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13/01/2012

Oui au travail de nuit des enfants de plus de 12 ans

Winter Le 16 Décembre 2008  http://urbanitasmagories.blog.20minutes.fr/

« Réinstaurons le travail de nuit pour les plus de 12 ans.».

Faut il travailler le dimanche ? , jusqu’à 70 ans  ? Posé de cette manière, la question ne risque pas de nous amener très loin.

Alors en train de faire mes courses dans le centre commercial d’Art de Vivre à St Ouen L’aumône (95) je me vis proposer par une jeune employée de la librairie « le grand cercle » de signer une pétition en faveur du travail du dimanche.

Je ne savais pas qu’on avait le droit de faire signer des pétitions sur les lieux de travail, aussi, je m'arrêtais pour échanger quelques mots avec cette jeune personne, lui suggérant l’idée que sa demande était bien timide et que si sa motivation était de gagner plus d’argent, il fallait également qu’elle se batte pour une ouverture du centre commercial pendant la nuit, idée à laquelle ma locutrice ne semblait pas adhérer.

Je tentais ensuite d’expliquer à cette jeune personne – probablement caissière et dotée d’un master 2 – que le problème n’était pas tant de travailler pour payer ses études que celui d’avoir les moyens de les poursuivre dans de bonnes conditions, et si travailler le dimanche l’amenait à rester caissière, elle devrait se poser la question de l’intérêt du financement de telles études.

Je compris alors qu’il ne suffisait pas d’étudier pour apprendre car elle ne comprenait visiblement strictement rien à mon raisonnement et n’avait de toute évidence aprèus de longues années d'étude aucune idée ni culture politique, même de base.

Que penser ?

La fonction de l'état est la protection des individus qui, en échange d’une part de leur revenu, le laissent  se substituer à eux pour assurer leur sécurité ainsi qu’un ensemble de fonctions qu'individuellement ils ne pourraient assumer.

La sécurité des individus passe par la protection des biens et des personne qui appelle nécessairement la construction d’une perspective de vie pour chacun des administrés ; Le repos hebdomadaire - pour ne pas dire dominical - est le résultat d’arbitrages - pour ne pas dire de luttes - entre les individus représentés en corps constitués et l’état qui est à leur service.

Force est de constater aujourd’hui et un peu dans tous les domaines le recul de l’état : services publics, forces de police, forces militaires, éducation, émission de monnaies, garanties financières etc…

Face à ce déficit de services pour lequel paradoxalement l'individu paie toujours plus cher, tellement plus cher que l’on devient obligé de travailler toujours plus y compris le dimanche, on peut valablement commencer à se poser la question du bien fondé de l’état où à minima de son maintien dans ces conditions.

En s’affranchissant de ses fonctions purement régaliennes (arbitrage, modération, sécurité des personnes et des biens, garant d’un projet de société), en faisant la promotion du communautarisme au dépend de la communauté, en privilégiant l’action à court terme au dépend de la réflexion à moyen terme,  l’état français est en train de semer les germes de l’anarchie. Il ne faut pas entendre par là qu’il  génère du désordre, mais simplement qu’il est en train de s’auto-vider de sa substance et de sa raison d’être dans une période où plus que jamais la nécessité d’avoir un principe fédérateur entre les individus qu'ils soient ou non organisés en groupe apparait patente.

L’enjeu du travail du dimanche, c’est tout cela, ce n’est pas de savoir s’il est bien ou non de faire ses courses le dimanche.

Il me semble fort dommage que personne ne pense comme cela, à commencer par les organisations politiques et syndicales de droite comme de gauche qui ont dans leur développements intellectuels la pertinence de la poule.

Mais tant qu’il en sera ainsi, on pourra toujours planter des coqs sur les clochers de nos églises.

 

16/12/2011

la prêche nous casse les prunes

http://www.mai2012.fr/
Winter, le 15 Décembre 2011

«Chirac s’en va, Jésus revient !»

Le train de banlieue du matin est toujours une expérience intéressante, surtout lorsque l’obligation de le prendre n'est que ponctuelle.


Il est tôt. L’air déjà vicié de la voiture qui, au rythme des haltes banlieusardes,s’emplit jusqu’à l’excès embue grassement des vitres mal ventilées par  lesquelles le voyageur encore en phase de réveil et un peu prisonnier de ce concentré d’humanité souffrante peut se surprendre à laisser glisser sur le monde extérieur un regard un peu cataracté.


Dans le silence pesant qui précède la journée de labeur, chacun tente - derrière un journal gratuit aux insignifiantes nouvelles, en se maquillant derrière son miroir de poche ou dans le reflet de son smartphone, caché derrière les pages populistes du dernier roman à la mode, ou simplement assoupi les yeux mi-clos attendant le terminus - dans des fragrances de parfums bon marché et au rythme régulier du son sourd de la motrice avalant les rails, de se gagner sa part d’intimité.


Ce silence soigneusement rythmé, d’avantage prégnant les lundis matins , participe quotidiennement de la transition qui mute le voyageur mal réveillé en travailleur docile.


Oui mais voila. Cassant l’équilibre d’une paix sociale négociée sous la contrainte d’une compagnie forcée par les encombrements de la vie parisienne et de l’habitude réunis, ce lundi matin, IL était là, dans la voiture.


Grand, noir, costaud et fier, c’était la première fois qu’on le voyait ici, debout sur la plate-forme, se faisant une place dans l’enchevêtrement des corps. Habituellement, on le croise sur le quai de métro de la ligne 5, à la gare du  Nord, aux heures de pointes : On peut alors l’éviter, passer devant lui en faisant mine de ne pas l’avoir vu, faire comme si l’on n’avait rien entendu, et filer en douce vers sa rame , mais aujourd’hui, LE FOURBE, il était déjà là de bon matin, profitant de ce temps de captivité forcé imposé aux travailleurs associé à un taux de remplissage hors normes, et, du haut de son bon mètre quatre vingt dix, d’une voix grasse, ininterrompue, forte et fière, dans le silence endormi du matin, LE PREDICATEUR se mit à haranguer les transiliens, appelant sur le wagon ensuqué la foudre de dieu pour les amateurs d’alcool, de poker et de fornication, la rédemption pour les petits pécheurs et le salut de l’âme pour les autres.


En somme, assez peu d’espoir pour un Lundi matin.

Il psalmodie sa prêche, calmement, tranquillement. De l’autre bout du wagon je l’écoute. Il parle de dieu, de suicides, de la fin des temps. Ce doit être un adventiste ou quelque chose comme cela. Pour lui, la vie s’inscrit entre sa fin et le début du néant ; le reste, disait Pascal avant lui, ce n’est que divertissement.
Dans notre voiture, d’interminables minutes s’allongent, au fil de l’écoulement de son prêche endiablé. Personne pour réagir. Les âmes sont apathiques, le matin dans le Pontoise-Paris, et le bougre a bien raison de les prendre au moment où elles sont le plus perméable.


Mais comment voulez vous dans ces conditions vous concentrer sur les mots croisés de « 20 minutes » ?
Le paysage s’écoule derrière ces vitres parsemées de vapeur qui nous donnent sur le val des impressionnistes un regard de poisson.


Le type continue son soliloque.

Un ensemble de réflexions me submerge l’esprit : Si mes propres enfants avaient en ma compagnie dans ce lieu et à cette heure le même comportement, assurément une bonne paire de claque les remettrait rapidement en place.


Puis progressivement, le temps et le train avançant dans une course bien réglée, tandis que le prêcheur continue de beurrer à la cantonade une théorie de tartines incantatoires, prisonnier de cet endroit exigüe, la conscience né que ce qui ne pouvait passer à premier abord pour du simple prosélytisme un peu exotique se révèle en fait être une manière de viol qui ne dit pas son nom, et tant la notion de contrainte me semble contraire à la morale portée par la religion, la moutarde monte au nez.


Ce type ne fait rien de moins que de nous imposer son point de vue, et non pas nous éduquer ou nous expliquer une certaine vision du monde.


Mais ce qui irrite le plus, c’est qu’aucune personne, dans ce wagon bondé, ne semble réagir.
Je me lève, et de l’autre bout du wagon, tentant de couvrir sa voix puissante, je l’apostrophe indiquant que si, dans ce lieu confiné, chacune des religions représentées sans compter celles qui n’en sont pas , veut se mettre a prêcher, du juif au mahométan en passant par le franc-maçon et le communiste, la cacophonie engendrée risque de rendre la lecture du journal un peu compliquée.
Cela ne perturbe en rien notre prêcheur qui continue invariablement sa litanie monotone.
Du coup, une envie furieuse me prend de faire comme lui, sur le même ton et au même rythme, mais pour les prochaines élections :
« Citoyennes, citoyens, travailleuses, travailleurs, vous pensez que votre ennemi c’est votre voisin quand votre ennemi c’est votre banquier. Votre banquier c’est le diable, le diable sur terre, le diable incarné. Il est là, près de vous, il approche, ne vous laissez pas séduire ».


Et je continue ; ça me défoule… J’explique que si quiconque ayant un hobby ou une conviction se met à vouloir la solilocquer devant tout le monde, la cuisinière qui est tellement fière de sa crème pâtissière qu’elle réussit chaque année pour la buche de Noel familiale pourrait elle aussi - pouquoi pas-  en psalmodier la recette dans le train du matin. Ainsi chacun profiterait des passions et des convictions des autres. Mes compagnons de voyage les plus proches  passent du sourire amusé à franche rigolade;  Cela détend une atmosphère particulièrement pénible et évitera de démarrer la semaine dans des perspectives dantesques.


Les seuls qui semblent ne pas rire, ce sont les noirs et les antillais : ils ont sans doute pris au premier degré la divine comédie. Chez ces gens-là, madame, on ne plaisante pas avec la religion.



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03/12/2011

Le métro à l'heure des SDF

Winter , le 23 Mars 2006 

www.mai2012.fr

"Une simple erreur d'appréciation

Potron-minet, gare Saint L azare, Vendredi matin . Station de métro ligne 13 direction Châtillon .

Pas grand monde à cette heure. Normal. Le Parisien qui n’est pas parti en week-end reste encore au lit si tôt matin. Le parisien est un citadin qui s’apprécie in situ du lundi au jeudi, de préférence aux heures ouvrables. Le reste du temps, le Parisien est soit au lit, soit à Deauville, soit encore à la noce. Pour l’heure, on croise uniquement les noirs, les ouvriers, les travailleurs. L’écrin de béton du métro sorte lascivement  de sa torpeur nocturne. Quelque éclat d’une toux caverneuse suivi d’un bruit de crachat glaireux qui vient finir sa course sur goudron fraîchement balayé  émaille le brouhaha encore timide du quai. Odeur d’urine et de cigarette mal éteinte de la veille. Le jour se lève. C’est l’heure des pauvres.

Accroché au fait d’un poteau dans son coffre laqué noir, le panneau indicateur rappelle de ses lettres lumineuses au chaland encore endormi que pour ce jour encore, il pourra bénéficier de tous les services de la RATP. Pas de mouvement social en vue ; prochaine rame dans une minute quarante.

Un mouvement social est une période qui – très paradoxalement - se caractérise par l’immobilisation de la société. Plus la mobilisation est forte, plus le mouvement est important est plus l’immobilisation est forte.

La technologie mise en œuvre dans ce panneau lumineux qui, tel un oracle antique, peut,  dans les temps aussi troublés que nous vivons,  prédire l’avenir avec une précision si redoutable,  force l’admiration.

Encore une minute vingt à attendre.

Sur le sol, à la naissance de la voûte, comme dans la plupart des stations parisiennes, les ingénieurs ont ménagé de manière fort habile  une petite rigole d’un dizaine  de centimètres de large sur 3 à 4 de profondeur : L à, les armées de l’ombre, ces rois de la propreté,  hommes et femmes le plus souvent noirs, assez régulièrement dans une situation qui souvent ne l’est pas, ces hommes et ces femmes que l’on rencontre dans le tout premier train de banlieue du matin, celui dont le pantographe en hiver fait fondre la première glace de la caténaire . ,  à la main le petit sac de toile contenant l’indispensable et économique casse-croûte, parfois  voyageant pour les plus habiles d’entre eux dans le compartiment vélo en compagnie de leur petite reine , car à cette heure, c’est le système « D » qui prévaut pour rejoindre son lieu de travail, ces hommes et ces femmes équipés d’un balai de plastique au longues et souples palmes vertes  que des équipes entières de marketing ont conçu , velléité dérisoire, avec pour ligne directrice le vœux d’imiter le  traditionnel balai de genet des cantonniers de notre enfance, ces hommes et ces femmes de l’ombre peuvent y chasser d’un geste indispensable, ample et cadencé les résidus que des voyageurs peu précautionneux ont plus ou moins lâchement abandonné au sol  : Tickets usagés, étuis de cigarette vide, peigne de cheveux, élastiques, papier et toute une kyrielle d’objets tous plus improbables les uns que les autres .

Prochaine rame dans une minute dix.

C’est dans ce petit caniveau que  tard dans la soirée, les hordes de sans abri iront soulager leur vessie par trop chargée du mauvais vin des épiciers noctambules, et qu’au petit matin, les derniers fêtards parisiens y viendront épandre  la jardinière acidulée de  leurs estomacs retournés comme des peaux de renards .

Une minute d’attente .

Pour l’heure, cette rigole est encore pratiquement vierge.

Adossé contre le mur  de la station, notre homme, fait du surplace et en profite  pour y coincer régulièrement  le talon de ses brodequins de marche. Il est antillais, ghanéen, capverdien peut-être.

Il a trente cinq ou quarante ans maximum.

Son visage mat, soutenu par une élégante barbiche soigneusement taillée et peignée est calme. Son regard alternant de gauche à droite semble répondre à des impératifs de contrôle d’une situation qui se déroule sans heurt.

Campé très volontairement sur ses deux jambes, dans la lignée des conquérants d’espaces sauvages, il porte un jean légèrement défraîchi, mais propre,  une parka de sport assez ample bleue marine parée de grandes poches plaquées sur le devant et surmontée d’un col qui lui couvre bien le cou. Son manteau légèrement entr’ouvert laisse deviner une chemise de jean boutonnée jusqu’en haut du col. Avec son air tranquille et ses chaussures montantes,  promptes à supporter de longues et harassantes stations debout, il a tout le nécessaire du fonctionnaire de la RATP.

Sur le haut de la manche gauche de sa veste de nylon, la broderie d’une improbable  latitude et d’une non moins improbable  longitude masque difficilement le fait que l’expédition la plus australe que notre homme ai sans doute jamais diligentée s’arrête probablement à la porte d’Orléans.

Encore quarante secondes à attendre.

On entend sourdre des entrailles de la terre, d’abord timidement puis de plus en plus perceptiblement le bruit de la étreinte métallique des boggies sur les rails . L e coup d’œil prompte  et précis, notre homme porte son regard par delà la fin du quai opposé, vers l’endroit ou les rails viennent mourir dans la pénombre du souterrain naissant, juste au dessus d’une pancarte émaillée qui rappelle au profane les limites du domaine de l’usager, en direction des indicateurs lumineux aux significations sans doute limpides pour le professionnel de la profession mais de toute évidence totalement incompréhensible pour le commun des mortels .

Il conserve dans sa main droite un crayon à papier de type 2B soigneusement taillé et prompt à servir tandis que sa main gauche  – tel celle d’un journaliste prêt à prendre des notes – tient précautionneusement un épais carnet dont les nombreuses pages passablement décalées et écornées  à force d’être manipulées sont recouvertes de manière méthodique de rangées scrupuleusement  alignées de petits numéros.

Il fait froid dans cette station qui pour l’heure ne bénéficie pas encore du nombre  pour y faire monter de quelques degrés la température ambiance, aussi, pour se réchauffer, notre homme se balance alternativement d’un pied sur l’autre. Pied gauche, pied droit, pied gauche, pied droit.  C’est qu’entre deux rames, le temps paraît bien long. Et comme il faut bien faire quelque chose, a chaque fois qu’il vient à s’appuyer sur un pied, il tape deux fois très rapidement et très discrètement son talon derrière la marge de la rigole ; Pied gauche tic tic, pied droit tic tic, pied gauche tic tic….

En fonctionnaire zélé,  immobile, il scrute avec minutie l’entrée du tunnel, rythmant de ses pieds engourdis un temps qui a du mal à passer: Pied gauche tic tic, pied droit tic tic, pied gauche tic tic….

A l’apparition de la rame, il stoppe son surplace et note dans sa colonne de chiffres quelques numéros, probablement la référence du train qui apparaît en lettres lumineuses  au frontispice de la motrice. Puis il récapitule méticuleusement en repassant par un pointage du  bout de son crayon si  bien affûté l’ensemble des inscriptions depuis la première rangée de la colonne.

Du travail précis, effectué dans le calme, du travail soigné, du travail bien fait.  Voici qui force le respect, voila ce que le monde entier nous envie dans nos chemins de fer et qui  nous permet de vendre notre TGV aux japonais : l’art de la belle ouvrage.

Les portes s’ouvrent, les quelques voyageurs montent, tandis que d’autres descendent, les portes se ferment , la rame repart. Notre homme ferme son carnet et se remet en mouvement Pied gauche tic tic, pied droit tic tic, pied gauche tic tic….

Les trains doivent être à l’heure : En l’absence de mesure de résultats, comment juger de l’impact d’une action sur une organisation globale ? Et pour qu’un service soit efficace, il convient d’en mesurer et d’en suivre précisément les effets , en terme de résultat : ponctualité, disciple, régularité, amour des choses bien ordonnées. Voici ce qui manque en France. Il faut remettre la France au travail, à l’image de ce fonctionnaire qui effectue consciencieusement un travail qui n’est pas forcément très gratifiant.

-         Pied gauche tic tic, pied droit tic tic, pied gauche tic tic….

-         Une nouvelle rame arrive.

-         Les portes s’ouvrent

-         Les voyageurs montent et descendent

-         Notre homme s’immobilise

-         Ouverture du carnet

-         Ecriture

-         Les portes se ferment

-         Récapitulons en comptant depuis le haut de la colonne.

-         Fermeture du carnet

Un je-ne sais-quoi dans l’attitude de ce fonctionnaire ne colle pas et m’intrigue. Peut être est-ce simplement le fait que j’entr’aperçoive au dos du petit papier sur lequel  il écrit en s’appuyant sur son carnet qu’il s’agit d’une note de fast-food.

Et tandis que notre homme reprend son manège, pied gauche, pied droit, je décide de laisser passer quelques rames en sa compagnie sur le quai devenu maintenant désert.

-         Pied gauche tic tic, pied droit tic tic, pied gauche tic tic….

-         Une nouvelle rame arrive.

-         Les portes s’ouvrent

-         Les voyageurs montent et descendent

-         Notre homme s’immobilise

-         Ouverture du carnet

-         Ecriture

-         Les portes se ferment

-         Récapitulons en comptant depuis le haut de la colonne.

-         Fermeture du carnet

Image d’une société dont les individus sont broyés par des activités sans intérêt, ce processus qui se répète invariablement trahit plus probablement l’absurdité d’une tâche dont un fonctionnaire perdu dans le fond d’un obscur bureau a ordonné l’exécution au seul motif qu’on le lui avait à lui-même demandée.

Au pied de notre homme, des effets personnel : une sacoche dans laquelle le cadre de bureau y met usuellement un ordinateur portable, et qui contient sans doute le matériel nécessaire au contrôle des titres de transport ainsi que les divers horaires indispensables à une bonne synchronisation des opérations ferroviaires, un sac à dos de petit format semblable à ceux que les adolescents portent invariablement en toute circonstance, un attaché case d’un modèle bien ancien, et quelques sacs en plastique jaune dont l’un d’entre eux, sanglé par des sandows élastiques, trahit finalement l’appartenance de notre homme à la cohorte des miséreux, qui, bagages aux bras, hantent au petit matin les quelques rares endroits de la capitale ou l’on peut se sentir pour quelques temps à l’abri de morsure d’un froid qui tard à disparaître dans l’hiver finissant, et ou bientôt la présence de la foule permettra de camoufler sa propre solitude.

-         Pied gauche tic tic, pied droit tic tic, pied gauche tic tic….

-         Une nouvelle rame arrive.

-         Les portes s’ouvrent

-         Les voyageurs montent et descendent

-         Notre homme s’immobilise

-         Ouverture du carnet

-         Ecriture

-         Les portes se ferme

-         Récapitulons en comptant depuis le haut de la colonne.

-         Fermeture du carnet

J’observe.

Que note-t-il sur son carnet ?

Je ne sais pas.

Peut-être tente-t-il pas une incertaine intercession divine de trouver à travers l’ordonnancement des métro la prochaine combinaison gagnant du loto ?

Plus vraisemblablement notre homme est psychotique, et , en l’absence de toute contrainte, il s’est investi d’une improbable mission.

Combien noircira-t-il calmement de pages avant qu’on s’intéresse à lui ? Sans doute cela n’est il même plus son problème. Il s’est construit un univers orthonormé ou lui-seul s’y retrouve.

Loin des débats sur le CPE, vraisemblablement sans travail, sans abri, sans famille, au ban de la société,  il n’existe socialement plus ,  pas même  pour les statistiques. Il  s’est trouvé là une raison de vivre. Au rythme d’une gymnastique précisément cadencée, il attend, évalue, scrute, compte, vérifie et note des chiffres dont lui seul détient l’explication.

Paris - 23 Mars 2006

 

 

Le respect du aux anciens

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 Winter, le 2 Décembre 2011

 «Une simple erreur d’appréciation»

 Le métro est bondé, hier, sur la ligne 5. Sur la plate-forme, le dos appuyé à la porte opposée à la porte de sortie, une vieille femme peine. Elle est chic, poudrée, soignée. Sa tête est discrètement secouée de ces petites convulsions périodiques qui trahissent le grand-âge. Elle jette régulièrement un œil réprobateur à une jeune fille juste à côté d’elle qui , malgré l’affluence, peu profiter d’un strapontin. Un colosse noir arrive, la bouscule sans s’en rendre compte. Elle vacille et se raccroche à la barre centrale tandis que son visage fripé se tord en un rictus silencieux.

 Ne supportant pas moi-même la station debout, je compatis avec cette pauvre femme à laquelle aucune personne alentour ne songerait à proposer son siège. Les gens sont particulièrement peu respectueux des anciens. Aujourd’hui, il n’y a guère que les jeunes musulmans pour laisser un siège aux vieux : Dans leur culture, la préséance due à l’âge est encore une valeur.

 Mon esprit vagabonde sur ce thème durant les vingt minutes de métro qu’il me reste. Je pense à me lever pour laisser ma place, en faisant la leçon aux petits jeunes â côté. Mais c’est vrai que moi aussi, j’ai odieusement mal aux jambes. Le train avance. On arrive à St Lazare.

 La vieille sort de la rame en m’emboitant le pas. Arrivé au pied de l’escalator, qui doit nous faire remonter sans peine sur trois volées d’escalier, on ne peut que constater qu’il est en panne et qu’il va nous falloir remonter à pied.

 Ce sont les aléas de la vie parisienne. Je pense à cette pauvre vieille qui non seulement vient de se faire vingt minutes de voyage sans que personne ai fait cas de son grand âge et qui va devoir maintenant escalader un escalier sans fin.

 Dans la cohue de cette fin de journée, J’empoigne la rampe et commence à monter avec la vitesse d’un cinquantenaire boiteux.

 Derrière moi, au pied de l’escalier, la vieille râle en me passant devant. Devant mes yeux, j’aperçois sous une combinaison de dentelle d’un autre âge une paire de vieux mollets décharnés qui avalent deux par deux les marches de l’escalier, et la font arriver en haut lorsque moi-même n’en suis qu’au tiers...

 Voila. On se fait souvent des films avec rien. ( ce n'est pas la première fois !)

 Comme dit le proverbe : « Regardez les choses du point de vue même des choses, et vous verrez leur véritable nature ; regardez les choses de votre propre point de vue, et vous ne verrez que vos propres sentiments ; car la nature est neutre et évidente, tandis que vos sentiments ne sont que préjugés et obscurités »

 

02/12/2011

Les bijoux de Sarkozy sont mes bougies

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 Winter, le 29 Novembre 2011

 « le retour à l’ère de la bougie »

 Sarkozy dans le débat interne au niveau du PS sur l’opportunité de l’abandon de l’énergie nucléaire à court terme avait apporté un élément de réflexion majeur : Que ceux qui veulent retourner au moyen âge et revenir à l’ère de la bougie lui jette la première chandelle.

 C’est qu’au moyen-âge, on s’éclaire à la bougie, enfin, pour les plus riches car les pauvres s’éclairent à la chandelle, qui , elle, est faite non pas de cire d’abeille qui est un matériau trop onéreux mais de suif, c'est-à-dire de graisse animale.

  Et les paysans – qui ne sont pas propriétaires de leurs terres – ont toutes sortes d’impôts dont les principaux sont la taille, destinée a payer la protection du seigneur – car en ce temps, le seigneur protège - ,  le champart et le cens qui sont des taxes, l’une proportionnelle et l’autre fixe, sur les récoltes. Dans cet inventaire à la Prevert, on trouve également le fermage, taxe elle aussi assise sur la récolte, la gabelle, impôt sur le sel au roi et la dime au clergé.

 Les nobles sont exempts de taxe puisqu’ils ont « le don du sang ». Ils partent à la guerre. Quand au clergé, lui, il donne ce qu’il veut.

 Toute une époque ! Aujourd’hui, madame Bettancourt et son coquin de gendre, avec la complicité de la femme de notre ancien prélat de Bercy, Eric Woerth, fraudent le fisc dans des proportions jamais vues. C’est un exemple… ils sont tellement nombreux…

 Et voila qu’avant-hier, les députés adoptent en première lecture un impôt visant à taxer les terres des paysans indépendamment de leurs récoltes, impôt tout à fait inédit dans l’histoire de la fiscalité française depuis le moyen âge.

 Et hier, ils votent un autre impôt consistant à taxer les paysans sur la réutilisation d’une année sur l’autre des semences brevetées, une sorte de droit d’auteur, non pas recouvré directement par ce qu’on pourrait imaginer comme une sorte de « sacem » agricole – c'est-à-dire en fait Monsanto - mais simplement prélevé par le fisc – c’est tellement plus simple – pour le bénéfice des multinationales.

 Pour préciser la pensée de notre bon Suzerain, ce n’est plus à l’ère de la bougie que nous revenons mais bien à celui de la pierre taillée.

 On peut se poser la question assez naïve de savoir ce qui se cache derrière la volonté ainsi affichée d’exacerber de dangereuses tensions au sein d’un monde agricole déjà bien bousculé par crise, mais qui vote assez traditionnellement vers l’extrême droite ; A quelques mois des élections, la réponse n’est pas très compliquée à trouver.

 Alors oui, il faudrait revenir à la bougie, rétablir la gabelle, la taille et le cens. La dime irait au clergé et les nobles – vrais ou faux, soyons magnanimes - seraient dispensés d’impôt. Cela arrangerait certainement,  Les Sarkozy de Nagy Bosca, les Gallouzeau de Villepin et les autres… Mais nous autres, pauvres péans, n’oublierions alors pas de leur réclamer « l’impôt du sang », comme à l’ère de la bougie…

 A force de tirer sur la ficelle, c’est peut-être ce qui risque de leur arriver…Et ce ne serait que justice…

 

01/12/2011

Les banquiers sont tellement prévisibles....

  http://www.mai2012.fr/

 Winter, le 29 Novembre 2011

 « Trop fort les banques»

 Le communisme vise à récupérer pour la communauté la plus grande partie de la force de travail de l’autre ;

 Le socialisme vise à récupérer pour la société la force de travail de l’autre ;

 Le capitalisme vise à récupérer pour son propre compte la force de travail de l’autre ;

 Le libéralisme vise à récupérer, pour son propre compte la plus grande partie de la force de travail de l’autre.

 C’est aussi simple que cela. Il n’y a pas besoin de lire de grands traités politiques pour le comprendre.

 Pour réaliser le dessein de leurs augures, le libéralisme ou le capitalisme doivent se réapproprier la force de travail. Pour cela, ils instituent l’argent, qui n’est qu’un véhicule permettant de transporter la force de travail. Puis le capitaliste rachète les usines qui permettent de faire tourner ces véhicules, tandis que le libéral effectue les fusions acquisitions entre les usines.

 Pour les garer, le capitaliste créée la banque.

 Lorsqu’il a pris toute la force de travail, il ne lui reste plus qu’à prendre la banque.

 C’est ce qui s’est passé avec une grande constance depuis la fin du XIXeme siècle.

 Lorsque toutes les entreprises se furent  toutes rachetées entre elle, il n’y eu plus rien à racheter d’autre que les états. Pour faire cela, il fallait au préalable, afin de les racheter à moindre frais, que les états ne valent plus rien. Quelques petites manipulations financières y suffirent, une petite pincée de Goldman Sachs en Grèce ou en Italie et hop, le tour fût  joué, comme on dit en Touraine. Il ne restait plus qu’à court-circuiter les démocrates pour imposer ses propres suzerains.

 Lorsque tout le monde fut totalement essoré, le capitaliste se dit qu’il en restait sans doute encore un peu dans les bas de laine.

 Il inventa alors un dispositif qui permettrait d’essorer vraiment bien : C’est ce qu’on a appelé les  bons du trésor. Pour faire croire aux pékins moyens que les bons du trésor avaient de la valeur, on allait prêter de l’argent aux états. On admirera ensuite la fierté des Italiens qui, dans un grand sursaut national, se précipitèrent sur les bons du trésor, qui ne valent strictement rien, car si c’était le cas, les banques ne seraient les premières à les racheter ?

 Cette mécanique monstrueuse aura pour conséquence de surenchérir le marché du logement, qui deviendra la seule valeur refuge un peu sérieuse, puisque tout le monde se mettra à vider ses assurances-vie pour acheter pendant que ce n’est pas encore trop cher maisons ou appartements, avec pour effet colatéral d’appauvrir encore plus la population.

 Mais à la fin de l’histoire, le capitaliste sera vraiment très riche. Il n’aura plus personne autour de lui à qui vendre ses produits, mais il sera très riche.

 Comme Mme Bettancourt, qui est en train de se faire spolier de sa fortune par sa fille qui n’a pas encore Elsheimer, Georges W. Bush ou Reagan,  tous deux à moitié fou ou Bill Gate, qui restera dans l’histoire le plus jeune riche du cimetière.

 Hé oui, comme disait ma grand’mère, on n’a jamais vu un coffre fort suivre un corbillard.

 

  

 

25/11/2011

Nucléaire : On n'a rien compris...

 «Nucléaire»

 http://www.mai2012.fr/

 Winter, le 25 Novembre 2011

 Eric Besson ne comprend pas grand-chose. Ca, on le sait depuis longtemps : C’est un ancien socialiste. Cela explique sans doute que Hollande propose un plan de sortie du nucléaire à 35 ans…

 Soyons pragmatiques.

 Au japon, il y a peu, 46 réacteurs nucléaires produisaient un tiers de la consommation d’energie électrique du japon, 10 réacteurs étaient arretés et 2 en construction.

 Après « l’accident » de Fukushima, pour reprendre le terme de Besson, notre sémillant ministre de l’énergie, partisan inconditionnel du nucléaire,  le Japon, troisième pays producteur d’énergie nucléaire du monde, un peu contraint, a éteint un certain nombre de réacteurs.

 Aujourd’hui, quelques mois après la catastrophe, il ne reste que 11 réacteurs commerciaux qui fonctionnent.  Vous avez bien lu, onze, sur quarante six...

 Question : « Les japonais, troisième puissance nucléaire du monde, sont ils morts ? »

 Réponse : « Cela se saurait » : Les ascenseurs fonctionnent à Tokyo, dans la troisième puissance nucléaire mondiale, les buildings restent (un peu) illuminés, les routes restent (un peu) allumées...

Pendant ce temps,  en France , le PS nous propose un plan de sortie du nucléaire à l’échelle de 2050.

 Ce serait drôle si ce n’était tragique. Pauvre Hollande, comme il est à plaindre, avec ses deux neurones...

 Pourquoi ? Car tous ces gens ne comprennent pas :

 1)   Que le nucléaire est sans doute l’énergie la plus simple et la moins chère qui pourrait exister, pour peu que tous les parasites qui profitent de la non maitrise de cette technologie soient éliminés ;

 2)    Que sans Areva et les brigands qui l’entourent, le nucléaire serait sans doute la solution de l’avenir ;

3)    Mais surtout et avant tout, qu’en abandonnant le nucléaire après moins d’un demi siècle d’usage, nous perdrons toutes les compétences sur un marché qui sera le démantellement des installation existantes et qui est prévu pour durer au moins aussi longtemps qu’il a duré à ce jour, soit cinquante à cent ans... En d'autres termes, l'opportunité économique du nucléaire n'est pas sur la production actuelle, mais sur la manière de se débarrasser de cette technologie monstrueuse ; nous l'avons ; nous la subissons ; autant faire du profit pour s'en débarrasser...

 4)   Car en perdant les compétences sur le nucléaire, nous perdrons de manière irreversible la maitrise d’une technologie qu’on peut à ce jour considérer comme diabolique : En somme, en abandonnant le nucléaire, nous nous en rendrons définitivement et jusqu'à ce que mort s'en suive esclaves...

Car dans vingt ans, il sera aussi difficile de trouver un expert en énergie nucléaire qu’il l’est aujourd’hui de trouver un chaudronnier, à la petite différence qu’un rayonnement nucléaire dure plus longtemps qu’une fuite d’eau et que les conséquences ne sont pas exactement les mêmes…

Et là , dans vingt ans, c'est seulement à ce moment qu’on se rendra compte qu’on n’a rien compris au marché du nucléaire…

Espérons que nous ne nous soyons pas transmutés d'ici là...

 

Exit l'Europe de la finance.

 

«Dettes souveraines»

 

http://www.mai2012.fr/

 

Winter, le 25 Novembre 2011

 

Standards & poor’s vient d’abaisser d’un point la note de la Belgique.

 

Vous me direz : « la Belgique n’a plus de gouvernement depuis plus d’ un an »

 

C’est vrai.

 

Standard and Poor’s a mis plus d’un an s’apercevoir que ça n’allait pas en Belgique.

 

C’est vrai, cela donne à rêver sur la pertinence des analystes de S&P.

 

Je vous dirai

 

« Oui, mais la politique cela n’a rien à voir avec l’économie. La dette, ça concerne les spéculateurs, pas les Belges. La vente continue pendant les travaux…».

C'est que ce qui intéresse les citadins - mais pas forcément que eux...-  ce n'est pas la finance, mais la politique. Polis, c'est la Cité, alors que Finis, c'est rien du tout...

 

Le monde ira beaucoup mieux lorsqu’on ne parlera plus de la BCE et plus précisément de Jean-Claude Trichet et de sa bande de goinfres. Adenauer, Schuman, Monnet et les autres n’ont pas voulu l’Europe pour avoir ces parasites. Il y a urgence à s’en débarrasser. Le moteur de l'europe est à la recherche de son antiparasite...


 

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11/11/2011

Mai 2012 : La politique du vide

 «Record de la connerie»

 http://www.mai2012.fr/

 Winter, le 11 Novembre 2011

 Le record de la connerie vient d’être franchi par ce publicitaire, le groupe Extrême, qui a commis cette pub qu’on peut voir en ce moment en 4 x 4 un peu partout dans le métro, pour la bière AMSTERDAM.

 Amsterdam, pontoise, umpNotez plutôt l’argument publicitaire choc :

Cette  bière contient beaucoup d’ingrédients. Hé oui. Ce produit est riche en ingrédients. Voila une information importante. Vous achetez un produit qui contient des ingrédients. Ce qui sous entend que chez les autres, il y en a moins, voir pas du tout.

En général, le publicitaire est inculte, donc,  en contrepartie, très imaginatif. Ici, chez Extrême, c’est le contraire : pas d’imagination, pas de culture. L’être inculte qui a commis cette pub et toute l’équipe qui l’on validée ont sans doute confondu « ingrédient » avec « condiment ». Ou alors, ils l’ont fait exprès, ce qui est pire : c’est vraiment prendre le consommateur pour un abruti, ce qui est acceptable, et surtout le dire bien fort, ce qui est très bête….

Alors, je me suis dit comme ça : Si l’avantage de cette bière, c’est qu’elle est riche en ingrédients, a contrario, une bière qui n’en contiendrait pas beaucoup serait donc de moindre valeur...J’ai donc cherché l’antonyme (le contraire) du mot « ingrédient ». En vain.  C’est assez dur à trouver…J’ai cherché ensuite le définition d’un ingrédient.

Littré nous répond : Un ingrédient, c’est le « Nom des choses qui entrent dans la composition d'un médicament, d'une boisson, d'un mets ou de quelque autre mélange.»

Donc, l’avantage concurrentiel de la bière Amsterdam, tal qu'il nous est exposé par ses propriétaires, c’est qu’elle contient un tas de trucs. Bon, on n'en sait pas vraiment beaucoup sur ce qu’elle contient, mais une chose est sure, il y en a beaucoup : La firme s’y engage. Elle a mis tout son honneur et celui de sa marque au service de cette communication :   Et ça, c’est bien. On ne sait pas de quoi cette bière est riche, mais on peut penser qu’il y a plein de conservateurs de toutes sortes, pleins de stabilisateurs, plein d’exhausteurs de goût, pleins d’éthanols, enfin, tout plein de trucs incroyables.

Car qu’est ce que pourrait être une bière sans ingrédient ? une bouteille d’eau ? une bouteille vide ? … et encore : Dans la mayonnaise, l’air est un des ingrédients essentiels…

C'est ensuite que ma réflexion a divergé : Bon sang, mais c'est bien sur ! C’était exactement comme cela, la recette électorale de l’UMP pour 2007 : un programme avec quinze ingrédients. Tout le monde y voyait ce qu'il voulait. Et voila qui nous donne une soupe infâme 5 ans plus tard…. On ne sait plus vraiment ce que c’était, ces ingrédients, mais il y en avait beaucoup, pour tous les goûts... Et le pire, c’est que le  PS a emboité le pas avec avec une recette de 20 ou 30 ingrédients pour 2012….

amsterdam-navigator.gifMais en vérité, le message que nous enseigne le groupe Extrême, fauteur sans aucune honte de cette publicité détestable, n'est pas du tout anodin : Chacun doit pouvoir voir dans le produit ce qu'il y cherche, sans qu'on précise exactement quoi ; ainsi, on touche tout le monde sans aucun engagement de l'industriel : C'est une leçon de démagogie à usage de l'élite, et les hommes politiques ont bien compris la leçon des publicitaires.

De notre côté, ainsi que l’eau et les céréales sont à la bière les seuls ingrédients vraiment nécessaires, nous devons imposer à nos représentant de revenir à l’essentiel dans la politique pour laquelle nous les mandatons :  Liberté, égalité et fraternité sont déjà trois ingrédients bien complexes à cuisiner sans qu’il soit nécessaire d’ajouter des conservateurs ou des exhausteurs de goûts diverses, et s'il apparait à Hollande indispensable de perdre vingt kilos, espérons que ce soit pour courir plus loin, pas juste pour faire plus beau...

06/11/2011

Inégalité de richesse....

 «Pauvreté dans le monde»

 http://www.mai2012.fr/

 Winter, le 6 Novembre 2011

 La moitié des hommes de la planète vit avec moins de deux dollars par jour…

 On peut interpréter cette phrase de différentes manières.

 La plus commune est pour nous autres, bobos bien repus qui, attablés au mac donald, jetons en riant  nos reliefs de repas aux moineaux, mais ne savons pas aller chercher dans le fond de notre poche une pièce même rouge pour le clochard qui nous sollicite toute la journée dans le métro, de nous lamenter sur les inégalités de repartage des richesses de la planète.

 Mais on peut revenir sur cette phrase d’une autre manière.

 « La moitié des hommes de la planète vit avec moins de deux dollars par jour… »

 Cette phrase nous dit que cette moitié de la planète vit, elle ne meure pas. On peut donc en déduire qu’il est possible vivre avec très peu.

 Il y a deux conséquences à cette analyse :

 La première, en tant qu’esclavagiste capitaliste, qu’il est possible de profiter d’avantage de la moitié des hommes de la planète, car tant que les hommes ne meurent pas, ils peuvent travailler. C’est un peu dur, mais c’est la triste réalité. Hitler nous a montré que le raisonnement était humain : C’est ce que l’on faisait dans les camps de travail : Donner aux prisonniers le minimum de calories pour qu’ils puissent encore produire en tant qu’être humains. Une fois qu’ils étaient morts, ils ne devenaient que des marchandises pour faire des couvertures, des sous-produits divers…

La deuxième conséquence est de constater que l'homme est infiniment plus résistant qu'on l'imagine.

La troisième conséquence est de dire que l’on peut vivre avec vraiment très peu. Ce n’est pas un fantasme, c’est prouvé au quotidien par 3,5 milliards d’individus : « La moitié des hommes de la planète vit avec moins de deux dollars par jour. » Deux dollars par jour - 40 euros par mois - , ce n’est vraiment pas grand-chose. Et pourtant, la moitié de la planète y arrive. En non seulement elle y arrive, mais en plus, cela nous permet d'acheter chez H&M des chemises à cinq euros la pièce, chez IKEA des lits pas cher. C'est formidable, non ? Les nazzis conduisaient à la mort leurs travailleurs contraints, mais grâce à notre système économique unique, nous laissons vivre la moitié de la planète avec deux dollars par jour.. 

 Cette dernière analyse nous conduit à réfléchir sur ce que signifie « vivre », pas uniquement en termes économiques. Elle nous renvoie à ces images que nous ne connaissons que trop de sourires rayonnants d’enfants pourtant affamés. Elle nous dit qu’en nous focalisant sur les aspects économiques nous passons sans doute à côté de choses essentielles.

 Elle nous dit également que si l’on peut survivre avec si peu, c’est que nous n’avons strictement aucune conscience de l’étendue du gaspillage dans lequel nous, c'est-à-dire vous et moi, pas seulement les grandes fortunes du CAC40, vivons au quotidien. Elle nous dit enfin qu’il n’est peut  être pas indispensable que la moitié de la planète vive aussi avec un ipod, deux voitures, trois téléphones portables, une cuisinière, une tourniquette pour faire la vinaigrette, une armoire à cuillère etc etc… vous connaissez la chanson la Boris Vian…

Il est donc quelque part rassurant que la moitié des hommes de la planète puisse vivre avec moins de deux dollars par jour. Nous devrions prendre exemple sur eux plutôt que te tenter d’aligner leur standard de vie sur le notre… Nous deviendrions sans doute une peu plus débrouillards et sans doute plus heureux…

 

 

 
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