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01/10/2010

Progrès, Retraites... Bof

Winter le 1er Octobre 2010   www.mai2012.fr

« Progrès : On nous aurait menti ?»

Il advint que... 

Quelque chose me turlupinait dans le débat sur les retraites. Tous ces chiffres virevoltant, ces projections alarmistes, je ne savais trop quoi penser mais quelque chose allait de travers dans ces raisonnements.

Et puis cette nuit, l’illumination m’est venue.

C’est le discours de Sarkozy  parlant avec conviction des trois voies possibles pour conserver notre système de retraite devant le dernier conseil des ministres de Septembre qui m’a soudainement éclairé :

« la troisième [voie] est de travailler un peu plus longtemps. C'est la voie la plus raisonnable, celle que tous les autres pays ont choisie et celle que le gouvernement a retenue car nous vivons plus longtemps : depuis 1950, nous avons gagné 15 ans d'espérance de vie. »

Car des experts ont travaillé et ont produit tout un tas de chiffres. Grâce à l’ambitieuse réforme de Nicolas Sarkozy, en 2020 les caisses de retraite seraient à l’équilibre ; on y va même de prévisions jusqu’en 2050.

On fait des prévisions à 40 ans, alors que Christine Lagarde est incapable de sortir un chiffre de la croissance arrêté à dans 3 mois …

Personne ne peut croire une minute le sérieux de tels chiffres émanant de gens qui en avril 2008 avaient été incapable de voir venir la crise des sub-primes, évidente pourtant pour le premier trader venu.

Personne ne peut prendre au sérieux des statisticiens qui pilotent à la canne blanche : Rappelez vous les critère de convergence, les fameux « critères de Maastricht » édictés en 1992 , assouplis en 2005 :  déficit du PIB limité à 3% : le dépasser d’1/2 point fût un scandale en son temps : on est en France à 8% aujourd’hui et finalement, on n’est pas mort…

Alors, permettez moi de penser que les experts sont à la vie économique ce que les farines animales sont à l’engraissement du bétail : on peut faire avec, on peut aussi faire sans.

 Donc, notre Bon Suzerain, homme d’avenir, des réformes du monde qui avance, de la France qui se lève tôt, qui entreprend, notre Bon Suzerain dont on aurait pu penser que grâce à son énergie, on entrerait bientôt dans la VIeme république, prend comme référence  afin de justifier l’augmentation de la durée des cotisations la France de Vincent Auriol, la France de la IVeme République, du début des trente glorieuses.

Je me permets d'insister tant l'argument est sur-réaliste.

Hé oui, en 1950 – il y a plus d’1/2 siècle – les choses étaient différentes : C’était la Section Française de l’Internationale Ouvrière qui était au pouvoir. Les femmes étaient toutes voilées le dimanche à l’église : Elles se tenaient sur la droite et les hommes à gauche. Ma grand’mère allait puiser de l’eau à la fontaine communale, pendant que mon grand oncle s’esquintait le dos à ferrer les bœufs dans la cour. En ville, le ferrailleur passait pour acheter les peaux de lapin et les déchets de ferraille qu’on donne aujourd’hui à  Veolia. A l’école, on avait une blouse de coton et si par malheur elle avait un trou, on nous tapait violement sur les doigts du bout d'une règle en palissandre. En 1950, les hommes travaillaient tout le Samedi ; dans les mines les ouvriers crevaient les poumons remplis de suie…

Mais un lent mouvement était en train de naitre avec la fin de la guerre : C’était le Progrès, la Modernité : dans les années 65 on habitait un petit pavillon mais moi – tout jeunôt que j'étais  – j’enviais les voisins qui habitaient les HLM : ils avaient des « vide-ordure », eux, et au sous sol il y  avait des machines collectives à pièce pour laver les femmes, et des grands espaces avec un bac-à-sable où les gosses - nombreux - pouvaient jouer pendant ce temps… C’était le progrès des années 50, avec ce relent de collectivisme qu'on a passé par pertes et profits.

Le Progrès, c’est devenu le cheval de bataille de la société : Il faut être moderne, progresser, aller de l’avant, chasser la saleté des moindres recoins.

En 60 ans, on est passé de la roue de charrue à la jante en alu de 15 pouces, du tablier de coton à la robe en soie fabriquée en chine, de calculatrice à manivelle au réseau d’ordinateurs, du morse à la Wifi…

C’est le progrès qui courre.

L’homme a développé de plus en plus de machines sophistiquées pour diminuer son effort, vivre mieux et plus longtemps : Car c’est cela le progrès ;  et c’est le message qui est porté par les partis politiques de progrès. Car fondamentalement, ce n'est pas pour engraisser les sociétés du CAC40 que l'homme a développé des machines : lorsque sonne l'heure, riche ou pauvre, on se retrouve remplit des mêmes d'asticots.

 Et notre Bon Suzerain, faisant des prévisions pour dans trente ans, prend l’image d’une France d’il y a six décennies : En un seul discours, un raccourci de presqu’un siècle : La démonstration se passe de commentaire pour un gouvernement qui a des incertitudes sur la valeur des indicateurs économiques à tomber dans trois mois !

Je pense toujours à cette pub pour la SNCF : « le progrès ne vaut que s’il est partagé par tous ». Car c’est bien cela le fond du débat. A quoi servirait  le progrès dans une société ou l’homme serait réduit à travailler comme un damné jusqu’à la fin de ses jours ? On ne peut pas réduire la question des retraites à quelque chose d’arithmétique : Si cela peut avoir du sens pour un statisticien, pour un homme politique, c'est à dire quelqu'un qui est chargé d'une Vision de l'avenir,  cela ne veut strictement rien dire, et cela a d’autant moins de sens si l’on est un partisan acharné du progrès. Car dans le débat sur les retraites les questions d’arithmétique – pour aussi importantes qu’elles soient - ne restent qu’un outil au service d’une idée d’un monde en route, la grande idée que nous vendait l’UMP.

« travailler un peu plus longtemps. C'est la voie la plus raisonnable»

La voie de Sarkozy raisonne encore dans mes oreilles : « C'est la voie la plus raisonnable» : Ainsi le masque tombait : Là ou l’on pensait avoir affaire à une démarche de progrès, on s’appercevait que l’on était  face à une coalition des plus rétrogrades qu’on avait à ce jour connues. Tout cela est dramatique et comique à la fois.

Et en privilégiant les questions de moyens sur les questions de fond, notre représentant de commerce national a raté sa démonstration : le peuple lui a déjà dit à deux reprises, demain sera la troisième.

15:55 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : retraite, à 60 ans, ump, ps, pc, cgt, cfdt, fo, npa, équilibre | | |  Facebook

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