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09/10/2011

Un lieu de mémoire insolite dans Paris

 http://www.mai2012.fr/

Winter, le Vendredi 9  Octobre 2011

 «Hommage à Pierre Mendes France, juif portugais oublié»

 Et oui, à force de prononcer "Maindess France", on a oublié les origines de "Mèndesse".

Alors, profitons d'une promenade dans Paris pour revenir sur un petit bout de l'histoire oubliée des juifs portuguais et découvrir un lieu particulièrement insolite dans Paris. Il est privé, situé dans une cours d'immeuble et soustrait au regard du chaland, mais les petits malins arriveront bien à y rentrer sans grande difficulté.

A l’actuel 46 rue de Flandre, autrefois Grande rue de la Villette, un aubergiste, le Sieur Camot, tenait ici commerce de boisson dans un établissement nommé L’auberge de l’Etoile.

Avant la révolution française, les juifs n’avaient les mêmes droits que les autres français. Entre autre, ils n’avaient pas le droit de se faire enterrer en terre chrétienne, ce qui peut générer quelques problèmes, surtout lorsqu’on meurt...

 Les années qui précèdent et suivent la révolution voient une grave crise  surgir. Le cout de la vie augmente très rapidement, entre autre à cause de l’émission des assignats, la première monnaie papier et également parcequ'il y a eu de très mauvaises récoltes, qui font flamber le cours de la farine. Avant la révolution, 6 livres de pain, qui consituent l'essentiel de l'alimentation, coutent 12 sous : C’est le salaire d’un journalier.

 En 1793, la carte de rationnement est créée. Elle donne droit à 750 grammes de pains, réduit à 500 grammes puis 250 Grammes en 1794. Les prix montent et l’inflation touche les plus pauvres. A partir de 1794,  les prix peuvent être multipliés par 10 en quelques mois. 

Alors chacun se débrouille ; A la Villette, quartier excentré de paris, où les jardins y sont plus grands et les juifs portugais et allemands nombreux,  quelques petits margoulins voient en la possibilité d’enterrer clandestinement les juifs derrière chez eux une manière d’avoir des revenus complémentaires.

Ce que faisait le Sieur Camot.  Comptez 50 Francs pour un adulte et 20 Francs pour un enfant. C’était à l’époque une somme importante, un franc représentant 5 grammes d’argent

En 1773, à la mort de la veuve Camot,  l’établissement passe aux mains d’un « écorcheur », (il n’y a pas encore les abattoirs de la vilette, mais des « tueries » de-ci de là) Maître  Matard. Ce dernier continue le commerce mais a la malheureuse idée d’enfouir à côté des juifs des carcasses de chevaux.

Un juif portugais séfarade, Jacob Robriguez Péreirra, véritable tête de pont de la communauté juive portuguaise de la villette bien implantée à la Villette, s’insurgea contre cette profanation, et recueilli au sein de la communauté 800 livres pour acheter une parcelle de 28 toises (428 mètres carrés,) contigüe à l’actuel 46 rue de Flandre, le  numéro 44.

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Ainsi, on y enterra jusqu’en 1810, date de l’ouverture d’un carré juif au père Lachaise. Il y a aujourd’hui 28 Sépultures assez délaissées. L’endroit est  privé : on ne peut le visiter que sur autorisation du Consistoire Israélite de Paris.

Jacob Rodrigues Pereira décéda le 15 Septembre 1780. Sa tombe est dans ce cimetière. Mais certains prétendent que ses os furent transférés ailleurs en 1788. C’était un savant, mathématicien, érudi et polyglotte reconnu. En 1765, il reçoit le titre officiel de traducteur de Louis XV pour les langues espagnoles et portugaises. Dès 1734, il s’intéressa à l’éducation des sourds muets et ouvrit chez lui à Paris la première école pour sourds muets. On lui doit la popularisation dans toute l’europe de la langue des signes, sur la base de l'alphabet dit "de Léon", du début du XVIeme siècle. Sans Pereira, la langue des signes ne serait pas ce qu'elle est dans le monde entier. Ce cimetière de la rue de Flandre est donc un lieu qui doit interesser tous ceux qui s'interessent au handicap de la surdité.

La Condamine dédit à Pereira ces quelques vers

« Pereire, ton génie et tes heureux secours

Ont rendu la parole à des muets nés sourds !

Des muets ont parlé, que ne puis-je prétendre

A te devoir comme eux, la faculté d’entendre »

Sur les tombes du cimetière, quelques épitaphes témoignent de l’engouement révolutionnaire de l’époque :

Samuel Fernandes PAtto, décédé en 1794 : « J’aime mieux vivre ma situation que l’esclavage.ô âme imortelle, cherche à vivre libre ou suis-moi comme un bon républicain »

Sur la tombe de Judith del Valle Silveyra, décédée à Pantin le 24 Septembre 1798 cohabite cote-cote le calendrier hébreux et le calendrier révolutionnaire : « le 9 de Tiscri, an 5565 de la création du monde, 3 Vendémiaire de l’an VII de la République »

 Parmi les petits enfants de Jacob Rodrigues Pereirra, on trouve les frère Emile et Isaac Péreire, du boulevard Péreire à Paris, banquiers entrepreneurs qui ont participé à la modernisation de paris lancée par le préfet Haussmann, investi dans le chemin de fer et dans de multiples activités, lancé la ville nouvelle d’Arcachon, une des toutes premières villes constituées de batiments préfabriqués…

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