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12/12/2011

Avec Chirac, c'était "abracadabrantesque". Maintenant, c'est "Cauchemardesque"

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Winter, le 12 Décembre 2011

«Ou est passé la part du rêve ? »

Quatre ans plus tard, on relit le programme de l’UMP. On le relit car on ne l’avait pas bien lu au début. On ne l’avait pas bien lu car on était dans le rêve, l’irréel. Alors, on le relit, et on se dit : « mais bon sang, c’est pas possible ! »

C’est pourtant oui, c’est possible ; Il nous l’avait bien dit : c’était possible ; tout devenait possible.

Mais déjà dans le programme, alors qu’il n’était pas encore élu, les tournures de phrases étaient pour le moins surprenantes.

Quinze phrases, quinze phrases seulement, et déjà un français approximatif. On n’avait pas bien vu, au début, car finalement, ce qui nous intéressait, c’était de croire à nos rêves.

En fait, tout était déjà annoncé. Il suffisait de lire, mais nous, on ne voulait pas lire. Et puis en relisant, on se dit : « Mais que nous est il donc arrivé, qu’est il arrivé à notre République ?»

Tenez, par exemple : « Mettre fin à l’impuissance publique.» C’était la première proposition. La plus importante pour beaucoup de français qui croient en l’état providence ; la plus importante pour ceux qui croient que l’état est là pour protéger le faible et soutenir l’entrepreneur. Car l’Etat, c’est la puissance, et mettre fin à l’impuissance publique, cela semblait un axe fort d’action, tellement séducteur... Quel républicain serait contre ?

 Mais voila, jamais sous la Vème république l’état n’aura autant reculé que durant ce quinquennat. Et le président lui-même s’interrogeant publiquement dans une tirade complètement incompréhensible qui restera culte et qui fit en son temps les délices du petit journal illustra lui-même l'impuissance de la République. S’il fallait qu'un seul exemple de ce qu'est un aveu d’impuissance, on retiendra sans aucun doute cette tirade sur le pouvoir « de dire oui, heu non, car les deux pouvoirs d’équilibre dans un mouvement (etc…) »

 En numéro deux, on avait « Une démocratie irréprochable ». Les scandales se succèdent et se ressemblent. Les votes des lois clefs se font en catimini pendant les vacances. Là, on ne constate pas de grands changements : Les préfets fantômes sont nommés sur les deniers de l’état aujourd’hui comme hier, et bientôt, on apprendra qu’un flux ininterrompu d’argent liquide en provenant des états africains arrose copieusement notre belle terre de France. Les juges sont faits et défaits du fait du prince, des « raccourcis opérationnels » existent dans a peu près tous les processus de décision.. On se gausse de l’Italie qui se voit imposer un premier ministre sans passer par les urnes. Mais est-on vraiment mieux en France ?

 Il nous avait dit aussi qu’il allait  « vaincre le chômage ». Là, inutile de discuter et passons rapidement à la promesse numéro cinq ; c’était : « Réhabiliter le travail ». Que dire ? Que penser ? Le capital n’a jamais été autant apprécié qu’aujourd’hui ! Les profits de France Télécom sont énormes, pendant que les travailleurs se suicident, les banques étranglent littéralement leurs clients. Pour rationnaliser leurs charges les entreprises comme les communes suppriment tous les emplois non qualifiés, mettant ainsi complètement en panne l’ascenseur social. C’est cela, la réhabilitation du travail où est-ce encore les travaux d'intérêt général ou il n'y a personne pour encadrer les délinquants ?

 Il y avait aussi la volonté  de « répondre à l’urgence du développement durable ». C’était la proposition numéro sept. Celle-là, on ne sait pas trop ce qu’elle veut dire. Tout ce qu’on sait, c’est que Fukushima est passé par là et que cet « incident » n’a pas effrayé Eric Besson…

 La proposition numéro huit : permettre à tous les français d’être propriétaires de leur logement. Oui mais voila, lorsqu’on se ballade dans le nord, dans certaines villes sinistrées, on voit des pancartes « a vendre » un peu partout : Les français qui ont la chance d’avoir un logement sont propriétaires de dettes, et les seuls bénéficiaires sont les crédits hypothécaires. En vérité, nous sommes exactement dans le contexte des subprimes où les banques octroient des prêts sur les valeurs très hypothétiques des biens achetés avant la crise . Et  en 2009, l’accession à la propriété était au plus bas depuis 15 ans. En revanche, la loi Scellier a permis une augmentation de l’investissement locatif...

 Dans la neuvième proposition, l'UMP nous proposait de  « transmettre les repères de l’autorité et du mérite ». ça a tellement bien marché qu’à Lyon et à Lille, les flics se sont transmis les repères de l’autorité et du mérite entre-eux sans doute avec des présents sonnants et trébuchants en guise d’accompagnement. Alors forcément, maintenant, dans les Banlieues, ils veulent faire pareil, puisque c’est ce qu’on leur a promis : Les repères de l’autorité et du mérite : Tu me donnes un gramme, je te donne un gramme…

 La proposition numéro dix, quand on la relit avec le recul d’un quinquenat, elle est assez marrante : «Une école qui garantit la réussite de tous ». Là, d’un seul coup, sans que l’on sache pourquoi, on passait du style énumératif à l’infinitif  à une phrase abortive, non finie, sans verbe, une phrase orpheline de son action, en somme… Sur le coup, on n’avait pas remarqué que ce n’était pas du français, cette énumération. Mais maintenant, en relisant, on se dit que c’est un peu normal : on ne sait jamais ce qu’il convient d’en faire, des étudiants. Du coup, on se dit comme cela : Tiens ! pour garantir la réussite pour tous, on va augmenter sévèrement les droits d’inscription à la faculté ; on va aussi essayer d’augmenter la TVA de la cantine, dès fois que ça passe. Ainsi, ceux qui avaient déjà du mal à manger auront aussi du mal à digérer. Le petit plus, ce sera de dérembourser les médicaments de confort tout en augmentant les mutuelles, ainsi seuls les plus forts vaincront et on donnera raison à Darwin.

 En numéro onze, il s’agissait de « mettre l’enseignement supérieur et la recherche au niveau des meilleurs mondiaux ».

 Et oui, l’idée était excellente, sauf que dans les faits, la recherche a fait un recul tellement spectaculaire en quatre ans qu’il vaut mieux aujourd’hui faire boucher-charcutier que chercheur, la situation a meilleur avenir. Tiens, voila du boudin…

 Il fallait aussi « sortir les quartiers difficiles de l’engrenage de la violence et de la relégation ». Bon, je vous laisse juge, les casses en banlieux passent et se ressemblent...

 Le treize, le chiffre qui porte bonheur – on est superstitieux quand on est de droite, c’était  « Maîtriser l’immigration ». Pour exemple, notre bon suzerain a marié une italienne…Il a eu raison car tout le monde sait que l’immigration est la seule solution qui permettra de régler le problème de la baisse de natalité des baby-boomers : il a donné de sa personne; en plus, grâce au plan Elzheimer, il sera encore en bonne santé pour faire sauter sa future ado sur ses genoux...

 La proposition numéro quatorze, c’était « De grandes politiques de solidarité fraternelles et responsables ». Rien à redire la dessus, puisqu’on n’a rien vu. Les grandes politiques fraternelles ont failli couter leur budget aux restaus du cœur : ils ont encore deux ans de sursis ; on en reparlera en 2014…

 Mais la plus dure, c’était la quinzième : « Fiers d’être français ». C’est sur qu’on est tous fiers d’être français, bien qu’on n’y soit pas souvent  pour grand’chose. On est fier un peu comme le coq, notre emblème, qui chante lorsqu’il a les deux pattes dans les fientes de poule.
On voudrait être fier, dès le réveil, mais on a du mal. On a même de plus en plus de mal.

 Quand on relit tout cela, c’est désolant, et on a vraiment du mal à retrouver sa part de rêve…

 Alors, soyez réalistes, demandez l’impossible…Il vous reste encore 5 mois.



 

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