pub pour la SNCF : « le progrès ne vaut que s’il est partagé par tous ». Car c’est bien cela le fond du débat. A quoi servirait  le progrès dans une société ou l’homme serait réduit à travailler comme un damné jusqu’à la fin de ses jours ? On ne peut pas réduire la question des retraites à quelque chose d’arithmétique : Si cela peut avoir du sens pour un statisticien, pour un homme politique, c'est à dire quelqu'un qui est chargé d'une Vision de l'avenir,  cela ne veut strictement rien dire, et cela a d’autant moins de sens si l’on est un partisan acharné du progrès. Car dans le débat sur les retraites les questions d’arithmétique – pour aussi importantes qu’elles soient - ne restent qu’un outil au service d’une idée d’un monde en route, la grande idée que nous vendait l’UMP.

« travailler un peu plus longtemps. C'est la voie la plus raisonnable»

La voie de Sarkozy raisonne encore dans mes oreilles : « C'est la voie la plus raisonnable» : Ainsi le masque tombait : Là ou l’on pensait avoir affaire à une démarche de progrès, on s’appercevait que l’on était  face à une coalition des plus rétrogrades qu’on avait à ce jour connues. Tout cela est dramatique et comique à la fois.

Et en privilégiant les questions de moyens sur les questions de fond, notre représentant de commerce national a raté sa démonstration : le peuple lui a déjà dit à deux reprises, demain sera la troisième.

15:55 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : retraite, à 60 ans, ump, ps, pc, cgt, cfdt, fo, npa, équilibre | | |  Facebook

27/09/2010

Besson et le nouveau modèle social

 

Les urbanitasmagories de Winter le 2 Mars 2010

  http://www.mai2012.fr

«Le ministre du rapprochement des générations»

Eric Besson, notre sémillant ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du Développement solidaire est tombé amoureux d’une jeune tunisienne. Cela arrive, en démocratie, que voulez vous, l’amour n’a pas de frontières. C’est aussi cela la mixité de la république.

A 51 ans, il se trouve une jeune fille de 22 ans. Même si cela fait très seventies, avec le petit côté « Martine à la plage», c'est parfaitement légal et non répréhensible : En effet, le site d’Interpol précise qu’en Tunisie, l’âge légal de « consentement pour l’activité sexuelle »  est fixé à 20 ans. Notre ministre avait donc deux ans de marge. On n'a en conséquence rien à lui reprocher, et cela, c’est formidable, on ne le répétera jamais assez.

Avec une femme aussi jeune, cette union pourrait, Si Dieu le veut comme disait ma grand'mère, donner naissance pour le plus grand bonheur de la France à  une descendance nombreuse. Quelle chance que d’avoir un papa de 70 ans lorsqu’on en a 18.  C’est cela aussi, la mixité républicaine, et cela, c’est formidable, on ne le répétera jamais assez.

 

24/09/2010

Renseignements très généraux

Winter le 24 Sept 2010   www.mai2012.fr

« Des renseignements très généraux»

Il advint que... 

Je m’en allai hier à Paris faire un tour à la manifestation contre la réforme des retraites, ce 23 septembre. Comme l’on n’est jamais si bien servi que par soi-même, afin de comparer les deux mouvements, je me postais au même endroit à la même heure et assurément, il y avait cette fois beaucoup plus de monde.

Les renseignements généraux, de leur côté, comptabilisaient cette fois moins de trois fois moins de participants que les organisateurs, ce qui faisait mécaniquement beaucoup  moins de manifestants qu’à la précédent démonstration. La conclusion venait donc naturellement au journal de 20 heures, comme une antienne répétée en écho par chaque membre du gouvernement : « Le mouvement s’essouffle, mais ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas écouter les français ».

Quelle dialectique de bazar, dans la superette de Notre Bon Suzerain !

Mais tout ceci serait plutôt drôle s’ils n’y croyaient pas.

Car ils y croient, c’est cela le drame ; ils sont sincères nos bougres de ministres. Bien qu’ayant tous fait de plus ou moins grandes études, parfois sanctionnées par un diplôme, ils demeurent persuadés qu’en cassant le thermomètre on enlève la fièvre.

Alors ils le répètent en boucle, appliquant avec constance la méthode Coué : « Tous les jours et à tous points de vue, je vais de mieux en mieux ».

On a vraiment du mal à penser qu’ils soient à ce point stupides. 

Mais il y a peut être une autre explication…

Jean Piaget célèbre médecin initiateur ou presque de la discipline qui traite de la psychologie de l’enfant, a décrit de qu’il appelle « l’animisme enfantin », c'est-à-dire le fait, pour le tout jeune enfant, d’attribuer une volonté aux objets. Ainsi, en cassant le thermomètre, on invalide le mal.

Finalement, nos ministres font-ils autre chose ?

C’est qu’ils sont restés très jeunes d’esprit, et c’est cet esprit de jeunesse, cette créativité tellement surprenante et cette naïveté omni présente qu’on aime chez eux.

Certes, parfois, cela sent un peu mauvais dans la couche, mais qui peut vraiment prétendre connaitre l’odeur de l’avenir ?

08:26 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : manifestation, réforme, reforme, retraite, woerth, sarkozy, ump, ps, pc, cgt | | |  Facebook

14/09/2010

A l'ouest, rien de nouveau....

Winter le 14 Sept 2010   www.mai2012.fr

"La presse gratuite fait la part-belle aux ordures..." 

Il advint que... 

Ce soir, sortant de mon travail, je pris le train un peu tard ; A une heure où la fréquentation dans les transports en commun devient moins pesante,  ceci me laissait le temps de rêvasser sur mon chemin du retour tout en m’offrant d’avantage d’espace sur la banquette pour y déballer mon ordinateur portable , accessoire indispensable à la formalisation de mes rêvasseries urbaines.

Lorsque l’on apprécie l’épistolaire, le sujet compte moins que l’exercice, et c’est ainsi que les genoux réchauffés par la batterie de la machine, et l’esprit froid, je cherchais alentours afin de guider l’élan de mes doigts sur le plastique du clavier un sujet d’inspiration.

Sur la banquette en face, traînaient un peu froissés les reliefs du  journal gratuit « Métro » du jour

A rêveur qui cherche à élargir le champs de son horizon onirique, ce type de lecture usuellement est  fécond et c’est ainsi que  je commençais à défroisser les vingt pages de papier abandonnées sur le siège par un lecteur peu soucieux de l’effort que mettraient la nuit venue les noirs en bleu afin d’effacer ses souillures.

Une première lecture rapide m’emmène de  la page une à la vingtième.

Puis une deuxième fois dans l’autre sens.

C’est ainsi que je fis trois relectures.

Rien

Pas le plus petit article prompt à faire jaillir en moi l’étincelle que cherche le faiseur de mots. 

Sur vingt pages de papier, strictement rien d’intéressant, de comique, de notable, de déplorable ou d’enthousiasmant, d’énervant, de  trop politiquement correct ou détestable, rien de tout cela, pas même un placard publicitaire original qui aurait pu faire ressortir quelque chose du néant.

Rien ?

Enfin pas tout à fait :

Dans ce désert total et absolu, je trouvais la lecture des numéros de page particulièrement intéressante : cela me permis de me remémorer que nos ancêtres les gaulois comptaient en base 20, et que ce reste de numération nous a laissé les mots onze, douze etc…, et non pas dix-un, dix-deux etc.., ainsi que la base dix l’eut logiquement appelé.

C’était toujours cela de gagné.

Je me remémorais également les années 80, époque des radio-libres durant laquelle sous couvert de « liberté », la gauche française inventa la radio-poubelle.

Arrivé à destination,  sur le quai de la gare, les poubelles étaient, elles encore, remplies de journaux gratuits.

Ceci, n’en déplaise aux décroissants, montre que rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme et que qu’il ne faut pas être grand clerc pour comprendre qu’en matière de média au moins on peut être certain que l’avenir est avant tout aux ordures.

 

10:45 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : metro, 20 minutes, direct matin, gratuits, presse gratuite, presse | | |  Facebook

09/07/2010

Les mômes harengs

Les urbanitasmagories de Winter le 11 Juin 2010

http://www.mai2012.fr/

«Notre histoire écrit le futur ; les mots sont l’expression de l’histoire»

« Email », voici un joli mot à harponner !

Dans un élan de jeunisme propre à la génération Viagra, nos brillants académiciens l’ont traduit par « courriel », acronyme de « courrier électronique ».

Le mot « mail » avait pourtant avec le courrier un histoire interessante à exhumer : En français, on appelait autrefois la « malle-poste », puis par abréviation la « malle » la voiture postale qui convoyait le courrier. Ce mot de « malle », qui vient du haut-allemand « malaha » se retrouve dans le mot « mail ». C’est pour cela que « courrier » se dit « mail » en anglais, et qu’on voit « Royal Mail » sur les voitures postales outre manche.

A une époque où la communication est délicate, tant les bois sont remplis de brigands, le mot fait référence au moyen qui transport le message, plutôt qu’au message lui-même ; c’est en quelque sorte tout à la fois l’emballage et le véhicule du message. Peut-être faut il chercher dans le mot iranien « mâleh », (truelle, c'est-à-dire un contenant) des racines communes ?

Cela tombe bien car un « courriel », même si le couperet de la censure ou l’auto-censure des hommes ou des états s’est substitué à celui des brigands, c’est exactement la même chose : un emballage qui transporte des messages : on le constate quotidiennement avec de plus en plus d’à-propos en listant la quantité invraisemblable de pièces jointes que l’on reçoit avec nos « mails ».

Personne n’utilise le mot « courriel » car il est stupide : En effet, même sans grande culture, le quidam - qui n’est pas si bête que cela - sent bien au fond de lui-même que l’on ne saurait substituer le moyen - « électronique » - à la description de la fonction - «malle, enveloppe, contenant».

Cette traduction est à l’image de ce que sont les intellectuels : à la fois déconnectés du passé et du futur sans pour autant être dans le présent, autant dire, nulle part, sans pour autant n’en déplaise à Giscard être immortels.

On me rétorquera qu’on dit bien « imprimé » pour publicité, « papier » pour article de journal, « pneumatique » pour message envoyé par air, et que ce faisant, on fait primer le moyen technique sur le contenu. Il y a sans doute une explication : Pour « Imprimé», le contenu est sans doute secondaire. Pour « Papier», il s'agit sans doute d'un raccourcis de l'anglais « News Paper». Pour « Pneu», je vous laisse trouver une explication !

Mais dans le cas qui nous concerne, n’aurait il toutefois pas été plus pertinent de traduire « email » par un mot comme « malette », voire « malle », ce qui aurait eu pour avantage de conserver la musique du mot britannique, tout en faisant perdurer le sens originel français ; du reste, lorsqu’on est sur son ordinateur, les mots « dossier », « répertoires » sont rentrés dans la langue courante : ils décrivent parfaitement la fonction sans considération du moyen technique qui lui a complétement changé.

Je me trompe ?

 

 
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