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31/12/2011

2012 : L'année des méduses

 http://www.mai2012.fr/

 Winter, le 31 Décembre 2011

 «Les vœux de Notre Bon Suzerain : 2012 Bonne année !  Vos papiers ! »

 Ce soir, Notre Bon Suzerain présentera ses vœux à la nation. Quel sera son discours ? A deux heures de cette allocution, ouvrons les paris, sur quelques phrases assez probables :

 « Pour beaucoup de nos concitoyens l’année 2011 a été difficile» 

 « L’année 2012 sera placée sous le signe de l’austérité mais également de l’espoir »

 « La crise économique a frappé dur et fort, un peu partout en Europe »

 « L’état doit protéger les plus faibles d’entre nous »

 « Malgré un contexte particulièrement difficile, le gouvernement a tenu bon dans sa politique de modernisation du pays »

 « En 2012, les français devront choisir »

 « Nous devons veiller à ne pas dépenser plus que ce que nous gagnons »

 « La perte du triple A ne remet pas en cause le bienfondé de réformes courageuses »

Voilà, les paris sont ouverts...

Il n’en reste pas moins que le’exercice de ce soir sera intéressant, du point de vue littéraire : Du point de vue de la politique ou de l’économie, le pouvoir a montré ses limites… Ceci pour dire que l’on n’attend plus grand-chose de Notre Bon Suzerain : La liste des promesses non tenues est si longue qu’il est inutile de s’embarrasser à la lire.

Claude Guéant, qui travaille encore bien qu’il soit à la retraite depuis bientôt un an tant il est vrai qu’il faut travailler plus pour gagner plus, nous a dit ce matin qu’il n’avait aucun doute que Nicolas Sarkozy se représentera en 2012. Si l’UMP n’était pas suicidaire, ou à tout le moins composée de gens de responsabilités et non de laquais de Notre Bon Suzerain,  elle trouverait une tête de pont consensuelle pour sauver les meubles ; il en sont quelques uns. Une candidature de Jupé provoquerait certainement un vrai électro-choc...

Au lieu de cela, chacun se défile, attendant que l’orage passe, et se prépare pour 2017.

C’est en cela que l’UMP est proche des français ordinaires : ils font de même avec un stoïcisme qui force le respect, mais avec à la décharge que pour nos concitoyens qui souffrent, ils n'ont plus que quatre mois à tenir...

Cette élection qui se profile sera inédite : Tout devient possible : c’était une promesse de campagne, ce sera sans doute la seule qui aura été tenue :  Un contexte économique qui ne s’améliore pas, un PS qui a du mal à ressusciter de son coma strausskahnien, un front national qui monte en flèche, et une multitude de candidats qui assure une triangulaire et pourquoi pas une quadrangulaire… Tout cela sur font de défiance montante à l’endroit de la classe politique. Tous les ingrédients sont réunis pour créer une sauce fascisante pour 2012 ; l’extrême droite aurait tort de se gêner…

Notre Bon Suzerain le sait, et c’est pour cela que l’année 2012 sera sous le signe d’une tentative désespérée de radicalisation du pouvoir…

2012 : Bonne année ! Vos papiers !

 

30/12/2011

la photo ratée

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Winter, le 30 Décembre 2011
«Quand on regrette vraiment de ne pas oser prendre une photo»
La Photo, avec un « P » majuscule, celle qu’on rate et qu’on regrette.

C’est dans le train de banlieue. En face de moi, une personne grassouillette, rondelette qui a bien dépassé le demi siècle mais dont les rondeurs sont agencées soigneusement afin d'être pressentes à l’endroit de la gent masculine.

Elle siège, que dis-je, elle trône en reine dans la voiture, son postérieur faisant peu de cas de la conquête inéluctable de la banquette. Maquillée, soignée, manucurée, du raffinement raisonnablement exubérant dans sa mise, elle emplit le wagon de sa présence. Les yeux perdus dans une conversation téléphonique, un bras en l’air, de l’autre elle sert contre sa poitrine voluptueuse à la manière d’une ménagère new-yokaise un gros sac en papier kraft qui porte l’inscription suivante :

« La taille de l’univers varie en fonction de vos rêves ».
Cela ne s’invente pas….

Citoyennes, Citoyens, l'heure est grave !

 

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Winter, le 29 Décembre 2011

 

«Ca fait mal»

 

Citoyennes, citoyens, l’heure est grave !

 

 

2011 a été difficile et 2012 sera problablement pire. Notre société est en panne

 

Pour tenter de se faire réélire, Notre Bon Suzerain n’aura pas d’alternative : Il devra se radicaliser d’une part et de l’autre, se mettre en retrait de l’UMP. Se radicaliser car Marine Le Pen, dans un silence habile, le talonne ; et s’affranchir au moins en partie  de l’UMP ce qui lui permettra de laisser à cette organisation la lourde charge d’assumer un bilan catastrophique plutôt que l’avoir à l’assumer lui-même.

 

 

Nous y voila : C’est maintenant que tout devient possible !

 

Lorsqu’on a vécu ce qu’on a vécu juste pendant 4 ans et demi, on peut se dire que la chasse aux immigrés, sans papier, petits délinquants divers et variés va être ouverte pour de bon au premier janvier 2012.  Rappelons nous quand même que notre nation vit depuis on ne sait plus combien d’années  sous un régime d’exception, qui autorise des atteintes extrêmement sévères aux libertés individuelles :  le plan vigipirate n’est toujours pas désactivé bien qu’il n’y ait plus d’attentats depuis belle lurette;  le fichage policier et administratif est devenu la règle avec plusieurs percées assez violentes des parlementaires pour tenter de procéder à des recoupages de fichiers; Depuis le 13 décembre des informations biométriques font partie de l'arselal de fichage de 45 millions de citoyens français…

 

Alors, pour tenter de faire une vrai politique de droite, voire d’extrême droite, Notre Bon Suzertain n'aura d'autre choix qu'enchainer les lois liberticides et sécuritaires, l’idéal étant que quelques attentats terroristes ou autres crimes bien crapuleux puissent venir donner raison à cet assez probable changement de cap. 

 


En cette fin d'année, l'heure est grave ! Citoyennes, citoyens de France, il est urgent que les démocrates de tous les bords se liguent afin d'anticiper cette probable dérive liberticide.

 



 

24/12/2011

A Fukushima, rayons contre décrets... qui gagnera ?

 

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 Winter, le 24 Décembre 2011

 «Noël au Japon»

 A Fukushima, la situation est enfin sous contrôle : C’est du moins ce que nous dit ce jeudi dernier le très sérieux journal de déinformation « Métro », un quotidien gratuit dont la qualité du contenu éditorial a pour fonction essentielle de vous rappeler tous les jours pourquoi c’est important de payer la presse…

fukushima.JPG

 Ci dessus ce petit article savoureux. Il faudra 40 ans pour arrêter Fukushima, mais tout va bien  puisque le gouvernement japonais a « décrété » l’arrêt des réacteurs de la centrale.

 Mais à  Minami Soma, en plein cœur de la zone sinistrée, les gens se débrouillent : L’Etat a reculé et les habitants sont contraints à la mendicité internationale… Envoyez des boites de sardine et de la confiture à M. Takao ODOME… Grâce au nucléaire, une des plus grandes puissances mondiales est réduite à faire la manche…

 Décrets contre réaction en chaîne, qui de la politique ou de la physique triomphera ?

 Chirac avait dit « que les promesses n’engagent que ceux qui y croient ». Avec les réactions nucléaires, et n’en déplaise à notre très cher ministre Eric Besson, c’est un tout petit peu différent.

 En un an, AREVA a perdu 16% sur le cours de son action : Elle vaut aujourd’hui la moitié moins de son plus haut cours… On voit que dans tout ce bordel nucléaire, finalement, les seuls qui reviennent à des valeurs sures sont les spéculateurs … Comme quoi, il existe un lien bien réel  entre l’économie virtuelle et l’économie réelle… Dommage que l’Etat ait joué avec notre portefeuille, puisqu’AREVA est essentiellement détenue par lui…

 Mais quel monde laisserons nous donc à nos enfants, avec ces hommes politiques complètement irresponsables ? C'est avant tout de ces gens-là dont il faut se débarrasser...


A paris, c'est Noel pour les noirs aussi...

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 Winter, le 23 Décembre 2011

«Les noirs foutent le bordel»

Il est rare d’être au cœur précis d’un événement. C’était mon cas ce soir, aux alentours de 19h00, en ce vendredi 23 Décembre, au RER Nation.

La description de l’enchainement des événement est interessante.

Sur la place de la nation, il y avait force CRS. Je faisais mes emplettes de Noel, mais il devait y avoir un mouvement en faveur ou contre – je ne sais pas exactement – Laurent Désiré Kabila.

Je m’enfile dans le RER en même temps qu’une bande de Zairois qui finissaient la manifestation dans une ambiance un peu potache : On ne parle pas de jeunes fous, mais de gens d’une quarantaine d’année, bien mis de leur personne : Ils descendent les escalators en faisant un peu de Ramdam… mais pas vraiment plus et pas vraiment moins qu’après un match de foot. Ils parlent fort, gesticulent, mais encore une fois, rien d'extraordinaire : L'ambiance est plutôt bon-enfants : A Kinshasa, ont dit que ce sont des "ambianceurs"...

Arrivé sur le quai du RER A, direction Cergy , ils montent dans la rame, et commencent à faire un peu de bazar, bloquent un peu les portes  : Ils sont juste devant moi : nous ne sommes par réellement dans la grande délinquance, mais juste dans un mouvement de foule suite à une manifestation où il y a plutôt de l'allégresse africaine que de la violence et de la haine. N'empêche, cela bloque le départ du train.

Un – et un seul – individu commence à faire le couillon, un peu plus fort que les autres.

Le ton monte rapidement, mais nous restons dans le registre congolais : La fête un peu vantarde, mais sans plus.

Le train attend toujours en gare, cela commence à faire long... Les zoulous tapent un peu le long du wagon, tout cela fait un peu bordel, mais les blacks rigolent tout autour en filmant avec leurs smart phones.

Un abruti tire le signal d’alarme .

La situation se met à dégénérer, mais nous restons toujours sur le mode « grosse foire » sans agression réelle.

Le chef de la station perd son sang froid et appelle de manière un peu affolée dans le micro  les forces de polices : Elles sont à à peine une minute au dessus, à l’air libre : Elles mettront plus d’un quart d’heure pour arriver. Mais pendant ce temps, la situation commence à devenir problématique : les gens qui arrivent, voyant les portes ouvertes, continuent à monter dans les wagons.

Un premier lot de CRS arrive : Ils sont visiblement totalement désorganisés.

Quand aux voyageurs, ils seraient blancs et non pas noirs, on pourrait les qualifier également de singes : Ils font les singes dans le wagon, tapant sur les cotés des wagons, faisant du bruit et ricanant .

Le chef de station continue d'appeler les forces de police, ce qui fait rire tout le monde, puisqu'elles sont déjà là...

Depuis une demi heure, la rame est immobilisée à quai. J’attends que cela se passe : Je n’ai jamais assisté à pareille scène et je me dis qu’en 5 minutes, cela aurait du être réglé.

Mais voila.

Lorsqu’un médiateur aurait désamorcé la situation en moins de cinq minutes, l’arrivée d’une deuxième équipe de CRS, pas plus organisée que la première, sème encore plus la pagaille qu'avant sur le quai.

La situation commence à sentir le roussi : Les singes tapent des mains, et les marsupilamis commencent  à taper du bâton pour s’échauffer.

Et là, il faut reconnaitre le manège bien particulier de quelques personnes zairoises, d’environ 45 à 50 ans, bien mises de leur personne, qui se répartissent assez habilement la tache de tantôt exciter tantôt canaliser les manifestants : Dans ce bordel ambiant, assurément les policiers sont manipulés.

Pendant ce temps-là, j’attends que la rame parte pour pouvoir rentrer chez moi.

La sonnerie retentie : Le train part. Les types dans les wagons font des bras d'honneur aux CRS, mais cela reste encore assez bon enfant. Un type jette par la fenetre une canette de bière à moitié vide sur les CRS en rigolant. Le train  s’immobilise une nouvelle fois après 20 mètres  de déplacement de manière à pouvoir coincer entre deux rangées de CRS sur le quai le wagon qui est chargé de branquignolles.

Cela commence à sentir le gaz lacrymogène. A côté de moi, une mama black met tranquillement sur la bouche de ses deux enfants en bas âge un mouchoir en papier, et fait de même pour elle : elle a visiblement l'habitude des manifestations !

Après environ 45 minutes de spectacle, je décide de trouver un autre moyen pour rentrer chez moi car je me dis que là, je vais vraiment perdre mon temps... Je suppose (j'imagine) que la situation est partie en sucette juste après.

Tout cela aurait pu être réglé en 5 minutes avec une équipe de deux ou trois vrais médiateurs, des gendarmes sérieusement formés, pas des animateurs de centre de loisirs, qui font office de médiateur sur le transilien. Mais cette armée-là n'existe pas en France, car l'Etat à tout intérêt à ce qu'une certaine classe de la population apparaisse en permanence comme fauteuse de troubles.

Dans la suite logique de cet incident qui aurait du normalement être ridicule, le trafic a été totalement paralysé toute la soirée sur la ligne A du RER emmerdant quelque milliers de voyageurs qui avaient hâte de rentrer chez eux. Depuis la gare St Lazare, tous les trains en direction de cergy sont supprimés ; Les voyageurs se reportent sur la ligne Paris-Pontoise qui est totalement saturée...

Dans les hauts parleurs, quelques messages laconiques indiquent que le trafic est perturbé à cause de manifestants sur les voies : Il n’y a jamais eu le moindre manifestant sur les voies, au moins jusqu'à ce que les CRS interviennent - et les seules personnes à avoir foutu le bordel étaient une bande de zairois qui ont crus que Paris, c’était Kinshasa. 

Comme disait la chanson "tout ça à cause d'un poisson rouge"

Vraiment, notre société ne tourne vraiment pas rond.

 

22/12/2011

Du bon usage du service public

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Winter, le 22 Décembre 2011


«On ne dira jamais assez de bien du service public»


La crise et l’âge aidant, j’ai remisé par devers moi mon téléviseur : Je ne regarde plus Roger Gicquel pleurer sur ses chaussures ; Il pourrait être feu, je n’en sais rien et n’en ai cure, et c’est aussi bien comme cela.


Comme il me faut malgré tout conserver une fenêtre ouverte sur mes concitoyens, j’accoustique quotidiennement mon appareil de TSF.


Et c’est toujours avec délectation que j’écoute France Culture, qui est une source intarissable de choses intelligentes. Les joies du podcast font qu’il est désormais possible d’écouter lorsqu’on le souhaite les émissions qui passent à des heures où le commun des mortels accuse une universelle et bien humaine tendance à préférer prendre son pied dans les bras de Morphée, aussi c’est plutôt en différé que je m’enculture.


Mais voici que l’autre jour, les hasards d’une visite client à proximité de mon domicile conjuguée à un réveil tardif consécutif à une arrivée de même la veille me firent attraper en temps réel , quasiment au sortir de la salle de bain, un peu avant 8h00, l’antépénultième phrase de ce qu’il convient de qualifier de petit bijou littéraire – j’ai nommé la chronique de Philippe Meyer. Eh oui, si je devais ne savoir écrire qu’une seule chose assurément, ce serait pour être nègre de ce monsieur Meyer, mais je crains qu’il n’ait besoin d’un homme de l’ombre tant il faut bien reconnaitre que ses chroniques sont lumineuses.


Donc, disais-je , je ne pus saisir que la dernière phrase de ce petit plaisir matinal : Il parlait assurément avec une dérision certaine du progrès social, terminant ainsi sa chronique par une phase que je ne puis citer que de mémoire, et qui disait en somme « comme disent dans les bus les chauffeurs : « avancez vers l’arrière » ».


Arriver à ce point, en une seule et particulièrement liminaire phrase,  à plonger l'auditeur qui n'a  put auditer dans le contenu d’une chronique qu'il n’a pas entendue tout en lui donnant l'impression qu'il la suivait pourtant depuis le début, ce n’est plus seulement de la littérature, c’est du génie !


Si je puis me permettre, je vous souhaite le bonjour !

16/12/2011

la prêche nous casse les prunes

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Winter, le 15 Décembre 2011

«Chirac s’en va, Jésus revient !»

Le train de banlieue du matin est toujours une expérience intéressante, surtout lorsque l’obligation de le prendre n'est que ponctuelle.


Il est tôt. L’air déjà vicié de la voiture qui, au rythme des haltes banlieusardes,s’emplit jusqu’à l’excès embue grassement des vitres mal ventilées par  lesquelles le voyageur encore en phase de réveil et un peu prisonnier de ce concentré d’humanité souffrante peut se surprendre à laisser glisser sur le monde extérieur un regard un peu cataracté.


Dans le silence pesant qui précède la journée de labeur, chacun tente - derrière un journal gratuit aux insignifiantes nouvelles, en se maquillant derrière son miroir de poche ou dans le reflet de son smartphone, caché derrière les pages populistes du dernier roman à la mode, ou simplement assoupi les yeux mi-clos attendant le terminus - dans des fragrances de parfums bon marché et au rythme régulier du son sourd de la motrice avalant les rails, de se gagner sa part d’intimité.


Ce silence soigneusement rythmé, d’avantage prégnant les lundis matins , participe quotidiennement de la transition qui mute le voyageur mal réveillé en travailleur docile.


Oui mais voila. Cassant l’équilibre d’une paix sociale négociée sous la contrainte d’une compagnie forcée par les encombrements de la vie parisienne et de l’habitude réunis, ce lundi matin, IL était là, dans la voiture.


Grand, noir, costaud et fier, c’était la première fois qu’on le voyait ici, debout sur la plate-forme, se faisant une place dans l’enchevêtrement des corps. Habituellement, on le croise sur le quai de métro de la ligne 5, à la gare du  Nord, aux heures de pointes : On peut alors l’éviter, passer devant lui en faisant mine de ne pas l’avoir vu, faire comme si l’on n’avait rien entendu, et filer en douce vers sa rame , mais aujourd’hui, LE FOURBE, il était déjà là de bon matin, profitant de ce temps de captivité forcé imposé aux travailleurs associé à un taux de remplissage hors normes, et, du haut de son bon mètre quatre vingt dix, d’une voix grasse, ininterrompue, forte et fière, dans le silence endormi du matin, LE PREDICATEUR se mit à haranguer les transiliens, appelant sur le wagon ensuqué la foudre de dieu pour les amateurs d’alcool, de poker et de fornication, la rédemption pour les petits pécheurs et le salut de l’âme pour les autres.


En somme, assez peu d’espoir pour un Lundi matin.

Il psalmodie sa prêche, calmement, tranquillement. De l’autre bout du wagon je l’écoute. Il parle de dieu, de suicides, de la fin des temps. Ce doit être un adventiste ou quelque chose comme cela. Pour lui, la vie s’inscrit entre sa fin et le début du néant ; le reste, disait Pascal avant lui, ce n’est que divertissement.
Dans notre voiture, d’interminables minutes s’allongent, au fil de l’écoulement de son prêche endiablé. Personne pour réagir. Les âmes sont apathiques, le matin dans le Pontoise-Paris, et le bougre a bien raison de les prendre au moment où elles sont le plus perméable.


Mais comment voulez vous dans ces conditions vous concentrer sur les mots croisés de « 20 minutes » ?
Le paysage s’écoule derrière ces vitres parsemées de vapeur qui nous donnent sur le val des impressionnistes un regard de poisson.


Le type continue son soliloque.

Un ensemble de réflexions me submerge l’esprit : Si mes propres enfants avaient en ma compagnie dans ce lieu et à cette heure le même comportement, assurément une bonne paire de claque les remettrait rapidement en place.


Puis progressivement, le temps et le train avançant dans une course bien réglée, tandis que le prêcheur continue de beurrer à la cantonade une théorie de tartines incantatoires, prisonnier de cet endroit exigüe, la conscience né que ce qui ne pouvait passer à premier abord pour du simple prosélytisme un peu exotique se révèle en fait être une manière de viol qui ne dit pas son nom, et tant la notion de contrainte me semble contraire à la morale portée par la religion, la moutarde monte au nez.


Ce type ne fait rien de moins que de nous imposer son point de vue, et non pas nous éduquer ou nous expliquer une certaine vision du monde.


Mais ce qui irrite le plus, c’est qu’aucune personne, dans ce wagon bondé, ne semble réagir.
Je me lève, et de l’autre bout du wagon, tentant de couvrir sa voix puissante, je l’apostrophe indiquant que si, dans ce lieu confiné, chacune des religions représentées sans compter celles qui n’en sont pas , veut se mettre a prêcher, du juif au mahométan en passant par le franc-maçon et le communiste, la cacophonie engendrée risque de rendre la lecture du journal un peu compliquée.
Cela ne perturbe en rien notre prêcheur qui continue invariablement sa litanie monotone.
Du coup, une envie furieuse me prend de faire comme lui, sur le même ton et au même rythme, mais pour les prochaines élections :
« Citoyennes, citoyens, travailleuses, travailleurs, vous pensez que votre ennemi c’est votre voisin quand votre ennemi c’est votre banquier. Votre banquier c’est le diable, le diable sur terre, le diable incarné. Il est là, près de vous, il approche, ne vous laissez pas séduire ».


Et je continue ; ça me défoule… J’explique que si quiconque ayant un hobby ou une conviction se met à vouloir la solilocquer devant tout le monde, la cuisinière qui est tellement fière de sa crème pâtissière qu’elle réussit chaque année pour la buche de Noel familiale pourrait elle aussi - pouquoi pas-  en psalmodier la recette dans le train du matin. Ainsi chacun profiterait des passions et des convictions des autres. Mes compagnons de voyage les plus proches  passent du sourire amusé à franche rigolade;  Cela détend une atmosphère particulièrement pénible et évitera de démarrer la semaine dans des perspectives dantesques.


Les seuls qui semblent ne pas rire, ce sont les noirs et les antillais : ils ont sans doute pris au premier degré la divine comédie. Chez ces gens-là, madame, on ne plaisante pas avec la religion.



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13/12/2011

Crise : On y est pour rien !

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 Winter, le 13 Décembre 2011

 «Fais ça bien qu’on n’ai pas d’emmerdes ! »

 La phrase est connue : C’est la blague classique du contremaitre sur le chantier.

 Le premier Ministre François Fillon s’exprimait en ces termes ce matin sur France Culture au sujet de la probable dégradation de la note française, qui perdrait ainsi son précieux triple « A ».

 Même si ce système de notation prête à rire, nous devons faire avec ; C’est bien dommage.

 « C’est de notre faute », s’exprima Fillon. « Lorsqu’on dépense trop », etc etc…

 Le glissement sémantique n’est pas anodin ; il convient de s’y arrêter quelques instants : « notre » faute ! « notre » faute ? Après avoir tenté de mettre la question de l’augmentation structurelle du chômage sur le dos des immigrés, le problème de la délinquance sur le compte des banlieusards et celui de crise des subprimes à la charge des traders, le déficit de la sécurité sociale sur le compte de l’irresponsabilité  des malades ou des medecins, et celui des caisses de retraite sur celle des vieux, voila que notre premier ministre tente de nous expliquer que la faillite du système monétaire est de notre responsabilité.

 Hélas, non, monsieur le Ministre, elle n’est pas de « notre » responsabilité mais de « votre » responsabilité ;  Ce n’est pas de notre faute, mais de votre faute ; de votre entière responsabilité et de la votre seule.

 Car les gens ne comprendraient pas que l’on commence son règne au champagne au Fouquet’s ou sur le yatch d’un milliardaire pour expliquer ensuite que la fête était trop chère.

 Vous nous aviez promis, il y a quatre ans et demi, de « mettre fin à l’impuissance publique ». C’était votre engagement, votre promesse, votre parole, ce sur quoi ceux qui ont voté pour vous se sont engagés. Et voici qu’aujourd’hui, alors que le constat d’échec est d’une violence rare, vous tenter de vous défausser sur ceux qui ont cru en vous.

 Non seulement la tactique - si l’on peut toutefois encore utiliser ce terme à ce niveau d’indigence stratégique - est d’une lâcheté rarement égalée, mais elle est de surcroit particulièrement insultante pour ceux qui souffrent des indomptables trépidations de la danse folle dans laquelle la perversion de vos amis banquiers  nous entraine au quotidien.

 Le cinéaste Werner Erzog concluait son film prémonitoire « la ballade de bruno » par cette phrase : « On n’arrête pas les poules qui dansent ! ».

Nous les arrêterons, Monsieur le premier Ministre, nous les arrêterons.

12/12/2011

Avec Chirac, c'était "abracadabrantesque". Maintenant, c'est "Cauchemardesque"

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Winter, le 12 Décembre 2011

«Ou est passé la part du rêve ? »

Quatre ans plus tard, on relit le programme de l’UMP. On le relit car on ne l’avait pas bien lu au début. On ne l’avait pas bien lu car on était dans le rêve, l’irréel. Alors, on le relit, et on se dit : « mais bon sang, c’est pas possible ! »

C’est pourtant oui, c’est possible ; Il nous l’avait bien dit : c’était possible ; tout devenait possible.

Mais déjà dans le programme, alors qu’il n’était pas encore élu, les tournures de phrases étaient pour le moins surprenantes.

Quinze phrases, quinze phrases seulement, et déjà un français approximatif. On n’avait pas bien vu, au début, car finalement, ce qui nous intéressait, c’était de croire à nos rêves.

En fait, tout était déjà annoncé. Il suffisait de lire, mais nous, on ne voulait pas lire. Et puis en relisant, on se dit : « Mais que nous est il donc arrivé, qu’est il arrivé à notre République ?»

Tenez, par exemple : « Mettre fin à l’impuissance publique.» C’était la première proposition. La plus importante pour beaucoup de français qui croient en l’état providence ; la plus importante pour ceux qui croient que l’état est là pour protéger le faible et soutenir l’entrepreneur. Car l’Etat, c’est la puissance, et mettre fin à l’impuissance publique, cela semblait un axe fort d’action, tellement séducteur... Quel républicain serait contre ?

 Mais voila, jamais sous la Vème république l’état n’aura autant reculé que durant ce quinquennat. Et le président lui-même s’interrogeant publiquement dans une tirade complètement incompréhensible qui restera culte et qui fit en son temps les délices du petit journal illustra lui-même l'impuissance de la République. S’il fallait qu'un seul exemple de ce qu'est un aveu d’impuissance, on retiendra sans aucun doute cette tirade sur le pouvoir « de dire oui, heu non, car les deux pouvoirs d’équilibre dans un mouvement (etc…) »

 En numéro deux, on avait « Une démocratie irréprochable ». Les scandales se succèdent et se ressemblent. Les votes des lois clefs se font en catimini pendant les vacances. Là, on ne constate pas de grands changements : Les préfets fantômes sont nommés sur les deniers de l’état aujourd’hui comme hier, et bientôt, on apprendra qu’un flux ininterrompu d’argent liquide en provenant des états africains arrose copieusement notre belle terre de France. Les juges sont faits et défaits du fait du prince, des « raccourcis opérationnels » existent dans a peu près tous les processus de décision.. On se gausse de l’Italie qui se voit imposer un premier ministre sans passer par les urnes. Mais est-on vraiment mieux en France ?

 Il nous avait dit aussi qu’il allait  « vaincre le chômage ». Là, inutile de discuter et passons rapidement à la promesse numéro cinq ; c’était : « Réhabiliter le travail ». Que dire ? Que penser ? Le capital n’a jamais été autant apprécié qu’aujourd’hui ! Les profits de France Télécom sont énormes, pendant que les travailleurs se suicident, les banques étranglent littéralement leurs clients. Pour rationnaliser leurs charges les entreprises comme les communes suppriment tous les emplois non qualifiés, mettant ainsi complètement en panne l’ascenseur social. C’est cela, la réhabilitation du travail où est-ce encore les travaux d'intérêt général ou il n'y a personne pour encadrer les délinquants ?

 Il y avait aussi la volonté  de « répondre à l’urgence du développement durable ». C’était la proposition numéro sept. Celle-là, on ne sait pas trop ce qu’elle veut dire. Tout ce qu’on sait, c’est que Fukushima est passé par là et que cet « incident » n’a pas effrayé Eric Besson…

 La proposition numéro huit : permettre à tous les français d’être propriétaires de leur logement. Oui mais voila, lorsqu’on se ballade dans le nord, dans certaines villes sinistrées, on voit des pancartes « a vendre » un peu partout : Les français qui ont la chance d’avoir un logement sont propriétaires de dettes, et les seuls bénéficiaires sont les crédits hypothécaires. En vérité, nous sommes exactement dans le contexte des subprimes où les banques octroient des prêts sur les valeurs très hypothétiques des biens achetés avant la crise . Et  en 2009, l’accession à la propriété était au plus bas depuis 15 ans. En revanche, la loi Scellier a permis une augmentation de l’investissement locatif...

 Dans la neuvième proposition, l'UMP nous proposait de  « transmettre les repères de l’autorité et du mérite ». ça a tellement bien marché qu’à Lyon et à Lille, les flics se sont transmis les repères de l’autorité et du mérite entre-eux sans doute avec des présents sonnants et trébuchants en guise d’accompagnement. Alors forcément, maintenant, dans les Banlieues, ils veulent faire pareil, puisque c’est ce qu’on leur a promis : Les repères de l’autorité et du mérite : Tu me donnes un gramme, je te donne un gramme…

 La proposition numéro dix, quand on la relit avec le recul d’un quinquenat, elle est assez marrante : «Une école qui garantit la réussite de tous ». Là, d’un seul coup, sans que l’on sache pourquoi, on passait du style énumératif à l’infinitif  à une phrase abortive, non finie, sans verbe, une phrase orpheline de son action, en somme… Sur le coup, on n’avait pas remarqué que ce n’était pas du français, cette énumération. Mais maintenant, en relisant, on se dit que c’est un peu normal : on ne sait jamais ce qu’il convient d’en faire, des étudiants. Du coup, on se dit comme cela : Tiens ! pour garantir la réussite pour tous, on va augmenter sévèrement les droits d’inscription à la faculté ; on va aussi essayer d’augmenter la TVA de la cantine, dès fois que ça passe. Ainsi, ceux qui avaient déjà du mal à manger auront aussi du mal à digérer. Le petit plus, ce sera de dérembourser les médicaments de confort tout en augmentant les mutuelles, ainsi seuls les plus forts vaincront et on donnera raison à Darwin.

 En numéro onze, il s’agissait de « mettre l’enseignement supérieur et la recherche au niveau des meilleurs mondiaux ».

 Et oui, l’idée était excellente, sauf que dans les faits, la recherche a fait un recul tellement spectaculaire en quatre ans qu’il vaut mieux aujourd’hui faire boucher-charcutier que chercheur, la situation a meilleur avenir. Tiens, voila du boudin…

 Il fallait aussi « sortir les quartiers difficiles de l’engrenage de la violence et de la relégation ». Bon, je vous laisse juge, les casses en banlieux passent et se ressemblent...

 Le treize, le chiffre qui porte bonheur – on est superstitieux quand on est de droite, c’était  « Maîtriser l’immigration ». Pour exemple, notre bon suzerain a marié une italienne…Il a eu raison car tout le monde sait que l’immigration est la seule solution qui permettra de régler le problème de la baisse de natalité des baby-boomers : il a donné de sa personne; en plus, grâce au plan Elzheimer, il sera encore en bonne santé pour faire sauter sa future ado sur ses genoux...

 La proposition numéro quatorze, c’était « De grandes politiques de solidarité fraternelles et responsables ». Rien à redire la dessus, puisqu’on n’a rien vu. Les grandes politiques fraternelles ont failli couter leur budget aux restaus du cœur : ils ont encore deux ans de sursis ; on en reparlera en 2014…

 Mais la plus dure, c’était la quinzième : « Fiers d’être français ». C’est sur qu’on est tous fiers d’être français, bien qu’on n’y soit pas souvent  pour grand’chose. On est fier un peu comme le coq, notre emblème, qui chante lorsqu’il a les deux pattes dans les fientes de poule.
On voudrait être fier, dès le réveil, mais on a du mal. On a même de plus en plus de mal.

 Quand on relit tout cela, c’est désolant, et on a vraiment du mal à retrouver sa part de rêve…

 Alors, soyez réalistes, demandez l’impossible…Il vous reste encore 5 mois.



 

06/12/2011

Paroles, Paroles

www.mai 2012.fr

Winter le 3 septembre 2009, réédité le 5 décembre 2011

Petit rappel sur les quinzes piliers du programme électoral de Nicolas Sarkozy.

On pourra utilement imprimer ce petit document pour le compléter dans le train.

Les copies seront relevées au terminus.

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PROGRAMME POLITIQUE DE L'UMP POUR 2007

Fait   En cours   A faire Sujet
          1. Mettre fin à l'impuissance publique
           
          2. Une démocratie irréprochable
           
          3. Vaincre le chômage
           
          4. Réhabiliter le travail
           
          5. Augmenter le pouvoir d'achat
           
          6. L'Europe doit protéger dans la mondialisation
           
          7. Répondre à l'urgence du développement durable
           
          8. Permettre à tous les Français d'être propriétaires de leur logement
           
          9. Transmettre les repères de l'autorité, du respect et du mérite
           
          10. Une école qui garantit la réussite de tous les élèves
           
          11. Mettre l'enseignement supérieur et la recherche au niveau des meilleurs mondiaux
           
          12. Sortir les quartiers difficiles de l'engrenage de la violence et de la relégation
           
          13. Maîtriser l'immigration
           
          14. De grandes politiques de solidarité, fraternelles et responsables
           
          15. Fiers d'être français
 
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