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20/09/2015

Pontoise, ville poubelle

 Marcel Renard

 Le 20/09/2015

 «Patrimoine»

Aujourd’hui Dimanche, c’était la journée du patrimoine. J’en ai profité pour arpenter les rues de ma belle ville.

Et je pousse un coup de gueule, un vrai, car je suis vraiment dépité.

En effet, des Cordeliers, aux Louvrais, à l’Hermitage, en passant par le centre, il n’est pas un coin où les poubelles ne rappellent leur présence de façon ostentatoire.  Rue de Gisors, rue Fontaine, rue de l’Hôtel de Ville, un jour où l'on voudrait précisément que notre ville montre son plus beau visage, où que l'on regarde, c'est partout c’est la même musique : les conteneurs dégueulent d’ordures.

Et pourtant, nous sommes dimanche. Il est 17h00. Je doute que les « boueux » passent ce soir. Malgré cela, il n’est pas un coin de pontoise qui échappe à cette invasion. Ce sont des grosses poubelles. Parfois, devant les immeubles, elles occupent des places de parking. Parfois, sur les trottoirs, elles empêchent les poussettes de passer, quand ce n’est pas juste les piétons.

Au pied de ces poubelles trop tôt sorties, on trouve d’autres poubelles, plus petites, des sacs de détritus, des bordilles en vrac. Quant aux encombrants, meuble ikea démontés, vieux matelas, électro-ménager hors d'usage, ils s’installent de manière récurrente, de place en place, dans des lieux à la face récipiendaire autoproclamée.

Il faut noter également, outre qu'elles ne soient pas sorties au bon moment, que les poubelles débordent, que dis-je, elles dégueulent littéralement. Fatiguées, elles baillent, le couvercle souvent  entr’ouvert , donnant aux chats noctambules l’occasion de tout éparpiller alentour dès potron-minet.

Mais que se passe-t-il au juste ?  Voici plus d'un demi siècle que je suis à Pontoise et d'aussi loin que je puisse remonter , je n’ai pas souvenir d’un tel bazar.  Est-ce un manque de civisme, un manque d’éducation des citoyens, un signe des temps, qui voudraient que la chose publique n'intéresse plus le chaland ?

Comme bien souvent, les gens ne sont pas sales par plaisir mais plutôt par contrainte. L’expérience montre que dès lors que l’on met les bons services en face, tout rentre rapidement dans l’ordre. C'est ainsi qu'on a pu voir la passerelle de la gare retrouver un aspect quasiment normal suite à l'installation de quelques poubelles et la mise en place d'un service ad hoc.

Il y a plusieurs raisons objectives, simples et techniques à tout ce bazar qui nous fait honte à nous autres, Pontoisiens.

Premièrement.

A la faveur du changement de marché public, le service rendu par la société qui collecte s’est considérablement dégradé : Il n’est plus régulier dans sa fréquence ; On ne sait dont plus exactement à quel moment sortir sa poubelle. Alors du coup, pour éviter de rater un passage, on sort sa poubelle un peu trop longtemps à l’avance. Il est nécessaire de rappeler le besoin de régularité que requiert cette collecte : ceci devrait être un critère d'attribution du marché public.

Deuxièmement.

Le nombre de collectes hebdomadaires a diminué. Pour faire des économies. Sauf que le brillant cerveau qui a pris cette décision a complètement oublié que lorsqu’une entreprise remporte le marché de la collecte, elle fait une enquête préalable, qui vise à calibrer la fourniture des conteneurs, en  nombre et en taille.

Si entre l’enquête et la mise en place de la collecte vous changez la fréquence, il y a peu de chance que éléments recueillis pendant l'enquête (taille et nombre des bacs) restent en cohérence avec le service. C’est assez simple à comprendre, encore faut-il y penser…

Troisièmement

La brillante personne qui a pris la décision de diminuer le nombre de collectes fixé depuis belle-lurette à Pontoise ne s'est pas souciée du fait que les locaux sanitaires dans l’habitat collectif étaient dimensionnés en conséquence. Il en ressort que pour éviter que les locaux ne débordent, les gardiens essaient de sortir les bacs le plus tôt possible.

Quatrièmement.

Toujours pour faire des économies, un brillant cerveau a pensé qu’en faisant collecter les ordures pendant les heures ouvrables, cela couterait moins cher, puisqu’il n’y a pas de majoration du salaire du travailleur pour heures de nuit. Résultat : Le matin, les embouteillages sont légion derrière les camions poubelle, car la collecte se fait à l’heure où les gens vont bosser. Le corolaire de cela est que le chaland a droit au spectacle des ordures accumulées sur les trottoirs et que dans une ville où la majorité municipale a pour obsession l’élégance des façades, c’est juste en léger décalage.

Le résultat de cette incurie est visible tous les jours. Il n’y a pas besoin de payer un cabinet de consulting pour faire une étude d’impact de ces décisions prises sans réfléchir, il suffit de se promener dans notre ville.

Il faut noter que la situation à Pontoise est vraiment exceptionnelle : dans aucune commune alentour on ne retrouve le même phénomène. Pire, il est des communes plus grandes, où le revenu moyen est presque d'un tiers de moins celui de Pontoise - c'est à dire où l'impôt collecté devrait permettre moins de services (1)  - et où les rues sont pourtant impeccables.

Quelles sont les solutions ?

La première chose est de s’intéresser à la situation.

Il y a des mesures évidentes : que l’entreprise qui collecte fasse une tournée de collage sur chaque conteneur d’un sticker indiquant à quel moment sortir les bacs, ou que la mairie distribue des stickers : cela ne coute rien et permettrait de commencer par limiter la casse.

Il y a urgence à faire une communication claire et cohérente sur le sujet.

Il faut également pouvoir revenir au rythme de collecte antérieur.

Il est nécessaire de régler rapidement le problème des encombrants. Auparavant, il y avait une tournée des monstres : cela fonctionnait très bien. Par ailleurs, cela permettait à tout un tas de gens, chineurs, biffins en tous genres, de bénéficier des ordures en faisant diminuer pour le contribuable le coût global de traitement tout  en établissant une sorte de paix sociale à pas cher.   Un brillant cerveau s’est fait refourgué le concept du « call for services ». C’est complètement foireux. Il faut repasser à la tournée programmée des monstres.

Il faut rappeler que l'on paie pour un service, qu'à Pontoise sans qu'il y ait de raison particulière ce service est facturé plus cher qu'ailleurs et qu'il est du devoir de la communauté de mesurer le taux de service et de faire les réclamations en conséquence. Encore faut-il s'intéresser au sujet...

Tout ceci ne relève que du bon sens et d’une appréciation globale de ce qu’est une économie et une gestion saine des affaires communales.

Sur ce sujet précis, force est de constater que nous en sommes très loin aujourd'hui.

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(1) Je précise, suite à la remarque justifiée d'un lecteur, que malheureusement les ressources (les impôts pour l'essentiel) sont en grande partie fonction du niveau moyen de revenu, et que donc - pour exprimer les choses rapidement - plus ce niveau est faible, moins il y a de chance que la commune puisse offrir des services de qualité. 

19:34 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pontoise, citec, ordures, collecte, encombrants, lrem, ernst, gastony, longange | | |  Facebook

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