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31/03/2011

Fukushima : A quelque chose malheur est bon

Winter, le 31/03/2011

www.mai2012.fr

« Après Fukushima»

Lors de la catastrophe de Tchernobyl, en 1996, plus de 150 000 km2 de terre furent contaminés à des degrés divers. Le montant des dégâts, pour aussi difficile qu'il soit à évaluer, hors pertes humaines et perte de production des invalides, dépasse sur 30 ans les 500 milliards de dollars. Le montant des pensions liées à cette catastrophe représente aujourd'hui la charge la plus lourde car sept millions de personnes en reçoivent aujourd'hui une.

japon.jpgLe Japon fait 370 000 km2, la seule ile de Honshu (l'ile principale) fait 227 000 km2 seulement, et a 107 millions d'habitants. 150 000 km2 correspond à un cercle d'un rayon de 200 kms autour de la centrale, Tokyo étant à 250 kms de Fukushima.

On peut toujours relativiser en expliquant que l'archipel est très étendu (3 300 km), et que donc la situation géographique n'est pas comparable : que dans le cas de Tchernobyl, il s'agit d'une explosion et que la pollution dans le cas de Fukushima sera  portée par les vents et les courants...

N'empêche.

Le rapprochement de ces chiffres fait un peu froid dans le dos, surtout lorsqu'on revoit Gorbatchev expliquer dans le film « la bataille de Tchernobyl » que le coût exorbitant de la catastrophe de Tchernobyl a ruiné tous les espoirs de la pérestroïka.

Chaque jour apporte son nouveau lot de mesures : traces d'iode retrouvées ce matin dans du lait de l'état de Washington (Côte est des USA), trace d'iode sur un peu tout le territoire chinois. Certes, à dose minime. Mais si la centrale continue de polluer pendant des semaines voire des mois ou des années, ces traces s'accumuleront : car le principe de la radioactivité c'est qu'elle se divise par deux au bout d'une certaine période : elle ne disparait pas totalement. Ainsi, si l'iode a une demi-vie très courte, il en reste toujours : Si la source ne tarit pas, l'accumulation de doses perdure dans les organismes vivants et les enseignements de Tchernobyl nous diront sans doute que c'est l'accumulation de petites doses qui est plus dangereux pour le vivant.

Mais à quelque chose malheur est bon :

N'avez-vous pas remarqué  que lorsqu'on parle des révolutions dans les pays arabes, de la côte d'ivoire où un président a parait-il été élu mais ne peut gouverner, et de tous ces autres événements où l'on n'y comprend pas grand-chose, on évoque toujours le soutien ou l'absence de soutien de la « communauté internationale ».

Mais qu'est ce que c'est donc que cette « communauté internationale » : L'Union Pour la Méditerranée, Les USA, le Mercosur, l'Otan, l'Organisation de la Conférence Islamique, l'Union Européenne, l'Union du Maghreb Arabe, que sais-je encore ? Il n'y a pas d'organisation internationale qui s'appelle « communauté internationale », ce concept n'existe pas ; cette expression est un mot valise pour habiller un mollusque en crustacé.

La catastrophe de Fukushima risque de toucher une bonne partie de la planète, et l'on peut espérer que de ces événement dramatique naitra une conscience planétaire des enjeux du nucléaire ; on peut espérer qu'une gouvernance mondiale de l'énergie verra le jour, et que de cette catastrophe, une véritable « communauté internationale » émergera, car - ce que n'arrivent pas à comprendre nos hommes politiques actuels - les grandes alliances ne se font que dans la prise de conscience d'une cause commune, dut-elle être forgée de toute pièce.

Pour nous autres, ici loin de Tokyo, nous devrions commencer en 2012 par repeindre en vert les hommes en bleu qui nous expliquent en boucle que tout est sous contrôle.

 

29/03/2011

2011, année Curie ou année Fukushima ?

 

Winter, le 29/03/2011

www.mai2012.fr

« Fukushima : ironie de l'histoire »

La catastrophe de Fukushima nous a fait oublier un petit fait, anodin pour certains, mais dont la concomitance avec l'actualité japonnaise peut faire sourire les plus optimistes :

Le Sénat polonais a adopté en Janvier en présence du président Polonais et du Sénateur français Gérard Larcher une résolution qui institue l'année 2011 « Année Marie Sklodowska-Curie », célébrant ainsi le centenaire de l'attribution du prix Nobel de chimie à la scientifique franco-polonaise. Au cours de l'année 2011, déclarée par ailleurs par l'ONU « Année internationale de la chimie » , une série de manifestations sont prévues dans les deux pays pour célébrer Marie Sklodowska-Curie: expositions, congrès, symposiums, films.

On rappellera à tous ceux qui n'ont pas bien écouté à la petite école qu'en 1903 Marie Curie avec son époux a reçu un demi prix Nobel -  l'autre moitié revenant à Henri Becquerel - pour leurs travaux sur la radiation, puis en 1911 le prix Nobel de chimie pour ses travaux sur le polonium. Maris Curie est ainsi la seule personnalité à avoir eu deux prix Nobel.

Depuis, on mesure l'activité radioactive d'une substance en becquerel (Bq). Un becquerel, c'est une désintégration atomique en une seconde. Avant, on parlait en « curie ». Ces deux unités mesurent la même chose, dans des rapports différents.

L'année Curie a été inaugurée le 29 Janvier à la maison de la Chimie à Paris. La cérémonie de clôture se déroulera le 25 novembre 2011 à Varsovie.

Espérons que d'ici là, les réacteurs de Fukushima auront retrouvé une température normale.

Pour mémoire, Marie Curie est morte d'une leucémie, suite à une trop grande exposition aux rayons radioactifs.

 

26/03/2011

Les lecons de Fukushiwa

 

Les urbanitasmagories de Winter le 26 mars 2011

www.mai2012.fr

«Fukushima : Travailler plus pour mourir plus tôt / EDF travailler moins pour gagner plus»

hors, il advint que...

Lorsqu'on lit les commentaires sur la catastrophe de Fukushima, on est étonné de l'aveuglement de certains : Pas d'impact en France, pas de remise en cause d'une énergie pourtant diabolique, pas de réelle prise de conscience de ce qui est en train de se passer, pas vraiment d'évaluation économique réaliste...

D'autres commentaires, du type de ceux dHelmut Kohl sont dramatiques « On sait [avec le nucléaire] qu'on n'est pas à l'abri d'un risque »

Mais la notion de risque n'a de signification que par une évaluation de son coût qui nécessairement doit être intégré dans le cout complet de production.

Celui qui a déjà travaillé pour le nucléaire sait comment cela se passe, les mesures de sécurité pour rentrer dans une centrale, les normes de sécurité draconiennes utilisées pour réaliser des soudures, les assemblages, les chargements de combustibles etc...

Hors voici qu'on en est arrivé à une situation ou l'on arrose avec de l'eau des cocottes minutes géantes espérant pouvoir ainsi les refroidir.

Ce simple constat pourrait rendre la situation ubuesque si elle n'était pas simplement dramatique.

En fait, il n'y a pas de plan B.

Il ne peut pas y en avoir car le principe d'une centrale nucléaire, c'est de contrôler la réaction nucléaire et que si on en perd le contrôle il n'y a plus qu'à prier, comme la suggéré l'empereur du Japon

Profitant de cette occasion inespérée, EDF annonce vouloir une hausse de 30% de ses tarifs sur 5 ans, ce qui lui permettrait, puisqu'elle va être contrainte de céder 25% de son énergie à la concurrence, de travailler moins pour gagner 5% de plus.

Tout le monde parle d'indécence en ce moment, comme si porter un jugement moral pouvait masquer sa propre absence totale de morale dans la vie économique et politique. La communication d'EDF, relayée par la CGT énergie, en est un très bon exemple. Notons que Besson comme à son habitude peut concourir pour la palme en déclarant  « Les décisions tarifaires à venir seront prises avec le souci de protéger le pouvoir d'achat des Français qui doivent continuer à bénéficier d'une électricité 40 % moins chère que dans la moyenne des autres pays européens, grâce au parc nucléaire ».

Mais, monsieur le ministre, il se trouve que le quidam moyen est en train  de comprendre que l'énergie nucléaire coute en fait très très très cher.

La construction d'une tranche coute beaucoup plus cher que pour n'importe quelle autre source d'énergie, et ceci quelle que soit le pays ; jusqu'à là rien d'extraordinaire ;

Mais il faut désormais ajouter au cout du kilowatt/heure le risque, qui, de toute évidence a toujours été largement sous évalué. Depuis Fukyshima, on peut commencer néanmoins à en avoir une petite idée. Alors, je me suis amusé à calculer cette petite approximation, en prenant les bases suivantes : Montant prévisionnel des travaux (disons à la louche 500 milliards d'euro, puisque les experts en prévoient la moitié...)  divisé par Somme totale de toute l'électricité produite au japon entre 1960 et 2008. (Je sais, ce n'est pas très équitable, mais soyons large...)

Donc, il faudrait ajouter à chaque kilowatt heure environ 0.016 centime. Vous allez me dire que mon calcul est ridicule. Non. C'est juste pour que vous puissiez le comparer au coût du kilowatt heure en France (en gros 0.11 centimes). Cela signifie que sur cette hypothèse totalement sous évaluée il manque déjà 11%.... ce n'est pas rien.

Allons plus loin...

Si vous voulez faire dans la catastrophe, prenez le cout estimatif des travaux de reconstruction et divisez le par le nb de kwh produits depuis que la centrale de Fukushiwa est en activité (1971) : soit pour faire simple 40 ans x 6 réacteurs x 760 méga watt. Toujours pour faire simple, disons que cela représente 10% du montant total (ce qui une fois encore est largement sous estimé, la centrale n'étant rentrée en fonction que à partir de 1971 sur une période de 8 ans) : Malgrès ça, cela revient à dire que le cout du kilowatt heure serait sous-estimé du simple au double !

Cela pour un risque sur une seule centrale nucléaire de 6 réacteurs, quant il y a au japon 55 réacteurs pour  de 18 centrales...

Alors  le fiasco de Superphénix peut être oublié tant ces chiffres vous donnent le vertige : Vous venez de comprendre en même temps que moi qu'en fait, même si l'on applique sur la facture prévisionnelle un modèle statistique raisonnable (par exemple une chance sur 10000 pour qu'il y ait une fusion d'un cœur de réacteur sur une période de 30 ans) , même si l'on tient compte du fait que le cout du kwh n'est pas le même au japon et en france, l'évaluation du kilowatt heure d'énergie nucléaire est en vérité totalement hors de prix

Donc puisque c'est très cher, pourquoi donc les hommes qui nous gouvernent nous ont imposé une politique basée sur le nucléaire, qu'au final nous payons ?

Mais, chers amis, la réponse est dans la question, c'est parce que c'est cher.

Tout  le reste, l'indépendance énergétique, une énergie propre, économique et tout le bla bla qui va avec, c'est de l'habillage marketing...

Portez vous bien.

 

 

23/03/2011

Les leçons du Japon

 

Winter, le 23/03/2011

www.mai2012.fr

« Les leçons de Tchernobyl, mais quelles leçons ? »

La catastrophe de Fukushima ne peut que nous rendre définitivement et irrémédiablement adversaires de l'énergie nucléaire.

La raison en est très simple : Nous venons de constater que les dégâts provoqués par une technologie non maitrisée associée à des pratiques d'industriels peu scrupuleux dépassent l'entendement : On avait vécu Tchernobyl, donc on pensait bien à la pollution, mais on n'avait jamais imaginé qu'on pourrait se retrouvé confronté demain à une vague de réfugiés nucléaires, fuyant leur métropole pour peut être bouleverser notre fragile équilibre démographique.

On avait imaginé les légumes pollués, mais on n'avait jamais pensé qu'un pays civilisé tout entier pourrait risquer de se retrouver affamé du jour au lendemain et se mettre à manger des boites de conserve venant d'ailleurs...

On avait imaginé des choses terribles, mais on ne se voyait pas faire nos courses à la quincaillerie ou au marché du coin avec un compteur Geiger en main et c'est pourtant ce qui commence à se passer : Les ventes de la firme Radex qui produit ces petits compteurs de poche explosent.

On avait imaginé un nuage radioactif passant au dessus de notre tête, mais on n'avait jamais imaginé que les eaux internationales pourraient se retrouver polluées. Il est vrai que la concentration de césium, que cela soit dans l'air ou dans l'eau, diminue avec la distance. Mais ils se trouvent que les poissons comme les oiseaux ne connaissent pas la géopolitique et migrent parfois plusieurs fois par an d'un d'un bout à l'autre de la planète.  Et l'on risque fort de se retrouver demain avec des poissons pollués à quelques encablures de nos côtes bretonnes...

Voici donc que d'un seul coup, à la faveur de cette catastrophe, de nouveaux risques bien réels sont venu assombrir un tableau déjà pas réellement idyllique...

Mais le début du pire est arrivé ce matin 23 mars, lorsque la télévision nippone a annoncé que l'eau du robinet de Tokyo de manière officielle dépassait maintenant les seuils de radioactivité admissibles pour les nourrissons. En clair, voici donc une ville de 35 millions de personnes privée d'eau potable, c'est-à-dire qui est sur la voie d'une ville du tiers-monde...

Mais ce n'est pas tout... Qu'en sera-t-il des systèmes d'aduction d'eau ? Qu'en sera-t-il des produits en plastique manufacturés par des entreprises qui utilisent l'eau pour laver leurs moules, rincer leurs outils, mouiller leurs meules...

Nous sommes bien rentrés dans un cycle de fou...

A ce jour, qui a imaginé le fait qu'un nouveau tsunami vienne de nouveau baigner les ruines irradiées de Fukushima...Et pourtant cela est du domaine du probable sur une échelle de seulement quelques années, c'est-à-dire d'une durée largement inférieure au temps qu'il faudra pour colmater les dégâts ce la folie humaine.

Il faudrait être complètement inconscient, inconséquent ou juste opportuniste pour ne pas penser que cette catastrophe doive impérativement sonner le début de la fin de l'aire nucléaire.

C'est notre rôle d'électeur de le rappeler à nos hommes politiques.

Tous les jours.

Quelques pays l'ont soudainement compris : L'autriche, la suisse. La chancellière Merkel vient aujourd'hui d'annoncer le début de la sortie du nucléaire.

Chez nous, cela tombe bien, il y a des élections d'ici un an.

Et puis, à tous les petits beni oui oui du nucléaire, qui comme Besson et bien d'autres nous ont expliqué pendant 40 ans que le nucléaire, c'était pas cher, ces hommes politiques sans conscience, ces patrons de toutes ces grandes firmes qui font leur choux gras d'un pari diabolique avec l'atome, et qui ne comprendraient pas qu'il nous faut maintenant penser autrement, il y a bien une solution pour éviter, s'il en est encore temps qu'ils ne sévissent de nouveau...: Qu'on les envoie tous le plus rapidement possible à Fukushima aider ces sacrifiés du nucléaire qui s'activent comme des damnés pour ce qui leur reste de vie d'être sain à tenter d'expier leur folie dévastatrice !


16/03/2011

Fukushima, une chance ?

 

Winter, le 16/03/2011

www.mai2012.fr

« Le début de la fin du nucléaire»

Pourquoi la catastrophe japonaise est une chance ?

L'empereur du Japon a pris la parole, fait rarissime : Au pays de la très haute technologie & face au drame de Fukushima, l'ultime solution qu'il propose est de prier : L'empereur a compris ce que nos brillants technocrates n'ont pas encore compris : Lorsqu'on joue avec le Diable, si celui-ci se rebelle, seul nous reste le recours à Dieu...

Les enfants ne comprennent la puissance de  l'âtre que lorsqu'ils s'approchent par trop près des braises. Lorsqu'ils deviennent plus grands, cela ne change pas vraiment. C'est pour cela que la démocratie à accouché des sages : Les vieux, ceux dont la proximité de la mort leur a fait relativisé l'intérêt de  pactiser avec le diable, sont là pour rappeler aux jeunes ambitieux que le risque zéro n'existe pas.

La catastrophe japonaise est donc une chance car elle va permettre à ceux qui sont au bord de mourir de s'exprimer en toute sérénité, influant par là le discours des jeunes ambitieux.

A cet égard, il est plutôt positif de constater que la langue de bois de notre ministre de l'industrie pro-nucléaire est en train d'évoluer en langue de sciure  (il s'est quant même encore félicité du fait que la centrale de Fukushima a résisté au tremblement de terre, mais pas au tsunami) . Il est aussi positif de constater que - sous le feu de l'évidence - le discours de Kosusko Moriset est également en train d'évoluer.

Les politiques sont en train d'évoluer. Certains comprennent vite, mais de travers : Bayrou, qui compare Fukushima au 11 septembre 2001, comme si l'on pouvait comparer deux milles morts aux milliers de malades japonais qui ne manqueront pas d'arriver, deux builing explosés à un pays qui est en cours de dévastation physique et économique ; Claude Allègre qui explique le 16 mars que l'accident de Fukushima n'est pas un accident nucléaire, un peu comme si une marée noire n'était pas un accident pétrolier...

La catastrophe japonaise est une chance car elle il va y avoir un avant et après Fukushima.  Aujourd'hui, on peut téléphoner, se connecter à internet, d'un peu partout vers un peu partout ; ceci  malgré une technologie qui pourtant nécessite de réunir au sein d'un même dialogue des gens qui tout autour de la terre, passent usuellement leur temps à s'entretue... et pourtant ces technologies sont devenues quasiment transparentes pour tous. A partir de Fukushima, on va sans doute s'acheminer vers une gouvernance nucléaire transnationale, puis mondiale  : définition des normes, surveillance, dispositif de contrainte, tout deviendra sans doute international et non plus local, car sans cela, il n'y aura plus de nucléaire.

Cela c'est une bonne nouvelle pour la France et en particulier pour Areva, car passé la crise, la France deviendra leader de la définition des normes et des processus de contrôle.

La catastrophe japonaise est une chance car à partir de Fukushima, les gens vont comprendre que l'énergie a un coût (pas un prix) , parfois diaboliquement élevé, comme c'est finalement le cas avec le nucléaire, et qu'il est indispensable de revisiter notre modèle de société, et de réfléchir avant d'acheter ou de jeter pour rien.

Personnellement, je vais ressortir mon vieux compteur Jaeger car j'acquiers beaucoup de produits par internet en Asie, et je vais souvent manger Japonais. Et quand je loue une voiture chez Avis, j'y passerai un coup de compteur avant pour savoir si ma Suzuki n'a pas des pièces irradiées. Quand j'irai au supermarché je ferai attention à ce que j'achèterai.

Pendant que les politiques font la course à s'envoyer à la figure le terme « indécent », moi je m'inquiète. Quand je travaillais pour Framatome, tous les soirs je remettais mon badge-témoin au guichet de sortie, en me demandant si je n'avais pas pris trop de becquerels. Maintenant, la donne est changé...

En attendant, ceux qui vont mourir vous saluent...

 

22:10 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fukushima, edf, framatome, areva, nuclé, éolaire, cap21, besson, energie durable | | |  Facebook

15/03/2011

Le Japon nous montrera l'exemple

 

Winter, le 15/03/2011

www.mai2012.fr

« Le début de la fin du nucléaire»

Le nucléaire est une technologie formidable, car elle permet d'obtenir une quantité incroyable d'énergie à un coup ridicule. Bon, pour ce qui est du coût, le consommateur final ne le voit pas trop, mais c'est un autre débat. C'est sans doute une technologie du futur, mais pas de l'avenir, tant qu'on n'aura pas, en plus de la technologie, des cerveaux d'homme du futur.

Aujourd'hui, c'est simplement une technologie de malade mental : Ce qui se passe au Japon le prouve, et le fait que ce mardi 15 mars 2011 au matin la bourse de Tokyo ait dévissé de 14% est un indicateur majeur : Dès qu'on touche au portefeuille, le bon sens revient, n'en déplaise à notre bon ministre de l'industrie.

Le vrai débat n'est pas de savoir si l'on peut se passer du nucléaire ou non : il faudra bien le faire un jour ou l'autre. Non, le vrai débat est de savoir comment l'on peut concilier progrès et réduction de la consommation d'énergie, et ci cela est possible.

Donc, ce qui etait prévisible est en train d'arriver au Japon. Le fait qu'à la télévision il y a deux jours Eric Besson parlait d'accident et non pas de catastrophe montre que ce personnage n'a pas encore le cerveau de l'homme du futur : La France a portant confié notre destin à des personnes comme cela ; Il faut se raviser rapidement et mettre au pouvoir des gens qui réfléchissent, pas qui brillent.



 

07:36 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : japon, fukushima, nucleaire, cogema, meteo, radiations, besson, cap21, ecologie | | |  Facebook

14/03/2011

besson le niveau

 

Winter, le 14/03/2011

www.mai2012.fr

«Le Pouvoir, en extase devant son miroir, s'auto-satisfait et s'admire. Vivement qu'il réfléchisse..»

Je ne connaissais Eric Besson, notre ministre de l'industrie, qu'à travers quelles caricatures, plus ou moins suspectes, et son amour - cela peut arriver - pour une femme de quelques décennies sa cadette. J'ai vraiment découvert le personnage Dimanche 13 Mars 2011 grâce à une émission sur la chaine i-télé - chaine qu'on ne peut pas vraiment taxer d'opposition - sur un plateau qui regroupait entre autre Eric Besson, Corinne Lepage, un retraité d'AREVA, une représentante d'un mouvement anti-nucléaire, et qui portait sur le choix du tout nucléaire dans le contexte des événements au Japon.

Les bras m'en sont tombés : J'ai découvert une personne malpolie, manipulatrice au sens le plus vicieux du terme, sans stratégie réelle de communication. Mais ce que j'ai retenu, c'est ce qui a l'air de ressembler à un système, qui consiste à attaquer ses contradicteurs en permanence non pas sur leurs propos mais sur leurs personnes, sur des attaques d'une vulgarité impressionnante : Corinne Lepage menaçant de quitter le plateau tant le débat était boueux, Besson indiqua que cela lui fera plus de temps pour discuter avec les autres ; Elle,  développant des arguments plus ou moins solides, Besson répliquant qu'il plaignait ses clients (Lepage est avocate)...

J'ai par-dessus tout retenu la bêtise sans borne du personnage. Qu'on comprenne un peu : Vous avez sur un plateau de télé des anti-nucléaires et des pro-nucléaires. Le monde vit à travers ce qui est en train de se produire au Japon un accident majeur qui peut virer à la catastrophe d'un moment à l'autre. Ce Lundi matin, la bourse japonaise dévisse de 6% et c'en est déjà une, de catastrophe, pour beaucoup d'actionnaires.  Les anti-nucléaires invités sont assez pondérés puisqu'ils tiennent un discours de sortie progressive du nucléaire ; Besson explique qu'à l'heure où il parle, on peut parler d'accident et non de catastrophe, et que donc, dans cette mesure, cela ne peut pas lancer un débat national sur le nucléaire. Dit autrement, cela revient à préconiser qu'il faille que je me tue au volant pour avérer le fait qu'il n'aurait pas fallu rouler trop vite.

L'argument, pour un homme dont le métier est de faire des choix stratégiques, est d'une telle stupidité qu'on a du mal à comprendre comment une personne qui a fait des études peut énoncer pareille bêtise. On connaissait déjà la caricature du type qui, poussé du haut d'un building et passant devant ses collègues disait à chaque étage « jusqu'à là ça va ». Besson renouvelle le genre :  On verra en bas.

Il est ahurissant ce constater qu'un homme de pouvoir dont le rôle est de prendre des décisions engageantes pour des décennies  puisse raisonner (si l'on peut appeler cela raisonner) de manière aussi tordue ; et l'on se dit que si un ministre raisonne comme cela, qu'en est il du reste...

Je n'avais jusqu'à hier  aucune raison de vomir sur quelqu'un dont j'ignorais a peu près tout. J'ai découvert un homme au raisonnement dont l'indigence fait frémir. Il est ministre : Oui, décidemment, tout devient possible.

 

09:22 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : besson, lepage, cap21, japon, fukushima, nucléaire, i-télé, areva, edf, énergie | | |  Facebook

12/03/2011

JAPON : Quand vot'moteur fait BOUM

 

Les urbanitasmagories de Winter le 12 mars 2011

www.mai2012.fr

«Le japon qui s'envoie en l'air, c'est la faute à Voltaire...»

Quand j'étais gosse, dans les années 70, j'avais en CM2 un instituteur - merci M. Bouton fils - qui , voulant  sans doute racheter les péchés de son père infâme à qui il succédait, menait un pédagogie très active et par exemple nous incitait à faire des exposés devant nos camarades. On lisait France soir, on regardait un peu la télé, on discutait avec nos parents,  on allait à la bibliothèque et on essayait sur trois pages de faire un petit document et de convaincre nos petits camarades. C'était très formateur.

Je me rappelle très bien avoir fait un exposé sur le nucléaire. On en parlait beaucoup, c'était les débuts. On parlait du projet « super phénix » qui allait résoudre tous les problèmes des déchets.

Au cours de mon exposé  j'ai le souvenir très précis d'avoir, avec mes mots de gosse,   mis en avant les éléments suivants

  • Le nucléaire c'est dangereux à cause des déchets: un train qui transporterait les déchets peut se faire attraper par des terroristes (En 1969, c'était le début du terrorisme, IRA, FLB,FLPL)
  • C'est dangereux car on ne maitrise pas la réaction en chaine et si elle part toute seule , ça risque de coûter cher;
  • C'est dangereux car c'est une technologie compliquée qui nécessite  stabilité et continuité politiques ;
  • C'est dangereux car si une bombe tombe sur une centrale, ou si une centrale tombe dans un tremblement de terre, on ne peut rien faire.

Cette vision était celle d'un gamin de 10 ou 11 ans, élevé dans le mouvement post mai 68, dans une société qui était en grand bouleversement.

Le projet Super Phénix démarre en 76. La centrale est mise en service en 85. Je ne suis pas sur qu'à ce jour, elle est jamais produit un seul kilowatt heure

En Mars 79, l'accident de Three mile Island commence à donner une idée de ce que pourrait être un accident majeur ;

En Avril 86, c'est la catastrophe de Tchernobyl. Heureusement, le nuage radioactif (qui continue à faire le tour de la planète) s'est arrêté pile au Rhin.

En Mars 2011, presque 33 ans jour pour jour après Three mile Island, c'est la centrale de Fukushima qui est victime d'un tremblement de terre. On attend de connaitre les conséquences.

Depuis 1957, on en est à 27 incidents ou accidents suffisamment graves dans le nucléaire civil. Certes le monde n'a jamais connu de période de paix aussi longue qu'en cette fin de XXeme siècle ; mais tout un ensemble de facteurs est présent pour que ce bel ordre se transforme à la première étincelle en chaos total, comme on peut  le voir en Lybie. Le bloc de l'Est s'était déjà désagrégé, et les centrales nucléaires dont il avait enfanté sont restées à l'abandon... les combustibles se retrouvant   bradés sur le second marché très actif du terrorisme

Ce qu'un gamin de 10 ans était capable de comprendre il y a plus de 40 ans, pourquoi ne le comprend-t-on toujours pas aujourd'hui : Cette technologie pour aussi séduisante qu'elle soit  est tout simplement diabolique - mais le diable est un grand séducteur, n'est il pas ? -, aucun être humain ne pouvant prétendre maitriser la matière car c'est bien de cela dont on parle. Et même si le prix du kilowatt heure est censé être moins cher, le prix à payer pour obtenir cette énergie à vil coût est tout simplement économiquement déraisonnable.

Il est sans doute proche le jour où l'on comprendra que chaque chose qu'on jette à la poubelle est de l'énergie ; que l'énergie coûte cher ; que prendre sa voiture pour aller chercher une baquette est déraisonnable...

 

 

 
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