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10/01/2018

Sahara Chiche, Weinstein, le harcellement, le féminisme et #BalanceTonPorc: Quel bordel, monseigneur

Marcel Renard

Le 10.01.2018

'Marcel m’harcelle, et je sens une colère froide sourdre de mes tripes et poindre"

Ce matin, sur France Culture, nous semble-t-il, nous avons entendu une interview de Sarah Chiche. Elle dénonce le tohu bohu qui est fait autour de l’affaire Weinstein, et met en avant un certain droit à provoquer.

Cette interview nous a fait réagir vigoureusement. Nous traduisons cette réaction par le présent billet.

Pourquoi ?

Car nous pensons que non seulement elle a raison, mais qu’elle ne va pas assez loin dans son raisonnement. Nous souhaitons développer notre point de vue et vous faire réagir.

Les rapports humains sont basés sur la séduction

Il serait sot de vouloir ignorer que les rapports humains sont basés sur la séduction. Dans un coin de la cervelle de tout être humain, il y a de coincé tout un tas de petits neurones qui activent toute une mécanique fort complexe, donc un des résultats en sortie est l’appétence a entreprendre sexuellement son prochain.

La finalité est-elle la satisfaction d’un désir immédiat ? Nous laissons à la psychanalyse le soin de répondre. De manière beaucoup plus terre-à-terre, nous considérons que la conscience de sa finitude développe chez l’homme cet instinct de survie, qui se traduit par des comportements de drague dont l’acceptabilité de la limite varie avec les temps et les mœurs.

Mais la philosophie n’étant pas la culture déterminante du monde contemporain, il serait vain de vouloir s’étendre davantage sur le sujet. Contentons-nous d’observer le résultat : Les abeilles se touchent les ailes en entrant et sortie de la ruche, et les humains les fesses.

L’arrivée du scandale Weinstein, après celui de DSK

L’affaire Weinstein : une actrice se plaint d’agression sexuelle de la part de Weinstein, notoriété du petit écran. Celui-ci, devenant l’objet ou plus exactement le sujet d’un scandale dont la mousse monte de jour et jour, se voit contraint de démissionner de son entreprise. Ainsi, celui qui faisait la pluie et le beau temps dans l’univers du cinéma se retrouve nu sur son trône.

Pendant que ce scandale s’écoule, ce sont plus de cent personnes qui viennent à se déclarer avoir été agressées par ce magna de la lanterne magique. Notons que cette affaire arrive après une autre, récente : Dominique Strauss Kahn, l’homme qui faillit être roi après s’être retrouvé les pieds et le reste pris dans le tapis d’une histoire glauque, vraie ou pas peu importe ce n’est pas le sujet, de viol.

Le directeur du FMI, qui aurait dû devenir Président Français si l’on croit la voix populaire, du laisser la place d’un côté à une femme particulièrement austère au FMI – Christine Lagarde - , de l’autre à un pantin – François Hollande - aux manettes de la France, ce dernier ayant auparavant fait tout ce qu’il fallait pour évincer du trône son épouse. Cette situation nous a finalement amenés à avoir Macron au pouvoir, dans un mouvement quasi général de disparition de l’offre politique française.

Weintein, se fait donc pincer la bave au coin de la joue. L’homme est ruiné, sa carrière foutue et le cercle de celles qui était autrefois ses groupies serviles devient un bureau de représentation des femmes victimes d’agressions sexuelles. Un mot clef digne des meilleures heures de l’occupation fait son apparition sur les réseaux sociaux : « Balance ton porc ». On en parle à la télévision, sur les chaines publiques et privée.

L’industrie du cinéma, de la mode

Mais voilà, à notre sens, il y a un petit problème. Tout le monde voudrait avoir un bon menuisier pour faire ses meubles. A quoi le reconnaitre : C’est facile disait ma grand’mère : en général, il lui manque un petit doigt. Car, comme disait nos aieux : « c’est le métier qui rentre ». Bien sûr, il ne faut pas encourager le coupage de doigts, et c’est pour cela que nous avons des «équipements de protection individuelle ». Mais lorsque l’on manipule des outils qui coupent, forcément à un moment on risque d’y laisser un petit peu de soi.

Il se trouve que l’industrie du cinéma repose (pas seulement mais pour une grande partie) sur la promotion du meurtre, du trafic de drogue, du sexe, de l’exhibition du corps, du voyeurisme. Il n’y a rien d’extraordinaire à cela : il en était de même aux début de la photographie ou à l’époque d’Ingre, comme aux début du minitel. C’est toujours la même histoire : La société des humains met en avant la promotion du sexe, sans doute pour les raisons que nous avons évoquées plus en avant et qui n’ont pas grand-chose à voir avec le sexe en tant que tel.

Il n’en reste pas moins que c’est un fait : la société de l’image met toujours en avant le corps. Cela fait des siècles que c’est comme cela.

Nous sommes persuadés qu’en cherchant un peu, nous pourrions trouver dans les grottes de Chauvet, de Lascaux ou d’autres lieux de villégiature de nos lointains ancêtres des représentations qui pourraient correspondre ce que l’on appellerait aujourd’hui de la pornographie. Du reste, lorsque l’on trouve des statuettes de déesses au ventre arrondi, que nos anthropologues le plus éminents classent assez pudiquement dans le patrimoine des «déesses de la fécondité », ne serions-nous pas sur la même démarche ? Idem pour toutes les représentations de phallus, abondantes dans la statuaire préhistorique. Sont-ce des objets de cultes ou des objets utilitaires ? Loin des théories de nos éminents savants, et nous appuyant sur une réflexion qui nous amène à penser que les fondamentaux de l’espèce humaine n’évoluent pas réellement, ou au moins pas à une vitesse dont la perception puisse être à notre échelle, nous sommes tentés de croire en face de chaque chose qui pose question que les explications les plus rationnelles sont souvent les plus plausibles.

Il résulte de tout cela que les stars et starlettes en herbe, pour accéder à l’emploi de leur vie, sont disposés à des concessions aux limites variablement acceptables, qu’on en juge par le nombre de femmes qui sont prêtes à se mutiler et sacrifier leurs vieux jours pour mettre en avant leurs poumons grâce à l’artifice de l’implant de prothèses mammaires, ou aux nombreux hommes qui ont accepté de sacrifier les-leurs sur l’autel de la vénération du cow-boy de Marlboro.

Alors, il apparait très curieux de voir ce petit monde pousser aujourd’hui des cris d’orfraie devant tous ces scandales à répétition.

Non que nous fassions la promotion de pratiques assurément détestables, mais il semble étonnant que tous celles et ceux qui hier ont acceptés pour le bénéfice de leur petit confort bourgeois des concessions qui – quels que soit l’époque, la situation, le moment – restent proprement inacceptables, aujourd’hui se retrouvant victimes d’un effet boomerang que nous jugeons tout aussi détestable n’aient pas suffisamment de cervelle pour pousser leur raisonnement jusque dans ses derniers retranchements

C’est une des raisons pour lesquelles nous avons apprécié l’intervention de Sarah Chiche.

Les femmes sont les victimes d’une société patriarcales

Mais il y a quelque chose d’extrêmement pervers dans cette agitation de foire qui est dans l’air du temps : En France, les femmes sont payées en moyenne 25% de moins que les hommes. Les femmes ne sont pas représentées dans les conseils d’administration des grandes entreprises. Nous n’avons pas encore eu – grâce à Hollande – de femme présidente de la République. Combien y a-t-il aujourd’hui de sénatrice ? de députée ? de mairesse dans les communes de plus de trente mille habitants ?

Pire encore : Depuis les années 70, la femme paye sa « libération » au prix fort : C’est elle qui porte le poids de la contraception ; C’est elle qui, rentrant le soir après une dure journée de labeur – car les femmes sont plus souvent dans des emplois moins qualifiés que les hommes – doit en plus s’occuper des gamins. Et au finale, son espérance de vie diminue.

Et enfin : Parmi les populations les plus précaires, qui retrouve-t-on ? Les femmes, encore une fois. Car le système est tellement bien fabriqué pour les exploiter que lorsque leur coquin de mari en a trouvé de plus jeunes pour les remplacer ces dernières ayant du s’arrêter pour élever les enfants n’ont pas de grands droits à la retraite – quand elle a la chance d’en avoir un peu ; pas de gros revenus ; et finalement se retrouvent dans la misère.

L’arbre qui cache la forêt

Alors oui, à nos yeux, l’affaire Weinstein n’en est pas une . Ce qui est scandaleux, c’est tout ce que nous venons de décrire. Et pendant que nos ami(e)s du cinéma se perdent en verbiage sur les réseaux sociaux entre les balançages de porc et autre délations de bas étage, dans une société ou la censure et l’autocensure n’ont jamais été aussi fortes et violentes, nous souhaiterions poser la question :

A QUI PROFITE LE CRIME

Au service d’une société capitaliste

Et encore une fois, il est patent que ceux qui agitent ces épouvantails ne sont pas les médias alternatifs, mais les grands médias, au service d’une bourgeoisie particulièrement pervers. Et pendant ce temps, parlons-nous des vrais problèmes ? de la sous-représentation des femmes ? de leur précarité grandissante ? de leur exploitation ?

ABSOLUMENT PAS.

Aussi, même si nous la jugeons timide, nous saluons l’initiative de Sarah Chiche. Nous reconnaissons que le mouvement issu de l’affaire Weinstein a eu un certain mérite. Mais nous encourageons Mme Chiche à aller plus loin et à ne pas laisser la scène médiatique se faire envahir par ce qui ne reste finalement qu’une manifestation d’un problème qui est largement plus complexe, vaste et conséquent et plus pervers, et ceci pas seulement pour la population féminine.

Vous avez le droit de me contredire, cela m'aidera à grandir...

09/12/2017

Lorsque la génération dont nous avons accouché communique....

Marcel Renard

Le 28/11/2017

«La communication»

Parce qu’il s’y croise de jour comme de nuit une population principalement interlope, les ramifications banlieusardes des réseaux ferrés français sont des perchoirs privilégiés pour l’observateur attentif aux détails de l’esprit humain.

En cette fin d’automne où les feuilles mortes apportent aux rails ces petits sursauts de plaisir qu’elles retirent au voyageur en quête de ponctualité, le chaland a commencé à se vêtir chaudement. Le terrorisme et ses colis suspects étant un alibi bon marché pour ramener à la portion congrue des coûts de fonctionnement toujours supposément de plus en plus insupportables à un actionnariat en quête de dividendes, il y a maintenant belle-lurette que la SNCF a abandonné l’envie-même de mettre à disposition de ce que l’on appelait autrefois des usagers, renommés en clients libéralise oblige, des filets à bagage.

sncf,ligne_h,banlieue,communicationAlors forcément, lorsque l’on doit enlever son écharpe, son chapeau, son paletot, mettre quelque part son sac, même loin des heures de pointe, dans l’exiguïté de l’espace qui, le temps de quelques stations au nom soliloqué au fil du fer par une voix dont seule la possible défectuosité d’un haut-parleur mal entretenu vient distraire la monotonie politiquement correcte, cela fait du remue-ménage.

Je suis confortablement installé sur la banquette d’une rame bombardier.

Lorsque ces voitures Z50000 apparurent sur le réseau d’ile de France il y a maintenant une quinzaine d’années, juste après la crise de 2008, cela donnait à nos déplacements urbains un côté un peu « Fièvre du samedi soir» en contraste avec l’austérité du moment : Des rames d’un seul tenant, de telle sorte que l’on peut voir se dérouler le sol en lino gris du début à la fin de l’habitacle  ; Grâce à l’absence de pied aux banquettes, cette continuité aurait permis au personnel de nettoyage, pour peu qu’on eut mis sa disposition des balais du bon calibre, de soulager de ses bordilles toute la rame d’un bout à l’autre en quelques minutes ; De la moquette de toutes les couleurs pour garnir des banquettes assez dures au prime abord, qui finalement se révéleront confortables ; Des lumières au plafond – au moins quatre cent par rame mais dont le dénombrement exacte est rendu ardu vu les multiples reflets dans les plastiques des garnitures - disposées dans ce qui peut sembler un savant désordre ; Des écrans de télévision – pas moins de dix-huit par rame – au cas où la loi se mettrait à permettre la vente de publicité à une clientèle captive, cible idéale; Et surtout, un jeu de lumière sur la plateforme, passant pendant la phase de roulage d’un dégradé de orange à bleu pour devenir blanc pétant lorsque s’ouvrent les portes : bref, tout un tas de gadgets à l’utilité discutable, mais auxquels on s’est finalement habitué.

En face de moi, est assise une jeune femme. La petite trentaine, sa mise assez populaire est illuminée par la graisseur discrète d'une coiffure dont les mèches viennent mourir à la façon des algues sur les plages bretonnes, par-dessus un col Claudine d’une époque révolue.

Son maquillage assorti aux tons de la banquette ainsi que sa denture dont être un avantage concurrentiel envié en province lors des concours de lancer de pépins de raisins lui confèrent un charme insolite mais bien réel.

Comme neuf voyageurs sur dix dans ces moments, elle est plongée dans l’écran de son téléphone intelligent, ou smart phone ainsi que l’on appelle ces petites boites à perdre son temps.

En gare, le train stoppe.

Un homme monte et vient pour s’assoir en mon vis-à-vis. Il est jeune, il est gai, il est beau. La trentaine lui aussi, il a cédé à l’ambiance du moment et se laisse pousser un collier de barbe façon Edouard Philippe. Il porte une paire de blue jeans, un blouson et une veste à la mode. Et des petites lunettes qui lui donnent un faux air de professeur, mais un vrai look d’adolescent attardé. Il est content, heureux de vivre, de voyager dans un train de banlieue et il sourit. Peut être la bague en or qu'il porte à l'annulaire gauche, bien trop brillante pour être en ancienne y est pour quelque chose. Bref, il sourit. A tout et à rien. A tout le monde et personne, à la cantonade : A gauche, A droite, aux vitres, à ses voisins, à ceux dont les yeux sont rivés sur leur téléphone.

Il faut un peu chaud dans le train, c’est normal : il y a du monde. Comptez environ quatre vingt watts par personne : à l’arrivée ça fait quelques calories ! Notre jeune homme déroule dans un mouvement ample du tour de son coup une large écharpe de tricot qui doit bien faire deux mètres de long. Laquelle vient mollement recouvrir l’écran de l’ordinateur posé sur mes genoux et qui me sert à taper le présent texte. Ceci sans qu’il y prête réellement attention tant la béatitude l’envahit. Puis il se sépare de son pardessus, en omettant toujours de considérer qu’éventuellement il peut ne pas être seul au monde. Et retire sa veste dont les pans atterrissent sur mes genoux sans qu’il n’en fasse plus de cas que cela. Il est à l’aise ; Sourit ; Aime l’humanité. 

Son effeuillage achevé, dans un geste généreux du bras gauche, il abaisse le strapontin dans son dos, puis s’installe mollement non sans avoir pris soin de son bras resté disponible de déverser sa théorie de linges sur ses genoux ; Il tourne la tête vers sa voisine. Puis s’engage, par le truchement d’un sourire légèrement niais, un authentique moment de partage émotionnel.

J’essaie de mon concentrer sur le clavier de mon ordinateur redevenu disponible.

Le jeune homme, qui dépasse d’une bonne dizaine de centimètre sa voisine, prend son téléphone sur lequel il se met à regarder des choses dont l’intérêt relatif l’amène à jeter périodiquement sur sa droite des regards d’abords furtifs puis de plus en plus insistants en direction du téléphone que sa compagne d’aventure est en train de manipuler.

C’est à ce moment que se produit le drame.

Sans doute distrait par l’écran de sa compagne de l'heure, son téléphone lui échappe des mains et choit violemment sur un de ses coins, situation ô combien périlleuse pour ses petits objets fragiles; La jeune fille esquisse un geste pour le ramasser mais lui, avec la vigueur que lui confère la jeunesse, est déjà debout, se baisse, ramasse le téléphone qui dans la course inexorable est allé là où va toute chose qui tombe. Il constate après un examen attentif et une satisfaction émaillée de fierté, comme s’il avait été lui-même à la fois le maitre de la gravité et le concepteur de ce petit bijou technologique, que son téléphone a résisté. Toujours aussi vivement, il les redresse alors et lance à l'endroit de sa voisine un sourire satisfait :

« Il est solide, n’est-ce pas ! »

Ce rapide échange donne prétexte à notre jeune banlieusard pour engager une conversation, ce qui nécessite de se rassoir, nécessité  qu'il met en œuvre avec la même célérité dont il a précédemment usé et qui a entrainé son téléphone depuis le haut vers le bas.

Tout aurait été parfait si notre homme dans sa précipitation juvénile n’avait oublié qu’il était assis sur un strapontin, lequel profita vivement du mouvement de libération providentielle de son dernier occupant pour procéder à un mouvement en sens inverse, de la sorte que, suivant la même loi dont avait été victime quelque secondes auparavant son téléphone, notre héro se retrouve dans une position assez cocasse, à l’endroit même où il avait récupéré son bien. Avec en plus tout un tas de vêtements en vrac sur la tête.

Pour autant ridicule la situation puisse paraître, cela ne semble pas perturber plus que cela notre jeune homme qui se rassied en souriant aux fenêtres et continue sa moue indifférente à l’endroit des mouches de la voiture.

Puis, comme s’il ne s’était rien passé, il regarde avec insistance l’écran de sa voisine

« C’est à quoi que vous jouez, ça à l’air marrant ? »

La jeune fille :

« Candy Crush, oui, c’est rigolo »

Assurément, notre jeune homme semble ravi d’ajouter à son bagage culturel la découverte avec une dizaine d’années de retard sur ses semblables ce jeu vidéo, référence des jeux stupides depuis bientôt sept ans : Il s’agit sans doute d’un des jeux les plus stupides qui soient, où le seul intérêt est de perdre le temps précieux que le seigneur dans sa grande bonté nous a accordé sur terre pour agencer des piles de petites pastilles multicolores, autant dire une attraction particulièrement créative, assez facile pour être à la portée du premier abruti venu et suffisamment compliquée pour qu’il puisse y passer des mois entiers.

« ça doit être amusant », continue-t-il.

Un murmure d’acquiescement échappe de la ventilation de la denture de la jeune fille qui à travers réponse évasive, levant brièvement ses yeux éventés, continue à jouer en tout ébauchant un sourire poli (les jeunes peuvent faire plusieurs choses à la fois)

Le jeune homme, toujours le regard plongé de manière assez peu urbaine dans l’écran de sa voisine, insiste, visiblement intéressé par cette découverte qui va sans doute révolutionner le reste de ses jours.

« Ce sont les couleurs normales, ou vous pouvez les changer ? »

(Une allusion aux pastilles fluo, très addictives.)

« Non, c’est normal »

Le voyage se poursuit ; La jeune fille continue à jouer et le jeune homme à plonger son regard sur l’écran de la jeune fille, avec un sourire béat.

Le train arrive en gare. Notre ami se lève, renfile ses atours avec la même délicatesse que lors de son installation, toujours le sourire aux lèvres. Quitte, la banquette. La jeune fille continue de jouer, les yeux rivés sur son téléphone. Il rejoint la plate-forme puis quitte le train sans même la regarder. Elle, est toujours plongée dans son jeu.

Sans doute ne se reverront-ils jamais.

Ils ne se faisaient que des politesses.

Rien de plus.

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02/02/2017

Chandeleur 2017 : Loin des troubles de Fillon, un miracle en plein Paris

Marcel Renard

Le 02 Fevrier 2017

« Un miracle en pleine Chandeleur»

Aujourd’hui, c’est la Chandeleur. La présentation de Jésus au temple, pour ceux qui croient encore en l’existence de Jésus.

C’est donc un grand moment.stalingrade;bar;côté canal;mai 2017

Dans le restaurant où j’ai mes habitudes, il n’y a pas trop foule. En début de mois, les gens sont toujours un peu secs, quelle que soit la météo.

On s’installe. On ordonne. Deux joues de bœuf pour les arpettes, et un steak sans frite, sans salade pet sans sel pour le maigre. Le maigre, c'est le patron, pas de gargotier, mais un des miens.

stalingrade;bar;côté canal;mai 2017Et un pichet de vin blanc.

Dans ce restaurant, (c’est le côté canal, à Stalingrad, j’en profite pour faire un peu de pub car c’est une bonne auberge), le patron sert son vin dans des anciens pichets en bois. C’est tout à fait authentique et très sympathique. Pour que les choses soient conformes à la législation, il a rempli le fond de résine alimentaire, pour faire le compte et recouvert l'intérieur également du même produit, pour des raisons de normes alimentaires.

On peut ordonner du rouge ou du blanc selon ses préférences. Et le patron, c'est Augustin, prénom Kabyle s'il en est (c'est un bar kabile) remplit au bar à la demande. 

Donc le patron (un autre : c'est tous des patrons, les kabyles) amène le pichet. Il est derrière nous. On parle de choses particulièrement sérieuses : nous sommes en closing. ça ne rigole pas. On se sert un verre. Du blanc. Puis un deuxième pour vider le quart de vin en bois.

Et c’est là que – à la stupéfaction de tout le monde présent, y compris le patron - le miracle de la Chandeleur intervient.

Attention, on parle de vrais miracles, pas de trucs pour les charlatans : un vrai miracle, c'est quand l'impossible se réalise en stalingrade;bar;côté canal;mai 2017temps réel sous vos yeux ébahis.

Alors, quel est il ? Hé bien, vous me croirez ou non, mais le deuxième verre, issu du même quart en bois et servi dans la foulée - que je sois maudit si je mens, le deuxième verre, dis-je, ainsi que la photo le prouve, et ce n'est pas un reflet ou un artifice quelconque mais bien un miracle, donc, le deuxième verre est d'un rosé parfait. Merci Seigneur ! Que la joie soit en nous !

Rares sont, en plein Paris, les lieux où de tels miracles sont possibles ! Bénis soient-ils !

13:56 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : stalingrade;bar;côté canal;mai 2017 | | |  Facebook

01/02/2017

Le Rouleau Compresseur Macron, pendant que Fillon déprime...

Marcel Renard

Le 01 Fevrier 2017

« Une bouffée d’air»

Hier, je suis allé à une réunion à Cergy : le maire de Lyon, Gérard Collomb, venait porter la bonne parole d’Emmanuel Macron.

Premier étonnement : les 300 places que contient la salle sont toutes prises. Pour qui a déjà fait une campagne, remplir une salle, en pleine semaine, aussi loin d’une élection puisque nous sommes encore à cinq mois des présidentielles relève de l’exploit ;

Deuxième étonnement : le public est particulièrement diverse : peu de têtes blanches ainsi qu’il est usuel de le voir dans ce type de meeting ; j’essaie de compter, mais en fait, il est impossible de faire une cartographie des gens présents : Il y a de tout, des jeunes, des moins jeunes, des vieux, mais si j’en crois mon jugement, peu de gens au-dessus des 65 ans.

Troisième étonnement : le public participe. Les propositions, anecdotes, points forts sont ponctués de salves d’applaudissement et qui de toute évidence ne sont pas lancées par des militants mais spontanées. Il est étonnant également de constater que les propositions les plus applaudies, ou applaudies de manière plus spontanée, sont des propositions que l’on aura placé à gauche : De toutes évidence, Macron récupère tout un ensemble de centre gauche mais aussi de gauche plus ou moins dure ;

Quatrième étonnement : le format de la réunion est parfaitement rôdé, mais avec des imperfections qui traduisent la construction d’une méthode : par exemple, en fin de réunion, il n’y a pas de projection d’une adresse, d’un site, d’un point de repère où s’adresser pour en savoir plus. En principe, c’est toujours la conclusion d’un meeting. Pas là. Seraient ils à ce point sur de leur coup, les militants de « En Marche ! » ? C’est étonnant ;

Cinquième étonnement : A l’issue d’une courte réunion (environ une heure trente), un buffet est proposé. Et là, alors qu’il y a ce même soir un conseil d’agglomération, on retrouve tout un tas de sommités locales, du PS du Modem, de l’UDI, des LR ou de l’UMP, et de bien d’autres mouvements encore, qui, sans rire, lorsqu’on les écoute, viennent voir comment récupérer, qui un siège de député, qui un siège de maire, qui un siège d’adjoint. Tout cela a un côté assez pathétique, mais la politique est ainsi : ceux qui n’ont jamais travaillé de leur vie, et qui vont perdre leurs revenus en mai 2017 ont de sérieuses raisons de s’inquiéter.

Sur le fond du débat : Gérard Collomb porte des idées qui sont simplement des idées progressistes : Rétablir une mixité qui ne se contente pas de dire 30% de logements sociaux, mais qui soit réfléchie dans un vrai brassage social ; Etre intraitable sur le principe de la laïcité ; Revaloriser le travail ; Réaffirmer la place de la France au sein de l’Union Européenne, et celle de l’UE au sein du concert des nations ; Réaffirmer le principe du service de l’état par le respect de la fonction publique ; Et parce que nos enfants sont notre avenir, redonner une position, des ambitions et des moyens à la petite école.

Qui ne serait d’accord avec cela ? C’est la raison pour laquelle ce mouvement remporte un succès dont on peut attendre qu’il va balayer comme un rouleau compresseur les vieux politicards cumulards et rentiers. Et c’est aussi la raison pour laquelle on a pu assister à ce bal des faux culs lors du buffet.

A l’évidence, Emmanuel Macron - qui porte pourtant une part de responsabilité dans le bilan de l’exécutif actuel - va mettre au rang des oubliettes un certain nombre de partis, car c’est une véritable machine de guerre qu’il a mise en route, qui aujourd’hui peut certainement fonctionner sans lui, et qui sans doute le dépasse.

Dans les rangs adverses, les casseroles qui s’empilent sur la famille Fillon vont en toute logique conduire Les Républicains – pour peu qu’ils soient raisonnables - à devoir se trouver un autre héraut de rechange. Ils seront obligés de le faire vite, car si l’on est encore à cinq mois de la présidentielle, chaque semaine perdue dans de telles circonstances est dramatique pour imposer une nouvelle image. On peut même penser qu’à droite, le seul candidat encore capable de damer le pion à Macron est Sarkozy,

Aujourd’hui, voir Macron au deuxième tour ne relève plus de l’hypothèse.

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13/12/2016

Pour la bonne compréhension, faites l'effort de lire jusqu'à la fin, si jamais il y a une fin... Merci

Marcel Renard en gare de Pontoise le 13 Décembre 2016

(sur un article du 10 mars 2012, 18 Avril 2015, 28  décembre 2015.)  

«Elections et service public : Les électeurs vous remercient de votre compréhension»

 En 2008, Marcel Renard avait écrit un petit article sur la gare de Pontoise sur le thème :  Le coupon du passe Navigo augmente tous les mois, mais les investissements, eux,  sont en berne.

 C'est un rpontoise, houillon, gare, umpoman Photo… au fil des années, et la SNCF qui toujours vous remercie de votre compréhension. La société est ainsi faite, aujourd’hui : Vous pouvez toujours emmerder tout le monde et en permanence pour peu que vous lui demandiez de la compréhension.

 Cette photo, c'est fin 2007 : Cela faisait tellement d'années que ces cinq escalators de la gare de Pontoise ne fonctionnaient plus qu'il devenait irritant que, de surcroit,  la SNCF nous demande toujours de la compréhension.

pontoise , houillon, région, sncf,

C'est-à-dire qu'en 2006, on nous avait déjà promis un remplacement des installations pour 2007, et que, bien sûr, on n'avait rien vu...

Et puis voici que l'année 2008 s'avance. Sur le même petit panonceau qui date déjà un peu, la SNCF s'excuse des escalators en panne et nous promet un remplacement pour 2009. En nous remerciant toujours de notre compréhension. A ce stade, on comprend bien, même si on est un peu énervé. Mais on est brave. On acquiesce. "Gentiment, gentiment", disait Feu-Coluche...

Puis le mois de Mars 2008 arrive, et finalement, on se dit que ces escalators ne seront jamais remplacés. Sans doute mettra-t-on des cordes à noeud à la place ? Pas evident pour les handicapés, mais bon, grosse crise, petit budget.

On comprend. On est toujours très brave....

pontoise, houillon, gare, ump

Le temps passe et la compréhension avec.

Et puis un beau jour, miracle ! un nouvel escalator est arrivé : Beau comme un verre de blanc en été sous le soleil de provence. On ne met pas la photo, cela pourrait calmer l'ardeur de la SNCF...

Car il en reste encore quatre à changer. Mais bon, lorsque l'on a attendu douze ans pour changer un escalator, on peut avoir suffisamment de compréhension pour attendre encore 48 ans de plus pour changer les quatre restants.....pontoise , houillon, région, sncf,

Et la SNCF, elle, continue à nous remercier pour notre compréhension. Là, cette photo est prise en Mars 2012, toujours au même endroit. En Mars 2012, voici déjà bientôt douze ans que, avec sa façade policée, la SNCF nous remercie de notre compréhension. Ce qui est étonnant, c'est que les "usagers" sont devenus des "clients", mais qu'on les prend toujours autant pour des cons. Simplement, on est d'avantage polis avec eux...

Car il faut lui reconnaitre une qualité, à la SNCF. Elle est polie, et cela c'est formidable. Cela va dans le sens du discours de Sarkozy sur la République : La République, c'est le respect des autres : Tu peux emmerder la terre entière, dire d'un côté que tu as une politique d'accessibilité  - c'est pour le respect de la différence, tu comprends ? - mais de l'autre de strictement ne rien faire. C'est possible. Tu peux ne rien faire, mais, attention, il faut toujours ne rien faire poliment...

Allez, encore une petite dernière pour la route, prise en Mars 2012 : Sur cette photo, les escalators sont tellement plein de compréhension à l'égard des choses de la nature qu'ils acceptent de se laisser pousser de la mousse dessus... Etonnant, non ?

pontoise , houillon, région, sncf,

... Les années passent. Les élections passent. A Pontoise comme à la SNCF, l'immobilisme s'installe en méthode de gouvernement. Comme disait je ne sais plus qui, en tapant toujours sur les mêmes, tu limites arithmétiquement le nombre de mécontents. Donc là, on tape sur les handicapés, c'est facile, il n'y en a pas beaucoup...

Et puis voici que d'un seul coup d'un seul, un sursaut, un frémissement, une sorte d'excitation : las !  Force est de constater que c'est juste la pancarte qui se réveille !

Ici, c'est en 2013. Nous sommes au même endroit, mais on sent que ça frémis, que ça bouge.

CARF, FRET, pontoise,houillon,huchon,région il de france,stif,navigo,sncf,casse des services publics,sondage,élections présidentielle,mai 2012,calendrier,ump,victoire de,sarkozy,hollande,mélenchonEn effet, exceptionnellement, cette année, les travaux sont prévus pour la rentrée 2013 ! C'est tellement merveilleux. On en pleurerait presque. Un conte de fée !

Malheureusement, à la rentrée 2013, rien ne s'est passé : Les fées, c'était une fausse alerte, sans doute une erreur, un dérapage de marqueur. Vous savez, cela peut arriver. Mais, nous autres, petites gens, savons faire preuve de compréhension, nous laissons nos élus dans leurs voitures de fonction et prenons nos escalators qui fonctionnent toujours en mode manuel...

Aussi, lorsque en fin 2013, on nous annonce que finalement les travaux seront reportés pour 2014, on finit pas se dire que ça doit être normal, que c'est le mode de fonctionnement standard du Service Public lorsque l'usager se transforme en client, que c'est une forme d'abâtardissement du capitalisme, mais que aux prochaines élections, cela ira mieux...

...Normal....

Mais on est content quand même. Car on a un petit panonceau qui vient illuminer notre quotidien terne de banlieusard, un petit panonceau qui annonce des réparations pour le 31 Janvier 2014. C'est super ! Janvier ! Et on a non seulement le mois, mais aussi le quantième ! le 31 ! De la planification fine, en somme, rarement vu à la SNCF !

pontoise,houillon,huchon,région il de france,stif,navigo,sncf,casse des services publics,sondage,élections présidentielle,mai 2012,calendrier,ump,victoire de,sarkozy,hollande,mélenchonHélas ! On avait mal lu. Il s'agissait juste de la réparation des machines à payer. Celles-ci, il est vrai qu'elles ne restent pas longtemps en panne ; rapport à l'usager qui, libéralisme oblige, s'est transformé en client...

Et puis on arrive vers Septembre 2013, et rien ne s'est toujours passé...

Octobre pousse Septembre, puis Novembre pousse Octobre et Décembre pointe son nez avec ses marches glissantes et ses rampes verglacées....

Et puis Janvier 2014.

Et là, le miracle de Noël se reproduit en gare de Pontoise : A ce stade, l'on doit remercier Bénédicte Tilloy, qui, d'une main de fer, gère le réseau Transilien :

pontoise,houillon,huchon,région il de france,stif,navigo,sncf,casse des services publics,sondage,élections présidentielle,mai 2012,calendrier,ump,victoire de,sarkozy,hollande,mélenchonEn effet, l'on sent que cela frémit. Il va se passer quelque chose. Il y a déjà eu un escalator de réparé. C'est un bon signe, un bon oracle....

Voici le temps de la fin de l'année 2014. Les travaux sont proches.

Quel plaisir, quelle satisfaction, quel bonheur de voir que la SNCF s'est occupé des handicapés, de ceux qui ont mal aux jambes, pour lesquels il est difficile de monter les escaliers.

Que l'on eu juge : alors que l'on fête la galette des rois 2015  c'est maintenant pour le 31/12/2015 que sont planifiés les travaux.

C'est vraiment formidable !

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Toute l'année 2015 passe, avec tous les événements tragiques que l'on sait. Chacun s'occupe à être "Charlie" un peu partout. Et puis .....

.... Et puis voici qu'arrive le 28 Décembre 2015, et Marcel Renard reprend sa plume, interrompue par cette année 2015 compliquée et où la seule bonne nouvelle du point de vue déplacements en Ile de France fût la chute du prix du pass Navigo pour les banlieusards des zones éloignées. Badinter avait supprimé la peine de mort, Jean-Paul Huchon aura instauré le passe navigo à 70 balles, ce qui reste surtout un cadeau pour les entreprises plus que les usagers qui eux le repaieront dans leurs impôts... petites ambitions, petits bricolages...C'est la politique du 21ème siècle...

A la rentrée 2015, après les élections régionales qui ont vu le pouvoir local basculer à droite, sur les escalators en rade, la petite pancarte était toujours là, augurant de réparations pour le 31 Décembre 2015.

Alors forcément, on attend la Saint Sylvestre avec impatience, en se disant que Valérie Pécresse (droite) , elle, elle va faire mieux et plus vite que Jean-Paul Huchon (gauche), un démarrage sur les chapeaux de roue ....Noël 2015 arrive... Les travaux sont toujours planifiés pour la fin de l'année....Dans quatre jours... il va falloir faire vite....Mais on sait de quoi l'ex-UMP est capable.  

L'œil attentif remarquera sur la photo les traces de scotch marron qui se sont empilées pendant ces deux dernières décennies, tout autour du panonceau. C'est que lorsqu'on n'a pas pas la moindre volonté politique  de réparer, on a encore moins celle de nettoyer, et c'est bien compréhensible : Tous les professionnels de la pancarte qui vous remercient de votre compréhension vous le diront : Le scotch marron, c'est ce qu'il y a de pire à enlever. Il faut frotter avec le l'acétone, et c'est pas évident. C'est un projet à part entière que d'enlever les traces de scotch marron. Il faudrait en discuter en commission, de l'opportunité de faire un projet pour enlever les traces de scotch marron.

Mais il nous reste encore 3 ou 4  jours avant le miracle de Noël pontoise,carf,fret,gisors,serqueux,rff,argenteuil,transilien,ligne_h,ligne_j,sncfne se réïtère en gare de Pontoise, et comme il n'est de pire homme que celui qui ne veut croire, nous veillons avec la foi du charbonnier ancrée au plus profond de notre âme.

De son côté, l'escalator qui avait été échangé, quai n°12, affiche une petite mine : "Remise en service prévue le 30 Décembre 2015". Et pourtant, il est flambant neuf comme un camion de pompier.

A ce point, Marcel Renard ouvre une petite parenthèse : Nous sommes le 11 Février 2016, notre escalator du quai n°12 à toujours des petits soucis, mais, pas de problème : A chaque soucis, la SNCF a toujours une pancarte...là réparation est annoncée pour le 12 Février 2016 : Planification fine s'il en est...C'est hallucinant : on parle d'une installation neuve, qui coûte un bras au contribuable, et qui ne respecte pas non plus ses jambes...Toujours en panne...Serait-ce à cause des vandales ? Même pas ! L'explication officielle, c'est parce que ces escalators supportent mal d'être dehors. C'est sur qu'un escalator à l'intérieur, ça marche mieux.... Et même lorsqu'il n'y a pas d'étage à monter, c'est encore plus fiable...

Et puis voilà, une nouvelle année : 2016 . Une nouvelle fois, le Miracle de Noël se reproduit en gare #Transilien de Pontoise. Regardez jeunes gens, jeunes filles : c'est toujours magique : A l'heure où le carrosse de Cendrillon se transforme en citrouille, pof.... la pancarte des escalators fait + 1 sur l'année prévue de réparation....Renard le savait avant tout le monde; avec dans la voix l'accent d'un Rocco Siffredi qui aurait fini d'un seul coup tout son stock de bromure, l'agent SNCF l'avait prévenu : "Qu'il ne s'inquiéte pas, ma pancarte est déjà prête pour l'année prochaine"... Pour la planification des travaux, on est maintenant en Décembre 2016....

Alors, on prend rapidement une petite photo. On envoie un petit mail à la patronne de Transilien pour lui rappeler combien ses ouailles se foutent de la gueule du monde, un petit mail à son député qui prétend influer sur des projets d'intérêt nationaux (le Fret entre le Havre et Valenton) alors qu'il n'arrive même pas à faire quelque chose pour ses cinq escalators escalators en rade depuis 16 ans, ni même maintenir de la lumière sur la passerelle SNCF....

 

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Alors forcément, il arrive un moment où, à force de remplacer l'action publique par la stigmatisation de l'impolitesse, les gens finissent pas devenir méchants, parfois très méchants.

C'est précisément pour cela que la claque de Mai 2012 fût terrible pour Sarkozy. C'était prévu mais lui ne la voyait pas venir, sans doute un peu à cause du conte sur les habits de l'empereur. Vous savez, l'empereur était nu, un malin lui avait vendu une robe d'un tissu mystérieux que seul les sots voyaient aussi sa cour faignait la cécité. Et bien pour Mai 2012, il n'y avait vraiment aucun mystère.

 

Comme dans la démocratie grecque, où les représentants étaient tirés au sort, on attendait beaucoup de Hollande, élu Président par hasard. Mais l'on est bien obligé de s'apercevoir que rien n'a changé, à ce détail petit détail troublant : tout semble encore plus dur qu'avant pour les plus faibles : Et même avec beaucoup de compréhension, les mots ne suffisent désormais plus pour le petit peuple qui, désemparé, se tourne désormais pour notre plus grand malheur à tous vers ce diable de Front National.

C'est ce que prédit cet article depuis 7 ans.  La situation économique n'a pas grand chose à voir avec tout ceci. Ce n'est pas de la divination : Il suffit de regarder autour de soi et de s'intéresser à l'Histoire de France.

Cette catastrophe annoncée est simplement inscrite dans la logique de nos politiques publiques. Seule l'inaction de nos hommes politiques dopée par une vision qui dépasse rarement le terme du mi-mandat est la cause de l'effondrement de notre pays ; Lorsque les hommes en responsabilité n'ont que cure de bâtir une offre idéologique, alors le petit peuple se la crée lui-même... parfois pour le meilleur mais souvent pour le pire... Il est urgent de se ressaisir.

Et nous voilà repartis....

Effectivement, nous sommes maintenant le 29 Février 2016. La  droite est désormais bien installée au pouvoir de la Région, laquelle a dans ses prérogatives Transports et Accessibilité, faut il le rappeler ?

Cela fait maintenant bientôt 17 ans que nos escalators sont en rade en gare de Pontoise, et que la Région nous promet d'année en année une remise en service pour l'année suivante. On avait finit par apprendre les pancartes par cœur, à en guetter leur évolution à la Saint Sylvestre. Mais voilà, il y a du changement : Une nouvelle forme de pancarte voit le jour.

Je vous la laisse découvrir : On touche vraiment le fond... Au début, ce soir-là, lorsque je l'aperçue, je crus vraiment cru que c'était l'œuvre d'un plaisantin, un gag, en quelques sortes. A priori non : Les esprits qui ont eu cette brillante idée pensent que cela peut passer.

Et là, je me tourne un peu apeuré vers les politiques : Là, franchement, mes amis, vous déconnez sérieusement. Je ne veux pas être un cassandre, mais si vous ne réagissez pas, je crains que cela se termine assez mal pour vos mandats respectifs, et pour l'avenir de nos enfants....

 

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On comprend la planification : Ce placard a été affiché un 29 février 2016. Mais, un 29 Février, cela n'arrive qu'une fois tous quatre ans. Du coup, ça fout tout le grand programme de la planification des travaux en l'air... Alors forcément, on ne sait plus si les travaux démarreront en 2018 ou en 2019...

Mais nous voilà rassuré : dans le cadre de l'aménagement du quartier de la gare, à la mairie, on nous a assuré que la rénovation de la passerelle était prévue pour 2018. La rénovation inclut bien sûr les escalators, et les conditions d'accès aux personnes à mobilité réduite.

Mais comme on arrive en fin d'année 2016, les étiquettes vont bientôt changé sur les escalators. Alors, vite, c'est bientôt les législatives ; on prend un petit témoignage de cette incurie : Valérie Pécresse nous avait inventé le coup de l'audit de sécurité  pour justifier son inaction et paf, vlà-t-y pas qu'ils recommencent. Inutile de préciser que la photo qui prévoit les travaux pour le 13/12/2016 a été prise.... à la date indiquée sur le pannonceau...pontoise,carf,fret,gisors,serqueux,rff,argenteuil,transilien,ligne_h,ligne_j,sncf

Et ne concerne qu'un seul escalator... Au final, depuis 17 ans, seul 40% du matériel a été réparé...

Autant dire que ce sont des rapides, à SNCF Réseaux (Oui, parce que, depuis le début de cette note, il y a bientôt huit ans, la SNCF a eu le temps de changer de raison sociale....

Merci de votre compréhension...

 

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29/09/2016

En direct du grain à moudre, à la terrasse du café Côté Canal, à Stalingrad

Marcel Renard

Le 29 Septembre 2016

« On voit pas le gouvernement Français, alors qu’on est en France »

A la terrasse du café, France Culture fait une émission sur les immigrés. C'est "du grain à moudre". J'en profite pour décrire ce qui se passe à Stalingrad

Il y a deux semaine, une grosse intervention des forces de l’ordre prenait les migrants qui s’étaient installés « dans des campements de fortunes », avenue de Flandre, à Paris (anciennement, le boulevard de la Villette).

Comme je travaille à côté, j’ai pu voir l’évolution depuis un mois voire plus de ce « campement ». Quelques centaines de migrants, pouvait on lire dans la presse. Et en fait de « campement », il s’agissait de personnes qui récupéraient à gauche et à droite, cartons, matelas, sommiers - tout ce qui permet de ne pas tout à fait dormir par terre – pour s’installer à l’ombre des arbres bordant le terre-plein central de ce grand boulevard qui part des faubourgs de la ville pour aboutir à la place de Stalingrad, jusqu’aux portes des stations de métro.

Et j’ai pu constater que, chaque jour, ce « campement » augmentait de dizaines voire centaines de personnes.stalingrad,du grain à moudre,france culture,migrants,syrie

J’ai pu constater, tous les quinze jours à trois semaines, les interventions des CRS : toujours la même manipulation, sous le contrôle photographique très opportun de nombreux youtubeurs.

Alors, effectivement, lorsque la Police, vendredi dernier, annonce avoir « déplacer » 2300 migrants, je ne suis pas totalement surpris : on est à la fois loin de toute notion de camps, voire même de bidonville, et de quelques centaines d’individus.

Ce qui se passe à cet endroit de Paris est invraisemblable. Tant que les beaux jours étaient là, c’était encore acceptable, mais dès l’arrivée des premières pluies, cela devint dantesque. On ne peut pas laisser deux mille personnes – presque une ville – vivre dans la rue, côte-à-côte, sans toilettes, sans lavabo, sans poubelles. Et pour les commerçants et habitants du quartier, la situation devenait proprement impossible. Imaginez que 2000 personnes urinant par terre chacune un litre par jour, cela fait deux mètre cubes de pisse qui va au caniveau, contre les murs, dans les rigoles, dans les espaces verts tous les jours…. Imaginez que cela dure 30 ou 45 jours, cela entre 60 et 90 mètre cubes de déjection par terre…Avec les risques sanitaires que cela pose, c’est juste invraisemblable.

Imaginez les boites en plastique, les bouteilles pleine d’urine trainant partout – car ces gens-là pensent qu’en pissant dans des bouteilles, c’est moins salle que dans les caniveaux…Imaginez des reliefs de pain, trainant par terre, attirant rats, souris, pigeons… Imaginez ce bordel digne d’une scene du moyen age… En plein paris… Au XXIeme siècle….

stalingrad,du grain à moudre,france culture,migrants,syrieAlors Vendredi dernier, les CRS sont intervenus. A raison de 80 personnes par car, je vous laisse compter combien il faut de cars pour déplacer plus de 2000 personnes. Imaginez combiens il faut de cars de CRS, de voitures de commandement, de policiers….Et combien il faut trouver de lieu d’accueil. C’est une opération de grande envergure.

En France, on a bien 36000 communes, alors résorber un excédent de population de quelques dizaines de milliers de personnes, cela devrait se faire sans heurt...

Donc, grosse intervention de Police.

Mais voilà. Il fallait s’y attendre….

Une semaine plus tard, une semaine exactement jour pour jour après cette opération, c’est reparti, c’est de nouveau la même histoire : Ce soir, je suis redescendu à pied depuis le métro Riquet jusqu’au métro Stalingrad, sur le terre-plein central : quasiment seul tête blanche parmi toutes ces têtes noires, au cours d’une promenade de vingt minutes environ, j’ai regardé, je me suis imprégné de ce que je voyais, des odeurs, des bruits des saveurs, des rires et de la rumeur de ce campement qui n’en est pas un qui ressemble plus à un qu’on voit au mans lors des grands prix qu’à un bidonville…

Des matelas, des tentes données par les associations, qui, deux fois par jour, le matin et vers 18 :00, ouvrent un stand de distribution de nourriture devant lequel les migrants font sagement la queue, deux par deux, en attendant de passer devant la personne qui leur remettra une gamelle en plastique et une cuillère. C’est très bien rôdé, très bien organisé. Tout se passe sans heurt et dans la bonne humeur : Il y a une immense queue, des personnes en gilet fluorescents qui régulent : une distance d’une dizaine de mètres est réservée entre la tête de la file et les tables de distribution auxquelles les migrants se rendent quatre par quatre. Ils sourient, rient, discutent en attendant de se mettre quelque chose dans le ventre.

stalingrad,du grain à moudre,france culture,migrants,syrieToutes les sociétés humaines ont leurs portes parole : et là, entre deux arbres une modeste ficelle est tendue, à laquelle quelques timides revendications sont écrites en arabe ou en français. Ce n’est pas franchement agressif : cela ressemble plutôt à des pancartes d’écoles primaires…

En remontant vers Stalingrad, c’est l’empilage des tentes et des matelas, des cartons, des tissus. Tous les bancs parisiens, vous savez, ces bancs ou l’on peut s’assoir des deux cotés, sont assaillis de groupes qui palabrent.

Ce soir, ils étaient peut-être cinq cents, je ne sais trop dire. En arpentant le terre-plein, tous les cinq pas, c’était des groupes de dix à vingt personnes. Ils se sont tous réinstallés, non pas les mêmes, mais leurs semblables. Ils ont retrouvé des matelas, des cartons, des ficelles pour tendre des baches à peinture entre les arbres, pour étendre le linge. Ils sont là, le sourire aux lèvres, toujours en train de discuter. L’ambiance est calme, très africaine, ça palabre de partout. Et ce qui est étonnant, c’est que de manière récurrente on voir des gens qui sont assis en rond avec une personne au milieu qui écrit un tas de truc sur des cahiers d’écoliers. Qu’écrivent-t-ils ? Leurs voyages, leurs aventures, les conditions dans lesquelles ils sont traités, les documents qu’ils leur faut ? Je ne sais pas, mais c’est curieux.

Ici, un gamin joue avec une voiture miniature, là des femmes discutent – il y a peu de femmes, il y a peu de vieux, il y a peu d’enfants : ce sont essentiellement des hommes de 14 à 40 ans environ : ceux qui ont eu la force de partir. Ce sont des soudanais, des erythréens, des afghans. Ils se regroupent par affinité.

Rare sont ceux qui sont mal habillés, mal chaussés, ou simplement avec des trous sous les chaussettes. Ils ne dormiraient pas dans la rue, on pourrait penser que ce sont des gens comme vous et moi.

Mais voilà, ils dorment dans la rue.

Ils attendent dieu sait quoi sur leurs matelas, font des projets, discutent. Ce ne sont pas des clochards. Certains ont de belles bagues au doigt, des chaines en or, tout ce qu’ils ont pu emmener.

On peut parler en anglais avec certains, en allemand ou en russe. Ce sont des gens éduqués.

Ils sont contents d’être là. Ça nous dépasse. Ils n’ont strictement rien, mais semblent heureux.

Il n’y a aucune violence, aucune hostilité, aucun sentiment de jalousie. Personne ne me regarde de travers. Je ne suis pas leur soucis ; je n’ai pas l’impression d’être un étranger. Sensation très étrange, car le quartier ressemble plus aux faubourgs de Bamako qu’à la ville lumière connue dans le monde entier….

Une personne avec laquelle j’ai pu échanger quelques mots savait même dire « prothèse de hanche » en anglais. C’est donc qu’elle avait au moins le même niveau d’éducation que le mien…

Comment cela va il se terminer ?

Je ne sais pas…

Ce que je sais, c’est que la notion de frontière, à l’heure de la mondialisation, n’a strictement aucun sens. Nous devons repenser nos modèles.

Complètement

Totalement.

Alors, lorsque j’entends un élu qui va de cocktails en cocktails à mesure des mandats qu’il cumule expliquer que Pontoise a fait sa part, je suis simplement surpris. Je me dis qu’il n’a rien compris ; qu’il est perdu dans des certitudes qui n’ont plus grand sens avec la réalité d’un pays qui vend des armes – et profite des guerres – aux quatre coins de la planète. On ne peut pas simultanément se réjouir de la vente de Rafales à l’inde, des commandes effectivement importantes signées par le France, et ne pas accepter de subir en retour les conséquences des guerres : ce n’est pas un jugement moral mais simplement un raisonnement logique.

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28/07/2016

France Culture et ses histoires noires...

Marcel Renard

Le 28 Juillet 2016

« Histoire de nègre sur France Culture»

Certaines personnes sont sensibles à la fragrance des bons parfums, d’autres aux odeurs des gâteaux de grand’mères, d’autres encore au moelleux délicat de certains tissus. Il en est pour qui cette exacerbation de certaines perceptions est telle que le plus petit imprévu dans leur horizon de sensibilité vient totalement perturber le message sensoriel. Moi, ce me perturbe, ce sont les mots qui sont hors contexte.  

Ce matin, vers 7h55, j’écoutais France Culture. On ne peut pas réellement dire que cette chaine cultive le populisme et le racisme. Pour cela, on a Radio Courtoisie, que l’on a bénéfice à écouter avant une réunion d’affaire dont la teneur par la promesse qu’elle peut nous faire dans sa délicatesse exige d’arriver de mauvaise humeur.

Donc, à 7h55 ce matin, j’écoutais France Culture. La journaliste interviewe différentes personnes sur le sujet de la candidature de Hillary Clinton. Le propos en vient au « story telling », cette théorie qui veut que les auditeurs électeurs américains soient en attente de contes de fées, d’histoire : Les politiques doivent leur raconter une histoire pour se faire élire. Et, dans ce registre, il est vrai qu’Hillary Clinton n’a pas tellement d’histoire à raconter car on la connait, son histoire, depuis 30 ans. A contrario d’Obama, qui avait une vraie histoire à raconter. Son histoire, précise la personne interviewée, elle était « imprimée sur sa peau ».

Loin de moi l’idée de faire un procès à ce journaliste. Mais l’expression m’a interloqué à tel point que je n’écoutais le reste de l’émission qu’en musique d’ascenseur, sur fond de café croissant, en poussant dédaigneusement et machinalement les miettes par terre. Bien évidemment, c’est une tournure de style, rapidement jetée au cours d’une interview. Elle n’est en rien condamnable. Si l’on devait s’arrêter à chaque mot de chaque personnage public, on n’en finirait plus.

Mais elle est tellement révélatrice du fond de l’être humain : L’homme est né blanc et son histoire de noir a été ensuite « imprimée ». Car c’est bien cela que veut dire cette malheureuse tournure de phrase.

« Son histoire est imprimée sur sa peau ». Comme l’étaient les numéros des juifs, les tatouages des maoris. Il n’est pas né noir, cela a été « imprimé ». C’est vraiment étonnant, comme expression de pensée. Etonnant, mais tellement commun. Au fond de nous, nous pensons tous comme cela : Le blanc, c’est l’origine, c’est après qu’on devient noir.

Je suis absolument convaincu que la personne interviewée n’avait strictement pas la moindre once de racisme au fond d’elle-même. Et c’est précisément cela qui est terrible. C’est que c’est très ordinaire. Suffisamment pour être glisser dans une conversation. Tellement ordinaire que sans doute peu d’auditeurs de France Culture auront noté l’incongruité de la réflexion.

Car, on nait blanc ou noir, avec sa culture sa peau, ses peurs et ses fantasmes. On nait gros ou maigre, petit ou grand. C’est ainsi. Tout le travail de la société va être d’intégrer dans un seul et même corps social les noirs, les blancs, les grands, les petits, les gros et les maigres, les blond et les bruns, les riches et les pauvres, les tatoués et les non tatoués.

La culture, notre culture, c’est justement d’admettre et d’intégrer au plus profond de notre être que ce que nous devons imprimer, c’est ce qui nous rassemble, l’égalité, la liberté, la fraternité, et non ce qui malheureusement par nature ou par bêtise, nous divise. 

01/02/2016

Le digital selon Jean-Marie Leguen

Marcel Renard

Le 01 Fev 2016

«Digital : juste un doigt»

Ce matin, sur France info, vers 7h30 un échange avec Jean-Marie Leguen, Secrétaire d’état des relations avec le Parlement. On parle de la différence entre comprendre et excuser. On parle de la position de Taubira, récemment garde des sceaux démissionnaire. On parle de ce côté insupportable pour M. Leguen de cette aspect du Gauchiste qui consiste à reporter systématiquement tous les travers du monde sur l’organisation sociale au dépens du libre arbitre de l’individu.

Et, là, pour justifier les récentes positions prises par le gouvernement et que beaucoup à gauche mais pas seulement trouvent en rupture avec une certaine vision progressiste (déchéance de nationalité, prolongation de l’état d’urgence), M. Leguen lance cette petite phrase – je cite de mémoire : « il ne vous aura pas échappé que depuis 2012, le monde a profondément changé, avec la numérisation de l’économie et le terrorisme ».

Cette petite phrase, lancée trop naturellement pour ne pas être le profond reflet de ce que pensent beaucoup d’hommes politiques, est terrible : elle montre à quel point la classe politique est totalement déconnectée de la réalité. Elle suscite tellement de remarques qu’on ne sait trop par où commencer

Bien évidemment, ni le digital ni les terroristes n’ont attendu François Hollande pour débarquer.

Marcel Renard sera bientôt à la retraite, et Marcel Renard aura fait toute sa carrière dans le monde du numérique, à commencer par celui de l’informatique pour les agriculteurs, secteur précurseur dans bien des domaines : informatisation du conseil en reproduction, interconnexion des systèmes de formules de recette du bétail avec les cours des matières premières, premières commandes sur internet, etc etc …. et ceci dès les années 1980….

Il faut rappeler à M. Jean Marie Leguen que Xavier Niel et son minitel rose, c’était déjà de l’économie digitale, que en 1997, Microsoft créait dans quelques écoles primaires le programme « Graine de Multimédia » et j’en passe.

Bref, M. Leguen a besoin d’être débriffé sur l’état réel du pays en matière de numérique et confond sans doutes économie digitale avec informatisation des formulaires administratifs.

Il n’est pas le seul : la plupart des hommes politiques ne comprennent rien à ce qui se passe depuis les années 1981 et le lancement du premier PC d’IBM, suivi quelques années plus tard des premiers réseaux. La classe politique – sans doute mis à part le front national – ne comprend rien à la communication digitale, il suffit pour s’en convaincre de voir comment ils utilisent les réseaux sociaux.

On imagine que si le responsable des relations avec le parlement à cette méconnaissance du monde réel, qu’est ce que cela doit être pour les autres….On peut se gausser de M. Leguen mais ce n’est pas très constructif : il faut plutôt lui souhaiter de chercher des conseillers un peu plus aguerris dans ce domaine.

19/01/2016

Chercheur en Emploi : Naissance d'un nouveau métier

Marcel Renard, le 19 Janvier 2015

«Courbe du chômage : Les maux des mots.»

Comme les plumes au Moulin Rouge, les mots servent parfois non seulement à travestir la réalité, mais aussi à la transformer.

Plus que tous autres, les hommes politiques le savent, car ce sont des mots qu’ils vendent, et c’est pourquoi l’on retrouve nombre de baveux dans les rangs des parlementaires.

Venons-en au fait. Normalement, le mot « commun » renvoie vers communauté, bien commun… Mais dans les années 1970, au moment où le programme commun de la gauche pouvait être une menace pour les forces libérales, il fallait impérativement associer au terme « commun » des éléments de langage négatifs. C’est ainsi que l’on pu observer un glissement insidieux du mot « commun » : l’automobile représentait la liberté ? Les transports publics représenteraient l’asservissement. On appellerait cela les « transports en commun ». Ne croyez pas que cette appellation se soit imposée en remplacement des «transports urbains » ou « transports parisiens » par hasard.inversion courbe.gif

De la même manière, dans les années 2000, sous les coups de boutoir du libéralisme pan européen, on assista à volonté de transformer à tous crins le rapport du contribuable au service public. Il s’agissait de livrer au secteur marchand tout de qui faisait auparavant le secteur public. Ainsi, presque un peu partout, le terme « usager », « contribuable » ou « administré » disparu au profit de celui de « client ». Aujourd’hui, vous êtes non plus usager, mais « client » à la SNCF, non plus patient, mais « client » à la clinique. Normalement, un client, c’est lorsque vous avez le choix. Le banlieusard qui doit prendre son transport en commun tous les matins n’a pas vraiment le choix, pas plus que le malade qui ne trouve plus de place à l’hôpital. Aussi, il est clair que la volonté de les assimiler à des clients relève bien d’un choix idéologique, ne croyez pas que le choix de ces termes doive au hasard.

En 2012, François Hollande, Président a contrario par hasard,  a misé la reconduction de son mandat sur un pari techniquement impossible à tenir : « l’inversion de la courbe du chômage ». En effet, d’une part sauf à réécrire toutes les mathématiques, inverser une courbe, cela ne veut rien dire, car si l’on peut inverser une tendance, inverser une courbe est un exercice assez …compliqué… d’autre part, le taux de chômage étant le thermomètre de la croissance, tant que celle-ci est en berne, la seule manière d’endiguer le chômage reste la politique des grands travaux, ce qui – au passage – permet de redistribuer de la richesse sur le contribuable en augmentant la qualité des services publics offerts.

Alors, on a trouvé en haut lieu il y a quelques jours une astuce. Mesdames Messieurs, soyez attentifs aux médias : car le mot est en train de s’instiller dans la société française : Dans les années soixante dix, lorsqu’on n'avait pas de travail, on était « chômeur ». Environ ving ans plus tard, cette appellation fût convertie en « demandeur d’emploi ». Cette mutation permettait, à défaut de donner une dynamique à l’emploi, d’en donner une au chômeur qui, de passif, devait acteur de sa propre misère. Elle permettait donc de déresponsabiliser le système afin de « responsabiliser » l’individu : vous le constatez, nous restons toujours dans la même doctrine néo-libérale.

Et puis voici que, il y a environ trois jours, un ministre sans doute conseillé par un fort des halles a produit le terme merveilleux de « Chercheur d’emploi » ou « Chercheur en emploi », je ne suis pas certain d'avoir bien compris . L’expression est unique ! Refaisons au ralenti le glissement sémantique :

Le «Chômeur » devient «Demandeur d’emploi» puis de demandeur il devient «Chercheur d’emploi».

Vous qui lisez ces lignes et êtes gens de bon sens, vous comprenez immédiatement le ridicule de ces appellations, car, vous savez bien qu'au final, ce que cherchent la plupart des gens au chômage, ce n’est même pas un emploi – souvent ils s’en fichent - mais simplement de quoi nourrir leur famille.

On peut sans trop de risque prendre le pari que, bientôt, sur les formulaires de l’administration et dans la littérature, le terme de « chercheur d’emploi » deviendra la norme.

Allons plus loin, et posons nous la question : que sous-entend ce glissement sémantique : Quelle idée y a-t-il pour inverser la courbe du chômage à vouloir renommer les chômeurs ? Il n’y a pas à réfléchir une heure, c’est assez simple. Les chercheurs sont des gens qui cherchent plus qu’ils ne trouvent. Par ailleurs, ce qu'ils cherchent se mérite. C’est donc que l’on veut ancrer dans l’esprit des français que le travail est une denrée rare, car qui irait chercher quelque chose dont il dispose pas à ses pieds ? Tout ce qui est rare étant cher, cela justifie le fait de déréguler complètement le marché du travail, de faire des salaires au ras des pâquerettes et tout en maintenant un niveau acceptable de chômeurs.

C’est bien la logique ultra libérale qui se cache une nouvelle fois derrière ce nouveau glissement sémantique, merveille de la nov langue que  que l’on doit à un gouvernement de gauche.

Arrêtons avec ces emballages qui ne veulent rien dire à ceux qui n’ont pas l'esprit disponible à la reflexion tant l'estomac crie la faim... Appelons un chat un chat, un chômeur un chômeur, et un pauvre un pauvre. Cela nous permettra d’appeler un salaud un salaud. Car lorsque l’on trahit à ce point les intérêts du petit peuple, existe-t-il vraiment d’autres termes à employer ?

15/12/2015

Adam s'élève

Marcel Renard, à Pontoise, le 12 Décembre 2015

Adam est mort, Dimanche 10 Décembre.

Adam était une figure de Pontoise. C’était un clochard incontournable à Pontoise, mais on devrait dire un SDF car notre société policée a pris l’habitude afin de tenter de les édulcorer de coller des acronymes sur toutes les réalités. clochard,sdf,pontoise,adam,cergy

Autrefois, les gens n’avaient pas de nom, juste des prénoms. C’est une habitude qui nous vient du Xeme siècle que d’avoir un nom de famille, et entre le Vème et le Xeme siècle, on avait juste un prénom et parfois un nom de tribu. Le prénom, c’était le nom donné au baptême. C’est ainsi qu’aujourd’hui encore, les reines et rois se font appeler de leur prénom uniquement. Lorsqu'on parle de François 1er, tout de monde sait qui l'on évoque. Mais qui serait capable de donner son nom ?

Et bien Adam, pour les Pontoisiens, il n’avait pas de nom, mais juste un prénom « Adam ». C’était « Adam ». Tu as vu « Adam » dans quel état il était ? J’ai croisé «Adam ».

C’était comme cela. Son royaume à lui, c’était la rue.

Malgré un alcoolisme à un point difficilement quantifiable, il avait une personnalité assez marquée : Son horizon se mesurait en bière, non pas au pluriel mais bien au singulier, car s’il quémandait un peu partout, un peu à toute heure, il ne quémandait que ce qu’il lui fallait pour zigzaguer jusqu’à l’épicerie du coin se chercher la prochaine cannette de bière : Ainsi, son horizon semblait être découpé en tranches de 10 minutes.

Forcément, ça se terminait souvent mal : Coups, gnons, agressions sur sa personne, ecchymoses sur des pans entier du corps, dans le caniveau, sur le trottoir, contre un pan de mur, bref là où la dernière cannette l’avait vu encore debout.

Adam a animé les rues de Pontoise pendant bien des années, arrosé ses murs et plus encore ; il a occupé les pompiers, les services sociaux, les associations, la mairie, les riverains, et les épiciers de Pontoise, de la place de la gare, la place Notre-Dame jusqu’à celle des Cordeliers lui doivent bien une ultime bière.

Une fois, c’était à l’angle des  rues de la Bretonnerie et de l’Hôtel de ville - un endroit où il aimait à se répandre – une « bonne âme » avait dû appeler les pompier car Adam devait avoir la tête dans le caniveau. La tête, lorsque ça tape par terre, ça saigne facilement. Il gisait là contre le réverbère, et autour les pompiers qui essayaient de l’interroger :

- « Adam, on va t’emmener à l’hôpital de tel endroit (où, ne ne sais plus ou) car il n’y a plus de place à Pontoise » .

Adam, à moitié inconscient, la tête dans les étoiles, mais quand même les pieds sur terre, dans un râlement :

- « Non, emmenez moi à l’Ile Adam, c’est mieux »

Qui ne s’est pas fait racolé par lui, parfois invectivé, jeté des cannettes ? C’est-à-dire que sous l’emprise de l’alcool, tout devenait  possible à un homme qui pourtant avait envie de parler avec ses semblables.

Certains commentaires sur sa personne sont indélicats . C’était sans doute juste un gars pour qui la vie n’a pas dû être très féconde. Mais les clochards, pour peu qu’on veuille réfléchir un minimum, ça nous ramène à la fragilité de notre propre existence. Pour certaines personnes, la vie se passe mieux que pour certaines autres. Certains naissent avec une cuillère dorée dans la bouche, d’autre avec de la misère jusqu’au fond des yeux pour nourrir une théorie d'héritiers. Et ce ne sont pas nécessairement les derniers qu’on retrouvera dans le caniveau, pas plus que les premiers sous les ores de la République.

Quelqu'un saura peut-être dire qui il était, comment il s'appelait, qui était sa famille ? Tout ce qui est sûr, c’est que c’était une figure de Pontoise, pour preuve le nombre de commentaires qu’il réunit sur son décès ferait envie à plus d'un notable.

Les jeunes le connaissaient sans doute mieux. Un nous disait qu'il n’était pas pauvre, qu’il n’avait pas réellement besoin d’argent, et que le moment important dans le mois, c’était celui où il recevait son allocation. Mais la qualité de sa bière allait décroissant à mesure que le mois avançait.

Il ne s'agit pas de faire un beau discours pour se donner une belle conscience, mais simplement de dire que tout comme il fût, Adam faisait partie de la communauté, et de rappeler que notre communauté contrairement à bien d'autres villes , et c'est tout à son honneur, même si parfois il faut reconnaitre qu'on se laisserait aller à la faiblesse de  le souhaiter, ne fait pas la chasse aux clochards.

Certaines personnes de bonne éducation disent de ces gens-là qu’ils n’ont qu’à travailler, que ce sont des fainéants et qu’on n’a pas à leur faire l’aumône : Ce sont souvent ces mêmes personnes que l’on retrouve au fast food le dimanche, en train d’amuser leur progéniture en jetant des miettes aux moineaux, les faisant accourir de toute part par volées toutes entières. Les animaux n’ont pas d’âme disent-ils. Mais les clochards ? Leur déviance légitime-t-elle le fait de s'assoir ainsi sur ses convictions, alors qu'il suffit de regarder la taille des moineaux autour des fast food pour comprendre qu’ils ont eux aussi sans doute pas mal de problèmes avec leur foie. Ainsi, si l’on est capable de jeter les reliefs de son repas aux moineaux, ne pourrait-on pas a minima considérer les mendiants comme des sortes d'animaux insignifiants et leur faire l’aumône des piécettes rouges de nos fonds de poche ?

Si chaque personne qui a mis un "j’aime" sur la publication annonçant son ce décès s’arrêtait demain mercredi 15 Décembre devant chez Delahaye, la fleuriste à côté du cimetière, pour mettre simplement quelques euros dans une enveloppe, Adam pourrait recevoir une couronne comme rarement Pontoisien en a reçue. Et pour tout vous dire, n'y aurait-il pas un peu de fierté à se dire que nous habitons une ville dont les citoyens respectent jusqu’à la tombe le plus humble des leurs ?

 

19:13 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : clochard, sdf, pontoise, adam, cergy, esperer95, sdf mort dans la rue | | |  Facebook

 
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