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12/02/2010

Mon ami VEOLIA m'aime (suite)

Mon ami Veolia me fait me fait rincer mes toilettes àvec l’eau la plus pure du monde

Les urbanitasmagories de Winter le 12 février 2010

  http://www.leprincejean.fr/

«Etre naïf ou ne pas être, telle est la question»

Un petit article publié il y a quelques jours sur le caractère invraisemblable du prix de l’eau comparé à celui de l’électricité m’a valu de me faire taxer grand naïf. (lien ici )

Je tente ici de répondre ici à ce commentaire qui montre que les choses les plus évidentes ne le sont pas pour tout le monde et commencerai par cette constatation :

 Deux litres d’eau des volcans d’Auvergne coûtent environ le prix d’un litre d’essence (80% de taxe) d’Arabie Saoudite, ce qui fait que le prix hors taxe de l’eau en bouteille est environ deux fois plus cher que le prix de l’essence hors taxe. Ces ordres de grandeur sont approximatifs, mais corrects.

Question : Est-ce normal, quelle est la logique ?

Dans l’article en référence, j’ai comparé le prix de l’électricité à celui de l’eau car ces deux produits me semblent sont tout à fait comparables : Quoi qu’on en dise, l’eau est en présence infinie sur terre - puisque comme vous l’avez appris au CM1, l’eau s’évapore, se condense, s’infiltre, se filtre, resurgit sans qu’il en disparaisse jamais le moindre atome, ceci au moins depuis que le monde est monde et si l’on exclut les explosions atomiques. L’électricité est elle un phénomène plutôt qu’une ressource, néanmoins, les deux doivent être traités, acheminés, distribués, comptabilisés, recyclés. La différence  réside dans le fait qu’à la limite on peut subsister quelques temps sans courant tandis que se passer d'eau est problématique.

L’eau est donc une ressource unique en son genre, comme peut l’être l’air.

Toutes les politiques successives depuis plusieurs décennies se sont attachées à développer cette idée que l’eau est rare, légitimant ainsi le fait  qu’elle soit chère.

Mais l’eau n’est pas rare ; l’eau potable n’est pas rare mais sa répartition suit la carte des précipitations.

Alors, cela devrait il être un problème ? Le pétrole est incomparablement plus rare et largement moins bien réparti. Pourtant on arrive à peu près n’importe où dans le monde - à des prix en gros très comparables - à faire le plein d’essence sans que cela étonne.

Il y a de manière évidente une volonté politique dans nos démocraties d’accréditer cette illusion de la rareté de l’eau.

Comme cette eau est rare,  elle est chère.

Pensez vous sérieusement que retraiter de l’eau soit compliqué, si l’on compare les processus qui sont en jeu par exemple avec ceux du retraitement de l’uranium qui sert à produire le courant ?

Pensez vous que poser des canalisations, surveiller l’état de  l’eau, faire des réservoirs, analyser, soient vraiment des processus coûteux, qui justifieraient les montants exorbitants qui sont facturés aux particuliers et aux communes ?

Si la notion de valeur ajoutée vous dit quelque chose, alors comparez la masse salariale d’un fabricant de courant à celle d’un distributeur d’eau, et vous aurez au moins une partie de la réponse.

Personnellement, dans ma commune, les canalisations sont les mêmes depuis environ une cinquantaine d’années, et c’est seulement maintenant qu’on commence à rénover le réseau, qui a donc du être quand même bien amorti…

Voilà le tableau brossé : Veolia et les principaux fournisseurs d’eau sont sur une situation quasi monopolistique. Ils fixent un prix de l’eau de manière complètement artificielle en usant d’une stratégie de communication redoutable  avec une message simple : "L’eau est rare" ; Cette stratégie s’appuie sur des relais d’opinion très puissants qui relaient le message sans souvent en saisir la quintessence.

Et pourtant quand les astronautes en 1969 virent pour la première fois la terre avec un peu de recul, ils la virent bleue, pas brune.

Alors dire que dire de l’eau qu’elle est rare est une affirmation à peu près aussi exacte que de dire de la muraille de chine qu'elle est le seul ouvrage humain visible de la lune : C’est totalement faux, mais tout le monde y croit, car à marteler une message, celui-ci finit par devenir une réalité . Et qui  va à l’encontre de cette idée communément admise s’expose immanquablement aux critiques les plus vives, car l'être humain, même révolutionnaire, est conservateur.

Comment une ressource qui par définition-même ne s’use pas pourrait elle être rare ?

On vit avec l’idée que l’eau du robinet est le produit le plus contrôlé du monde, que l’eau en bouteille est beaucoup plus chère que l’eau du robinet : Ces affirmations également une fois posées deviennent des vérités, alors qu'en fait, à condition de réfléchir, l’eau du robinet est notablement plus chère que l’eau en bouteille si l'on fait un raisonnement économique prennant en compte la valeur d'usage.

Le traitement de l’eau est destiné à la rendre potable. Un français consomme environ 165 000 litres d’eau annuelement, et sur cette quantité, entre 0,5 à 1% seulement devrait être potabilisé, le reste etant de l’argent dépensé inutilement. Le vrai calcul du coût  de l’eau potable consiste donc à diviser le prix facturé par le service rendu : Rendre potable de l’eau pour le lave-linge ou les toilettes n’est pas un service mais une contrainte imposée. On n’a pas besoin pour faire la vaisselle d’avoir de l’eau exempte de stéroïdes hormonaux.

Et là, oh surprise !  on est largement au dessus du prix de l’eau en bouteille.

C’est vrai que je suis naïf et que ma remarque est stupide, mais vous viendrait-il  à l’idée de faire votre lessive avec du vin ?

C’est pourtant très exactement le même raisonnement qui vous est proposé et présenté comme une vérité comptable quand Veolia, Suez et les autres vous affirment que l’eau du robinet est la moins chère du monde.

Je lis régulièrement le journal officiel, et un petit entrefilet m’avait sauté aux yeux : il s’agit de l’arrêté du 21 Aout 2008 relatif aux conditions de récupération de l’eau de pluie (lien ici) ,

Il s’agit de la publication d’un décret loi qui stipule que, dans certaines conditions, et à titre expérimental, le propriétaire d’une maison individuelle peut obtenir la conformité malgré une double alimentation d’eau dans sa maison (eau traitée et eau non traitée). J’ai appris à cette occasion qu’il était jusqu’alors interdit de faire parvenir par un réseau de l’eau non traitée dans sa maison. La sanction est une déclaration de non-conformité. Le texte auquel je fais allusion change cet état de chose au permettant d’alimenter ses toilettes avec de l’eau non traitée sous certaines conditions.

La question, pour aussi mineure qu’elle semble être est intéressante, car elle met en avant le fait que jusqu’à il y a un an et demi, on était obligé d’avoir de l’eau potable – « la plus sure du monde » – pour évacuer des excréments

Cela parait tellement grotesque, et pourtant…

Pourtant, la vraie question, c’est de savoir qui a influé pour que de telles aberrations persistent aussi longtemps…

Vous avez une idée ?

Moi oui,

Mais….

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