UA-29881888-1

Avertir le modérateur

19/03/2010

Le progrès, les ordures et tout le bazar

Les urbanitasmagories de Winter le 19 Mars 2010

  http://www.leprincejean.fr/

« Recyclage à la vasseline »

 

Quand j’étais gamin, il y avait des petites bonbons qui coutaient un centime (de franc (nouveau)) . Mes parents me donnaient 20 centimes tous les jeudis.

Cela ne faisait pas beaucoup

Pour arrondir les fins de semaines difficiles  on récupérait les bouteilles de vin ou de lait consignées qu'on ramenait à l’épicier  du coin, qui ouvrait son tiroir caisse – « gling » - et donnait en échange quelques centimes toujours bons à prendre, centimes qu'on recyclait rapidement en bonbons ou autres sucreries.

Aujourd’hui, sur chaque bouteille en verre achetée, je paie un taxe  pour financer le recyclage ; je paie une taxe d’ordure ménagères qui est devenue prohibitive ;  je paie dans mes impôts le fonctionnement de la déchetterie, en général gérée par Suez ou Veolia ; je dépense de l’essence pour emmener mes bouteilles au recyclage ; et pour ceux qui comme moi ont la chance d’avoir un jardin ; j’en  réserve deux mètres carrés pour y mettre les différents bacs d’ordure (verre ; papier & carton ; plastiques ; déchets végétaux ; autres ordures). Quand vous connaissez le prix du mètre carré de jardin en région parisienne, le calcul est vite fait, si on multiplie par le nombre d'habitants …  Ma ville investit dans des containers plastiques facturés à prix d’or par CITEC ou PLASTIC OMNIUM, conteneurs que je repaie dans mes impôts.

Comme je suis curieux, je suis allé visiter la déchetterie de St Ouen l’Aumône. Il s’agit d’une énorme usine, proprement gigantesque, gérée par Veolia, qui traite les ordures des douzes communes de l'agglomération urbaine. J’étais persuadé qu’on faisait du tri à cet endroit, afin d’y recycler les déchets.  Quelle erreur grossière :  En fait, on n’y valorise rien du tout : on ne fait essentiellement que récupérer la valeur déjà produite par le particulier dans son laborieux travail de tri, c'est-à-dire, pour faire simple, les centimes d’autrefois qui sortaient du tiroir caisse de l’épicier pour aller dans ma poche.

Les déchets verts (branchages, tontes d’herbe etc…),  triés par les particuliers, mis dans des sacs payés par les particuliers, ramassés par la commune, sont « transformés » en compost qui sera revendu aux professionnels .  Mais en vérité, la plus grosse partie du travail a déjà été faite avant d’arriver à la déchetterie, car l’opération de « transformation » consiste juste à remuer les branchage de temps en temps…

Les plastiques sont mis en balle qui seront expédiées en chine ou ailleurs, mais en vérité, la plus grosse partie du travail, c’et à dire le tri, a déjà été fait par le particulier. Quand on connait le prix du plastique et la pénurie en ce secteur, on comprend vite l'intérêt du tri en amont.

Pour le verre, s’en est risible tellement c’est stupide : tout le travail de tri est effectué par le particulier, qui s’emmerde à retirer les bouchons métalliques, couvercles etc… Certaines bonnes âmes vont même jusqu’à laver les bouteilles avant de les jeter (bonjour le bilan écologique), et à se poser des problèmes métaphysiques pour les bouteilles d’huile.

Pour les déchets électroménagers (ordinateurs, refrigérateurs etc…), ne vous attendez pas à voir une armée de petite main en train de les démonter :  le particulier fait le tri en apport volontaire ; les palettes sont ensuite refourguées à des entreprises de désossage.

Les cannettes en acier, qui sont faciles à recycler et valent de l’argent (en Suède, on est payé lorsqu’on ramène ses cannettes…) sont mises en balle et retournent directement au laminoir.

La valorisation des journaux consiste à faire des balles avec les piles de journaux sagement entreposées par les particuliers ; de même pour les cartonnettes.

Et tout le reste) est brulé et fait de la vapeur qui est revendue à la ville pour chauffer l’agglomération. Dans ce cas, il y  a une réelle valorisation, sauf que la valeur ne retourne pas au citoyen qui avait déjà payé pour le fonctionnement de la déchetterie et qui va en plus payer pour eau chaude et son chauffage, mais à Veolia.

Chaque habitant de la région cergy-pontaine devrait aller faire un tour dans cette déchetterie , visitable sans grande difficulté,  pour comprendre l’étendue de l’escroquerie de ce qu’on appelle la valorisation des déchets.

Ne croyez pas que les bonbons retournent dans les poches des salariés de Veolia, qui sont payés à coup de trique.

A tous ceux qui penseraient que les ordures coutent plus qu'elles ne rapportent, et pour appuyer mon propos, sachez que Veolia a mis en place, au niveau des immenses fosses de dépôt, des caméras de surveillance, afin d’éviter que les gens viennent y piquer des trucs… Voilà : les ordures valent vraiment de l’argent, donc  on devrait payer moins cher le recyclage, et non pas plus cher.

Comme autrefois, les ordures génèrent toujours des bonbons, mais ce ne sont pas les mêmes qui se sucrent : c’est ce qu’on appelle « le progrès ».

Et surtout, n’y voyez la dedans rien d’écologique : Si l’on additionne la somme effective de toutes les énergies mises en œuvre pour transformer une tonne d’ordure en stock option, cela doit être considérable : imaginez juste une minute que sur une agglomération de 300 000 âmes, chaque foyer utilise un verre d’essence par semaine pour aller jeter ses bouteilles de verre…

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu