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26/03/2011

Les lecons de Fukushiwa

 

Les urbanitasmagories de Winter le 26 mars 2011

www.mai2012.fr

«Fukushima : Travailler plus pour mourir plus tôt / EDF travailler moins pour gagner plus»

hors, il advint que...

Lorsqu'on lit les commentaires sur la catastrophe de Fukushima, on est étonné de l'aveuglement de certains : Pas d'impact en France, pas de remise en cause d'une énergie pourtant diabolique, pas de réelle prise de conscience de ce qui est en train de se passer, pas vraiment d'évaluation économique réaliste...

D'autres commentaires, du type de ceux dHelmut Kohl sont dramatiques « On sait [avec le nucléaire] qu'on n'est pas à l'abri d'un risque »

Mais la notion de risque n'a de signification que par une évaluation de son coût qui nécessairement doit être intégré dans le cout complet de production.

Celui qui a déjà travaillé pour le nucléaire sait comment cela se passe, les mesures de sécurité pour rentrer dans une centrale, les normes de sécurité draconiennes utilisées pour réaliser des soudures, les assemblages, les chargements de combustibles etc...

Hors voici qu'on en est arrivé à une situation ou l'on arrose avec de l'eau des cocottes minutes géantes espérant pouvoir ainsi les refroidir.

Ce simple constat pourrait rendre la situation ubuesque si elle n'était pas simplement dramatique.

En fait, il n'y a pas de plan B.

Il ne peut pas y en avoir car le principe d'une centrale nucléaire, c'est de contrôler la réaction nucléaire et que si on en perd le contrôle il n'y a plus qu'à prier, comme la suggéré l'empereur du Japon

Profitant de cette occasion inespérée, EDF annonce vouloir une hausse de 30% de ses tarifs sur 5 ans, ce qui lui permettrait, puisqu'elle va être contrainte de céder 25% de son énergie à la concurrence, de travailler moins pour gagner 5% de plus.

Tout le monde parle d'indécence en ce moment, comme si porter un jugement moral pouvait masquer sa propre absence totale de morale dans la vie économique et politique. La communication d'EDF, relayée par la CGT énergie, en est un très bon exemple. Notons que Besson comme à son habitude peut concourir pour la palme en déclarant  « Les décisions tarifaires à venir seront prises avec le souci de protéger le pouvoir d'achat des Français qui doivent continuer à bénéficier d'une électricité 40 % moins chère que dans la moyenne des autres pays européens, grâce au parc nucléaire ».

Mais, monsieur le ministre, il se trouve que le quidam moyen est en train  de comprendre que l'énergie nucléaire coute en fait très très très cher.

La construction d'une tranche coute beaucoup plus cher que pour n'importe quelle autre source d'énergie, et ceci quelle que soit le pays ; jusqu'à là rien d'extraordinaire ;

Mais il faut désormais ajouter au cout du kilowatt/heure le risque, qui, de toute évidence a toujours été largement sous évalué. Depuis Fukyshima, on peut commencer néanmoins à en avoir une petite idée. Alors, je me suis amusé à calculer cette petite approximation, en prenant les bases suivantes : Montant prévisionnel des travaux (disons à la louche 500 milliards d'euro, puisque les experts en prévoient la moitié...)  divisé par Somme totale de toute l'électricité produite au japon entre 1960 et 2008. (Je sais, ce n'est pas très équitable, mais soyons large...)

Donc, il faudrait ajouter à chaque kilowatt heure environ 0.016 centime. Vous allez me dire que mon calcul est ridicule. Non. C'est juste pour que vous puissiez le comparer au coût du kilowatt heure en France (en gros 0.11 centimes). Cela signifie que sur cette hypothèse totalement sous évaluée il manque déjà 11%.... ce n'est pas rien.

Allons plus loin...

Si vous voulez faire dans la catastrophe, prenez le cout estimatif des travaux de reconstruction et divisez le par le nb de kwh produits depuis que la centrale de Fukushiwa est en activité (1971) : soit pour faire simple 40 ans x 6 réacteurs x 760 méga watt. Toujours pour faire simple, disons que cela représente 10% du montant total (ce qui une fois encore est largement sous estimé, la centrale n'étant rentrée en fonction que à partir de 1971 sur une période de 8 ans) : Malgrès ça, cela revient à dire que le cout du kilowatt heure serait sous-estimé du simple au double !

Cela pour un risque sur une seule centrale nucléaire de 6 réacteurs, quant il y a au japon 55 réacteurs pour  de 18 centrales...

Alors  le fiasco de Superphénix peut être oublié tant ces chiffres vous donnent le vertige : Vous venez de comprendre en même temps que moi qu'en fait, même si l'on applique sur la facture prévisionnelle un modèle statistique raisonnable (par exemple une chance sur 10000 pour qu'il y ait une fusion d'un cœur de réacteur sur une période de 30 ans) , même si l'on tient compte du fait que le cout du kwh n'est pas le même au japon et en france, l'évaluation du kilowatt heure d'énergie nucléaire est en vérité totalement hors de prix

Donc puisque c'est très cher, pourquoi donc les hommes qui nous gouvernent nous ont imposé une politique basée sur le nucléaire, qu'au final nous payons ?

Mais, chers amis, la réponse est dans la question, c'est parce que c'est cher.

Tout  le reste, l'indépendance énergétique, une énergie propre, économique et tout le bla bla qui va avec, c'est de l'habillage marketing...

Portez vous bien.

 

 

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