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24/09/2008

Polluez, polluez, il en restera toujours quelque chose...

Winter Le 23 Septembre 2008  http://urbanitasmagories.blog.20minutes.fr/

« Polluons tranquilles en attendant la mort… »

Cette notule est réservée à ceux qui s’intéressent à l’environnement et tout particulièrement à mon ami Jb, et j’invite mon lecteur à faire l’effort de lire jusqu’au bout avant de poster des commentaires que je lirai avec intérêt. Il s’agit plus d’un « credo », d’une réflexion, que d’un discours intellectuel. Mais je revendique le droit d’écrire des choses sans avoir nécessairement à m’appuyer sur des faits, chiffres, statistiques etc….

Mon propos concerne la vision qui est donnée du problème de l’environnement, et que me semble plus relever du fantasme que de la réalité.

Je suis toujours étonné par le fait qu’il est de bon ton de présenter les évolutions de la société industrielle comme des catastrophes, à travers tout un tas d’exemples, et ce consensus autour de questions aussi complexes et pour lesquelles personne n’a de vision réellement globale m’interpelle :

Ainsi, la mer est polluée, remplie de particules de plastique jusque dans les endroits les plus déserts de l’océan. Sous la pression de la pollution toujours croissante, l’eau potable deviendrait une denrée particulièrement rare, tellement  rare qu’elle provoquerait guerres et conflits

L’homme serait en train de détruire consciencieusement son éco-système, et l’altération du climat de la planète en serait l’illustration parfaite.

Le tableau qui est ainsi brossé en quelques lignes nous décrit un monde tellement noir que si l’on écoutait toutes les personnes qui partent en guerre contre le système, il ne resterait plus qu’à abandonner tout espoir et à vivre dans l’autarcie et le repli sur soi : il suffit de rentrer dans un magasin bio pour comprendre à la lecture de la gaité des visages que cette idée est bien ancrée.

Je ne nie pas que l’océan soit rempli de plastique, que la mer d’Aral soit un désert, que le climat de la planète a évolué de manière importante depuis  que l’on est capable d’en tracer l’historique, et que notre planète semble être affectée dans sa globalité par tout un tas de désordres ;

Je ne nie pas que le système capitaliste semble être en train de conduire le monde des hommes dans une sorte d’impasse ou la plus grande partie des ressources , humaines, minérales, végétales,  est exploitée par et pour le plus petit nombre.

Ce qui me trouble est qu’à chaque élan de catastrophisme correspond un segment de business qui finalement sert les mêmes personnes.

Ainsi, donner l’image – avérée ou non, peu importe – que l’eau est rare sur une planète qu’on appelle bleue (oui, je sais, le ration eau potable / eau salée, etc…) sert finalement les vendeurs d’eau et les vendeurs d’armes. Sur ce plan, il est surprenant qu’alors qu’on est capable de construire des infrastructures titanesques pour transporter d’un bout à l’autre de la planète de l’huile (du pétrole), il semble qu’il soit techniquement impossible de faire la même chose avec de l’eau. Il est usuel d’entendre que l’eau est une ressource épuisable, ce qui est totalement faux : on a tous appris à l’école ce qu’est le cycle de l’eau, ainsi, un robinet qui goutte n’est en aucune manière du gaspillage d’eau potable, c’est simplement du gaspillage d’énergie, puisqu’ in fine l’eau ainsi perdue retourne dans le cycle naturel après passage en station d’épuration.

On me dit souvent que l’eau n’est pas si rare que cela, mais que le problème est plus celui de sa répartition: ceci est vrai et renvoie à la question de la distribution , et à ma remarque sur les oléoducs : Il y a quand même moins de pétrole sur terre que d’eau, et on arrive quand même à faire tourner des moteurs un peu partout dans le monde….

Parmi les autres menaces qui nous guettent, il y a l’énergie nucléaire non maitrisée : L’exemple douloureux de l’explosion de la centrale de Tchernobyl en est une belle illustration. Toutefois, à Tchernobyl, de mémoire, le nombre officiel de morts est de 56. Le nombre d’irradiés est estimé entre 100 000 et 600 000 personnes. Les conséquences dureront certainement longtemps… Que cette catastrophe en soit une ou non n’est pas mon propos. Simplement, entretenir l’idée de la catastrophe permet à tout un tas de marchands de faire des affaires sur le dos de l’Europe, qui paie pour les dégats commis par l’union soviétique. (On en est au deuxième sarcophage posé que le central, lequel est déjà en train de s’effondrer). A coté de ces faits, les personnes qui s’intéressent à la question savent pertinemment que les particules les plus dangereuses ne sont pas les plus radioactives, puisqu’elles ont une durée de vie plus courte, mais les particules à faible radioactivité qui vont empoisonner pendant des milliers d’années toute vie alentour. Si l’on regarde les conséquences des attaques nucléaires des américains sur le japon pendant la deuxième guerre mondiale, celle-ci ont elle vraiment affecté l’environnement ? Je n’en suis pas sur. Elles ont fait des milliers de mort, certes, mais les conséquences d’un point de vue global sont je pense insignifiantes, ou à tout le moins, moins importantes qu’on se plait à le penser.

On peut continuer comme cela pendant des heures à brosser un tableau catastrophique de l’état de la terre.

Il est usuel de parler de l’extinction des dinosaures. Dans l’imaginaire populaire, il y avait les dinosaures, il y a eu une grosse météorite qui est tombé sur la terre qui a soulevé un gigantesque nuage de poussière empêchant la photo-synthèse, et puis plus rien le lendemain : toute vie était morte. Cette vision, un peu caricaturale, est je pense assez communément partagée : elle fait partie de notre cosmogonie, c’est à dire l’ensemble de ces traditions, orales, écrites, qui constitue la vision que nous avons de notre histoire, notre genèse.

Dans la réalité, cette extinction massive s’est produite il y a environ 65 millions d’années, les premiers fossiles de dinosaures datant environ de 245 millions d’années. Pour faire un raccourci, on peut dire que les dinosaures ont vécu environ 200 millions d’années  - il est étonnant d’ailleurs qu’en 200 millions d’années, ils n’aient pas pu laisser de trace de civilisation - , et la brutalité de cette extinction est toute relative, la phase d’extinction ayant duré peut être des dizaines de milliers d’années, ce qui, d’un point de vue géologique est rapide, mais, à ce stade, il convient de rappeler que l’homme tel que nous le connaissons n’est sur la terre que depuis quelques dizaines de milliers d’années, tout au plus cent mille ans..

Pourtant, dans notre imaginaire, ce que l’homme est en train de faire à la planète est comparable l’ exctinction du Crétacée ;  Je pense que cette idée est assez répandue, peut être pas exprimée en ces termes, mais s’approche de cette analyse.

Ma conviction – mon credo ainsi que je l’ai dit en introduction – est qu’il existe tout une couche de la population qui entretient cette idée, et une autre couche qui la propage, et le commun des mortels qui la subit.

Tout le monde fait cela par intérêt.

Mais il est à mon sens puéril de penser que l’intérêt qui est en jeu est économique. Effectivement, rendre l’eau potable rare la fait devenir chère ; rendre la terre rare la fait devenir convoitée ; je crois toutefois que les choses sont à la fois plus compliqué que cela, et à la fois plus simples,  et que les enjeux économiques ne sont finalement que le thermomètre de quelque chose de plus profond, et je vais essayer d’expliquer mon credo en quelques mots.

L’homme, cet animal moderne, a conscience de sa finitude et de sa petitesse, et peut être est-ce cela qui le différentie de l’animal. Il s’est inventé des dieux créateurs et des religions pour tenter d’accéder à un statut qu’il pense supérieur. Parmi la race des hommes, certains ont une conscience plus acérée que d’autre de cette finitude. Mais il n’est pas possible à l’homme de faire le monde, car c’est un travail réservé à des êtres supérieurs. Alors, afin de tenter de devenir  l’égal des dieux, l’homme détruit le monde, en faisant l’hypothèse – totalement vaine et incontestablement illogique - que celui qui a le pouvoir de  détruire a nécessairement celui de créer. Cette idée qui est semble  sophistiquée est en fait très banale et  est vécue au quotidien par tout un chacun : On aime le danger, on aime le risque, on aime se surpasser et frôler la mort, on est pour la peine de mort, on admire les gangsters etc…

Plus on renforce l’idée que l’action de l’homme est destructrice, plus on accrédite l’idée du pouvoir créateur de l’homme et on le fait ainsi tranquillement monter du statut de créature finie et limitée à celui de dieu.

Tout ceci n’a pas grand chose à voir avec de l’économie, qui ne reste qu’un moyen pour l’homme d’accéder à cet état suprême.

Ainsi, je ne pense pas que l’homme pourra jamais détruire sa planète, car il n’est pas assez fort pour cela. Tous les millions d’automobiles en circulation ne rejetteront jamais autant de souffre dans l’atmosphère que quelques volcans en éruption ; toutes les piles jetées à la mer ne pollueront jamais autant que les nappes de mercure naturelles disséminées sur la planète ; et les quelques millions ou dizaines de millions de morts par les guerres et les famines ne sont en définitive rien si la Nature lâchait un virus Ebola dans deux ou trois grandes mégapoles.

La nature est infiniment forte. Elle est capable de tout faire et défaire. L’homme est un tout petit pion de ce jeu. Deux avions qui s’écrasent sur deux tours aux Etats Unis font deux mille morts. Une épidémie de grippe espagnole en fait 14 millions. Et quels que soient les efforts que l’homme puisse faire pour être l’égal des puissances créatrices, il n’arrivera jamais qu’à faire quelques bombinettes.

C’est là tout l’enjeu du capitalisme, le reste n’est que divertissement, au sens ou Pascal l’entendait. Et tous les arguments, chiffres, statistiques tendant à montrer le contraire ne sont à mon sens que l’expression de la finitude de l’Homme.

C’est du moins ce que je crois.

Cette idée ne plait pas. Elle est totalement subversive car il est nécessaire pour la classe dirigeante, afin d’assumer sa propension à vouloir se faire l’égal des dieux, d’accréditer l’idée de l’infinie puissance de l’Homme.

Hélas, nous en sommes très loin.

Je précise, afin d’enlever toute ambiguïté, qu’il n’y a pas dernière ce discours l’idée d’un complot mondial ou quelque chose de similaire. Les choses sont pour moi beaucoup plus simples et il s’agit plus d’un constat – ou de ma vision - sur la nature profonde humaine et sur les règles qui ordonnent le fonctionnement du monde des hommes.

10:45 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : environnement, pollution, bio, eau, terre, planète, pouvoir | | |  Facebook

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