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31/03/2011

Fukushima : A quelque chose malheur est bon

Winter, le 31/03/2011

www.mai2012.fr

« Après Fukushima»

Lors de la catastrophe de Tchernobyl, en 1996, plus de 150 000 km2 de terre furent contaminés à des degrés divers. Le montant des dégâts, pour aussi difficile qu'il soit à évaluer, hors pertes humaines et perte de production des invalides, dépasse sur 30 ans les 500 milliards de dollars. Le montant des pensions liées à cette catastrophe représente aujourd'hui la charge la plus lourde car sept millions de personnes en reçoivent aujourd'hui une.

japon.jpgLe Japon fait 370 000 km2, la seule ile de Honshu (l'ile principale) fait 227 000 km2 seulement, et a 107 millions d'habitants. 150 000 km2 correspond à un cercle d'un rayon de 200 kms autour de la centrale, Tokyo étant à 250 kms de Fukushima.

On peut toujours relativiser en expliquant que l'archipel est très étendu (3 300 km), et que donc la situation géographique n'est pas comparable : que dans le cas de Tchernobyl, il s'agit d'une explosion et que la pollution dans le cas de Fukushima sera  portée par les vents et les courants...

N'empêche.

Le rapprochement de ces chiffres fait un peu froid dans le dos, surtout lorsqu'on revoit Gorbatchev expliquer dans le film « la bataille de Tchernobyl » que le coût exorbitant de la catastrophe de Tchernobyl a ruiné tous les espoirs de la pérestroïka.

Chaque jour apporte son nouveau lot de mesures : traces d'iode retrouvées ce matin dans du lait de l'état de Washington (Côte est des USA), trace d'iode sur un peu tout le territoire chinois. Certes, à dose minime. Mais si la centrale continue de polluer pendant des semaines voire des mois ou des années, ces traces s'accumuleront : car le principe de la radioactivité c'est qu'elle se divise par deux au bout d'une certaine période : elle ne disparait pas totalement. Ainsi, si l'iode a une demi-vie très courte, il en reste toujours : Si la source ne tarit pas, l'accumulation de doses perdure dans les organismes vivants et les enseignements de Tchernobyl nous diront sans doute que c'est l'accumulation de petites doses qui est plus dangereux pour le vivant.

Mais à quelque chose malheur est bon :

N'avez-vous pas remarqué  que lorsqu'on parle des révolutions dans les pays arabes, de la côte d'ivoire où un président a parait-il été élu mais ne peut gouverner, et de tous ces autres événements où l'on n'y comprend pas grand-chose, on évoque toujours le soutien ou l'absence de soutien de la « communauté internationale ».

Mais qu'est ce que c'est donc que cette « communauté internationale » : L'Union Pour la Méditerranée, Les USA, le Mercosur, l'Otan, l'Organisation de la Conférence Islamique, l'Union Européenne, l'Union du Maghreb Arabe, que sais-je encore ? Il n'y a pas d'organisation internationale qui s'appelle « communauté internationale », ce concept n'existe pas ; cette expression est un mot valise pour habiller un mollusque en crustacé.

La catastrophe de Fukushima risque de toucher une bonne partie de la planète, et l'on peut espérer que de ces événement dramatique naitra une conscience planétaire des enjeux du nucléaire ; on peut espérer qu'une gouvernance mondiale de l'énergie verra le jour, et que de cette catastrophe, une véritable « communauté internationale » émergera, car - ce que n'arrivent pas à comprendre nos hommes politiques actuels - les grandes alliances ne se font que dans la prise de conscience d'une cause commune, dut-elle être forgée de toute pièce.

Pour nous autres, ici loin de Tokyo, nous devrions commencer en 2012 par repeindre en vert les hommes en bleu qui nous expliquent en boucle que tout est sous contrôle.

 

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