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29/03/2009

Le pape se met à internet

Winter le 29 MArs 2009

On lira avec attention la lettre envoyée il y a trois semaines par le pape à ses évêques suite à la levée de l'excommunication de prélats ordonnés par la fraternité saint pie X (les fachos de chez Monseigneur Lefevre)

Un peu long, mais tout à fait interessant. De plus, un événement rarisime dans l'histoire de l'église catholique. A mon sens, c'est un modèle du genre : tout le contraire de ce qu'un homme de communication (le débat porte essentiellement sur des aspects de communication) devrait écrire, et cela mérite une lecture fine : On pourrait étudier le texte dans les écoles de communication.

Le pape tente de se justifier, montre avant tout qu'il a été personnellement blessé, lance une explication qui mèle des éléments de différents niveaux, théologiques, doctrinaux, personnels, et là ou il fallait un discours de chef, péremptoire et affirmatif,  on a essentiellement l'expression d'interrogations. Il écrit comme solliloquerait un chef d'entreprise comme on en connait tous pleins qui voit partir une part de son marché sans trop comprendre pourquoi...

Cela nous éclaire sur la confusion qui règne sous sa calotte et je pense que ses évêque, à commencer par le béni oui oui évêque d'orléans avec son petit chapeau rouge, qui d'un seule homme est monté au front pour sauver le soldat Benoit, doivent se sentir un peu paumés.

J'ai mis en gras dans le texte les passages qui m'ont particulièrement marqué, mais il faut lire le texte dans sa globalité pour en comprendre l'esprit.

A vous de réagir !

  

LETTRE DE SA SAINTETÉ BENOÎT XVI

AUX ÉVÊQUES DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE

au sujet de la levée de l’excommunication

des quatre Évêques consacrés par Mgr Lefebvre

 

Chers Confrères dans le ministère épiscopal ! La levée de l’excommunication des quatre Évêques, consacrés en 1988 par Mgr Lefebvre sans mandat du Saint-Siège, a suscité, pour de multiples raisons, au sein et en dehors de l’Église catholique une discussion d’une véhémence telle qu’on n’en avait plus connue depuis très longtemps. Cet événement, survenu à l’improviste et difficile à situer positivement dans les questions et dans les tâches de l’Église d’aujourd’hui, a laissé perplexes de nombreux Évêques. Même si beaucoup d’Évêques et de fidèles étaient disposés, à priori, à considérer positivement la disposition du Pape à la réconciliation, néanmoins la question de l’opportunité d’un tel geste face aux vraies urgences d’une vie de foi à notre époque s’y opposait. Inversement, certains groupes  accusaient ouvertement le Pape de vouloir revenir en arrière, au temps d’avant le Concile : d’où le déchaînement d’un flot de protestations, dont l’amertume révélait des blessures remontant au-delà de l’instant présent. C’est pourquoi je suis amené, chers Confrères, à vous fournir quelques  éclaircissements, qui doivent aider à comprendre les intentions qui m’ont guidé moi-même ainsi que les organes compétents du Saint-Siège à faire ce pas. J’espère contribuer ainsi à la paix dans l’Église.

Le fait que le cas Williamson se soit superposé à la levée de l’excommunication a été pour moi un incident fâcheux imprévisible. Le geste discret de miséricorde envers quatre Évêques, ordonnés validement mais non légitimement, est apparu tout à coup comme totalement différent : comme le démenti de la réconciliation entre chrétiens et juifs, et donc comme la révocation de ce que le Concile avait clarifié en cette matière pour le cheminement de l’Église. Une invitation à la réconciliation avec un groupe ecclésial impliqué dans un processus de séparation se transforma ainsi en son contraire : un apparent retour en arrière par rapport à tous les pas de réconciliation entre chrétiens et juifs faits à partir du Concile – pas dont le partage et la promotion avaient été dès le début un objectif de mon travail théologique personnel. Que cette superposition de deux processus opposés soit advenue et qu’elle ait troublé un moment la paix entre chrétiens et juifs ainsi que la paix à l’intérieur de l’Église, est une chose que je ne peux que déplorer profondément. Il m’a été dit que suivre avec attention les informations auxquelles on peut accéder par internet aurait permis d’avoir rapidement connaissance du problème. J’en tire la leçon qu’à l’avenir au Saint-Siège nous devrons prêter davantage attention à cette source d’informations. J’ai été peiné du fait que même des catholiques, qui au fond auraient pu mieux savoir ce qu’il en était, aient pensé devoir m’offenser avec une hostilité prête à se manifester. C’est justement pour cela que je remercie d’autant plus les amis juifs qui ont aidé à dissiper rapidement le malentendu et à rétablir l’atmosphère d’amitié et de confiance, qui – comme du temps du Pape Jean-Paul II – comme aussi durant toute la période de mon pontificat a existé et, grâce à Dieu, continue à exister.

Une autre erreur, qui m’attriste sincèrement, réside dans le fait que la portée et les limites de la mesure du 21 janvier 2009 n’ont pas été commentées de façon suffisamment claire au moment de sa publication. L’excommunication touche des personnes, non des institutions. Une ordination épiscopale sans le mandat pontifical signifie le danger d’un schisme, parce qu’elle remet en question l’unité du collège épiscopal avec le Pape. C’est pourquoi l’Église doit réagir par la punition la plus dure, l’excommunication, dans le but d’appeler les personnes punies de cette façon au repentir et au retour à l’unité. Vingt ans après les ordinations, cet objectif n’a malheureusement pas encore été atteint. La levée de l’excommunication vise le même but auquel sert la punition : inviter encore une fois les quatre Évêques au retour. Ce geste était possible une fois que les intéressés avaient exprimé leur reconnaissance de principe du Pape et de son autorité de Pasteur, bien qu’avec des réserves en matière d’obéissance à son autorité doctrinale et à celle du Concile. Je reviens par là à la distinction entre personne et institution. La levée de l’excommunication était une mesure dans le domaine de la discipline ecclésiastique : les personnes étaient libérées du poids de conscience que constitue la punition ecclésiastique la plus grave. Il faut distinguer ce niveau disciplinaire du domaine doctrinal. Le fait que la Fraternité Saint-Pie X n’ait pas de position canonique dans l’Église, ne se base pas en fin de comptes sur des raisons disciplinaires mais doctrinales. Tant que la Fraternité n’a pas une position canonique dans l’Église, ses ministres non plus n’exercent pas de ministères légitimes dans l’Église. Il faut ensuite distinguer entre le niveau disciplinaire, qui concerne les personnes en tant que telles, et le niveau doctrinal où sont en question le ministère et l’institution. Pour le préciser encore une fois : tant que les questions concernant la doctrine ne sont pas éclaircies, la Fraternité n’a aucun statut canonique dans l’Église, et ses ministres – même s’ils ont été libérés de la punition ecclésiastique – n’exercent de façon légitime aucun ministère dans l’Église.

À la lumière de cette situation, j’ai l’intention de rattacher à l’avenir la Commission pontificale “ Ecclesia Dei ” – institution compétente, depuis 1988, pour les communautés et les personnes qui, provenant de la Fraternité Saint-Pie X ou de regroupements semblables, veulent revenir à la pleine communion avec le Pape – à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Il devient clair ainsi que les problèmes qui doivent être traités à présent sont de nature essentiellement doctrinale et regardent surtout l’acceptation du Concile Vatican II et du magistère post-conciliaire des Papes. Les organismes collégiaux avec lesquels la Congrégation étudie les questions qui se présentent (spécialement la réunion habituelle des Cardinaux le mercredi et l’Assemblée plénière annuelle ou biennale) garantissent l’engagement des Préfets des diverses Congrégations romaines et des représentants de l’Épiscopat mondial dans les décisions à prendre. On ne peut geler l’autorité magistérielle de l’Église à l’année 1962 – ceci doit être bien clair pour la Fraternité. Cependant, à certains de ceux qui se proclament comme de grands défenseurs du Concile, il doit aussi être rappelé que Vatican II renferme l’entière histoire doctrinale de l’Église. Celui qui veut obéir au Concile, doit accepter la foi professée au cours des siècles et il ne peut couper les racines dont l’arbre vit.

J’espère, chers Confrères, qu’ainsi a été éclaircie la signification positive ainsi que les limites de la mesure du 21 janvier 2009. Cependant demeure à présent la question : cette mesure était-elle nécessaire ? Constituait-elle vraiment une priorité ? N’y a-t-il pas des choses beaucoup plus importantes ? Il y a certainement des choses plus importantes et plus urgentes. Je pense avoir souligné les priorités de mon Pontificat dans les discours que j’ai prononcés à son début. Ce que j’ai dit alors demeure de façon inaltérée ma ligne directive. La première priorité pour le Successeur de Pierre a été fixée sans équivoque par le Seigneur au Cénacle : « Toi… affermis tes frères » ( Lc 22,32). Pierre lui-même a formulé de façon nouvelle cette priorité dans sa première Lettre : « Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en vous » (I P 3, 15). À notre époque où dans de vastes régions de la terre la foi risque de s’éteindre comme une flamme qui ne trouve plus à s’alimenter, la priorité qui prédomine est de rendre Dieu présent dans ce monde et d’ouvrir aux hommes l’accès à Dieu. Non pas à un dieu quelconque, mais à ce Dieu qui a parlé sur le Sinaï ; à ce Dieu dont nous reconnaissons le visage dans l’amour poussé jusqu’au bout (cf. Jn 13, 1) – en Jésus Christ crucifié et ressuscité. En ce moment de notre histoire, le vrai problème est que Dieu disparaît de l’horizon des hommes et que tandis que s’éteint la lumière provenant de Dieu, l’humanité manque d’orientation, et les effets destructeurs s’en manifestent toujours plus en son sein.

Conduire les hommes vers Dieu, vers le Dieu qui parle dans la Bible : c’est la priorité suprême et fondamentale de l’Église et du Successeur de Pierre aujourd’hui. D’où découle, comme conséquence logique, que nous devons avoir à coeur l’unité des croyants. En effet, leur discorde, leur opposition interne met en doute la crédibilité de ce qu’ils disent de Dieu. C’est pourquoi l’effort en vue du témoignage commun de foi des chrétiens – par l’oecuménisme – est inclus dans la priorité suprême. À cela s’ajoute la nécessité que tous ceux qui croient en Dieu recherchent ensemble la paix, tentent de se rapprocher les uns des autres, pour aller ensemble, même si leurs images de Dieu sont diverses, vers la source de la Lumière – c’est là le dialogue interreligieux. Qui annonce Dieu comme Amour “jusqu’au bout” doit donner le témoignage de l’amour : se consacrer avec amour à ceux qui souffrent, repousser la haine et l’inimitié – c’est la dimension sociale de la foi chrétienne, dont j’ai parlé dans l’encyclique Deus caritas est.

Si donc l’engagement ardu pour la foi, pour l’espérance et pour l’amour dans le monde constitue en ce moment (et, dans des formes diverses, toujours) la vraie priorité pour l’Église, alors les réconciliations petites et grandes en font aussi partie. Que l’humble geste d’une main tendue soit à l’origine d’un grand tapage, devenant ainsi le contraire d’une réconciliation, est un fait dont nous devons prendre acte. Mais maintenant je demande : Était-il et est-il vraiment erroné d’aller dans ce cas aussi à la rencontre du frère qui “a quelque chose contre toi” (cf. Mt 5, 23 s.) et de chercher la réconciliation ? La société civile aussi ne doit-elle pas tenter de prévenir les radicalisations et de réintégrer – autant que possible – leurs éventuels adhérents dans les grandes forces qui façonnent la vie sociale, pour en éviter la ségrégation avec toutes ses conséquences ? Le fait de s’engager à réduire les durcissements et les rétrécissements, pour donner ainsi une place à ce qu’il y a de positif et de récupérable pour l’ensemble, peut-il être totalement erroné ? Moi-même j’ai vu, dans les années qui ont suivi 1988, que, grâce au retour de communautés auparavant séparées de Rome, leur climat interne a changé ; que le retour dans la grande et vaste Église commune a fait dépasser des positions unilatérales et a atténué des durcissements de sorte qu’ensuite en ont émergé des forces positives pour l’ensemble. Une communauté dans laquelle se trouvent 491 prêtres, 215 séminaristes, 6 séminaires, 88 écoles, 2 instituts universitaires, 117 frères, 164 soeurs et des milliers de fidèles peut-elle nous laisser totalement indifférents ? Devons-nous impassiblement les laisser aller à la dérive loin de l’Église ? Je pense par exemple aux 491 prêtres. Nous ne pouvons pas connaître l’enchevêtrement de leurs motivations. Je pense toutefois qu’ils ne se seraient pas décidés pour le sacerdoce si, à côté de différents éléments déformés et malades, il n’y avait pas eu l’amour pour le Christ et la volonté de L’annoncer et avec lui le Dieu vivant. Pouvons-nous simplement les exclure, comme représentants d’un groupe marginal radical, de la recherche de la réconciliation et de l’unité ? Qu’en sera-t-il ensuite ?

Certainement, depuis longtemps, et puis à nouveau en cette occasion concrète, nous avons entendu de la part de représentants de cette communauté beaucoup de choses discordantes – suffisance et présomption, fixation sur des unilatéralismes etc. Par amour de la vérité je dois ajouter que j’ai reçu aussi une série de témoignages émouvants de gratitude, dans lesquels était perceptible une ouverture des coeurs. Mais la grande Église ne devrait-elle pas se permettre d’être aussi généreuse, consciente de la grande envergure qu’elle possède ; consciente de la promesse qui lui a été faite ? Ne devrions nous pas, comme de bons éducateurs, être aussi capables de ne pas prêter attention à différentes choses qui ne sont pas bonnes et nous préoccuper de sortir des étroitesses ? Et ne devrions-nous pas admettre que dans le milieu ecclésial aussi sont ressorties quelques discordances ? Parfois on a l’impression que notre société a besoin d’un groupe au moins, auquel ne réserver aucune tolérance ; contre lequel pouvoir tranquillement se lancer avec haine. Et si quelqu’un ose s’en rapprocher – dans le cas présent le Pape – il perd lui aussi le droit à la tolérance et peut lui aussi être traité avec haine sans crainte ni réserve.

Chers Confrères, durant les jours où il m’est venu à l’esprit d’écrire cette lettre, par hasard, au Séminaire romain, j’ai dû interpréter et commenter le passage de Ga 5, 13-15. J’ai noté avec surprise la rapidité avec laquelle ces phrases nous parlent du moment présent : “Que cette liberté ne soit pas un prétexte pour satisfaire votre égoïsme ; au contraire mettez-vous, par amour, au service les uns des autres. Car toute la Loi atteint sa perfection dans un seul commandement, et le voici : Tu aimeras ton prochain comme toi-même . Si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde : vous allez vous détruire les uns les autres !” J’ai toujours été porté à considérer cette phrase comme une des exagérations rhétoriques qui parfois se trouvent chez saint Paul. Sous certains aspects, il peut en être ainsi. Mais malheureusement ce “mordre et dévorer” existe aussi aujourd’hui dans l’Église comme expression d’une liberté mal interprétée. Est-ce une surprise que nous aussi nous ne soyons pas meilleurs que les Galates ? Que tout au moins nous soyons menacés par les mêmes tentations ? Que nous devions toujours apprendre de nouveau le juste usage de la liberté ? Et que toujours de nouveau nous devions apprendre la priorité suprême : l’amour ? Le jour où j’en ai parlé au grand Séminaire, à Rome, on célébrait la fête de la Vierge de la Confiance. De fait : Marie nous enseigne la confiance. Elle nous conduit à son Fils, auquel nous pouvons tous nous fier. Il nous guidera – même en des temps agités. Je voudrais ainsi remercier de tout coeur tous ces nombreux Évêques, qui en cette période m’ont donné des signes émouvants de confiance et d’affection et surtout m’ont assuré de leur prière. Ce remerciement vaut aussi pour tous les fidèles qui ces jours-ci m’ont donné un témoignage de leur fidélité immuable envers le Successeur de saint Pierre. Que le Seigneur nous protège tous et nous conduise sur le chemin de la paix ! C’est un souhait qui jaillit spontanément du coeur en ce début du Carême, qui est un temps liturgique particulièrement favorable à la purification intérieure et qui nous invite tous à regarder avec une espérance renouvelée vers l’objectif lumineux de Pâques.

Avec une particulière Bénédiction Apostolique, je me redis

Vôtre dans le Seigneur

Benedictus PP. XVI

Du Vatican, le 10 Mars 2009

18/03/2009

Satan, doudou, ça détend.

Winter le 18 Mars 2009   http://urbanitasmagories.blog.20minutes.fr/

«Benoit XVI au Cameroun :  il y a comme un os»

En visite au Cameroun, le pape a déclaré que l'on ne pouvait "pas régler le problème du sida  (…)  avec la distribution de préservatifs. (…) Au contraire (leur) utilisation aggrave le problème".

diable.JPGS’ensuit une dissertation très dogmatique sur les bienfaits de l’abstinence comme seul moyen de lutte contre le sida.

Dans un monde qui  ne sait plus trop où il va, il est bien qu’il y ait des leaders moraux qui posent des dogmes. Le dogme représente un idéal ; le principe-même du dogme, c’est d’être déconnecté de la réalité, et on il serait stupide de reprocher à un leader de morale d’être dogmatique.

Toutefois, en l’espèce, l’attitude de Benoit XVI est simplement criminelle : Il s’adresse à un public qui est majoritairement non alphabétisé, avec une connaissance assez sommaire des vecteurs de propagation du SIDA, une population très christianisée, et qui boit littéralement chaque parole du Pape, une population pour laquelle la question du pain quotidien passe avant celle de la réflexion sur l’amour, réflexion qui reste un luxe de riche.

Du reste, les statistiques sont méchantes, et l’on pourra constater d’ici deux ou trois ans que, grâce à cette parole « malheureuse », le nombre de personnes séropositives sera en explosion, car, « Doudou, puisque le Pape l’a dit, pourquoi utiliser des capotes ? »

La réflexion du Pape est simplement folle et montre à quel point il est déconnecté du monde des hommes : Il ne connait simplement rien à l’Afrique, rien à la sexualité, rien à la manière dont les gens reçoivent et comprennent ses messages, et pour lancer de cette manière le débat, il est sans doute entouré de conseillers certes purpurins de la barrette aux chaussettes, mais auxquels manque de toute évidence le nez rouge en plastique.

Avec un tel émissaire, le Diable à encore de beaux jours sur Terre.

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12/03/2009

LA BOTTE SECRETE DES IRAKIENS

Winter le 12 Mars 2009

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«Fi donc, je vous jette mon gant»

Au moyen âge, on jetait son gant à l’adversaire que l’on souhaitait provoquer en duel. On a depuis perdu  l’habitude de se couvrir les mains, avec pour conséquence que Millau, capitale du gant, ne fait plus recette.

En jetant sa chaussure à la face de George W Bush en visite en Irak fin décembre 2008 , Mountazer al-Zaïdi, journaliste irakien, a tenté de renouveler le genre et ouvrir de nouveaux débouchés aux industries des cuirs et peaux.

Georges Bush n’a pas crû bon relever un défi duquel il n’aurait pas manqué d’y abandonner la vie.

Ne fallait il pas porter un terme à de telles exactions qui peuvent mettre en danger le gouvernement de la première puissance militaire de la planète ? Et c'est  courageusement et en toute indépendance que la cour irakienne a condamné Al Zaïdi à trois ans de prison ferme.

On retiendra de l'histoire que, grâce à Al-Zaïdi, on a enfin découvert des armes de destruction massive en Irak.

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09/03/2009

Lille Lyon : Bus à l'aller, Train au retour

Winter le 9 Mars 2009

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«un train peut en cacher un autre»

Samedi dernier, on lâchait les lions au Stade de France. A la sortie du match, les romains quittaient l’arène. Une troupe de jeunes lillois, voulant sans doute prendre un raccourci pour rejoindre le bus, s’est retrouvée sur une voie de RER dans des circonstances que l’enquête précisera. Bilan : 2 morts – s’ils en avait une , paix à leur âme - et 11 blessés dont plusieurs graves.

Quand on dit « blessé grave» suite à une rencontre ferroviaire, dans la nov-langue du journaliste, en général c’est quand même « assez » grave : Celui qui a déjà assisté à ce type d’accidents sait qu’en pareille circonstance, le matériel de premier secours c’est avant tout le sac : plastique pour les morceaux de gens et papier pour les badauds qui assez spontanément font don de leur repas de la veille.

Cet accident, à souligné le patron de la SNCF, est particulièrement rare. Cette défense avant l’heure est que Guillaume Pepy qui sait déjà que vraisemblablement la SNCF sera lourdement condamnée pour défaut de clôture de la voie, défaut d’entretien de clôture ou de porte, ou autre.

Si ceci devrait s’avérer, ce serait particulièrement dramatique. En effet, la SNCF a des obligations assez draconiennes concernant la mise en sécurité de ses installations dans et aux abords zones habitées.

Mais comment un groupe composé pour partie d’adultes peut être assez débile pour s’aventurer à côté de voies ferrées en région parisienne, où il y a des trains partout : le fait d’être supporter d’un club de foot ne semble pas être une condition suffisante en soi, et c’est ce que l’enquête devra expliquer.

Je ne suis pas un soutien inconditionnel des chemins de fer, loin de là (voyez mes autres articles), mais je pense que si la SNCF était condamnée, dans ce cas, ce serait la porte ouverte au n’importe quoi, car cela signifie que demain, il faudra grillager le dessus des voies pour éviter que les avions ne se posent dessus.

Alors, en réponse à ce tragique accident, on parle déjà d’installer des caméras infrarouge sur les voies ferrées aux abords du stade de France, stade dont les concepteurs ont été assez débiles pour , de manière délibérée, ne pas prévoir de parking pour les cars : Bien évidemment, ces caméras seraient financées par les « usagers » de la sncf,  ceux qu’on appelle maintenant les « clients ». En tant qu’usager boiteux de la SNCF et ayant du mal à monter les escaliers, devoir payer pour des abrutis quand la gare de Pontoise ne trouve pas d’argent pour remplacer ses escalators en panne depuis 7 ans ou plus me fait particulièrement mal.

La société va mal, très mal, mais si tous les abrutis du monde se donnaient un jour la main pour faire une grande farandole le long  des voies de RER en pleine journée, cela irait sans doute beaucoup mieux.

10:56 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : accident, rer, pepy, sncf, stade de france, st denis, outreau, pontoise | | |  Facebook

08/03/2009

Gran torino WAOOOOO.......

1      Le cinema que j’aime

Winter Le 8  Mars 2009

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Clint Eastwood : Gran Torino

Quand on va au cinoche, c’est pour voir le meilleur. Le meilleur, c’est rare :  une fois de temps en temps. Souvent c’est nul, et on se demande en regardant défiler l’interminable générique quel génie de la finance à pu sévir pour convaincre autant de personne à compromettre dans une telle aventure. De temps en temps c’est bien : on sort, on est content, à la manière de celui qui, misant 5 euros au tac-o-tac en a récupéré 10, mais, deux semaines plus tard, on ne sait plus de quoi cela parlait… Et de manière exceptionnelle, une fois par décennie peut-être, on voit quelque chose dont on se dit : « bordel de bordel, mais pourquoi c’est pas moi qui l’ai fait ??? », et à la fin de générique, on a envie de rester dans la salle pour se remettre cela en boucle.

Hé bien Gran Torino, c’est cela, parfait dans les moindres détails, comme la dentelle du Puy : on peut chercher partout, c’est de la belle ouvrage, du VRAI cinéma. Clint Eastwood est un acteur de génie et un réalisateur à la même hauteur. Courrez le voir et le revoir et dites moi ce que vous en pensez !

10:25 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gran torino, clint, eastwood, ciné, ugc, pathé, 2009 | | |  Facebook

06/03/2009

La dialectique à la SNCF

La dialectique a la SNCF

Winter le 3 Mars 2009

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"Quand je prends le train, cela m'énerve toujours qu'on me traite de client...Pas vous ? "

Car l’homme ne vit pas que de pain, et la dialectique, c’est la cuisine des mots. Mis à part les hommes politiques et les brigands des banlieues, rares sont ceux qui ont la véritable conscience de la force du mot, et que celui-ci mal employé peut tantôt émouvoir jusqu’à la mort,  tantôt ameuter jusqu’à l’émeute-même :

C’est ainsi qu’il faut partir du postulat que dans la bouche d’un homme public, un mot n’est jamais anodin et rarement impromptu.

Lorsque M. Lepen lance son fameux « Durafour crématoire », ce n’est pas un simple dérapage, c’est un virage parfaitement négocié destiné à flatter son électorat négationniste

Sur le plan des modes et des courants, lorsqu’ untel ou untel homme public, utilisant son audience sur les médias décide de bannir ou a contrario encenser tel mot ou telle locution, il ne s’agit généralement pas d’un simple effet de manche, mais d’une réelle volonté de manipuler l’opinion.

On peut ainsi parler du fameux « abracadabrantesque » de Jacques Chirac ou de  la « bravitude » de Ségolène Royale, où dans les deux cas, il s’agit, par un arrangement de la langue, de masquer des situations particulièrement graves.

Dans un autre ordre d’idée, le fait de qualifier désormais l’invalide de personne à mobilité réduite après lui avoir donné le terrible vocable de « handicapé », avec ce « h » aspiré si dur à supporter, d’une part ne change rien à sa condition, l’aveugle ne voyant pas mieux depuis qu’il est non voyant, et de l’autre n’apporte strictement rien de plus à la qualification de son état.  Il faut donc chercher ailleurs que dans le soucis de précision la volonté de changer le vocabulaire.

Et, pour en venir à mon propos, l’usager de la SNCF ne voyage pas mieux depuis qu’il est devenu client.

Mais au fait, pourquoi le terme d’usager a-t-il été banni du dictionnaire de l’employé des chemins de fer, pardon, je veux dire de l’agent de la SNCF ?

La réponse est très simple, et c’est ici qu’il importe de saisir la puissance des mots afin de bien comprendre que le choix de leur emploi  ne relève pas simplement d’une démarche marketing :

Usager renvoie à la notion d’usage. La valeur d’usage, c’est la valeur attribuée par exemple par les assurances pour vous rembourser votre voiture gravement accidentée : Vous aviez une vieille guimbarde, qui ne valait plus un clou à l’argus, mais comme vous êtes assuré dans une compagnie mutualiste, celle-ci vous rembourse sur la base d’une estimation du prix qu’il vous faudrait débourser pour vous offrir un service identique : on parle donc de valeur d’usage, et non plus de valeur vénale, qui est la valeur qu’un acheteur qui voudrait se rendre propriétaire de votre vieille guimbarde serait prêt à mettre.

 La valeur d’usage est totalement déconnectée de la valeur vénale : c’est une contribution au coût du service, car la notion d’usager renvoie à la notion de service à la collectivité, notion qui n’intègre pas des biens ou services directement négociables entre individus dans le cadre d’une offre de marché : si l’on pouvait choisir sa compagnie ferroviaire pour aller de Paris à Lyon, cela se saurait…

De son côté, la notion de client renvoie à la notion de tractation commerciale et donc de valeur vénale, qui est la valeur qu’un individu est prêt ou supposé prêt à donner pour obtenir un bien ou un service précis, dans le cadre d’une loi d’offre et de demande.

En faisant passer l’usager du statut d’usager à celui de client, on signifie en fait qu’il devrait non plus payer pour un service que la collectivité fournit à ses administrés, mais pour un service vendu à des individus par des sociétés commerciales.

La SNCF devient donc non plus une société nationale mais une société commerciale comme les autres.

Tout ce qui précède est finalement assez banal, et ne surprendra pas celui qui a déjà un peu réfléchi devant une affichette de la SNCF un jour de grève.

En revanche, lequel d’entre vous s’est déjà fait la remarque que si le qualificatif de client est désormais attribué à l’usager, on applique toujours - et depuis pas mal de temps déjà - le qualificatif d’agent à l’employé des chemins de fer.

Et c’est là que les choses deviennent abracadabrantesques. Car si l’employé d’une société commerciale peut avoir une certaine latitude pour faire en sorte que – dans le respect du lien de subordination envers son patron que représente son contrat de travail - son travail quotidien satisfasse le client de son employeur, l’agent, lui, par définition, n’est que le rouage entre un pouvoir et une exécution : Il ne peut en aucune manière prendre la liberté de faire en sorte que son service soit à la hauteur des ambitions de son client, ceci ne restant que du strict ressort de sa hiérarchie administrative.

Imaginez-vous une minute pouvoir discuter du taux de votre imposition avec l’agent du fisc, ou du montant de votre amende avec l’agent de police ?

Ne croyez pas qu’il s’agisse là de simple dissertation : l’usager des transports en commun peut en faire l’expérience, que ce soit en banlieue ou en province, ceci de manière quotidienne.

Ces positionnements sémantiques du client et de l’agent ont été choisis et mis sur la place publique avec détermination et constance par les hommes politiques successifs depuis quelques dizaines d’années afin d’un côté faire payer toujours plus l’usager, et d’éradiquer la notion de service public et de l’autre de déresponsabiliser toujours plus l’employé, le rendre docile et conciliant, ces deux notions s’excluant mutuellement.

Comme dans la cuisine, il n’y a pas de place au hasard dans la dialectique. Comprend qui veut…ou comprend qui peut, non ?


 

10:38 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sncf, service, public, ratp, grève, sémantique, manipulation, cgt | | |  Facebook

01/03/2009

BNP Elysée : petits arrangements entre amis

mai 2012

Winter Le 1er Mars 2009

 

François Pérol a été « nommé » par Notre Bon Suzerain à la tête du futur groupe Caisse d’épargne- banque populaire.

François Pérol s’était précédemment illustré dans la quasi faillite de Natixis, mais on ne change pas une équipe qui gagne : Notre Bon Suzerain, telle une vraie caricature d’un patron de business unit - s’arrange pour mettre aux postes clefs des personnes qu’il peut tenir.

Certes, on ne comprend plus très bien comment dans une société de droit privé, le gouvernement peut « nommer » son patron, mais cela, c’est un détail : Mitterrand à fait la même chose avant lui, et de toute évidence, cela à toujours été ainsi…

La commission de déontologie n’a pas été réunie : pas le temps. Cela se fera plus tard. Efficacité avant tout : Efficace, on doit être efficace.

De la même manière, Sarkozy nomme le responsable de la haute autorité audio-visuelle : cela a en fait toujours été comme cela, et pour être efficace, ce n’est pas la peine de faire semblant.

Alors, au nom du pragmatisme et de l’évidence, il est inutile de s’embarrasser des détails techniques, car finalement, l’esprit de la loi étant la  mise en place de garde-fous pour ceux qui souhaiteraient de manière perverse la contrecarrer, ceux qui font la loi ont-ils vraiment à s’en embarrasser ? Car de  toute évidence, il est stupide de penser qu'à des fins malicieuses le gouvernement lui même pourrait contourner la loi…

Tout ceci devient particulièrement lamentable.

La politique, ce n’est pas qu’une succession d’arrangements, même si ceux-ci sont sans doute incontournables, c’est avant le service d’une vision. Plus on avance dans le règne de Notre Bon Suzerain, moins on voit la vision et plus on voit les arrangements.

A tous ceux qui – répondant à ce type de critiques – arguent avec moults exemples à la clef, que Mitterrand à fait largement pire - que ceci soit vrai ou non n’étant par ailleurs pas le problème - pensez vous qu’il soit légitime qu’au motif que l’on a déjà attrapé la peste, d’attraper le choléra ?

 

11:47 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bnp, caisse d'épargne, pérol, ump, elysée, déontologie, banque | | |  Facebook

 
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