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22/06/2015

Fête des saint pères

Marcel Renard

Le Dimanche 21 Juin 2015

«Le bruit des roulettes»

Le bruit des roulettes de valise, cela peut évoquer pour certains les aéroports, les vacances, les grandes migrations et les joies du soleil.

Pour moi, c’est tout autre chose, car le dimanche, dès le début de l’après-midi, le goudron des voiries de la gare d’à côté de laquelle nous habitons amplifie ce murmure tranquille en une étrange et inquiétante rumeur.

C’est qu’à quelques dizaines de mètres de notre maison se situe également un établissement scolaire à la  réputation internationale, dont le pensionnat  se trouve être le dernier refuge de la progéniture d’une certaine population, hommes politiques occupés, hommes d’affaire  aux fortunes et activités diverses, toute une petite coterie dont le point commun doit trop souvent être un arbitrage drastique entre les affaires et la vie de famille.

Dès le milieu de l’après-midi du Dimanche, c’est un défilé régulier de jeunes gens en cravate réglementaire qui passe de l’autre côté de nos clôtures, tractant avec plus ou moins d’allant leur semaine dans leur valise, dont le ronronnement des roulettes se meut  en orchestration d’une attitude qui peine à masquer le peu d’entrain à retourner au pensionnat.

Certains n’ont pas la fortune de pouvoir retourner chez eux lors de long week end et nous les voyons, de notre maison, gesticulant à la fenêtre de leur chambre de l’autre côté de la rue, tentant par tous les moyens en leur possession de rentrer en contact avec un monde qui leur échappe.

Je suis avec mon épouse et mes trois enfants sur la terrasse à prendre l’apéritif, régulièrement ponctué de l’autre côté de la haie par ces vagues de bruissements de roulettes sur le bitume, dont le flux et le reflux est calé sur les mouvements des trains. Cela me fait de la peine pour tous ces gosses mis entre parenthèse par leurs parents, et je me dis qu’une éducation comme cela ne pourra jamais faire une société meilleure.

Cela fait mal au cœur.

D’autant plus mal qu’aujourd’hui, c’est la fête des pères.

08:30 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pontoise, saint martin, pensionnat, fête des pères, delsey | | |  Facebook

20/06/2015

Clotures

Winter

Le 19 Juin 2015

«Clôture durable, sente des garennes»

Le hasard fait parfois des choses curieuses. Il y a une vingtaine d’années, nous fêtions les  50 ans d’un ami. Et voici que je le retrouve au détour du marché pontoisien. Il habite avec sa famille pas très loin de chez moi, pas très loin de l’ancien commissariat de la ville. Nous nous retrouvons et nous fréquentons de nouveau comme si cette parenthèse de vingt ans n’avait pas existé.

L'autre soir, en me rendant chez eux, mon œil est attiré par un relief de pancarte d’artisan en clôture, accoché sur la grille à 1,60 du sol. Le petit panneau est là, sous mes yeux. On ne peut pas le louper. J’ai du passer devant des dizaines, des centaines de fois, je ne sais pas. Et pourtant, comme toutes les choses évidentes, je n’y avais jamais prêté gare.

C’est une pancarte qui date des années 60, avec une adresse à Frémécourt. Elle prend accroché au dernier coin qui lui reste. Je la redresse pour les besoins de la  photo.

Un petit geste qui, par ricochet, me fait observer la clôture.

Elle s'étend sur quelques dizaines de mètres. J’y suis passé devant pendant trente ans peut-être. Je n’y avais jamais fait attention. Mais qu’a-t-elle de particulier, cette clôture ?

En vérité, elle n’a absolument rien de particulier. Elle est d’une banalité affligeante. Et c’est précisément cela qui la rend unique.

Nichée en plein centre-ville de Pontoise, c’est une rescapée, un témoignage de toutes les clôtures qui existaient dans les années 1960 sur la commune et alentours.  Il y en avait partout lorsque j’étais gamin des clôtures de cette facture, une facture particulièrement simple : Des poteaux en acacia me semble-t-il - je ne sais plus exactement l’essence - taillés en pointe, et reliés par un simple fil de fer galvanisé mis de travers à trois endroits différents.

Voilà.

Quelque chose de tout simple. Il y en avait autour des pavillons aux cordeliers ; il y en avait au stade des cordeliers ; il y en avait dans la sente des bottées : On retrouvait le même type de clôture dans tous les chemins ; dans la sente saint denis ; vers le moulin rose, entourant les jardins, les potagers, les pavillons etc etc…

MWP_20150619_20_34_19_Pro[1].jpgodernisme oblige, la plupart de ces clôtures furent converties en grillage bon marché, lesquels, tombés en ruine au bout de dix ans furent souvent remplacé par des grilles ou d'autres grillages

Je regarde cette clôture. Elle a peut être plus d'un demi siècle. Quand bien des grillages métalliques plus modernes seraient déjà tombés en décrépitude, cette clôture pourtant visiblement jamais entretenue et bien que rongée par les vers, rime encore avec esthétique. La ligature d’acier est encore en place. C’est un modèle de produit durable.

On passe devant.

On ne la voit pas.

Témoignage discret d'une époque d'économie révolue, elle finit paisiblement sa vie , comme le petit âne de la chanson, toujours en rendant de bons et loyaux offices, dans l’indifférence générale…

14:53 | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook

 
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